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06

05

2008

Fichier "Base Elèves" : le CIRBE tente d'informer les parents d'élèves, l'Inspection Académique de l'Isère tente de les rassurer

base eleves grenoble S'il y a bien un dossier que je suis depuis quelques mois en diagonal depuis que j'ai goûté aux joies de la paternité et qui m'interpelle en raison des récentes agitations qu'il suscite au sein de la communauté Grenobloise, c'est bien celui du logiciel "Base Elèves 1er degré".

Base Elèves est une application informatique de gestion mise en place progressivement depuis 2005 par le Ministère de l'Education nationale dans les départements Français. Un logiciel qui selon une note distribuée fin avril [1] par l'Inspection Académique de l'Isère à l'ensemble des parents d'élèves des écoles maternelles et élémentaires du département, est destiné à suivre le parcours scolaire des élèves, aider les directeurs d'écoles dans la gestion des dossiers élèves, faciliter le suivi en temps réel des effectifs et produire accessoirement des statistiques précises sur le plan national.

Progressivement mis en place depuis 2004 dans certains départements, Base Elèves sera généralisé d'ici la fin de l'année dans tous les départements. En Isère, certains directeurs d'écoles ont déjà commencé à saisir le minimum de renseignements obligatoires demandés dont la grande majorité est conservée sur une période... de 15 ans. A l'échelon national, ils sont consultables et ne sont plus nominatifs : la clé principale est un identifiant. Dans l'académie, les mairies et les inspections peuvent les consulter.


Un dispositif discrètement mis en place


Peu de parents d'élèves ont actuellement entendu parler de ce dispositif dont l'intérêt ne suscite guère l'enthousiasme des médias traditionnels. Pourtant, son application fait grand bruit notamment au sein de l'agglomération : quelques élus tentent de parler du dossier, de nombreux collectifs font leur apparition pour dénoncer la mise en place et la finalité du système.

Similaire aux outils existants depuis de nombreuses années pour la gestion des collèges et lycées (logiciel BEA, SCONET ...), l'application base de données "Base Elèves 1er degré" contient des champs principaux saisis par les directeurs d'écoles qui ont l'obligation de renseigner une fiche de renseignement... pour chaque élève scolarisé du public et du privé... dès la première année de maternelle.

La saisie des renseignements s'effectue par Intranet sécurisé. Soulignons au passage que la sécurité du système n'était pas du tout fiable au début de sa mise en place [2]. En principe, chaque directeur a reçu une formation par son académie lui permettant de renseigner les fiches des élèves. A présent, celui-ci se voit remettre une "clé OTP" (mot de passe sécurisé jetable et valide durant la durée de la connexion).


Des champs obligatoires, facultatifs, visibles, non visibles...


Acte 1 : principaux champs obligatoires :

un identifiant unique de 18 chiffres réservé à l'EN dont la construction permet d'éviter une connexion éventuelle avec tout autre fichier informatique existant ou à venir [3], des renseignements obligatoires (nom, prénom, sexe, date et lieu de naissance, adresse de résidence avec noms, prénoms et adresse des responsables légaux, type de rattachement avec l'enfant, attribution de l'autorité parentale).

Acte 2 : renseignements saisis uniquement par le directeur d'école :

situation familiale, email, téléphones, professions des parents, CSP, coordonnées des personnes à appeler en cas d'urgence, autorisation ou non de transmission de coordonnées aux associations parents, de la photo de l'élève, assurance de l'enfant, date d'inscription mairie et d'admission, obtention de dérogation, date de radiation de l'école, écoles précédemment fréquentées, cycle, niveau, classe, langues apprises de l'année passée et en cours, absentéisme signalé, validation des piliers du socle de compétences et acquisitions de compétences diverses, projet personnalisé de réussite éducative, activité périscolaire, maintien ou passage à l'issu du cycle...

Acte 3 : renseignements que le directeur ne peut saisir qu'avec l'accord des parents d'élèves :

Besoins éducatifs particuliers dont projet d'accueil personnalisé, service d'aide pédagogique à domicile, modalités de scolarisation, matériel adapté, projet personnalisé de scolarisation, réseau d'aide pour enfants en difficulté et type d'enseignement...

Sous la pression médiatique, au fil du temps, certains champs à renseigner sont devenus facultatifs alors qu'ils étaient obligatoires, d'autres, devenus invisibles au fil des consultations.


