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30

03

2009

Grenoble JO 2018 : retour sur le dossier Grenoblois et nouveau Comité de pilotage des acteurs de la candidature

jo 2018 Article maj le 03/04/09.

Mercredi 18 mars 2009, après un vote de ses membres, le Conseil d'administration du Comité National Olympique et sportif Français (CNOSF) a désigné la ville pour la candidature française à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2018.

Les 43 membres du Conseil d'administration (CA) présents ont pris part au vote pour élire la ville française candidate. La majorité absolue retenue était de 22 voix. La ville d'Annecy a été plébiscitée par le Comité pour présenter la candidature française à l'organisation des JO 2018.

Dès le premier tour de scrutin à bulletin secret [1], Annecy a obtenu 23 voix. 10 pour Nice, seulement 9 pour Grenoble et 0 pour Pelvoux.

Nous sommes nombreux à nous interroger sur la "3ème place" : celle de la candidature Grenobloise.


Le "montage" du dossier Grenoblois


Pour porter leur candidature, les villes requérantes ont chacune adopté une stratégie particulière. Inutile de rappeler que la "concurrence" fut rude entre les dossiers avant l'échéance du mercredi.

En coulisse, la divulgation et la publication du rapport [2] publiquement non attendu de la Commission d'évaluation (CE) composée d'experts moins d'une semaine avant le vote du CNOSF a suscité de nombreuses réactions de part et d'autre. Après une lecture du rapport (relire mon article sur le sujet) classant Grenoble en tête sur le papier pour son aptitude "technique" à organiser les JO de 2018, les porteurs du dossier Grenoblois ont choisi de s'exprimer avec modération...et parcimonie.

Eric Merlen, Conseiller presse de Michel Destot, rencontré lors d'une conférence de rédaction [3] estime que les candidatures les plus sérieuses étaient celles de Grenoble et d'Annecy.

Le Conseiller presse du député-maire de Grenoble évoque le dossier économique des Jeux Olympiques. "Au départ sur le dossier des JO, l'équipe de Michel Destot était composée de quatre personnes (...) Ils ont décidé de fédérer des tas de projets pour Grenoble (...) L'objectif est de rendre utile des infrastructures et des projets pour tout le territoire et de monter un dossier cohérent, JO ou pas JO (...) Les Jeux, ça veut dire aussi pouvoir faire en moins de 10 ans ce qu'on ferait en 20 ou 30 ans".

Sur le plan de la communication, le journaliste revient sur la stratégie Grenobloise. "Destot, comme tous les partenaires, ont refusé de communiquer sur le fond avant le jour de la candidature officielle (...) La communication a été extrêmement soft et légère (...) Suite à la défaite de Paris, il ne fallait pas répéter les même erreurs (...) La stratégie de Grenoble était extrêmement simple, les critères du CNOSF étaient clairs, nous les avons tout simplement respectés".

Les Jeux Olympiques coûtent très chers. En dehors des droits de télévision, ce sont des investissements "rentables au départ qui coûtent de l'argent mais qui en font gagner beaucoup par la suite" souligne le Conseiller presse.


Une victoire "volée" ?


Sur le papier, au regard des données chiffrées dans le rapport publié par le CE, la candidature de Grenoble était la mieux notée des quatre villes requérantes.

"Ce n'est pas nous qui avons déclaré que Grenoble était favorite, mais un Comité d'Evaluation (...) Jamais le CNOSF n'avait donné auparavant publiquement ces sources d'information et d'évaluation (...) On ne sait pas pourquoi ils l'ont fait, quelque part, ça a tué le débat des votes (...) On nous place comme favoris et on arrive dernier, je suis désolé mais à un moment, on comprend qu'il s'est passé une grosse couille, je ne sais pas laquelle mais on le saura (...) c'est pour ça que j'estime que c'est une victoire volée" explique avec vigueur et détermination Eric Merlen, collaborateur au Canard Enchainé.

Sans sourciller, même en dehors du contexte du rapport, celui-ci reconnait que la ville de Haute-Savoie avait un bon dossier. Toutefois, il reste persuadé que Grenoble et Annecy devaient logiquement arriver en tête pour la désignation d'une ville française candidate.

"C'est évident qu'il y a eu un vote reconfiguré par certains, il y a eu probablement une décision politique, un lobby qui s'est réveillé au dernier moment et qui a été très malin (...) Le vrai danger pour Annecy et Grenoble, c'était Nice" explique le journaliste.

Dans cette "affaire", rappelons que les experts du fameux rapport de la CE n'ont pas voté. Les membres du CA ont voté à bulletin secret. Ces derniers n'ont pas à motiver individuellement et publiquement leur choix.


Sotchi JO 2014... est en Europe


Deux jours avant le vote, le CIO via le CNOSF rappelait dans un communiqué (via l'AFP) que la Vlle de Sotchi organisatrice des JO d'hiver en 2014 était en Russie et donc... belle et bien en Europe.

De quoi (ré)alimenter toutes les discussions autour du choix de la ville hôte candidate qui sera choisie en juillet 2011 par les membres du CIO pour 2018.

Rappelons qu'à ce jour, Annecy (France) est dans la course. Sans oublier les villes de Munich (Allemagne) avec un budget conséquent. Et surtout PyeongChang (Corée du Sud) qui tente pour la 3ème fois consécutive de se présenter en 2018.

Curieuse manière d'afficher une prétention au moment où le choix d'Annecy a été validé.

Si on part du principe de l'alternance automatique des régions ou des continents (Turin 2006 - Vancouver 2010 - Sotchi 2014), nombreux sont les journalistes et experts qui estiment qu'Annecy et Munich n'ont aucune chance face à PyeongChang... curieusement favorite et mis en avant depuis la désignation de la ville française.

Les chances d'Annecy sont compliquées.

Le CIO affectionne le "turnover"... et la géopolitique.


Défaire et laisser la place... à un perdant potentiel


En coulisse, les discussions liées à la "défaite" de la Ville de Grenoble vont bon train.

Pour certains, cette 3ème place obtenue par Grenoble n'est pas une surprise.

Elle s'explique sur un registre purement politique. "Ils ne fallait pas donner les JO 2018 à une ville socialiste et faire un cadeau à Michel Destot" peut-on entendre ici et là. Sans oublier ceux qui évoquent une intervention au plus haut sommet de l'Etat dans la décision finale.

Pour d'autres, cette explication ne tient pas la route puisque nous connaissons les liens qu'entretient le Président de la République avec le Maire de Nice. Bien qu'elle soit arrivée juste devant Grenoble, cette ville aurait pu du davantage être mis en avant le jour du vote.

Une autre explication plausible vient pourtant entacher les précédentes.

Lors des scrutins précédents, nombreux sont les membres du CA qui n'ont pas suivi "à la lettre" les recommandations émises par le CE le jour du vote. Et pourtant, dans son rapport publié le vendredi 13 mars, le dossier Grenoblois était "techniquement" le meilleur (meilleure note générale... une majorité de critères bien notés...).

