Le blog local de Grenoble | Plateforme de publication participative et d'expression locale

> Accueil | A propos | Charte | Agenda | Médias | Contact | La Salade Grenobloise | Proposer [ témoignage, communiqué ]    

Mot clé :: [ journaliste ] - Tag associé à 6 billet(s)

Fil des billets sur ce tag - Fil des commentaires sur ce tag

22

10

2009

Tour de France du projet du PS - Martine Aubry à Grenoble : vidéo

martine aubry grenoble Article du 21, maj le 22/10/09.

Mercredi 21 octobre 2009, Martine Aubry, 1ère Secrétaire du Parti Socialiste (PS) était à Grenoble dans le cadre de la 4ème étape du "Tour de France du Projet" des socialistes intitulée "La France qu'on Aime".

Pour le PS, il s'agit d'ouvrir un grand chantier de réflexion en collaboration avec ses militants et des acteurs de la société civile afin d'élaborer son projet de reconstruction, de "rénovation" au sein du parti et de préparer au mieux les prochaines échéances électorales.

Pour Martine Aubry, l'un des principaux objectifs de cette journée marathon était d'aller principalement à la rencontre des militants et sympathisants qui ont pu dialoguer et échanger avec elle lors d'une grande réunion participative organisée à l'espace Pelvoux, Alpexpo Grenoble.


Une arrivée mouvementée, entre bousculade et petits accrochages


A l'extérieur de la gare de Grenoble, les véhicules officiels métallisés prennent position le long du parvis. Les hommes de l'encadrement se tiennent prêts, oreillette à peine dissimulée, micro caché dans une manche.

A l'intérieur de la gare, une moitié du service d'encadrement se tient prêt. Progressivement, les voyageurs détournent leur regard vers l'entrée du hall de gare et s'interrogent sur ce remue-ménage. Petit à petit, la pression monte et certains voyageurs commencent discrètement à interroger des porteurs de caméra. Sur place, les journalistes... face aux autres journalistes, font mine de s'activer en réglant une dernière fois leur matériel. Sur place, chacun commence à s'impatienter.

Progressivement, élus, représentants et médias se dirigent vers le quai, voie A.

12h34 : le TGV de 12h33 entre en gare de Grenoble. Sur le quai, c'est l'effervescence totale. En quelques secondes, les voyageurs sont relayés au second plan.

Une meute une jungle de journalistes, caméramans, photographes et autres prend d'assaut la surface des quais à la recherche du meilleur positionnement alors que le train ne s'est toujours pas arrêté en gare de Grenoble. Un représentant fait un simple signe et indique la rame dans laquelle se trouve Martine Aubry. Tout le monde se met à courir. Le service d'encadrement est déjà débordé.

"Pfff... c'est du gros n'importe quoi, c'est quoi ce bordel" souligne une jeune journaliste retirée près du mur avec son trépied de caméra. Pour elle, c'est déjà trop tard pour les premières images. Dans ce bouillonnement général, il est toujours appréciable de pouvoir se faufiler discrètement avec un Médiaphone de toute dernière génération [1] pour filmer.

Première étape de sa visite à Grenoble.

Au côté de Martine Aubry, Michel Destot tente de calmer la meute, sans grand succès. Accompagnée de Jacques Chiron, Geneviève Fioraso, Bernard Soulage et Erwann Binet, la 1ère Secrétaire du PS se rend à l'espace "OùRa" pour découvrir le fonctionnement de la carte dans la région Rhône-Alpes.

En sortant de l'espace "OuRà", la 1ère Secrétaire, partiellement outrée par leur attitude, interpelle directement quelques journalistes pour une petite leçon de courtoisie et... de bon sens. Sous la lumière des projecteurs, Martine Aubry n'est pas d'humeur à plaisanter.

A l'extérieur, les premiers accrochages verbaux entre journalistes et personnel d'encadrement résonnent. "Laissez-moi entrer... je fais que mon boulot moi (...) Mais pourquoi il est rentré lui (...) S'il vous plaît, arrêter, ça ne sert à rien de vous mettre là (...) Vous avez toute la journée pour faire des images".

Pitoyable.

Ma vidéo : Arrivée de Martine Aubry à Grenoble, bousculade, interview improvisée, déplacement en Tram et... restauration.


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Martine Aubry sort de la gare et emprunte un parcours... taillé sur mesure. Pas question de monter pour le moment dans un véhicule officiel.