Inquiétude chronique et polémique récurrente autour du dispositif


Depuis début 2008, l'Isère est l'un des départements les plus mobilisés contre Base Elèves. Le CIRBE, Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves qui dispose d'un blog très actif sur le sujet, entend mener de nombreuses actions sur le terrain en tentant d'informer les parents d'élèves et autres responsables locaux sur la dangerosité légitime et supposée du dispositif. Kit complet "Non à Base Elèves", réunions programmées, tracts, documents, lettres types, formulaires, comptes-rendus... permettent au collectif d'informer les parents d'élèves sur le terrain de l'Education nationale.

Selon l'une de ses responsables, rencontrée au cours d'une réunion d'information du CIRBE ce samedi 2 mai 2008, le collectif touche près de 406 écoles sur les 1013 du premier degré que compte le département de l'Isère. A peine une vingtaine de personnes sont venues écouter l'oratrice : le sujet peine à mobiliser. A ses côtés, une représentante d'une association de parents d'élèves d'une école et un seul élu à s'être déplacé tôt ce samedi matin pour écouter et échanger avec le public : Philippe de Longevialle, nouvel Adjoint à l'urbanisme de la ville de Grenoble.

De son côté, le Conseil municipal de Grenoble a manifesté son opposition à la mise en œuvre du dispositif le 25 juin 2007, réaffirmée le 4 avril 2008 par l'émission d'un vœu réclamant tout simplement l’abandon du fichier Base Elèves.

Au passage, notons simplement que la note de l'Inspecteur d'académie de l'Isère (IA) stipule que "les mairies en charge de l'inscription des élèves ont accès aux seuls renseignements d'état civil, de la classe fréquentée, des activités périscolaires et des informations relatives à l'existence d'une assurance ou à la possession d'attestations (...) Aucune information relative à l'absentéisme n'est communicable via ce fichier à la mairie (...) Le Recteur et le Ministre n'ont accès qu'aux données statistiques donc anonymes (...) Aucune connexion entre académies n'est possible (...) Ce fichier n'est partageable avec aucune autre administration (...) Il n'existe donc pas de fichier national de Base Elèves".

En d'autres termes, une bonne partie de ces informations sont déjà connues de la mairie (la mairie gère les dossiers d'inscription des élèves avec ces champs principaux, le directeur d'école procède à la répartition des classes et fait des pointages réguliers avec la mairie au moment des inscriptions).

L'IA ajoute "Aucun suivi psychologique, aucune information médicale ne sont renseignés dans le fichier (...) Aucune information concernant la nationalité de l'élève n'est saisie dans ce logiciel".

Par ailleurs, selon un avis de la CNIL du 22 juin 2007 (3 jours avant l'avis du Conseil municipal), "les parents ne peuvent s'opposer à ce dispositif concernant leur enfant, l'inscription scolaire étant obligatoire". Bien entendu, un parent peut demander à vérifier les infos contenues dans Base Elèves concernant son enfant... et le droit de rectifier celles-ci au besoin (loi du 6 janvier 1978), mais comme chacun le sait...personne ou presque n'utilise ce droit.


Le CIRBE tente d'alerter l'opinion... à sa manière...


Quand on s'amuse à comparer la liste des champs de la base de données Base Elèves signalés par l'IA avec ceux mentionnés dans le kit complet "Anti Base Elève" fourni par le CIRBE, on reste perplexe et surpris par la différence des annonces.

Premier exemple : l'IA mentionne l'existence du champ "Assurance" (case à cocher, oui ou non). Le CIRBE parle de champs "Compagnie" et "N° de police d'assurance".

Deuxième exemple : le CIRBE signale l'existence de champs de type "Maîtrise des techniques usuelles de l'information et de communication", "Possession d'une culture humaniste", "Autonomie et l'esprit d'initiative" mais également "Lieu de travail : dénomination et coordonnées" des parents, "Poste" occupé... etc.

...informations nullement clairement mentionnées dans le document de l'IA. Il semblerait que le CIRBE extrapole certains champs afin de dramatiser et d'assombrir la situation auprès des parents d'élèves : à moins que ce soit l'IA qui n'est pas tout dit...


Quelle société voulons-nous pour nos enfants ?


L'Education nationale cherche à communiquer en justifiant l'intérêt du dispositif et en minimisant l'impact soulevé par des opposants de plus en plus nombreux à dénoncer le manque d'information au préalable auprès du public concerné.

Ces derniers dénoncent un système qui est une formidable atteinte à la vie privé. Un dispositif pernicieux lié aux rapports d'expertise collective de l'INSERM en 2005 intitulé "Troubles des conduites chez l'enfant et l'adolescent" et Bénisti en 2004 sur la "Prévention de la délinquance".

