Emmanuel Saint-Bonnet est un homme de terrain intéressé par la politique, passionné par la sociologie et l'histoire électorale depuis fort longtemps.
Ce journaliste bon vivant, ouvert et combatif, passionné de démocratie qui vient tout juste de quitter ses fonctions au sein du Dauphiné Libéré se définit comme un Artisan-Politologue.
En partenariat avec GreBlog MonGrenoble, il nous livre une analyse politique fine et pertinente, à la fois historique et approfondie des résultats des élections Régionales de 2010 sur la ville de Grenoble, "loin de la langue de bois des grands leaders d'opinions" comme il aime le souligner.
Un Artisan-Politologue, passionné de géopolitique
Emmanuel Saint-Bonnet consacre une grande partie de son temps à dessiner une carte politique de la France en s'appuyant sur les résultats des élections de ces dernières décennies. A travers l'histoire et l'actualité politique du pays, il dresse depuis des années un atlas électoral de tous les échelons administratifs : communes, cantons, circonscriptions législatives, départements et régions.
Son site web AtlasPol est le résultat d'un travail de fond, enrichi de sources, de données parfois surprenantes et actualisées au quotidien. Il est l'un des rares sites Internet en France qui résume et analyse la géopolitique de chaque région et département, les tendances, compositions et couleurs politiques des échelons associés à une chronologie de personnalités politiques.
En parallèle, cet analyste politique, spécialiste du redécoupage électoral Marleix anime Les Artisans-Politologues sur la toile. Un blog qui dissèque régulièrement les mécanismes couramment utilisés divisant le territoire en circonscriptions. Avec d'autres artisans, Il relaie régulièrement des résultats, nous fait part de ses analyses objectives et nous explique les enjeux géopolitiques tout en nous livrant quelques cocasseries sur le plan local.
Emmanuel Saint-Bonnet a choisi GreBlog MonGrenoble pour illustrer son analyse des résultats du scrutin.
Régionales 2010 : une analyse au lendemain du 1er tour sur Grenoble
Pour commencer, un rappel de sa contribution déposée au lendemain du 1er tour des Régionales 2010 :
"Ces résultats sur la commune de Grenoble prouvent, s'il en était besoin, le réel enracinement d'Europe-Ecologie dans la ville.
Après le score surprise des Européennes de 2009 (29,04 %), la liste de Philippe Meirieu obtient 26,51 %. Un retrait d'un peu plus de deux points et demi mais de seulement moins de mille voix, compte tenu de l'abstention tout de même moindre qu'en juin 2009. Des électeurs qui se sont soit abstenus, soit ont regagné le giron du PS. Celui-ci, avec 27,6 %, reconquiert une première place "naturelle", et du même coup, près de 3000 suffrages!
Des réserves qu'il a du puiser chez les abstentionnistes de juin 2009, du côté, on l'a vu, des écologistes, mais peut-être aussi du MoDem, qui subit une érosion de plus de mille bulletins.
Enfin, n'oublions pas les éventuels transferts venant de l'UMP, les enquêtes d'opinion ayant démontré que certains électeurs de droite étaient satisfaits du bilan de leur région. La majorité n'ayant perdu qu'environ 700 voix depuis juin 2009, ceux-ci ont du cependant rester minimes.
Le grand gagnant en voix reste le FN, qui fait plus que doubler son résultat."
Régionales 2010 : une analyse au lendemain du 2ème tour sur Grenoble
"Pas une voix n'a manqué à la liste PS-PRG-MRC-EE-FG de Jean-Jack Queyranne lors de ce second tour des élections régionales à Grenoble.
Les reports semblent avoir parfaitement fonctionné. Les trois listes fusionnées pouvaient compter sur au moins 66 % des exprimés et environ 22 800 voix, sans compter le MoDem, elles en obtiennent 25 014. Soit 64,85 % des exprimés. Une baisse en pourcentage due au regain de participation, l'abstention étant passée entre ces deux tours de 57,69 à 52,37 %, soit très exactement 4413 inscrits supplémentaires s'étant déplacés aux urnes, dont 4008 exprimés.
