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2008

Réaménagement des quais de l'Isère : première réunion publique et réactions des Grenoblois

isere grenoble Lundi 15 septembre 2008, une première réunion publique s'est tenue à l'auditorium du Musée de Grenoble dans le cadre de la concertation engagée sur le réaménagement des quais de l'Isère.

Ce réaménagement des quais de l'Isère est inséré dans le projet de requalification du centre ville, "Coeur de ville, coeur d'agglo" initié il y a 2 ans par la Ville de Grenoble (lire un billet sur le sujet) dont le budget prévisionnel pour rappel, avoisine les 55 millions d'euros sur 10 ans.

Face au public venu nombreux [1], Jacques Chiron (Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la Ville), Laure Masson (Adjointe à la Démocratie locale et à la Coordination des secteurs) et Philippe de Longevialle ( Adjoint à l'Urbanisme) ont présenté le calendrier et les modalités de lancement de la concertation.


Démarche de concertation


Cette première réunion publique avait pour ambition de présenter les enjeux du réaménagement. Mais également, établir un premier diagnostic et alimenter les travaux des trois équipes d'architectes paysagistes en compétition désignées dans le cadre de l'attribution du marché de définition des quais (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge).

En amont cet été, les Grenoblois ont été invités à fournir des photos illustrant leur perception actuelle des quais de l'Isère.

Au final, seulement 17 contributeurs (associations réunies, habitants isolés...) ont participé à la démarche et 178 photos ont été préalablement sélectionnées par les rapporteurs de la Ville de Grenoble. Une sélection de ces clichés et un film retraçant une partie de l'histoire des quais fut projeté au public pour étayer les premières constatations sur le terrain.

Au point de vue chronologique, la démarche de concertation va s'étendre sur une année : comité de suivi en octobre, exposition au 1er trimestre 2009, seconde réunion publique et bilan au 3ème.

Concernant le marché de définition : programme et fin des proposition d'aménagement d'automne à fin 2008, désignation du cabinet d'architecte au printemps 2009. Études de maîtrise d'ouvrages, appel d'offres entre 2009 et 2010. 1ère phase d'aménagement prévue vers 2012 - 2013 (incluant le remplacement du pont provisoire "Massena" (lire mon billet sur le sujet), puis 2ème tranche vers 2014 (vision Rocade Nord...).

Pile poil... horizon... prochaines élections municipales.


Une requalification nécessaire et attendue


Au passage, rappelons que 81% des Grenoblois estiment que l'Isère n'est pas suffisamment mis en valeur et que 66% aimeraient faire visiter les quais à leurs amis s'ils étaient mieux aménagés [2].

Mais qu'entend-on vraiment par "aménagement" requalification restructuration ?

Premier élément de réponse : durant la réunion, l'un des rapporteurs analyse un série de photos projetées à l'écran face à un public... complètement hilare. Il faut dire que ses explications sont peu pertinentes.

Extrait audio :



Réaménagement des quais : le point de vue du public Grenoblois


Pour le public Grenoblois, les préoccupations sont nombreuses, claires et limpides.

Extraits : perceptions et réactions de la salle au fil des échanges au cours de la soirée.

"Les quais, il faut leur attribuer un rôle et il ne faudrait pas que les aménagements futurs oublient les raisons pour lesquelles ils ont été réalisés à l'origine (...) Ce projet doit être à la hauteur de la représentation de la ville (...) On fait souvent référence à ce que fait la ville de Lyon mais notre contexte est différent (...) Il faut aussi être ambitieux et réfléchir au plan de circulation de la ville, ça va être à mon avis extrêmement difficile (...) Il risque d'y avoir conflit entre les piétons, la circulation" souligne pêle-mêle les premiers intervenants.

"Réglons d'abord les problèmes de stationnement (...) Les deux rives sont à double voies, il faut qu'elles perdent leur statut d'artère qui invitent les automobilistes à rouler vite" explique un habitant.

Un autre met en garde la municipalité. "Les conséquences de la réduction de la circulation automobile peuvent devenir extrêmement grave et déporter les engorgements ailleurs (...) Les études à venir ne remplaceront jamais la réalité des choses, il est fondamental de faire un essai et des tests de circulation un temps, en grandeur nature".

C'est au tour d'une Grenobloise d'exprimer sa vision : "J'ai relativement peu entendu des questionnements sur les modifications concernant les modes de vie des Grenoblois et les conséquences sur les familles, les personnes âgées qui ont besoin de ce rapport charnelle avec la rivière (...) Ceci va au delà des problèmes de circulation".

"Il y a un quand même un problème crucial, c'est que si nous ne connaissons pas le schéma de circulation automobile prévu par la Mairie, on ne pourra jamais percevoir le travail des paysagistes (...) En plus, on a une arrivée d'autoroute à la Porte de France, c'est invraisemblable, c'est aussi toute la partie vers l'Espanade qui doit faire partie de vos plans de requalification (...) Planter des arbres ou des fleurs, tout le monde sera d'accord (...) Si vous commencez à planter des arbres et des ponts un peu partout, je crois que le résultat sera médiocre" argumente un habitant du quartier Saint-Laurent.