"Une base de données élèves contenant la fiche d'un enfant qui ne donne pas, ni de procure sa vie" ajoute un parent d'élèves lors de la réunion d'information. Les parents témoignent en faisant part de leur angoisse liée à la notion de partage nominatif, à la diffusion possible de données sensibles ou médicales, à une éventuelle portabilité des informations saisies dans Base Elèves d'une administration à une autre.

Philippe de Longevialle exprime son désarroi "Ce fichier pose un problème de société (...) Pour l'instant à Grenoble , il y a une prise de conscience mais il faut que le débat remonte au niveau national (...) Dans tout ça, ce qui est gênant, c'est la confusion des objectifs (...) On ne sait pour l'instant ni trop comment, ni trop pourquoi cela peut t'il servir à l'Etat en dehors des statistiques".

A contrario, d'autres parents s'étonnent du positionnement alarmiste des intervenants et dénoncent l'attitude du CIRBE qui, selon eux, n'expose aucune contre-proposition constructive au dispositif obligatoire en cours de généralisation.

Parmi eux, certains signalent que chacun est fiché depuis bien longtemps dans notre société, que la plupart des données à saisir dans Base Elèves sont déjà inscrites sur d'autres fichiers appartenant à des entités commerciales ou administratives. D'autres estiment que Base Elèves est le moyen d'harmoniser et de mieux contrôler une grande partie de ces données dispersées dans plusieurs fichiers structurellement hétérogènes... et qu'il faut vivre avec son temps.

A Grenoble, malgré un certain silence qui l'entoure, le dossier reste éminemment sensible... en toute circonstance.

Notes

[1] bien tardivement

[2] révélation du Canard Enchaîné du 27/06/07

[3] selon l'IA


04

04

2008

Vandalisme gratuit d'une rampe de skate board dans le parc des trois tours de Grenoble

3 tours grenoble Jeudi 3 avril 2008, 19h41, Grenoble.

J'étais tranquillement en train de jouer à la Wii [1] dans mon salon avec mes enfants quand tout à coup, un nuage de fumée noire très épaisse assombrit partiellement le ciel du quartier de l'Ile Verte. En quelques secondes à peine, l'épais nuage dense survole l'une des "trois tours de Grenoble".

Une forte odeur de plastique brûlé se dégage à partir de la tour "Mont Blanc" en direction de l'Hôtel de Police de Grenoble. Surpris par la l'épaisse fumée noire, les premiers habitants prennent place sur les balcons d'appartements pour observer le lieu de l'embrasement.

Habitant à proximité dans le quartier, j'ouvre l'un de mes balcons et observe de loin la scène.

Des individus ont tout simplement décidé de mettre le feu à la rampe de skate board située dans le parc des trois tours bien connu des Grenoblois pour son étendue goudronnée permettant à chacun de faire du vélo, de jouer au cerf-volant, au ballon, de monter sur des ateliers, de faire du roller ou du skate board ou de se reposer sous les arbres à l'abri des chaleurs d'été.


Des flammes de près de trois mètres de hauteur


Un grand brasier prend forme et des flammes de près de trois mètres de hauteur s'élèvent dans le ciel.

Au même moment, j'aperçois de loin, de mon balcon, la silhouette d'un individu positionné face à la rampe incandescente, sortant un appareil pour immortaliser l'incendie [2]. Tout près, une demi-douzaine de policiers en provenance de l'Hôtel de Police accourent rapidement sur les lieux, se dispersent et contournent dans un premier temps la grande tour puis arrivent discrètement dans le parc pour tenter d'interpeller le ou les individus.

Je décide de quitter mon domicile et me rendre sur place. Le temps d'y parvenir, à peine quatre minutes s'écoulent.

Arrivé sur les lieux, je suis immédiatement surpris par la présence des premiers pompiers arrivés en camion en train de maîtriser rapidement et avec succès l'incendie. Pendant ce temps, les policiers terminaient d'interroger d'éventuels témoins sur place, des promeneurs et autres éventuels observateurs de la scène.

D'autres habitants et passants arrivent pour contempler le travail des professionnels et les premières discussions s'enchaînent.