Pas une voix du premier tour n'a donc manqué à Jean-Jack Queyranne, mais la liste de droite a davantage mobilisé les abstentionnistes.
Avec des réserves quasi-nulles, Françoise Grossetête parvient à passer de 6699 bulletins au premier tour à 9757 lors de ce second.
Chez ces nouveaux votants, on doit compter très peu d'électeurs du Front national, puisque Bruno Gollnisch, avec des réserves théoriquement plus basses, se maintient bien, passant de 3069 à 3802 voix.
Même en examinant les résultats du premier tour du MoDem (1545 voix), dont les électeurs ont du quasiment tous se partager entre droite, gauche et abstention, et la liste Spartacus (410 suffrages), qui a du se répartir, globalement, entre droite, FN et abstention, le compte n'y est pas.
D'autant plus que les bulletins blancs et nuls ont eux aussi augmenté entre ces deux tours, de 586 à 1009. Un quasi-doublement logique avec la baisse de l'offre politique, et sans doute due en partie à une fraction de cet électorat. Les reports de Spartacus (mais également du NPA et de LO), considéré comme un mouvement hors du système, et du MoDem, qui en est éloigné, sont donc très difficilement mesurables.
Cependant, on peut affirmer, sans trop de risques, qu'environ la moitié des suffrages exprimés supplémentaires de ce second tour ont choisi la liste Grossetête. Un renfort appréciable pour la droite, qui se retrouve tout de même à l'un des niveaux les plus bas enregistrés à Grenoble depuis des décennies.
Lors du second tour des régionales de 2004, la liste Comparini avait attiré 15 302 électeurs, soit 32,37 % des exprimés.
Dimanche soir, avec ses 9757 suffrages, François Grossetête atteint les 25,30 % des exprimés. Un résultat encore plus mauvais que celui de Fabien de Sans Nicolas aux municipales, qui, avec 12 877 bulletins et 29,50 % (mais en l'absence toutefois du FN), était considéré comme une contre-performance historique.
Certes, gauche et Verts se trouvent en retrait du second tour de ces municipales (30 778 voix et 70,50 % des exprimés sur deux listes), mais, compte tenu du différentiel de participation (61,96 % en 2004), ils retrouvent à peu près leur niveau des précédentes régionales (27 600 voix). Même chose pour le FN, qui avait obtenu au second tour 4368 voix en 2004.
En conclusion, on pourrait donc dire que Grenoble, toutes proportions gardées, a voté (et non-voté) comme le reste du pays: l'abstention a fortement handicapé la droite, et le regain de mobilisation au second tour lui a profité, mais bien insuffisamment pour lui éviter la défaite."
Emmanuel Saint-Bonnet



Article maj le 22/03/10 à 19h27.
- Article maj le 15/03 et le 20/03 -
Juste avant d'aller voter ce dimanche 14 mars 2010 [
Mercredi 3 mars 2010, la liste de rassemblement "
Jeudi 18 février 2010, la liste de la majorité présidentielle "
L'argumentaire général de la liste conduite par la candidate relève "une gestion financière catastrophique" au niveau de la région. Pêle-mêle, on peut lire que la région Rhône-Alpes est dans le "peloton de queue" des 5 régions sur 22 qui investissent le moins. Le nombre de places de train a augmenté de 1% en 6 ans. Il est mentionné que le nombre d'agents à la région est passé de 800 à 1400 ces dernières années. Le Cabinet de Jean-Jack Queyranne compte 37 collaborateurs. Le coût de la construction du nouveau "palais de la région" équivaut à la construction de 10 lycées (soit 150M€)...
Mardi 1er décembre 2009, dans un salon de
Article maj le 08/06/09, 9h20.