Quoi de plus sympathique que de prendre le tram B pour démontrer l'usage de la carte "OùRa" et se rendre en même temps au centre-ville de Grenoble pour déjeuner à midi dans un bon restaurant plutôt discret [2] avec ses ami(e)s, loin des regards fougueux des journalistes.

Dans l'après-midi, l'ancienne Ministre de l'Emploi et de la Solidarité a visité l'Institut des Neurosciences de Grenoble. Vers 15h, elle a vraisemblablement eu le temps de rejoindre quelques journalistes "sélectionnés" pour une interview.


Conférence de presse de Martine Aubry


Au coeur du programme de sa journée marathon, Martine Aubry s'est adressée aux médias juste avant de rejoindre les militants et sympathisants socialites au 1er étage de l'Alpexpo Grenoble, salle Pelvoux, peu après 18h.

Mon flux audio : ci-dessous, enregistrement complet de la conférence de presse, questions et réactions concernant le projet de société et l'avenir du PS, le positionnement du parti, la politique actuelle du gouvernement...


Sur les traces de Ségolène Royal ?


Durant près de 2h, la fille de Jacques Delors s'est exprimée devant un panel de militants et sympathisants. Les 500 chaîses initiatement prévues pour les accueillir n'ont pas suffit. En tout, la salle de l'Alpexpo devait contenir près de 600 ou 700 personnes.

martine aubry grenoble Martine Aubry s'est plongée dans un exercice de style qui n'est pas sans rappeler celui propulsé par Ségolène Royal lors de la précédente campagne présidentielle de 2007.

Les ingrédients utilisés sont tellement proches et similaires...

Une personnalité "starisée" mise en valeur au coeur du dispositif, accompagnée d'un médiateur ou modérateur chargé de recadrer, de stimuler le jeux des questions - réponses à ses côtés. Un systéme de vidéoprojection mis en place pour permettre à tous de suivre en direct le déroulement de la réunion participative. Un espace ouvert laissant entrer la lumière orientée, focalisée sur la personnalité. Des élus locaux placés avec soin à quelques centimètres de l'invité principal. Une série de tables équipées de belles lampes, de connectiques dédiées pour accueillir convenablement la presse sur un côté.

Une ambiance, une mise en perspective des ingrédients qui nous rappellent irrémédiablement l'atmosphère d'un enregistrement d'une émission de télévision... en direct.


"On attend qu'ils nous disent ce qu'ils attendent de nous"


Le public a profité de la présence de Martine Aubry pour l'interpeller sur de nombreux sujets de société.

Sans rentrer dans les détails, il s'est attardé sur des questions relatives à l'accès à la CMU, le maintien de la laïcité, la réorganisation de l'armée, l'absence de fraternité, le manque de solidarité, l'avenir de la recherche fondamentale, le niveau de consommation, le travail le dimanche, l'investissement dans les entreprises ou le devenir des petits commerçants et surtout...

...le projet et l'avenir du PS.

Pêle-mêle, quelques réactions convergentes relevées dans le public sur ce dernier point.

"Pour moi, le modèle de la droite, c'est d'améliorer l'économie alors que pour moi, le modèle de la gauche, c'est d'améliorer la vie des gens (...) Vous faites souvent allusion aux propos de Nicolas Sarkozy mais en retour, vous faites quoi pour améliorer votre situation et la nôtre ? (...) Nous on est prêt à vous aider alors dites nous ce qu'on peut faire concrêtement (...) Quand allez-vous avoir un programme ambitieux ? (...) Au nom de la diversité, vous êtes complêtement perdu et nous, on voudrait une vraie gauche" souligne le public.

En réponse, Martine Aubry cherche plutôt à dresser un bilan général de la situation actuelle du pays tout en se référant à l'actualité.

"Le problème, c'est que maintenant, le bonheur dans notre société, c'est d'avoir, d'avoir et encore avoir (...) Pour nous, l'écologie ne doit pas être distinct du social (...) Notre société n'a pas d'avenir parce qu'elle ne laisse plus la place aux jeunes (...) Quand on renvoit par avion des gens dans leur pays d'origine alors que nous sommes présents sur place..."

Une des rares propositions émises par Martine Aubry durant la soirée porte sur l'imposition des entreprises. Elle propose notamment que l'impôt sur les sociétés soient proportionnel à l'engagement de réinvestissement des entreprises.