Après avoir eu connaissance de cet exposé, les porteurs du dossier Grenoblois ont choisi de "calmer le jeu" en adoptant la tactique de la modération en matière de communication avant le vote du mercredi 18 mars. Se sentant partiellement distancées dans la dernière ligne droite, les autres candidatures ont naturellement chercher à peser dans la balance auprès des instances du CNOSF. Après tout dans ce registre, qui avait le plus à perdre ?

Dans les heures qui ont suivi le vote, on pouvait entendre en centre-ville quelques remarques intéressantes.

"De toute façon, tout ça c'est politique", "Grenoble partait trop gagnante, ils n'y sont pas allés assez à fond, trop sur de son coup", "Je pense que c'est à Grenoble qu'il y avait beaucoup d'opposants par rapport aux autres villes, ça a du agacer peut-être...", "Jannie Longo, mais qu'est-ce-qu'elle faisait là, j'ai pas trop compris, y a pas de vélo l'hiver"... ou bien tout simplement "On sentait bien qu'Annecy avait tous ces sportifs à fond derrière sa candidature, plus qu'à Grenoble en tout cas".

Et si Grenoble avait tout simplement été écartée de la course, afin de favoriser ultérieurement une autre candidature ?

Cette probable candidature , c'est celle de Paris . En échouant lors de la candidature des Jeux Olympiques d'été de 2012 face à Londres, la Ville de Paris n'a jamais caché son intention de se représenter... un peu plus tard.

Choisir Annecy , c'est peut-être tenter de faire échouer prématurément la candidature française de 2018 au profit de PyeongChang... afin d'accroitre ultérieurement la capacité et les chances de la capitale française de se représenter à l'avenir... pour gagner. PyeongChang pourrait avoir moins de chances de l'emporter en juillet 2011 face à Grenoble. La capitale des Alpes a prouvé qu'elle "tenait la route" avec un bon dossier.

Rappelons également qu'Annecy (JO 2018 ?) n'est qu'à 43 km d'Alberville (JO 1992). Après tout, avec tous les intérêts en jeu, mieux vaut tout de même entériner une candidature française...

Toutes les spéculations sur la victoire ou la défaite annoncée d'Annecy sont ouvertes...

Bon courage pour Annecy.


Continuer à faire vivre l'élan sur Grenoble


En attendant, une réunion d'un Comité de Pilotage partenarial "projet de territoire" se tiendra le 3 avril 2009 à l'Hôtel de Ville de Grenoble sous l'impulsion de Michel Destot, député-maire de Grenoble, Jacques Guillot, Président de l'association des maires des stations de l'Isère, Didier Migaud, Président de Grenoble Alpes Métropole et André Vallini, Président du Conseil Général de l'Isère.

Objectif : continuer à faire vivre l'élan crée autour du projet Grenoble-Isère 2018 [4] inscrit dans le projet de développement du territoire et rebondir sur l'échec de cette candidature aux Jeux Olympiques d'hiver de 2018.

maj du 03/04/09 :

Le comité de Pilotage a réuni les partenaires de la candidature : Ville de Grenoble, Metro, Conseil Général de l’Isère, Association des Maires des Stations de l’Isère, CDOSI, ProGrenoble 2018, mouvement sportif en présence du Préfet de l'Isère et des représentants du Conseil régional.

Ensemble, ils ont défini des "stratégies pour l'avenir" : promotion, attractivité du territoire...

Trois groupes de travail remettront leurs conclusions avant l'été 2009, "afin de passer à la phase de mise en oeuvre" [5].

- dynamique montagne, sport et tourisme,
- dynamique économique et promotion de l'image de Grenoble,
- aménagement intercommunal.

fin maj du 03/04/09.


Au passage, rappelons que le maire de Grenoble n'a jamais caché son intention éventuelle de porter ultérieurement une nouvelle candidature pour la ville au Jeux Olympiques de 20XX...

Notes

[1] photo : extrait de la vidéo du CNOSF

[2] remis en janvier aux membres du CA

[3] organisée par le Master de Journalisme de l'IEP Grenoble

[4] site web indisponible

[5] via le communiqué de presse du 03/04/09


18

03

2009

Grenoble JO 2018 : retransmission vidéo en direct de la désignation de la ville française candidate. Résultat.

jo 2018 Article maj à 14h33 - beaucoup de monde, le serveur a "explosé".

Mercredi 18 mars 2009, le Conseil d'administration du Comité National Olympique et sportif Français (CNOSF) vote pour désigner la ville pour la candidature française à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2018 (JO 2018).

GreBlog MonGrenoble vous propose de suivre en direct et en vidéo le programme de diffusion de la désignation à partir de 10h45.

L'annonce officielle de la ville retenue après le vote du Conseil d'administration aura lieu, toujours en direct, aux alentours de 11h45.

Pour rappel : le rapport de la Commission d'Evaluation du CNOSF propose une analyse technique des données présentées pour chaque ville (Grenoble, Annecy, Nice et Pelvoux).


Retransmission en direct de la désignation JO 2018


La retransmission [1] est prévue de 10h45 à 12h.

10h30 : ouverture aux délégations
10h50 : accueil par Henri Sérandour, Président du CNOSF
11h00 : Vote
11h45 : annonce officielle de la ville retenue





Résultat du vote


Sur les 45 membres du Conseil d'administration, 43 étaient présents pour élire la ville française candidate. La majorité absolue retenue était de 22 voix.

Annecy a obtenu 23 voix, 10 pour Nice, 9 pour Grenoble et 0 pour Pelvoux.

Annecy a été plébiscitée par le CNOSF pour présenter la candidature française à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques 2018.

Une fois de plus, vous avez été très nombreux à vous connecter sur GreBlog MonGrenoble (je vais regarder les stats...). Le serveur a explosé à différents moments. Milles excuses. Merci de votre compréhension.

Notes

[1] autorisation de retransmission vidéo streaming sur GreBlog MonGrenoble : Christian Coquel (CNOSF)


14

03

2009

Grenoble JO 2018 : la Commission d’Evaluation du CNOSF rend son rapport. Grenoble est dans la course.

jo grenoble 2018 Le 12 mars 2009, le rapport de la Commission d’Evaluation du CNOSF pour la procédure de sélection nationale d’une ville requérante aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2018 a été communiqué aux membres du Conseil d’Administration, aux quatres villes en compétition et au public.

Un rapport qui fait suite aux auditions et aux projets de candidature présentés par les villes pré-requérantes ( Grenoble 2018, Annecy 2018, Nice 2018 et Pelvoux-Ecrin 2018) le 21 janvier 2009 [1] devant le Conseil d'Administration (CA) du CNOSF.

Mercredi 18 mars 2009, les 45 membres du CA du CNOSF voterons pour désigner la ville française candidate à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver 2018. Résultat du vote attendu à partir de 11h45.

