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11

05

2010

Grenoble : le groupe MoDem cherche activement à se reconstruire

modem grenoble Il y a tout juste 3 ans, le 10 mai 2007, le Mouvement Démocrate naissait pour tenter de rassembler les démocrates sur un axe central et un positionnement politique indépendant durant la présidentielle de 2007.

Récemment victime de mauvais scores électoraux, le MoDem n'échappent pas à ses dissensions au niveau local.

Groupes MoDem ou Mouvement Démocrate (sans S) présidé par Morad Bachir Cherif, Grenoble Démocrate (sans S) dirigé par Philippe de Longevialle. Et dans un autre registre, le groupe Démocrates Européens (avec un S) emmené par Bernard Betto...

Ces groupes politiques locaux ont pourtant trois points communs.

Le premier : tous sont des composantes actuelles de la majorité municipale, associées au groupe PS, PRG, MRC, Société Civile et apparentés. Le second : ils ont la particularité d'être issus d'un éclatement, d'une scission, de dissidences internes ou de divisions de groupe. Le troisième : ils s'affirment tous comme "démocrates".

Leur objectif : communiquer sur les valeurs qui les animent, peser, compter politiquement au sein d'une majorité municipale constituée de composantes hétéroclites.

Leur préoccupation : incarner une continuité politique, continuer à être visible sur l'échiquier grenoblois.

Leur problème : se construire et/ou se reconstruire une nouvelle identité, tourner la page et (ré)émerger sur un plan politique purement local.

En apparence, difficile d'y voir clair pour le citoyen lambda. Quelques regards et explications s'imposent.


Il y a Démocrates... et Démocrates


Rappelons que le leader naturel de la principale formation centriste du département s'est "volontairement débranché du MoDem" le 4 février 2010 (lire en référence mon précédent article sur le sujet).

Depuis cette fameuse "affaire de Longevialle" survenue quelques jours avant le premier tour des élections Régionales de 2010, rappelons que le MoDem a éclaté à Grenoble.

D'un côté, nous avons le groupe "MoDem" - Mouvement Démocrate - composé de 3 élus : Stéphane Gemmani, Conseiller municipal délégué à l'Accessibilité, la Prévention et préconisation sociale. Béatrice Doutriaux, Adjointe en charge de l'Administration générale. Son attachée de groupe, Anne Saoudi. Et son Président, Morad Bachir Chérif, Conseiller municipal délégué à la Culture scientifique et technique, également Vice-Président à la Métro.

De l'autre, nous avons dorénavant le groupe "Grenoble Démocrate" également composé de 3 élus : Camille Plet, Conseillère municipale déléguée à l'Evaluation des politiques municipales. L'une des plus jeunes élues de France, Vice-Présidente de l'AJEF. Marie-Claire Népi, Adjointe du Secteur 3. Et son président, Philippe de Longevialle, Adjoint à l'Urbanisme, démissionnaire et ex-leader du MoDem 38.

La situation est pour le moins cocasse : 2 membres du MoDem dans un groupe dirigé par un ex-leader départemental du Mouvement Démocrate. Un site web grenobledemocrate.fr portant le nom de l'autre groupe, contrôlé et géré par le groupe MoDem. Un autre web en stand-by "Grenoble démocrates" (avec un S cette fois).

C'est bon, vous suivez ?


Le groupe MoDem dans la majorité municipale


Loin d'être hostile aux propositions portées par la majorité municipale, le groupe MoDem reconnaît bien volontiers "avoir perdu au change" en n'ayant pu appuyer davantage sa vision politique sur certains projets. L'empreinte du MoDem n'étant également pas assez forte et son contenu politique peu visible au sein de la majorité municipale.

"Pour des questions liées à une loyauté de majorité, on a du remettre un peu nos convictions sous le drap (...) On a parfois mis plus de sentiments que de pragmatisme politique" souligne Stéphane Gemmani.

Le groupe espérait notamment pouvoir porter plus de débats sur les variantes du projet de Rocade Nord, intervenir et peser davantage pour une meilleure harmonisation de la ville en matière d'urbanisme. Et sur ce dernier point, il s'interroge sur un risque de densification liée aux nouvelles constructions dans le cadre du projet de l'Esplanade.