Dans ces conditions, difficile de mettre en phase les réactions du public avec le discours coordonné tenu par la 1ère Secrétaire du Parti Socialiste.

"On va à la rencontre des Français (...) Ce qu'ils attendent, c'est de redonner un sens à la société (...) On ne se retrouve plus dans la France (...) Qu'est-ce qu'on attend des citoyens ? (...) On attend qu'ils nous disent ce qu'ils attendent de nous (...) Il ne faut pas être impatient, il faut être sérieux" rappelle Martine Aubry lors de sa conférence de presse [3].

Face à l'impatience des militants, l'élaboration du programme du PS dans le cadre de sa "rénovation" risque de prendre effectivement... beaucoup de temps.

Notes

[1] HD 1280x720p

[2] Restaurant, le Chasse-Spleen en face du Musée de Grenoble

[3] écouter l'enregistrement


26

02

2009

Rencontre journalistes - syndicats au Club de la presse et des médias de Grenoble et de l'Isère

club presse 38 snj Le 18 février 2009, le Club de la Presse et des Médias 38 (association regroupant un panel représentatif de médias locaux, de directions de la communication d’organismes ou d’entreprises et des agences de conseil du département) organisait une rencontre-débat avec des journalistes sous la direction de Jacques-Marie Francillon, Président du Club en présence d'Emmanuel Saint-Bonnet, représentant du syndicat SNJ [1] et de Marc Greiner, représentant FO.

Face à une dizaine de journalistes présents au Tonneau de Diogène à Grenoble, les principaux intervenants ont souhaité tour à tour évoquer la crise de la presse en France au niveau de la PQR [2], de la PQN et levé un premier bilan des Etats Généraux de la presse écrite.

A travers leurs analyses, les représentants ont abordé les rapports qu'entretiennent principalement les journalistes avec leur direction et dressé un portrait constat de leur profession.


Les Etats Généraux de la presse écrite


Les Etats Généraux de la presse avaient pour objectif d'élaborer un nième diagnostic sur l'état de la presse écrite en France, de discuter et de dégager des solutions pour y remédier en réunissant des acteurs de la profession au sein de quatre pôles de réflexion.

Quel avenir pour les métiers du journalisme ? - Imprimer, transporter, distribuer, financer : comment régénérer le processus industriel de la presse écrite ? - Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ? - Presse et société : comment répondre aux attentes des lecteurs et des citoyens ?

A l'issue de ces Etats Généraux de la presse, les différentes recommandations des principaux groupes de travail ont été publiées le 8 janvier 2009 dans un "livre vert" (le télécharger). Le 20 janvier 2009, les Assises du Journalisme ont élaboré 14 propositions "pour le droit de chacun à une information de qualité".


Des "Etats Généraux des patrons de presse" ?


Marc Greiner, photographe au Dauphiné Libéré souligne que son syndicat (FO) a assez mal vécu l'organisation de ses Etats Généraux de la presse. Selon lui, trop peu de journalistes ont été invités à participer à ces assises. Il estime à 12% le taux de syndicalisation des journalistes en France. Bien que ce taux soit faible et plus élevé en comparaison avec d'autres secteurs d'activités, il souligne que la profession a été peu écoutée et entendue.

"On s'est retiré d'entrée (...) On sait pertinemment que c'était mettre en musique uniquement les propositions patronales (...) Les syndicats de journalistes malheureusement ne pèsent pas grand chose dans les journaux en terme de position de blocage vis à vis du patronat (...) Le jour où le livre sera vraiment atteint, il y aura une atteinte en règle de nos acquis sociaux, de nos conventions collectives, de la déontologie (...) Actuellement, il y a une sorte de dynamique patronale, une sorte de pacte de non agression sur les journalistes du DL parce qu'il y a encore des syndicats du livre qui tiennent la route" explique le représentant FO.

Marc Grenier constate aujourd'hui que les jeunes journalistes ont beaucoup de mal à se syndiquer. Ces derniers ne se sont pas vraiment intéressés aux Etats Généraux de la presse. "Ils ne s'intéressent qu'à leur gamelle (...) Les directions successives les ont tellement affamé qu'ils sont prêts à plus se mobiliser pour des questions de salaire maintenant" revendique le photographe.


Le dilemme de la double loyauté


Pour Emmanuel Saint-Bonnet, rédacteur au Dauphiné Libéré, fondateur d'AtlasPol, ces Etats Généraux de la presse sont des "Etats Généraux des patrons de presse". D'après lui, les journalistes sont "un petit peu dans ce que les pédopsychiatres appellent un conflit de loyauté".