En attendant, intéressons-nous au rapport remis par la Commission d'évaluation (CE).


Une évaluation technique des dossiers


Le rapport de la CE est avant tout un rapport technique rédigé par 14 membres [2] du CNOSF.

Il analyse l'ensemble des données techniques fournies par les villes candidates et évalue leur aptitude à organiser les JO en 2018. Il a pour objet d'aider le CA du CNOSF dans sa décision. Un document sur lequel les membres peuvent s'appuyer pour rendre un verdict final.

Cette "annexe" au dossier des JO 2018 révèle néanmoins de nombreux éléments "concrets" permettant d'éclaircir ou de repositionner l'engagement "verbal" de certains prétendants à la candidature.

Par ailleurs, une enquête commanditée par le CNOSF auprès de l'Institut TNS-SOFRES en février 2009 montre que la population française adhère globalement à l'idée d'une candidature (soutien populaire : 69% - opposition : 7%) [3].


Des critères et une notation particulière


Différents éléments retenus dans le cadre de l'évaluation.

Une liste de "critères" détermine le potentiel d'une ville à accueillir les JO 2018. Un coefficient de pondération (CP de 1 à 5) attaché aux critères leur accorde une valeur et un degré d'importance.

Une valeur de référence (sur une échelle de 1 à 10, fixée à 6 - référent CIO) permet de donner une note minimale indiquant la capacité d'une ville à organiser les JO.

Un "indice de faisabilité" est attaché à certains critères. Il exprime la probabilité qu'un projet soit réalité (de 0.1 - infaisable à 1 - faisable).

En fonction de ces éléments, une notation est donnée pour chaque ville, pour chaque critère.


Calculs et notes moyennes obtenues


Après avoir effectué quelques calculs en tenant compte des notes minimales et maximales accordées par le CNOSF aux pré-requérants, voici le classement général et les résultats obtenus en fonction des critères retenus dans le rapport de la Commission d'Evaluation :


Soutien politique, place proposée au mouvement sportif dans un Comité de Candiature et opinion publique (CP : 2)

Grenoble : 7.04 | Annecy : 8.52 | Nice : 7.16 | Pelvoux : 7.92


Infrastructure générale (CP : 5)

Grenoble : 7.71 | Annecy : 7.08 | Nice : 5.65 | Pelvoux : 3.03


Sites sportifs et expérience (CP : 4)

Grenoble : 7.72 | Annecy : 7.32 | Nice : 5.50 | Pelvoux : 5.12


Village(s) olympiques(s) (CP : 3)

Grenoble : 7.27 | Annecy : 6.57 | Nice : 5.25 | Pelvoux : 5.14


Environnement : conditions et impact (CP : 3)

Grenoble : 6.67 | Annecy : 7.30 | Nice : 5.59 | Pelvoux : 5.52


Hébergement (CP : 5)

Grenoble : 6.07 | Annecy : 6.30 | Nice : 6.22 | Pelvoux : 2.88


Gestion du système de transport (CP : 3)

Grenoble : 7.56 | Annecy : 6.38 | Nice : 4.68 | Pelvoux : 3.63


Finances (CP : 2)

Grenoble : 7.50 | Annecy : 6.50 | Nice : 6.50 | Pelvoux : 4.50


Jeux Paralympiques (CP : 2)

Grenoble : 8.50 | Annecy : 8.50 | Nice : 7.00 | Pelvoux : 6.50


Développement du Sport et Héritage sportif (CP : 5)

Grenoble : 8.50 | Annecy : 8.25 | Nice : 8.20 | Pelvoux : 5.65


Concept général (CP : 5)

Grenoble : 8.40 | Annecy : 8.10 | Nice : 5.60 | Pelvoux : 3.80


Note moyenne générale pour chaque ville hors pondération :

Grenoble : 7.54
Annecy : 7.34
- - - - - - - - - - -
Nice : 6.12
Pelvoux : 4.88


Interprétations de la Commission d'Evaluation


Le rapport souligne mot pour mot les conclusions suivantes :

"La Commission d'Evaluation estime que les villes de ''Grenoble et Annecy ont le potentiel nécessaire pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2018'', et peuvent donc représenter des candidatures de qualité aux côtés du CNOSF et espérer passer la première étape de présélection du CIO".

"Les atouts de la candidature de Nice sont tout à fait indéniables notamment dans son Pôle « Glace ». Pour autant, la Commission d’Evaluation estime que le dossier comporte des risques. En effet, la distance entre le Village Olympique unique et le Pôle Neige, la faiblesse des infrastructures de transport vers et au sein du Pôle Neige, et la faible capacité d’hébergement sur les sites de montagne, amènent à s’interroger sur la faisabilité même du projet et sa capacité à passer l’étape de présélection du CIO".

"La Commission d’Evaluation conclut que le territoire de ''Pelvoux Ecrins n’a pas à l’heure actuelle la capacité requise pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2018'', et pour passer l’étape de présélection du CIO."


Duel au sommet


Quelques heures avant le vote décisif du CNOSF, les allégations et suspicions vont bon train. Notamment du côté des villes candidates... placées sur la tangente ou légèrement en deçà des "critères de recommandation" telles que Nice et Pelvoux qui accusent le coup et ont du mal à "digérer" l'affaire le rapport anticipé.

Techniquement, le dossier Grenoblois paraît bien engagé. Il arrive en tête des critères de la Commission d'Evaluation. Une bonne aubaine pour Grenoble dans la course à la candidature française pour l'organisation des JO 2018.

Il y a encore quelques semaines, la candidature de Grenoble paraissait "repliée" derrière celle de Nice et d'Annecy. Aujourd'hui, Grenoble refait surface... avec un peu plus de raison d'y croire.

La prudence est de mise. Dans le passé, les conclusions énoncées dans ce type de rapport n'ont jamais prétendu engager ou mettre en avant une candidature au moment du vote et de la prise de décision finale.

Verdict attendu avec impatience mercredi 18 mars.

Notes

[1] source photo : franceolympique.com

[2] dont 4 experts (source : AFP)

[3] selon le rapport de la CE du CNOSF


21

01

2009

Déjeuner annuel avec les médias locaux, voeux à la presse avec Michel Destot : bilan 2008, état du PS, perspective 2009 et JO 2018

voeux presse grenoble 2009 A l'occasion de la nouvelle année, Michel Destot, député-maire de Grenoble conviait les médias locaux à une rencontre autour d'un déjeuner dans le cadre des traditionnels voeux à la presse.

Jeudi 15 janvier 2009 à 12h30, une trentaine de journalistes étaient invités [1] à l'Hôtel Mercure Alpotel Grenoble Centre pour échanger autour des priorités politiques actuelles de l'équipe municipale et des enjeux nationaux.

Pour la troisième année consécutive, j'étais invité [2].