Le groupe entretient même de bons rapports avec le PC et GO Citoyenneté mais n'envisage pas de former un groupe commun avec ce "mouvement trop associatif (…) pas assez politique sur le plan national" selon Morad Bachir Chérif.


Une volonté de tourner la page...


Le groupe indique que les premières divergences de points de vue avec Philippe de Longevialle remontent aux élections Européennes et se sont nettement accélérées durant la préparation des échéances régionales.

"Nous ne sommes plus sur les mêmes définitions que Philippe de Longevialle (...) Il pensait qu'il incarnait à lui seul à la fois le Mouvement, le parti, les idées etc. (…) Nous, nous sommes restés au MoDem, nous incarnons toujours ses valeurs et on s'inscrit toujours dans sa ligne politique nationale (...) C'est une façon de tourner la page avec lui (...) de rester loyal et fidèle à la majorité municipale et sur l'engagement politique que nous avons pris en 2008" tient à préciser Morad Bachir Cherif lors de la première conférence de presse du groupe MoDem qui s'est tenue ce lundi 10 mai à la Mairie de Grenoble.

"L'UDF était un parti de notable, le MoDem est un parti de militants (...) On a toujours voulu un fonctionnement démocratique (...) que les militants participent beaucoup plus à la vie municipale (...) qu'on ne tourne pas autour d'un seul homme mais qu'on élargisse ensemble nos actions" expliquent avec soin Stéphane Gemmani.

Une chose est sûre : le groupe MoDem ne supporte plus que les médias continuent de s'appuyer sur "l'affaire de Longevialle" pour suivre ses engagements et son évolution politique. C'est bon là (…) Maintenant, il faut que vous passiez à autre chose souligne avec un réel agacement Béatrice Doutriaux.


...et de se donner les moyens pour fonctionner autrement


Désormais, le groupe MoDem entend faire parler de lui, être présent à tous les débats politiques qui engagent son projet.

Il souhaite se (re)positionner et se reconstruire.

Pour y parvenir, ses membres s'appuient sur différentes commissions et groupes de travail organisés en interne avec le concours des militants. Ces derniers seront également amenés à s'impliquer davantage dans le travail de délibération municipale "pour apporter un plus dans la réflexion".

Une lettre d'information publiée régulièrement verra bientôt le jour ainsi que le nouveau site web du groupe dont le nom je le rappelle, est celui de l'autre.

Aujourd'hui, le MoDem 38 est présidé par Michèle Cedrin, Conseillère municipale à Vienne et compte environ 500 militants dans le département.


Dans un autre registre, il y a quelques semaines, j'étais étonné de constater que la Mairie n'avait toujours pas mis à jour la liste des nouveaux groupes politiques présents au Conseil municipal sur le site de la Ville de Grenoble. Après avoir mentionné le problème à plusieurs reprises à différents élus et autres personnes concernées, je constate depuis peu que la liste des groupes est... enfin actualisée.

A ce jour, nous avons donc 59 élus, 9 groupes, sans compter les composantes associées.

Belle segmentation pour gouverner au niveau local !


27

04

2010

Des élus de la majorité municipale de Grenoble reconnaissent ouvertement leurs erreurs et leur faiblesse

municipale grenoble elus Il y a quelques jours, les élus du groupe PS-PRG-MRC et société civile de la majorité municipale de Grenoble organisaient un petit déjeuner presse pour faire un nouveau point sur les dossiers de l'actualité municipale.

Rappelons que l'objectif de ces échanges est de présenter le travail des élus du groupe [1], de communiquer sur leurs intentions politiques, de présenter les projets réalisés, en cours ou à venir pour la Ville de Grenoble.

Autres points abordés : relever et souligner les points de convergences ou de divergences politiques entre les autres groupes de la majorité et/ou de l'opposition municipale.