Un journaliste qui travaille dans la PQR est désormais confronté à une "double loyauté" déséquilibrée : celle envers son entreprise qui cherche à diversifier ses contenus au coeur d'une logique économique qui s'éloigne des "clients" [3] et celle envers les lecteurs pour lesquels il est de plus en plus difficile d'offrir une information fiable et de qualité.

La distorsion est de plus en plus importante avec les directions d'entreprises. Les journalistes sont attaqués sur leur garantie d'indépendance, souvent financière. "Quand on fait un texte, une mise en page, un reportage, on a une responsabilité morale (...) On est de plus en plus attaqué sur nos droits d'auteur, sur la clause de cession" [4] argumente le journaliste.

Les principaux intervenants soulignent que les journalistes du Dauphiné Libéré (le DL appartient au groupe EBRA - Est, Bourgogne, Rhône-Alpes : détenu par l'Est Républicain 51%, Crédit Mutuel 49% - actuellement en difficulté selon L'AFP, affaire GHM/EBRA) sont régulièrement soumis à des pressions au quotidien. Pressions au niveau des accords internes, sur la cession des droits d'auteur ou sur la sauvegarde de leur indépendance vis à vis de leurs sources d'information.


Une presse "sous perfusion"


En France, les grands titres sont encore bien protégés.

La presse écrite survit sous perfusion en partie grâce aux aides à la diffusion, de l'Etat et de l'Europe. "Si on était dans un système libéral à l'américaine, on aurait plus que deux quotidiens en France, La Croix et Le Parisien" souligne Emmanuel Saint-Bonnet.

"Il faut savoir aussi qu'il y a un énorme problème économique dans la presse (...) Si les patrons sont aussi agressifs, c'est qu'ils ont aussi les actionnaires qui sont derrière eux (...) Il faut pas se leurrer, la profession va être sinistrée parce que c'est une profession individualiste (...) A la limite, on fait un combat d'arrière garde" explique Marc Greiner.

Face à l'urgence de la crise économique de la presse, l'Etat prévoit un plan d'aide de près de 600 M€ sur trois ans.


Une logique d'entreprise


L'un des intervenants évoque le positionnement interne des entreprises de média. La grande majorité des groupes qui rachètent à tour de bras ces entreprises pour la plupart ne connaissent pas le métier, découvrent la représentation, le dialogue social et les méthodes de travail.

"On est plus face à des gens qui connaissent la presse (...) Ils sont dans la 8ème dimension, ils découvrent le dialogue social, la façon de travailler et le métier (...) Le paysage est sur la chute des ventes, de la publicité (...) Ils deviennent agressifs parce que économiquement, ils ont du mal à tenir (...) Ce qui se passe par exemple au Républicain Lorrain le matin en conférence de rédaction, ce sont les chefs des ventes qui arrivent et c'est eux qui donnent les sujets (...) C'est plus les journalistes qui décident parce qu'il y a une logique d'entreprise" explique l'intervenant.

Dans une logique de mutualisation des moyens et des effectifs, la concentration des médias au sein des grands groupes a pour effet de limiter l'indépendance des titres et celle des journalistes. Loin de jouer la carte de la pluralité, ce regroupement contraint les entreprises de presse à proposer au lecteur plusieurs fois le même sujet traité sur des supports différents, conduisant à une dispersion des audiences entre titres et supports.

L'une des principales revendications évoquées lors des Etats Généraux de la presse porte sur la fameuse "charte de déontologie" et l'opportunité de l'inscrire dans une convention collective. Il s'agit d'une avancé qui permettrait de reconnaître et donner un statut juridique aux rédactions et à la profession. Laurent Joffrin , Directeur de publication de Libération rencontré lors du dernier Forum Libération à Grenoble évoquait pleinement les mêmes attentes.


Un constat accablant


Les principaux intervenants du pôle "Le choc Internet : quels modèles pour la presse écrite ?" ont dressé un diagnostic de la situation de la presse en France et dans le monde.

Le constat détaillé dans le "Livre vert" des EGP disponible ici. est accablant.