Contrairement à l'an passé, l'ambiance cette année était beaucoup plus détendue. Il faut dire qu'en 2008, nous étions en pleine période électorale. Lors des vœux 2008, le maire paraissait fatigué par le rythme imposé par la bataille des municipales et n'avait pas toujours souhaité répondre à toutes les sollicitations des journalistes... arcane de campagne oblige.


Satisfaction du maire, bilan de l'année 2008


Devant les médias locaux, Michel Destot entame un long discours. En introduction, il choisit de revenir sur les principaux évènements qui ont marqué selon lui l'année 2008.

A commencer naturellement par sa réélection sur laquelle il ne s'attarde pas. Rapidement, il fait une allusion sur le "plan campus" et les pôles universitaires Grenoblois, l'enseignement supérieur et le projet de Presqu'île scientifique. Il souligne avec enthousiasme l'accession du GF38. "Il a fallu attendre 45 ans pour la ligue 1 (...) On a fait encore la démonstration que l'offre sportive était justifiée (...) Un stade moderne et emblématique en plein cœur de la ville, source de rassemblement, source de nuisances moindres avec un bilan carbone qui est un des meilleurs en France".

Le maire de Grenoble continue sa revue. "Je passe rapidement sur les prix (...) 1er prix Santé, Petite Enfance, plan étudiant, label 5 arobases Internet, prix de la presse municipale, victoire du hockey et le retour de nos athlètes des JO de Pékin (...) Mais maintenant il va falloir affronter la crise (...) et cette incapacité du Monde à se gouverner lui-même" signale Michel Destot.


Retour sur l'état du monde en 2009


Le maire revient sur le conflit Israélo-Arabe. "La création de l'Etat d'Israël a été l'une des plus belles décisions de la communauté internationale (...) Aujourd'hui, il faut qu'elle décide qu'il y ait sur la carte du monde deux Etats viables, Israélien et Palestinien et qu'elle l'impose au monde entier, c'est la condition même de la survie de l'humanité (...) J'a vu à Grenoble les représentants des communautés et pour l'instant, les choses sont fragiles" explique le premier magistrat de la ville.

Sur la crise économique et sociale actuelle, le maire de Grenoble condamne fermement les spéculateurs financiers, "Ces gens qui se disent banquiers et qui risquent le fric des autres et jamais le leur (...) Il faut que le métier de banquier devienne un métier modeste (...) Il faut qu'on réhabilite dans le monde entier les métiers de chercheurs, d'ingénieurs et d'entrepreneurs". Pour Michel Destot, le 20è siècle fut le siècle des Etats-Nations. Le 21è siècle devra être celui du monde et des villes en raison des phénomènes d'urbanisation et de concentration des développements, sources d'impulsions au niveau national. Il est donc important de renforcer les moyens de leur émancipation.

Au niveau local, le député-maire estime "qu'il serait complètement fou de se retirer des projets et de baisser l'investissement en période de crise (...) Tout le monde peut comprendre quand 73% des investissements publics dans notre pays relèvent des collectivités locales (...) Une augmentation d'impôts, ça ne fait pas plaisir, mais la solidarité c'est aussi un effort pour ceux qui gagnent plus que les autres".


Les JO de 2018 à Grenoble, "se déplacer sans carbone"


Le maire souligne que Grenoble est la ville la plus jeune de France. Son offre sportive est la plus diversifiée en tenant compte du grand nombre de pratiquants. Pour lui, aucune autre ville sur la planète n'est plus représentative de l'idéal olympique, du sport, de la culture et de la jeunesse pour accueillir les JO... au coeur du plus grand massif le plus aménagé du monde.

"Je ne sais pas si je serai encore maire dans beaucoup de temps, je ne sais pas si je me présenterai à d'autres élections mais en tout cas, de la même façon que pour le stade, après toutes ces emmerdes, quand on a fini de le faire et quand on voit aujourd'hui le bonheur que c'est (...) me dire qu'à une échelle cent fois plus importante, on sera capable d'organiser en 2018 ce rassemblement mondial (...) et bien j'espère que je ne serai pas le seul à être heureux" explique Michel Destot.

Quelques précisions sont apportées concernant l'emplacement et la gestion de certains sites olympiques inscrits dans la candidature de "Grenoble - Isère 2018" [3] .

Une restructuration adaptée de l'anneau de vitesse est prévue. Une grande toile le recouvrera durant les épreuves olympiques de sports de glace. Un projet de 3500 chambres du côté du village olympique (converties plus tard en logements). Le centre de presse et de communication côté Alpexpo.

Le cahier des charges olympique demande à ce qu'il y ait le moins de déplacements possibles entre les sites. Au niveau du développement durable sur les JO, Michel Destot évoque une partie sensible du dossier. "Nous avons un concept pour l'organisation des Jeux, c'est de pouvoir se rendre sur tous les sites... sans carbone".

Sans doute une forte allusion à des déplacements... par câbles.

Le maire revient sur la candidature de Grenoble aux JO de 2018. "Je pense qu'on a des chances non nulles de sortir le 18 mars avec une candidature française, c'est pas gagné, loin s'en faut (...) Si on l'a pas, on sera extrêmement déçu (...) On continuera quand même à porter une candidature en 2015 pour 2022".


Evocation de l'état du PS sur le plan national


"C'est vraiment pas facile (...) pas simplement parce qu'on a à la tête de l'Etat quelqu'un qui a un tempérament et une personnalité, une stratégie hyper présidentielle mais parce qu'il y a au fond en période de crise un écho dans la population à se resserrer sur le Président de la République au niveau national et sur le Maire au niveau local" explique Michel Destot.

Il évoque la difficulté pour son parti à concilier la tradition du PS avec l'évolution présidentielle et la perception des militants lors de l'élection du Premier Secrétaire du Parti Socialiste, déterminés à connaître leur poulain présidentiel au lieu de s'attarder sur le fond des motions et des engagements. "Au Parti Socialiste, on doit résoudre la double équation présidentielle et de l'orientation qui ne peut être que réformiste, clairement social-démocrate (...) Martine, c'est une bosseuse (...) Avec elle, ce n'est pas l'assurance tout risque mais on a la possibilité de faire avancer le parti pour trancher sur les orientations" explique le député-maire.


Rapport et relation avec les médias locaux


Le maire de Grenoble conclut son discours en s'adressant aux médias locaux présents autour de la table. L'attention est palpable.

"L'espoir vient de comprendre ce qui nous arrive (...) Décrypter les situations compliquées au niveau local et national, c'est votre job (...) Vous le faites bien, dès fois pas très bien un peu comme nous (...) Il y a un truc que je ne supporte pas, c'est l'hypocrisie (...) On peut être mal compris sur des sujets mais je suis révolté quand il y a des menaces portées sur la capacité des médias à faire leur boulot (...) Je serai donc toujours à vos côtés y compris quand je suis sévèrement critiqué" explique Michel Destot.


Il va de soi que ce genre de rendez-vous traditionnel avec les médias est l'opportunité pour le maire de dresser un bilan de sa politique et de remettre un peu d'ordre à travers les sujets traités.