Au sein de la municipalité de Grenoble, certains groupes jouent le jeu. D'autres non, ou jamais. Il serait de bon ton qu'ils puissent également convoquer la presse à échéance régulière sur ce modèle pour témoigner de leur actualité, de leur "vitalité"... ou de leur existence politique !


"On a vraiment besoin d'expliquer ce que nous faisons"


En introduction, avant même d'aborder différents sujets concernant la Ville de Grenoble autour du thème de "La ville pour tous", la discussion s'est tournée vers la capacité de la majorité municipale à communiquer sur ses projets.

Le moins qu'on puisse dire c'est que le Président du groupe PS Abderrahmane Djellal, Adjoint à l'Insertion et la Formation Professionnelle s'efforce de mesurer ses propos lorsque un sujet devient sensible ou qu'il y a matière à présenter ou rassembler les troupes.

L'adjoint déclare qu'une poignée d'élus de la majorité municipale (sans les nommer) sont parfois en décalage avec la réalité de la vie quotidienne dans le cadre de leurs attributions. Certains ne cherchent pas à être en phase avec les habitants et ne font tout simplement pas assez de terrain.

"Je les bouscule parfois à faire presque du porte à porte pour aller expliquer ce que nous faisons (...) Rien ne vaut le terrain, le dialogue direct (...) Le collectif est important (...) L'individualisme, tout ceux qui jouent à ça reprennent ça en boomerang rapidement et ça vaut pour tout le monde" explique avec discernement le Président du groupe en direction de sa majorité.

Pour Hélène Vincent, Adjointe à la Jeunesse, le plus difficile est de valoriser le quotidien au bout de deux ans de mandat. Celle-ci reconnaît l'importance primordiale et la nécessité de s'attacher aux "petits détails", aux petits projets soulevés par les habitants, les acteurs et professionnels pour envisager la consolidation pérenne de partenariats sur le terrain.

"Je fais pas du terrain pour faire du terrain (...) C'est pas uniquement pour faire passer quelque chose, c'est aussi pour nous, pour en retirer quelque chose, pour sentir la problématique des gens" explique de son côté Sylvie Druhon, Adjointe aux Sports au moment où je mentionnais avec insistance le fait que les habitants savent parfaitement faire la différence entre un élu qui vient sur commande et un élu qui vient spontanément les rencontrer sur place.

"On n'est pas hors-sol, on vie aussi dans les quartiers (...) Les gens sont étonnés quand on prend les transports en commun ou qu'on va chercher notre pain (...) C'est vrai qu'on a tendance à vivre dans notre quotidien et nos projets (...) Je suis surpris souvent de voir que les habitants ne retiennent un peu que les grands projets (...) Les plus petits sont les moins reconnus et cela reste un problème" ajoute Pascal Garcia, Conseiller à la Gestion urbaine de proximité.


Une communication, des échanges plus difficiles avec la Ville de Grenoble ?


Le groupe de la majorité municipale considère que les solidarités de territoire étaient bien plus fortes auparavant et que l'individualisme gagne progressivement du terrain dans les cercles collectifs. Il y a quelques années, l'engagement associatif, militant était davantage orienté vers les gens pour tenter de répondre au mieux à leurs problématiques quotidiennes. D'une certaine façon, les habitants avaient moins recours à la collectivité pour les résoudre.

Aujourd'hui, selon le groupe PS, c'est un peu l'inverse qui se produit. Bon nombre d'associations se créent pour lutter contre un objectif fixé par une entité, pour défendre à tout prix une cause particulière ou s'élever directement contre une collectivité.

"Aujourd'hui, le moindre soucis qu'on a dans n'importe quel quartier de la ville, automatiquement, la réponse doit venir de la ville (...) A l'époque, on s'investissait par adhésion pour son quartier (...) Il y avait une vraie entraide avec les associations (...) Aujourd'hui, on le fait pour être contre quelque chose, pour s'opposer au stade, à Minatec, au machin..." rétorque avec une certaine lassitude et inquiétude Abde Djellal.