Ce que l'on peut lire et retenir :

L’offre globale de médias augmente plus vite que leur consommation et les annonceurs poursuivent leur retrait et s'installe dans une croissance négative. La hausse de la consommation de médias va de pair en France avec une dispersion des audiences entre titres et supports. La presse imprimée est une dépense mineure dans le budget d’un ménage français. Le gros consommateur de médias écrits ne se cantonne pas, en France, à un support unique. Le média Internet continue de croître en France, en pénétration et en utilisation. La recette publicitaire tirée d’un visiteur unique est vingt fois moindre que celle d’un lecteur. Google est au cœur des sessions sur Internet et sa vente de publicité en tire parti...


Une autre vision, un autre modèle


Lors de cette rencontre-débat fort intéressante, la place du lecteur, de l'auditeur ou du téléspectateur a très peu été évoquée, voir oubliée. Pourtant, c'est lui qui consomme du média, c'est lui qui est au coeur des stratégies d'audience, c'est pour lui que les médias ont une raison d'exister.

Les journalistes sont en droit de s'interroger sur l'indépendance et la crédibilité de la profession au coeur d'un système économique vacillant, d'un métier qui finalement, à du mal à appréhender les changements et bouleversement du secteur, qui ne parvient que partiellement à se remettre en cause.

Après la révolution numérique, le papier devra faire la sienne.

Ce n'est pas le papier qui risque de disparaître, c'est son usage qui est remis en cause face aux nouveaux comportements et la pluralité des nouveaux moyens de consommation de l'information.

Petit à petit, l'information n'est plus le récipient de la pub.

Le prochain défi du papier porte sur son adaptation [5].

Il doit devenir un complément attrayant et séduisant, un "+" vis à vis des nouveaux supports. Il doit servir à présenter une personnalisation des contenus de presse écrite, loin de la diffusion de masse qui engendre des coûts de production hallucinants. Progressivement, le support papier doit basculer pour devenir un complément, un supplément du web qui lui reste accessible à tout moment, en temps réel.

Les Etats Généraux de la presse ont permis de rassembler un certain nombre d'acteurs autour de la table, de dresser un constat alarmant de l'état de la presse écrite en général, de saupoudrer d'aides un secteur d'activité qui n'a plus vraiment les moyens de financer une production d'information basée sur un vieux modèle économique déjà enrayé.

Ils n'ont pas permis de résoudre les problèmes de fond : ceux de la profession, ceux du secteur.

A lire également : le compte-rendu de séance réalisé par le Club de la presse 38.

Notes

[1] Syndicat national des journalistes

[2] Presse Quotidienne Régionale, Presse Quotidienne Nationale

[3] lecteur potentiel

[4] condition de départ avec système de rétribution financière

[5] A lire : "La fin des journaux et l'avenir de l'information" - Bernard Poulet, Rédacteur en chef à l'expansion, vient de paraître


26

01

2009

Pigé Magazine - PigeMag - navigue dans la blogosphère Grenobloise

pige magazine grenoble Pigé Magazine (PigeMag) est le journal d'information des étudiants du Master Journalisme de l’IEP (IEPG - Sciences Po Grenoble).

Ce semestriel de 32 pages tout en couleur tiré à plus de 3000 exemplaires est principalement distribué à l'Institut d'études politiques de Grenoble, sur le campus et dans le centre-ville de Grenoble.

Ce magazine propulsé par des étudiants aborde de nombreux dossiers d'actualités, propose des reportages sur le terrain, traite de sujets politiques, publie des interviews au fil des rencontres. Son format donne tout simplement envie de le parcourir, de le lire. Sans compter la qualité au toucher de son papier et l'aération de sa grille de lecture.

Sur le fond, Pigé Magazine propose des sujets qui ont souvent été traités par d'autres médias en prenant soin d'analyser un contexte, de relever une situation et de raconter une histoire. On peut toutefois regretter l'absence relative de sujets liés au cursus et à la formation des étudiants, à l'avenir de leur métier, aux pratiques journalistiques et à l'évolution des médias en général.


PigéWeb : un panorama du web Grenoblois


Dans son numéro 7 paru mi-décembre 2008, le magazine propose désormais à ses lecteurs une nouvelle rubrique qui dresse un panorama du web Grenoblois. Le journal propulsé en ligne sur Pigemag.com a choisi pour la rentrée 2009 de se plonger dans la blogosphère locale et de faire remonter des blogs "qui valent en tout cas le détour !" selon PigéMag.


Une sélection de blogs issus de la blogosphère Grenobloise


Cinq blogs ont été sélectionnés par la rédaction du journal.