Curieusement, par principe ou réticence, les journalistes hésitent globalement à poser de nombreuses questions au premier magistrat de la ville. Pourtant, l'occasion est propice. N'oublions pas que les journalistes eux-mêmes, ont parfois du mal à s'exposer lorsqu'ils sont ensemble...

Notes

[1] sur invitation

[2] un blogueur local considéré comme journaliste ? :-)

[3] nouveau site web Grenoble JO 2018


13

01

2009

Le plan des sites retenus dans le dossier de candidature des Jeux Olympiques "Grenoble - Isère 2018" dévoilé

grenoble JO 2018 En 2007, les villes d'Annecy, Gap et Grenoble se réunissait au sein de l'association "La montagne pour 2018" présidée par Pierre Mazeaud pour tenter de propulser une candidature française unique aux JO de 2018 et de "calmer le jeu" entre les villes concurrentes (lire un premier article sur le sujet en 2006).

Le 24 septembre 2008, le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) actait et validait le principe de présentation d'une candidature française aux Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver de 2018.

Le 6 octobre 2008, la Ville de Grenoble tenait un Conseil municipal extraordinaire afin de délibérer et d'entériner la candidature de Grenoble aux JO de 2018 (lire mon article sur le sujet). La date limite de candidature des villes candidates auprès du CNOSF était fixée au 22 octobre 2008.

Fin 2008, Le CNOSF a enregistré la candidature des villes françaises suivantes : Grenoble, Annecy, Nice et Pelvoux (voir les grandes lignes des candidatures auprès du CNOSF)


Les prochaines phases du calendrier des Jeux Olympiques d'hiver de 2018


Le 21 janvier 2009, le dossier de candidature "Grenoble - Isère 2018" pour une candidature française aux Jeux Olympiques d'hiver de 2018 sera remis aux membres du (CNOSF).

Le 18 mars 2009, après une phase d'évaluation des dossiers (lire la procédure de sélection ici), l'annonce officielle de la ville choisie sera entérinée par les membres du Conseil d'administration. Notons qu'il est tout à fait possible qu'une candidature française ne soit pas retenue par le comité.

Octobre 2009. Date limite du dépôt au Comité International Olympique (CIO) du nom de la ville requérante.

Juillet 2010. Sélection des 3 ou 4 villes candidates dans le monde.

Juillet 2011. Élection de la ville choisie pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver de 2018.


Offrir une candidature parmi les plus compactes au monde


Pour commencer, cinq zones ont été sélectionnées dans la région des Alpes : un coeur de ville olympique (Grenoble) et quatre pôles sportifs en montage (Vercors, Belledonne, Oisans et... Savoie).

Objectifs affichés :

"Faire des Jeux un levier du développement du territoire" - "Faire de Grenoble 2018 un projet de cohésion sociale" - "Une candidature exemplaire et innovante sur le plan environnemental" - "Offrir une candidature parmi les plus compactes au monde, dans un rayon de moins de 40km".


Le plan des sites retenus dans le dossier "Grenoble - Isère 2018" dévoilé


En amont, une présentation du dossier de candidature "Grenoble - Isère 2018" est prévue ce mardi 13 janvier 2009 à Paris dans la célèbre salle de Bobino [1] dès 20h [2].

Voici la liste des sites retenus par "Grenoble - Isère 2018" [3].


Grenoble


Ouest de Grenoble (espanade)

  • Village Olympique

Centre - Place de Verdun (préfecture)

  • cérémonie de remise des médailles

Centre - Parc Olympique (Mistral)

  • cérémonie d'ouverture et de clôture
  • patinage artistique
  • patinage de vitesse
  • short track

Sud de Grenoble (pôle sud)

  • curling
  • hockey sur glace (alpexpo)
  • centre international audiovisuel
  • centre principal de presse
  • village média



Dans le Vercors


Autrans

  • biathlon
  • combiné nordique
  • saut à ski

Méaudre

  • ski de fond



Sur Belledonne


Chamrousse

  • ski acrobatique
  • freestyle
  • snowboard



Dans l'Oisans


L'Alpe d'Huez

  • snowboard cross
  • half pipe
  • ski alpin

Les Deux Alpes

  • ski cross



Sur la Savoie


La plagne

  • bobsleigh
  • skeleton
  • luge


Le plan des sites retenus (infrastructures et sites olympiques : dossier de presse, Ville de Grenoble), c'est ici.


Notes

[1] soirée présentée par Denis Brogniart + interview + guest

[2] embargo demandé aux médias jusqu'à 20h

[3] sous réserve de modification et d'ajustement


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2008

JO 2018 - Jeux de neige à Grenoble. Trois jours de fête, mais pas pour tout le monde : vidéo

jeux de neige grenoble jo 2018 Pour promouvoir le projet de candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques d’hiver de 2018, la ville, le département de l’Isère et de nombreux acteurs de la montagne ont choisi d’organiser les 4, 5 et 6 décembre 2008 des "Jeux de neige" au cœur de Grenoble.

Côté programme : des compétitions et démonstrations sportives de haut niveau (sprint, show, freestyle, snowboard), de l’initiation pour le public et les scolaires, des animations de rue pour tous (compagnies, parades, boissons offertes...), des concerts d’artistes de la scène locale, nationale et internationale (DJ, éléctro, pop-rock)...

Côté logistique : un spectaculaire terrain de neige "artificielle" amenée par camions depuis la station de l’Alpe d’Huez, la construction d'imposantes infrastructures pour les démonstrations sportives au parc Paul Mistral et place de Verdun, l’installation d’un village en bois pour accueillir le public, les sponsors et un dispositif pour accéder aux concerts prévus à la Bastille…

Le tout pour une enveloppe initiale prévisionnelle annoncée de 1,8 M€ qui devrait être moins importante que prévu dont 0,4 M€ "minimum" pour la ville de Grenoble.


"Jeux de neige" côté public, en journée


Il est vrai que l'installation du dispositif est impressionnante.

Au parc Paul Mistral, la pluie et la gadoue n'ont pas empêché les écoliers de profiter des nombreux ateliers (voir ma vidéo). Initiation gratuite au ski de fond sur piste pour les plus grands, au ski pour débutants encadrés par des moniteurs ESF, à la simulation de recherche d'objets ensevelis sous une montagne de neige. Courses d’échauffement autour du parc, descentes de luge avec protection, poussées de bobsleigh sur rails ou patinage pour tous…

On devine la joie des enfants qui se lit sur leur visage.

Au village, le public peut également s'initier, découvrir la sculpture sur bois et sur glace, déambuler entre les arbres lumineux et les chalets pour trouver de l'information sur le projet des JO 2018 [1], les stations de ski, les clubs et sports de glisse.