"Ça fait un moment qu'on dit qu'il faut faire quelques choses (...) Ça devait bien arriver un jour de toute façon (...) On avait prévenu le Syndic, et voilà, maintenant, on fait quoi (...) On sait bien que c'est des jeunes comme d'habitude (...) Ils savent pas quoi faire le soir, quand ils sortent de l'école, alors ils s'amusent et ils brûlent, c'est tentant n'est ce pas ? (...) Mettre le feu à une rampe pour eux, pour qu'ils s'amusent, on vit dans quelle société là ? (...) Et bien moi, je vous parie que demain, on va retrouver sur Internet leur exploit, vous allez voir (...) Le pire, c'est qu'apparemment, il y avait des gens dans le parc et quand ils ont vu le feu, ils se sont en allés tout simplement, alors qu'ils ont été sûrement des témoins".

L'intervention des policiers et des pompiers fut rapide et de qualité. Personne n'a cherché à critiquer le travail de ces professionnels. En quittant le parc, certains habitants semblaient supposer que le ou les individus ayant mis le feu à la rampe auraient appelé les pompiers pour les prévenir juste au moment de s'éclipser.


Un acte de vandalisme "gratuit"


Lorsqu'ils n'y avaient pas de rollers ni de skateborders, les enfants de mes voisins, les enfants des parents d'élèves, des écoles et crèches du quartier... et mes propres enfants avaient l'habitude de monter sur cette rampe pour jouer, se cacher ou glisser sans encombre sur cette surface. Certains soirs, celle-ci pouvait accueillir une dizaine d'enfants notamment le soir, entre 17h et 19h, dès la sortie de classe.

Je ne peux que condamner ce genre d'attitude visant à incendier "gratuitement" un mobilier urbain permettant tous les jours à de nombreux jeunes de s'amuser et de faire des activités.

Un acte "gratuit", sans gêne, sans scrupule apparent du ou des auteurs des faits, qui ne peut qu'alimenter les rumeurs, les ragots, les inexactitudes dans une société rongée par la stigmatisation et la classification des individus.

Notes

[1] console de jeux vidéos

[2] une photo... ou une vidéo probablement prise avec un téléphone portable


05

12

2007

Manifestation des étudiants et lycéens contre l'Etat, les institutions et la Loi Pécresse LRU à Grenoble

pecresse grenoble Mardi 4 décembre 2007 au matin, j'avais un rendez-vous à Europole. Vers 10h30, je décide de rentrer à pieds, direction le centre ville de Grenoble.

Avenue Alsace-Lorraine , je tombe sur une manifestation rassemblant une majorité de lycéens et lycéennes et une proportion moindre d'étudiants.

A vue d'oeil, ils sont près de 500 jeunes à défiler en provenance du campus universitaire et de lycées de l'agglomération.


Une manifestation affichant des slogans incisifs et particuliers


Une manifestation plutôt calme, encadrée par la Police et peu silencieuse. En début de cortège, je découvre avec étonnement les deux principaux slogans suivants [1] : "Tous unis contre l'Etat et ses flics" puis "Votre démocratie est une imposture". En milieu de rassemblement, on peut également lire sur une banderole "Lycée Bergès en lutte".

Parmi les chants de revendication des manifestants, on peut entendre "Aux ar-mes, nous sommes les lycéens, aux ar-mes, en guerre contre Pécresse".

Intrigué par les motifs de revendication, je m'approche d'une manifestante distribuant des tracts.

Le premier est intitulé "Pour l'intensification et la convergence des luttes !" dont voici un extrait "L'Etat est la cible, toujours. Les syndicats et organisations de gauche sont à la ramasse et ne cherche qu'à calmer le jeu (...) les rapports sociaux capitalistes font que la plupart des individus dans ce monde ont une vie de merde (...) Preuve permanente que l'Etat nous met un max de pression mais on lâchera pas l'affaire (...) Et qu'on ne vienne pas nous parler d'aller voter ! (...)".

Le second est un guide "Conseils juridiques et pratiques - dans des contextes de manifestation ou de confrontation avec les forces de l'ordre" recommandant quelques précautions à prendre notamment en cas d'interpellations ou de suivi au commissariat.


Un étudiant déterminé, aux multiples revendications


Je décide d'en savoir plus et m'oriente vers un manifestant pour l'interviewer. Je tombe sur un étudiant en Master 2 "Recherche Math Appliqué", Master 1 "Informatique".

En toute simplicité et avec détermination, ce dernier m'explique qu'il s'agit d'une manifestation contre les violences policières dont sont victimes les étudiants grévistes à la fac de Grenoble et du débrayage de lycéens contre la Loi Pécresse LRU, Loi sur l'autonomie des universités.