L'occasion est donnée pour exprimer un mon avis et vous faire découvrir d'autres blogs sur le même thème (recommandations).


Grenoble Daily Photo


Gaëlle Brunet est photographe professionnelle. Depuis 2007, elle publie chaque jour une photo qui reflète sa vision de Grenoble sous un angle personnel et insolite. Grenobledailyphoto fait partie du réseau international City Daily Photo initialement lancé par Eric Tenin [1] (Parisdailyphoto). Le blog de Gaëlle est parsemé de courtes réactions spontanées. En choisissant d'écrire principalement en anglais, "Bleeding Orange" a su attirer un public hétéroclite et consolider une communauté d'internautes passionnés par ses clichés.


Point fort : regard artistique, appuyé et esthétique sur ce que nous voyons et ne voyons pas à Grenoble.

Point faible : peu d'explications sur le regard de l'artiste. Participations subjectives, tournées vers le compliment.

Autre blog à découvrir sur le même thème : Shandara.net (photos d'une Canadienne à Grenoble, de retour au canada : archives).


Bmol


Bmol est le blog des bibliothécaires musicaux de la Ville de Grenoble . Depuis un peu plus d'un an maintenant, une vingtaine de rédacteurs vous proposent régulièrement de consulter des collections et des animations liées à la musique dans les Bibliothèques municipales de Grenoble. Côté support, Bmol se veut interactif et "réactif à la scène locale". Le blog propose de nombreux services. Il met en avant des archives sonores, sélectionne des nouveautés musicales, publie des extraits de concerts et tente d'interagir avec le public et ses adhérents.


Point fort : l'équipe de rédaction, le catalogue, le services d'écoute, les contenus objectifs.

Point faible : l'agencement et l'organisation des contenus, la grille de lecture.

Autre blog à découvrir sur le même thème : La bibliothèque apprivoisée (débat sur la bibliothèque 2.0 et ses expériences).


Michel Destot


Le blog du député-maire de Grenoble est plutôt atypique dans la blogosphère Grenobloise. Les publications de son carnet de bord sont partagées entre son désir de mettre en avant ses passions, ses convictions personnelles, son engagement politique et son implication dans les dossiers locaux et sur le plan national. Un mélange vivant de contenu non subordonné. Michel Destot a compris l'intérêt de publier du contenu en s'adressant directement à ses concitoyens. Un exercice qui lui permet quelque peu de s'affranchir des médias traditionnels [2].


Point fort : une mise en avant de la personnalité : regard, humeur, sentiments, liberté de ton...

Point faible : une absence de participation, de commentaires. Une présentation graphique "vieillotte", "has been".

Autre blog à découvrir sur le même thème : Stéphane Gemmani (un Conseiller municipal de Grenoble, coups de gueule et liberté de ton).


Skipass


Le blog de Skipass, 1er site francophone consacré aux sports d'hiver, est tenu par les "chefs" et responsables du magazine en ligne. En ce début de saison froide et tout au long de l'année, on y trouve de l'actualité toute fraîche sur les sports de neige, un panel d'informations pratiques et réactives, une myriade de bons plans pour tous les passionnés ou amateurs de glisse. Le support est accompagné de photos et vidéos qui ne passent pas inaperçus. Le ton du blog est volontairement accrocheur, libre et dissocié de celui du site principal.


Points fort : l'équipe de rédaction, les bons plans, une liberté de ton et de décontraction.

Points faible : égocentré, un excès de chiffres et de démonstrations.

Autre blog à découvrir sur le même thème : Manuturlututu (un Grenoblois passionné de montagne, des sommets, de randos...).


GreBlog MonGrenoble


Selon le magazine PigéMag, "Impossible de ne pas connaître GreBlog MonGrenoble lorsqu'on vit dans la capitale des Alpes (...) Moins de trois ans après sa création, son auteur a réussi à faire de GreBlog le principal blog d'information de la région (...) présent au même titre que les journalistes". [3].


Point fort : "est considéré (...) comme un média à part entière" selon PigéMag.

Point faible : fait tout... tout seul [4].

Notes

[1] que je rencontre parfois lors d'évènements "Blogs" dans l'hexagone

[2] annonce de sa candidature de 2008 sur son blog

[3] je rajouterai simplement... blog d'information locale ou blog hyperlocal :-)

[4] ce qui est à la fois un handicap et une formidable opportunité


11

07

2008

GreBlog MonGrenoble dans Le Monde : "Des médias au plus près des villes et des quartiers"

greblog le monde grenoble lemonde Mercredi 9 juillet 2008, le journal Le Monde publiait un article au sujet des "médias hyper locaux" [1].