Sur place, je rencontre des personnalités dont Michel Destot, venu découvrir l'ambiance au village. Nous discutons ensemble un instant et le député-maire de Grenoble, le sourire aux lèvres, me confie "Alors, qu'en pensez-vous, c’est bien vous ne trouvez pas ? (...) Vous avez vu, on est passé sur EuroSport" [2]


En vidéo : ambiance populaire, démonstrations, jeux de neige et... manifestation "anti JO 2018" puis, arrivée des forces de l'ordre.


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus



"Jeux de neige" côté public, le soir


Tous les jours, des animations et spectacles au fil des rues sont proposés au public en attendant les concerts de soirée.

Le vendredi 5 décembre après l’école, les enfants sont invités avec leurs parents à déambuler dans les rues du centre-ville, à suivre la parade et la retraite aux flambeaux. Le rendez-vous est pris au Jardin de Ville vers 18h. Sur place, la Ville de Grenoble offre des goûters, boissons et chocolat chaud aux Grenoblois [3] venus nombreux. Les organisateurs du Téléthon 2008 se joignent à la parade qui prend tranquillement la direction de la place de Gordes et de la Grande Rue.

Mais au bout de cinq minutes de marche animée et festive, un groupe de manifestant "anti-JO-2018" s'étant donné rendez-vous place Felix Poulat réussit à bloquer la progression de la parade et à la faire remonter jusqu'au kiosque du Jardin de Ville [4].

Ils sont plus d'une centaine à brandir des pancartes ou des banderoles "Gardez vos Jeux, on s'amuse tout seul - Non aux JO 2018 ni ici, ni ailleurs" et à scander des slogans tels que "Moins vite, moins fort, moins haut - Destot, on n'en veux pas de tes JO".

Globalement, l'accueil des manifestants est très mitigé : certains parents discutent avec les opposants mais ne comprennent pas qu'ils puissent ainsi gâcher une fête pour leurs enfants. Les miens demandent à rentrer à la maison. Une jeune maman tente de s'intercaler et un policier municipal est malmené. Le "garde-champêtre des Jeux de Neige", fil conducteur de la parade intervient vigoureusement et revendique la liberté de s'exprimer, de se produire et de s'amuser.

Leur premier objectif est atteint. La parade se désagrège et une grande majorité du public, déconcerté, quitte les lieux.

Rassuré par le succès de son "opération" au Jardin de Ville, le groupe de manifestants prend la direction de la place de Verdun où les "riders" de la glisse font leur show sur le tremplin enneigé. De jeunes skieurs et surfers quittent le stade de neige, épaulés sur place par d'autres passionnés de la glisse. Ensemble, ils font barrage aux manifestants bien décidés à poursuivre leurs actions.

Leur second objectif ne sera pas atteint : en s'en prenant aux jeunes sportifs, les opposants au JO de 2018 se sont trompés de cible.

Quelques instants plus tard, une dizaine de fourgons policier prennent place le long de la place de Verdun (voir ma vidéo). Les premières forces de l'ordre prennent position. Surpris par l'ampleur du dispositif, le groupe de manifestants quitte les lieux en silence... sur la "pointe des pieds", en reprenant la direction du centre-ville.


"Jeux de neige" côté public, la nuit


Le vendredi 5 décembre, de 22h à 6h du matin, le festival Electro bat son plein au sommet de la Bastille. Le samedi 6 décembre, des groupes rock issus de la scène régionale, nationale et internationale clôturent les "Jeux de neige" à Grenoble.

Le son du festival est imposant et les décibels s'étendent sur la ville une bonne partie de la nuit.

Dimanche 7 décembre, en faisant quelques courses du côté de la place aux Herbes à Grenoble, je rencontre un voisin qui me raconte sa nuit : "Vous savez avec ma femme, on a pas pu dormir (...) Au départ, on savait pas ce que c'était tout ce bruit alors à 3h du matin, j'appelle l'Hôtel de Police (...) On tombe sur un brave gars qui nous dit qu'il a déjà reçu plus d'une centaine d'appels téléphoniques comme le nôtre à propos de ce boucan d'enfer (...) Il nous dit qu'il faut plutôt s'adresser au maire si on veut faire une réclamation ou en savoir plus sur cette histoire".


Au final, les "Jeux de neige" de Grenoble ont su attirer les médias, les sponsors et les principaux acteurs concernés. Sans oublier la présence du public qui, malgré les mauvaises conditions météo sur la période, s'est déplacé volontiers et en masse jusqu'à la clôture pour écouter les artistes se produire sur l'anneau de vitesse de Grenoble.

Grenoble veut renouer avec la ferveur des Jeux Olympiques. Malgré l'absence d'expérience récente en matière d'organisation d'évènements sportifs d'envergure, Grenoble a voulu prouver sur une courte période qu'elle était capable d'organiser et de proposer un panel d'activités sportives sur le plan international.

En attendant mars 2009 (annonce de la ville française ou non retenue par le CNOSF) puis juillet 2011 (date de la désignation par le CIO de la ville qui accueillera les JO de 2018)... ...la route est longue.

Notes

[1] Le groupe "Grenoble 2018" sur FaceBook compte déjà près de 20000 membres

[2] D'autres chaînes nationales ont également relayé l'évènement : TF1, France3...

[3] sous le kiosque à musique, dans le noir…

[4] voir ma vidéo


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2008

Des Jeux Olympiques de 2018 à Grenoble sur le modèle des JO de 1968 ?

tremplin sanit nizier Dimanche 23 novembre 2008, je suis parti me promener sur les hauteurs du Vercors, plus précisément à Saint-Nizier du Moucherotte pour goûter aux premières couches d'or blanc en famille.

Malgré une température de -4° à 1100m d'altitude, de nombreux Grenoblois décidaient de braver le froid et de sortir leur combinaison de ski pour faire de la luge d'hiver et se promener sur un plateau enneigé partiellement glacé.

Cette présence sur ce "stade de neige provisoire" est l'occasion d'expliquer à mes fils une partie de l'histoire des Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble. Ainsi, nous décidons de prendre à pied la direction du tremplin de saut à skis de Saint-Nizier du Moucherotte [1].


Le tremplin des JO de 1968 a t-il un propriétaire ?


Arrivé sur les lieux, nous découvrons une vieille pancarte accrochée au portail métallique permettant l'accès au tremplin. "Tremplin de saut olympique - L'accès du tremplin n'est pas autorisé et présente certains dangers - Le propriétaire décline toute responsabilité". Une autre, plus récente indique "Accès strictement interdit - La direction décline toute responsabilité en cas d'accident".

Il y a t-il une direction ? Le tremplin a t-il (encore) un propriétaire ?

Malgré l'interdiction, conscient du danger éventuel, je décide de m'aventurer sur un large chemin accessible sans encombre. Sur le sol, la neige fraiche tombée la veille révèle de très nombreux pas de promeneurs en direction du tremplin olympique. Force est de constater que ce portail d'un autre âge ne sert qu'à supporter... les pancartes. Après une minute de marche, nous découvrons le tremplin... et naturellement d'autres promeneurs. La famille reste à l'écart du site.