"Le long de l'Isère, il faut mettre des activités (...) Si on veut supprimer les voitures, à part les sportifs, tout le monde ne va pas monter à Chamrousse en petit vélo (...) Il y a un autre endroit aménageable sur l'Isère, regardez sur la carte [3], il y a une grosse tache blanche, c'est le Cimetière et là, le foncier, ça coûte pas cher (...) Le Cimetière, on en fait un lac avec des activités, et là, tout le monde est content" rétorque un Grenoblois. Le public est conquis par la stupidité des propos.

Pour répondre aux inquiétudes partagées dans l'ensemble par les Grenoblois, Jacques Chiron, Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la Ville déclare en guise de conclusion "N'ayons non plus pas peur (...) Si on avait écouté les craintes, on n'aurait jamais fait la 3ème ligne du tram (...) Sachons aussi regarder les choses de manière plus globale et voir les évolutions actuelles".


Comme on l'aura compris, les habitants sont à la fois soucieux et déterminés par principe. En matière de requalification, la grande majorité considère que l'axe principal de réflexion doit se porter sur les questions de circulation. Cycles, piétons et automobilistes compris.

Cette première réunion publique a également fait ressortir les inquiétudes des habitants concernant le devenir du Palais du Parlement et l'intégration de la Rocade Nord (sortie du tunnel) au sein du projet de requalification des quais de l'Isère.

Etrangement, très peu d'échanges se sont portés sur... les transports en commun.

A méditer.

Notes

[1] souvent, toujours le même

[2] extrait de l'enquête CSA, sept. 2008

[3] voir photo


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2008

Qui veut du bois sec pour sa cheminée ?

grenoble isere Si il y a bien un vaste projet évoqué durant la campagne des municipales de 2008 à Grenoble sur lequel tout le monde était presque unanime et convergeait dans le même sens[1], c'était la nécessité de requalifier partiellement globalement les quais et les berges de l'Isère .

Il faut dire qu'il y a de quoi faire en la matière.

Le moment venu, les architectes vont pouvoir s'en donner à cœur joie et nous proposer de belles intentions sur le papier tellement les quais ont besoin de retrouver un équilibre serein et harmonieux dans le paysage Grenoblois. Idem à mon sens, pour le quartier Saint-Laurent, assez délaissé en matière de requalification depuis quelques années.

Par où commencer ?

Et bien, si nous commencions par faire en sorte d'éviter qu'un amas de troncs d'arbres viennent s'échouer sur l'un des piliers du pont permettant de circuler en direction du quartier Saint-Laurent ?


Un amas de troncs d'arbres heurte la carte postale idyllique Grenobloise


A chaque fois que l'Isère subit une crue passagère ou que son niveau habituelle se met à varier, quelques longs troncs d'arbres viennent se blottir juste sous le pont. Une fois bien amarré, c'est au tour de centaines de branches et de feuillages de s'accrocher au monticule. Puis, c'est au tour des détritus de la rivière (plastiques flottants, cartons épais, tissus de toutes sortes, de venir s'accrocher à cette masse de bois.

En plein été, au moment où les touristes visitent notre belle région, il est difficile d'imaginer prendre une photo du pont interdit à la circulation automobile en amont. Pourtant, comme chacun le sait, c'est sur ce pont "noir" qu'une des principales images de la Ville de Grenoble est représentée sur de nombreuses cartes postales bien connues (vue des quais, des bulles, des ponts, de la rivière...).


Déblayer le terrain


En me promenant le long des quais, après avoir pris cette photo, j'ai eu l'opportunité de discuter avec des agents de la voirie de la Ville de Grenoble, en train de nettoyer l'un des escaliers menant à la voie sur berge.

J'ai profité de l'occasion pour demander au responsable s'il était normal de voir deux ou trois fois par an un tas de bois s'échouer sous le pont.

Sa réponse fut surprenante : "Oui, on le sait (...) Nous, on peut rien faire, ce n'est pas nous qui nous occupons de ça, c'est un autre service mais je sais pas lequel (...) On sait qu'il intervient de temps en temps mais là, ils doivent venir mais je sais pas quand exactement (...) Je suis bien d'accord avec vous, ça devrait être enlevé depuis un moment, surtout que ça peut forcer sur le pilier avec le courant".

Bizarrement, le second pilier soutenant le pont n'a aucun amas [2].

Au delà de l'image produite par le phénomène, l'une de mes premières réactions fut d'imaginer un plaisantin jetant une allumette sous le pilier pour mettre le feu et obtenir un grand brasier : aucun doute, les bois ont eu tout le temps de sécher en surface, en plein soleil.

Cette montagne de bois secs reste dangereuse. Au moment où je rédige ce billet, le stock de bois est toujours là.

Il serait temps de le déblayer. A moins que l'on décide d'attendre l'arrivée d'une prochaine crue pour le voir éventuellement disparaitre de lui même...

Notes

[1] au même titre que l'arrivée attendue d'un système de type Velib à Grenoble

[2] voir la photo