Sous le titre "Des médias au plus près des villes et des quartiers", l'article tente d'expliquer les principaux objectifs et profils de ces nouveaux médias de proximité. Il relève quatre exemples de plateformes de publication d'informations locales en France.

Parmi elles, il souligne notamment le fonctionnement de GreBlog MonGrenoble.


Des médias d'un genre nouveau


Charlotte Richard, du journal Le Monde explique : "les médias hyper locaux s'attachent à l'information qui n'intéresse pas les médias traditionnels. Ils couvrent l'actualité d'une ville, voire d'un quartier. Leur credo : la proximité et la gratuité des infos. Leur milieu, l'Internet. Du blog participatif à la Web télévision adossée à un titre de presse, ces médias d'un genre nouveau revêtent des formes et des desseins variés."

Plateforme de publication participative et d'expression locale, quotidien en ligne cherchant à créer du lien social, web tv participative associée à un journal papier... les sensibilités et facettes peuvent être différentes mais l'envie de communiquer au niveau de la ville et de ses quartiers est objectivement la même.

- GreBlog, un blog consacré à la ville de Grenoble, fonctionne lui aussi sur le modèle des plates-formes participatives. Lancé en 2006, GreBlog est "un blog local, citoyen et collaboratif". Chaque internaute grenoblois est un contributeur potentiel. L'objectif étant de "relayer l'information locale sur Internet" - souligne la journaliste [2].


Lisibilité et connaissance du territoire numérique


Mais globalement, depuis quelques années, l'expression locale en ligne est plutôt modeste, voire inexistante dans certains secteurs, dans certaines villes. L'essor de l'information locale se fait à petit pas ou parfois trop subitement, dans la mesure où il est impératif de combler un retard ou un vide. A priori, sans forcement connaître le "territoire numérique local" et s'appuyer sur lui pour réussir à s'implanter.

En d'autres termes, la lisibilité de l'information hyper locale et l'analyse du territoire numérique est primordiale.

Pour reprendre les propos énoncés dans l'article du Monde, cette lisibilité permet d'attirer et de séduire des annonceurs potentiels : leur arrivée permet éventuellement d'affiner la perspective de nouveaux modèles économiques.

Dans le cadre de GreBlog, à de nombreuses reprises, j'ai été sollicité dans ce sens... et dans tous les sens. A l'avenir, il se pourrait bien que GreBlog MonGrenoble tienne compte de cette réflexion.

Lire l'article complet sur lemonde.fr | dans le journal "Le Monde" du 09/07/08, en page 27.

Notes

[1] Merci à B.F pour son bulletin

[2] Merci à la journaliste Charlotte Richard


06

10

2007

GreBlog MonGrenoble dans le Dauphiné Libéré

greblog dauphine libere Frédérique Verhaegue est journaliste à la rédaction du Dauphiné Libéré, avenue Alsace Lorraine. Elle souhaite porter un regard sur le phénomène des blogs au niveau local. Elle ne cache pas son intérêt pour ces nouvelles plateformes d'expression et de publication participative.

La journaliste entame ses recherches et commence par surfer sur la toile pour y trouver matière. Elle découvre un blog qui la touche et l'interpelle : "Trièves au centre", le blog d'Olivier Dodinot, candidat suppléant du Mouvement Démocrate sur la 4ème circonscription de l'Isère. Elle décide de rencontrer son auteur, dont le blog fut initialement crée et taillé pour la campagne des législatives. Depuis, ce dernier a su prendre ses marques et ses couleurs, relayer un regard pertinent sur le Trièves et s'ouvrir sur d'autres horizons. "L'occasion de donner d'autres points de vue, de créer du lien (...) Trièves au centre a reçu 5800 visiteurs en trois mois", selon son auteur...


Une rencontre d'échanges sur la blogosphère locale et nationale


Frédérique Verhaegue souhaite étayer ses propos. Elle prend son téléphone et m'invite à venir à la rédaction du Dauphiné Libéré. Durant plus d'une heure, nous parlons de la blogosphère locale et des réseaux sociaux partagés en ligne [1]. Quelques chiffres, quelques clés pour appréhender et apprécier le phénomène des blogs. Quelques exemples de blogs pertinents "à thème" au niveau local. Quelques évocations des besoins d'expression et d'échange du citoyen ou du politique sur la toile.