Un tremplin olympique dans un état pitoyable


Je découvre avec stupéfaction l'état de délabrement avancé de la superstructure en béton... complètement abandonnée.

Un pylône en bois volontairement déplacé permettant de monter sur une partie non accessible du tremplin. De nombreux tags et graffitis en tous genres et de toutes tailles placardés sur les parois du tremplin, à tous les étages. Des portes imposantes rouillées depuis des années. Du béton fendu, éclaté, souillé par la rouille des nombreuses tiges d'acier dégoulinant le long de certaines façades. Des escaliers complètement lissés par le passage du temps et des saisons, sans aucune prise sur les marches. Des lattes de bois éclatés sur des dizaines de mètres et des trous béants sur une piste d'envol complètement défoncé et inutilisable. Des barrières en bois noircies. Des hublots déformés, sans visage. Des passerelles d'envol complètement usées par le temps...

De haut, l'image d'un énorme blockhaus en ruine de la seconde guerre mondiale qui pointe son dévolu sur Grenoble.

Un spectacle de béton insensé, pitoyable et déplorable... qui nous plonge dans une incompréhension et un désarroi total.


Petit rappel historique, chiffres et tentatives


Les dernières compétitions sportives ayant bénéficié du tremplin des JO de 1968 datent... de la fin des années 80. Le 9 octobre 1988, Alain Prieur [2]avait réussi à effectuer un record de saut à moto de 84,3m dans le vide à partir du tremplin. En 2001 et 2002, le tremplin devait être progressivement réhabilité par le syndicat intercommunal (Grenoble - St-Nizier) et l'association du Palais des Sports de Grenoble pour devenir un centre de pratique de VTT et d'événementiels associés. Sans lendemain...

Déjà à l'époque, après les JO de 1968 de Grenoble, l'Etat avait signalé son refus d'engager le soutien du fonctionnement du tremplin. En 1992, quelques jours avant le début des JO d'Alberville, le tremplin était "mis en vente" pour... 1 franc symbolique.

Tout récemment, un groupe de personnes a signalé son intention de... rénover le tremplin des JO de 1968.

Comment peux-on accepter de conserver en montagne une telle superstructure de 90 mètres au pied des Trois Pucelles dans un état de vétusté avancée qui a coûté près d'un million d'euros il y a 40 ans lors de sa réalisation et qui a englouti un peu moins de 300 000 m3 [3] de béton ?

Depuis deux générations, tous les arguments s'empilent et se chevauchent, sauf un sur lequel tout le monde s'accorde en se frottant les mains : le temps qui passe finira bien par jeter son dévolu sur une collectivité ou un groupe d'individus qui porteront les responsabilités communes du passé. "Temps" qu'à faire...


Une candidature des JO de 2018 pour Grenoble, sur quel modèle ?


Le tremplin des JO de 1968 est visible à l'oeil nu de Grenoble.

De loin, le conserver dans cet état de fait confère à la ville une image symbolique de sa réussite depuis les années 50-60 : celle de la grande époque, de ses premiers grands investissements qui ont fait le développement économique de Grenoble jusqu'à nos jours.

De près, le conserver dans cet état de délabrement sans qu'il y ai eu véritablement de solutions concrètes de remplacement, de réhabilitation, de restructuration ou de destruction me semble peu compatible avec l'opportunité de voir revenir un jour les Jeux Olympiques à Grenoble.

En cas de victoire de candidature de la ville de Grenoble pour les Jeux Olympiques de 2018, il apparaît évident que la pérennité et la reconversion des prochaines infrastructures devront être une priorité absolue sur l'ensemble du dispositif.

Sous peine de revivre les mêmes problèmes que nous traînons malheureusement comme un boulet... depuis 40 ans.

Notes

[1] voir une vidéo de l'INA

[2] exploits

[3] donnée à confirmer


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2008

Conseil municipal extraordinaire pour la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques de 2018 : ambiance et petites phrases

jo 2018 grenoble Lundi 6 octobre 2008, la Ville de Grenoble tenait un Conseil municipal extraordinaire à la Halle Clémenceau afin de délibérer et d'entériner la candidature de Grenoble à l'organisation des XXIIIe Jeux Olympiques et paralympiques d'Hiver de 2018 (lire mon précédent billet sur le sujet).

Cette séance exceptionnelle s'est déroulée en présence notamment d'invités de marque, tels que David Smétanine , médaillé olympique, Jacques Guillot, Président de l'Association des stations de l'Isère, Gilles Dumolard, Président de la CCI de Grenoble, Géo Perli, Président du COLJOG, Guy Margotton, Président du CDOS, Didier Rambaud, Vice-Président du CG38, Didier Migaud, Président de la Métro.


Objectifs affichés : sensibiliser le public, les médias et le comité Olympique


L'objectif principal de cette séance "délocalisée" était d'attirer l'attention des médias et des instances du CNOSF sur la capacité des collectivités à s'engager dans le processus de candidature aux JO et de révéler la réelle motivation cohésion des acteurs sur le dossier.

L'objectif secondaire était de sensibiliser le public Grenoblois sur la teneur du dispositif de candidature, de lui permettre d'assister en direct à la délibération [1] et d'écouter les discours des différentes orateurs et chefs de file des formations et groupes politiques locaux.

Habituellement à la mairie, le Conseil municipal de Grenoble n'attire pas le public. A peine plus d'une vingtaine ou une trentaine de curieux : souvent, toujours les mêmes, en grande majorité des seniors. Cette séance exceptionnelle a attiré plus de 600 personnes à la Halle Clémenceau. Une variable significative, quand on sait que la Mairie a cherché à communiquer sur l'événement que très récemment.


Ambiance à la Halle Clémenceau


A 19h25, à pied et à vive allure, le maire de Grenoble traverse seul le parc Paul Mistral et rejoint ses collèges de groupe. A l'entrée de la Halle, le service d'ordre laisse entrer le public sous un oeil vigilant. A l'extérieur, les opposants au principe de la candidature sont nombreux et organisés pour distribuer des tracts au public.

A l'intérieur de l'ancienne patinoire de Grenoble , la salle du Conseil se présente en "triangle". Un écran géant projette les images du Conseil. Au sommet et au centre, le maire et ses proches collaborateurs. De chaque côté, les membres du Conseil sont répartis par groupe. En face et en frontal, une grande table réservée aux médias. Je rejoins le pôle presse.

A 19h42, un opposant réussi à se faufiler avec entrain sur la scène, interpelle de vive voix les premiers élus qu'il rencontre et commence à leur distribuer des tracts tout azimut. Le service d'ordre intervient en douceur. Sur le coup, l'individu se met à jeter en l'air sa collection de tracts. Sitôt, il est maîtrisé par les agents qui l'évacue immédiatement du plateau central. Le public siffle... ou applaudit.

La séance débute. Il est environ 19h50.