En vidéo, la manifestation et l'interview :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Les revendications de l'étudiant sont nombreuses. Dans l'ordre, abrogation et retrait de la loi Pécresse LRU (le texte), atteinte au Service Public de l'enseignement supérieur, au droit du travail, à la santé pour tous, lutte pour une cohésion collective, atteinte à l'éducation, à l'énergie, au pouvoir d'achat...

Quelques propos tenus "Actuellement, les priorités du gouvernement ne sont pas pour l'éducation (...) Le problème est qu'il faut attendre les décrets d'applications, une fois signés et mis en place, nous n'aurons plus aucun contrôle sur ce qui se passe à l'Université (...) Ce qui me fait le plus peur, c'est une entrée de financements privés avec un droit de contrôle et de regard sur les enseignements et la recherche (...) fondamentale".

L'étudiant explique qu'il est "dans un branche, surtout sur Grenoble, au débouché professionnel large" et pense aux autres étudiants notamment en Sciences Humaines "qui eux, n'auront pas cette chance" puisque selon lui, les entreprises privées viendront financer en premier "les sciences" (prenant exemple sur les nanotechnologies).


Une situation confuse de part et d'autre


Entre les AG étudiantes et lycéennes, les manifestations répétées déclarées ou non à la Préfecture de l'Isère, les multiples interventions des forces de l'ordre, les revendications parfois disparates des syndicats, les communiqués de l'intersyndicale des Universités de Grenoble, la démission de Bruno Julliard, le point de vue divergeant des enseignants et maîtres de conférence, les nombreuses interpellations, le comportement des étudiants bloqueurs, anti-bloqueurs et non grévistes, les occupations de lieux sur le campus ou le geste d'Olivier Ihl, directeur de l' IEP Grenoble...

... quelques soient les engagements, notre bord dans ce conflit et nos affinités politiques, la situation actuelle est assez alarmante et il est difficile d'y voir clair.

Notes

[1] voir ma photo


30

11

2007

Lampe allumée en ville, à n'importe quelle heure de la journée, qui paye ?

ecole allumée Il y a un an, je signalais dans un billet que la ville de Grenoble n'était pas l'une des villes de France les plus remarquables en matière d'illumination et d'éclairage tout au long de l'année.

Force est de constater que la commune ne jouie pas d'un embellissement lumineux réfléchi et approprié, notamment en liaison avec son patrimoine. L'arrivée des fêtes de Noël n'est qu'un vecteur d'illumination temporaire pour une ville qui a bien besoin d'être illuminée par un ensemble de jeux de lumière.

En parallèle de cette constatation, le sujet de l'éclairage public et privé à Grenoble m'interpelle depuis un petit moment.

Volontairement, je décide de donner un titre évocateur à ce billet qui correspond à l'une de mes photos prises en ville il y a quelques temps, rue Hébert à Grenoble , à proximité d'une école. Apparemment, Je constate que je ne suis pas le seul à m'insurger contre le gaspillage d'énergie.

En cette fin d'automne, la lumière du jour diminue rapidement en fin de journée dans la vallée. De nombreuses boutiques sont obligées d'allumer leur intérieur pour recevoir leurs clients dans de bonnes conditions.


Des lieux allumés en permanence la nuit


Je ne compte plus le nombre de fois où, durant mes promenades en ville, le soir, sortant tard d'une conférence, d'un débat ou de chez des amis je comptabilise les nombreuses devantures commerciales allumées en permanence à une heure où les Grenoblois sont à deux doigts d'aller se coucher. Souvent, ces dernière sont allumées pour indiquer une éventuel présence ou activité humaine ou tout simplement pour achalander le passant.

Même constatation concernant quelques lieux emblématiques de la ville. Lorsqu'il m'arrive de circuler ou de marcher le long du boulevard Jean Pain . Plusieurs bureaux ou salles en mairie restent partiellement éclairés à mi-hauteur du bâtiment. Ce fût le cas il y a deux semaines et lundi dernier vers 23h35.

A Grenoble, certaines ruelles très étroites restent également éclairées en permanence toute la nuit alors qu'il n'y a jamais personne qui s'y aventure. Juste en face de chez moi, il y en a une, près du gymnase : le faisceau de lumière projeté n'éclaire que le mur où il est positionné.

Du côté des établissements publics, la palme revient certainement aux écoles primaires et secondaires. Il n'est pas rare que le personnel d'entretien oublie certains soirs d'éteindre les lumières des classes et des toilettes des enfants. Je n'ai qu'à fermer le soir les volets de ma chambre pour juger de la situation.