Un focus sur GreBlog MonGrenoble


Notre discussion se poursuit et se concentre sur GreBlog MonGrenoble. Tout à tour, nous abordons les différents aspects du blog. Opportunités de lancement de la plateforme, manière d'appréhender la vie locale, moyens mis à disposition pour bloguer, évolutions avancées et autorégulation de la plateforme, rapports avec les lecteurs, contributeurs, journalistes, médias ou personnalités publiques...

Merci Frédérique :-)

Article du Dauphiné Libéré "Blogs à part" du 27/09/07, page 8, pleine page, en annexe ci-dessous.

Notes

[1] Lire également la rubrique "GreBlog et les médias"


17

09

2007

TéléGrenoble, en phase de transition, fait sa rentrée sur la TNT

telegrenoble tnt La semaine dernière, j'ai rencontré Thibault Leduc, Pauline Alleau et Jérémie Joubert respectivement rédacteur en chef et présentateur, journaliste et chargé de production de la chaîne locale TéleGrenoble.

Alors que beaucoup pensaient que les soubresauts de la chaîne en fin de première saison l'entraîneraient dans sa chute, TéléGrenoble fait sa rentrée et entame déjà sa 3ème saison. Il me semblait intéressant et pertinent d'en savoir plus sur le fonctionnement et la grille des programmes de la chaîne.

Jérémie Joubert [1] est chargé de production auprès de la rédaction de Télégrenoble. Au quotidien, cet "homme de l'ombre" est le bras droit de Thibault Leduc. Il l'assiste au quotidien notamment sur les plateaux mobiles. Il supervise les rouages de production et s'emploie à négocier en amont avec les partenaires de la chaîne dans le cadre de ses déplacements.


TéléGrenoble arrive sur la TNT locale


TéléGrenoble ne pouvait pas rêver mieux que d'émettre dès à présent sur la TNT en cette rentrée 2007/2008.

En effet, la chaîne a obtenu plus tôt que prévu une autorisation du CSA de diffusion sur le bouquet locale de Télévision Numérique Terrestre. Depuis le 15 septembre, il vous est possible de la regarder sur le canal 20 de votre téléviseur. Il suffit de lancer une nouvelle mémorisation automatique de son décodeur TNT pour retrouver TéléGrenoble en qualité numérique. Et La qualité de l'image est au rendez-vous !

En région, le canal 20 est réservé aux locales et TéléGrenoble est l'une des toutes premières chaînes locales privées à diffuser ses programmes sur la TNT.


Un changement de cap et une période de réflexion pour TéléGrenoble


Du côté de son fonctionnement, la chaîne est actuellement en période de "gestation", de "transition", en phase "hors saison".

TéléGrenoble et Paru Vendu déménagent progressivement dans de nouveaux locaux situés au Rondot Rondeau. La chaîne a besoin de se redéployer, de changer ses méthodes de fonctionnement, d'accroître son périmètre et potentiel professionnel. Un nouveau studio "fixe" est en cours de montage et va permettre à la locale de produire d'autres émissions et de décupler ses capacités techniques.

TéléGrenoble se donne également de nouveaux objectifs en matière de programmation. Un grille remaniée, moins de déplacements pour les directs, plus de synergie en matière de production. Ainsi, le plateau mobile habituel se déplacera uniquement pour les évènements de grande importance. "Pour nous, la saison 3 de TéléGrenoble commencera vraiment en décembre janvier 2008" affirme Jérémie.

Signe et témoin de grands changements au sein de la locale, Pauline Alleau signale au conditionnel "Il est probable que TéléGrenoble change de nom dans les mois à venir". De son côté, Thibault Leduc se réjouit de l'arrivée de la chaîne sur la TNT. "Avec son arrivée sur la TNT, TéléGrenoble est susceptible de drainer près de 100 000 nouveaux téléspectateurs dans le voironnais" ajoute le rédacteur en chef.

Hormis la qualité indéniable du son et de l'image, la TNT est aussi le moyen de "refidèliser" un certain nombre de téléspectateurs qui, à force de zapper en avant et en arrière, trouveront une nouvelle opportunité de regarder TéléGrenoble sans changer de bouquet.

Notes

[1] l'homme aux nouvelles lunettes de premier de la classe... non, je plaisante :-)