Le principe de la candidature


En 2007, les villes d'Annecy, Gap et Grenoble se réunissait au sein de l'association "La montagne pour 2018" présidée par Pierre Mazeaud pour tenter de propulser une candidature française unique aux JO de 2018 et de "calmer le jeu" entre les villes concurrentes (voir quelques villes candidates).

Le 24 septembre 2008, le CNOSF a officiellement acté le principe d'un appel pour une candidature française aux Jeux Olympiques d'Hiver de 2018. Le 29, le projet de délibération en séance était soumis à la Conférence des Présidents.

Le temps est précieux. La dynamique est portée par le temps. Le temps, c'est de l'argent...

Pour Michel Destot, député maire de Grenoble, "La candidature est issue de trois constats (...) celui de l'attachement des Grenoblois à l'histoire olympique de notre ville (...) celui de l'adéquation entre les valeurs de l'olympisme et l'identité même de Grenoble (...) celui de l'exceptionnelle opportunité pour faciliter le développement de notre région et répondre plus rapidement aux grands défis que sont la crise du logement et le désenclavement de Grenoble et de son agglomération (...) Les soutiens de Département de l'Isère et de Grenoble Alpes Métropole sont acquis (...) des stations de montage, des maires, des sportifs, des entreprises avec la création de l'association Pro JO Grenoble 2018 [2] à l'initiative de la CCI de Grenoble".

Le slogan : "Grenoble 2018, l'Isère Olympique".


Discours des intervenants en séance...


Tour à tour, les différents élus, porteurs et opposants issus des différents groupes politiques s'expriment avant de passer au vote final. Durant les exposés, une partie du public s'agite, n'hésitant pas à couper la parole des orateurs à maintes reprises.

Michel Destot intervient : "Qu'on soit pour ou contre, je vous demande de respecter les orateurs". La majorité du public applaudi.

Stéphane Sieberg, Adjoint au Developpement durable et aux Jeux Olympiques expose les atouts de la candidature de Grenoble. "Notre candidature est la meilleure (...) Nous bénéficions de la ferveur olympique de 1968 (...) d'un site extraordinaire (...) d'une densité exceptionnelle de notre tissu économique".

David Smétanine , médaillé paralympique de Pékin 2008, très ému par la solennité du dispositif, ajoute "Le message est simple, on a perdu la candidature des JO de 2012, on doit présenter celle de 2018 (...) Vous n'imaginez pas à quel point le pari en vaut la peine".

Gilles Dumollard, Président de la CCI clarifie la situation "C'est un bon en avant de 20 ans (...) Ne croyez pas ce qu'on peut entendre (...) Je ne m'associe pas à Michel Destot pour avoir un accord sur la Rocade Nord (...) La candidature aux JO dépasse tous les clivages politiques".

Fabien de Sans Nicolas, nouveau Secrétaire national de l'UMP chargé de l'Animation explique sa position. "Notre devoir d'élu est d'assurer en permanence une vigilance citoyenne et démocratique (...) Ces jeux sont justement un moyen pour nous de faire aboutir nos idées qui sont parfois,disons-le, caricaturées ou dévoyées par ceux là même qui se les réapproprie au gré des opportunités politiques (...) Je souhaite qu'il soit ceux de la maîtrise des coûts sans augmentation de la fiscalité locale (...) Il n'est pas question d'assommer encore plus les Grenoblois (...) Peut-être pourrions-nous demander aux Grenoblois de se prononcer par un référendum local".

Matthieu Chamussy, Président du groupe Majorité Présidentielle au Conseil municipal ajoute "Le CNOSF veut un dossier de candidature qui s'inscrive dans une démarche de développement durable et d'aménagement du territoire (...) Nous voulons faire de cette obligation une ambition (...) Nous n'accepterons pas - d'impôts JO -".

Gwendoline Delbos-Corfield, membre du groupe Ecologie et Solidarité argumente "L'envie de créer un événement fédérateur et durable est très séduisant (...) Il n'y a pas besoin de payer pour sa candidature, ni d'attendre le résultat d'un concours de lobbying (...) Nous n'avons pas d'informations pour délibérer, ni de budget, ne de dossiers sur les équipements et sites olympiques (...) Munich annonce qu'ils ont un budget de 35 M€ pour cette candidature (...) On trouve le chiffre de 24M€ à se répartir entre les 4 collectivités locales (...) On parle aussi de 20M€ avec la moitié venant du privé. C'est inquiétant ce flou sur l'argent, à l'heure d'une crise financière grave (...) Sur les 30 villes mondiales qui seront sélectionnées, quelles sont sérieusement les chances de Grenoble ?"

A son tour, Philippe de Longevialle, Président du MODEM en Isère expose son point de vue et répond "On peut être contre les JO mais Je trouve que 20 M€ pour un évènement aussi exceptionnel, ce n'est pas grand chose (...) On peut parler de la fonte des glaces dans les Alpes, je ne vois pas en quoi les JO y participe (...) Grenoble est l'olympisme (...) La ferveur populaire fera la différence, ce sont des Jeux qui nous transcence, qui nous ressemble, qui nous rassemble (...) Plus vite, plus haut, plus fort (...) des Jeux plus près, tout prêt, ici à Grenoble, tous ensemble".

D'autres orateurs sont venus exprimer leur inquiétude, compléter ou soutenir l'idée de candidature. Pêle-mêle, Pascale Modelski (UMP SC), Hakim Sabri (ADES), Stéphane Gemmani (MODEM), Patrice Voir (PC), Abderrahmane Djellal (PS), Georges Lachcar (RDG), Hakima Necib (GO)...


... et quelques petites phrases du public


Durant les exposés des personnalités, certaines personnes du public n'ont pas hésité à couper la parole aux orateurs dans le but de contrecarrer certaines propositions ou revendiquer leur totale désapprobation au sujet de la candidature de Grenoble pour les JO de 2018.

Extraits, tout azimut :

"Et qui c'est qui va payer ? Toujours les mêmes comme d'habitude Monsieur Destot (...) Grenoble, c'est pas la Silicon Valley, votre truc, c'est un scandale et c'est dans vos rêves (...) Et les impôts et les taxes alors, vous allez voir, ça va quadrupler comme en 68 (...) Vaut mieux que les Grenoblois ouvrent bien grand leurs oreilles parce que ça va leur retomber dessus tout bas (...) Allez... arrêtez vos discours, vous êtes tous des guignols vous tous assis"


22h03 : vote d'un amendement sur la notion de "projet fédérateur" lié au soutien des collectivités : adopté.

22h04 : vote du Conseil sur le dépôt de la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques et Paralympiques d'Hiver de 2018 auprès du Conseil national olympique et sportif français. Autorisation du Maire de Grenoble à engager toute démarche relative à ce dépôt de candidature...

... 53 voix pour, 6 contre : adopté.

Fin de séance.

Notes

[1] également retransmis sur TéléGrenoble

[2] jamais vu un weblogo aussi nul :-)


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