Des lieux éclairés en permanence le jour


lumiere en ville Il arrive parfois que certains lieux restent éclairés en plein jour pour une raison que j'ignore.

Comme nous pouvons le voir sur ma photo, deux gros spots de lumière éclairent en plein jour la cour et l'entrée de la salle Olivier Messiaen , rue du Vieux Temple à Grenoble. Il s'agit-il probablement d'un problème de synchronisation de la cellule du capteur entre les variations de lumière du jour et de la nuit.

A moins qu'une personne ait simplement oublié d'appuyer sur l'interrupteur pour éteindre une fois de plus la lumière.

Toutefois, J'en doute.


Deux poids, deux mesures


A l'heure où chacun tente de se mobiliser à sa manière pour lutter plus ou moins contre le gaspillage d'énergie, de s'impliquer dans le processus des discussions prometteuses issues du "Grenelle de l'environnement", on peut aisément s'interroger sur l'ampleur de ce gaspillage d'énergie au quotidien.

Malheureusement, j'ai bien peur que les efforts accomplis par une minorité de la population en matière de gain et de maîtrise de consommation d'énergie ne soient qu'une simple compensation du gaspillage récurrent d'une fraction de la population qui manquent de visibilité et de bon sens dans son quotidien personnel et professionnel.


12

06

2007

Que se passe t'il au service de la Vie Scolaire à la mairie de Grenoble ?

Grenoble est une ville où les moyens alloués à la Petite Enfance, aux modes de garde, lieux d'accueil et équipements scolaires sont au rendez-vous. Nombreuses sont les villes qui nous envient en la matière. Mon dernier fils rentre en maternelle en septembre 2007. Les inscriptions sont ouvertes depuis février- mars et se terminaient normalement le 28 mai 2007. Je l'ai donc inscrit à l'école fin avril.

Pour inscrire son enfant, la démarche est la suivante : les parents d'élèves doivent retirer un dossier d'inscription de préférence à l'antenne-mairie de votre secteur, le remplir, puis le rendre et le déposer, accompagné des justificatifs demandés, au même endroit. Après quelques semaines (tout de même), les parents reçoivent à leur domicile un certificat d'inscription en trois exemplaires, à remettre obligatoirement à la direction de l'école pour procéder à son admission. Un exemplaire pour la direction, pour la restauration scolaire si besoin et pour la famille.

Entre le traitement des dossiers et la réception du certificat, le service de la Vie Scolaire et les directions des écoles opèrent des pointages : pré-comptabilisation des inscriptions, tendance des effectifs, transfert ou radiation d'établissement (le terme de radiation est osé dans l'administration).

De nombreux parents s'étonnent dans mon quartier de n'avoir toujours pas reçu le fameux certificat d'inscription envoyé par le service administratif à leur domicile. Du coup, les parents discutent entre eux "Dites-moi, vous avez reçu le vôtre...? Non... et vous... moi oui ! Ah bon..? (...) Et vous êtes allé voir la directrice ? (...) Oui, pour lui indiquer qu'on a rien reçu encore et lui signaler qu'on a bien fait notre inscription dans cette école, donc elle le note quand même en attendant (...) elle attend de mettre son tampon sur les exemplaires qu'on doit lui remettre et qu'on a pas reçu encore...".

J'ai appelé par téléphone le service de la Vie Scolaire. Je suis tombé sur un charmant Monsieur, compétent, aimable et sérieux, qui a bien voulu corriger une erreur informatique sur le certificat d'inscription de mon fils.

Mais voilà, d'après mes renseignements, certains parents attendent leur certificat depuis près de 2 mois !

Le service de la Vie Scolaire est probablement débordé. La mairie ou le service n'ont apparemment pas bien géré en amont le flux des demandes qui, naturellement comme chaque année, arrivent en nombre dès la mi-avril ! Ouvrir la date d'inscription en février-mars ne sert finalement pas à grand chose. Le service s'occuperait également... ...de demandes et dossiers de dérogations !

On se retrouve dans la situation suivante : la prise en charge supplémentaire d'une partie des demandes par les directions d'établissements, des appels téléphoniques en antenne-mairie redirigés en mairie, des parents inquiets, un service de Vie Scolaire dépassé par sa mission et ses prérogatives.

La clé du problème se trouve dans l'un des points suivants : manque d'effectif, de soutien, de logistique, d'organisation ou de coordination.