Élu depuis le 1er mandat de Michel Destot en 1995, celui-ci ne semble évidemment guère disposer à remettre en question la politique générale de sa majorité pour expliquer en partie ces changements d'attitude et cette récente évolution. Il regrette par ailleurs l'attention que peuvent porter les médias sur des sujets qui les intéressent.


"On doit changer notre façon de communiquer"


Au nom du groupe PS, Abde Djellal reconnaît un déficit en matière de communication sur des objectifs politiques fixés et des priorités à tenir.

Il admet un manque de pédagogie de la Ville de Grenoble en direction de ses habitants notamment lorsqu'il s'agit pour elle d'expliquer les tenants et aboutissants d'un projet.

"On doit changer notre façon de communiquer (...) La manière qu'on a de communiquer les uns les autres, là il y a vraiment des changements à faire (...) Il y a des mots que nous on peut comprendre et saisir (...) Pour moi, quand on fait de la politique, rien ne doit être technique" souligne le Président du groupe PS et associés.

Il est vrai que lorsque des projets se nomment "Facteur 4", "dispositif Mur/Mur", "PEG", que l'on découvre des "FISAC", "ZPPAUP" dans la communication municipale ou que l'on tombe sur des publications et des contenus du type "Reproduction du protocole d’évaluation expérimenté", "Dépasser la dichotomie domicile-établissement d’hébergement" dans le Plan d'action 2009-2014 du CCAS... on est en droit de supposer que cette technicité verbale creuse naturellement un écart, un fossé entre élus et habitants en matière de communication.


Michel Destot, en ligne de mire


Hélène Vincent estime que la majorité municipale est positionnée dans un rôle de composition lorsqu'elle tente de réunir autour d'elle (parfois avec difficulté) les acteurs concernés par un sujet pour faire valoir un projet, faire passer des idées. "On a besoin d'avoir une vision, un horizon à 10 ans pour se positionner (...) On prend parfois plus de coups que de remerciements mais bon, c'est comme ça" explique Abde Djellal.

En parallèle, l'adjoint déclare également suivre avec une certaine attention ce que dit ou déclare l'opposition municipale. Notamment en direction du groupe des Verts, de l'ADES et des Alternatifs.

Toutefois, il semble préoccupé par l'évolution des attaques politiques portées à sa majorité.

Selon lui, une partie de l'opposition chercherait de plus en plus à atteindre directement et personnellement Michel Destot pour lui faire endosser toute la responsabilité politique du groupe. Un changement de tactique politique qu'il a vu notamment grandir depuis la fin du dernier mandat du Député-Maire de Grenoble.

Il semblerait que les relations "de travail" se soient apaisées entre le groupe des Verts de l'opposition et la majorité municipale socialiste depuis la fin des élections régionales. Il est amusant de souligner qu'Abde Djellal prend un soin particulier à qualifier à plusieurs reprises une partie de l'ancienne majorité passée dans l'opposition "nos amis les Verts" dans son discours.


Le groupe PS-PRG-MRC et société civile de la majorité municipale de Grenoble reconnaît ouvertement ses faiblesses et des lacunes en matière de communication.

Le moyen pour lui d'essayer de rassembler davantage ses troupes en dissociant ceux qui jouent le jeu collectif et ceux qui auraient tendance à privilégier leur intérêts personnels en politique.

Une manière de décloisonner la fonction politique de ses rouages traditionnels. Une manière habile de signaler également à la presse qu'il maîtrise la situation.

La tendance n'est-elle pas à l'ouverture ?

A vous de juger...

Notes

[1] alternance de personnalités politiques


22

03

2010

Régionales 2010, soirée électorale : les résultats définitifs du 2ème tour sur Grenoble et en région Rhône-Alpes. Communiqués et analyses.

regionales 2010 grenoble Article maj le 22/03/10 à 19h27.

Dimanche 21 mars 2010 dès 12h, GreBlog.net reconduisait son dispositif électoral [1] mis en place dès le 1er tour des Régionales 2010 afin de vous permettre de suivre pas à pas les toutes premières estimations.

Dans un premier temps, une diffusion des premiers taux de participation publiés à 12h, 17h et 20h au niveau national par le Ministère de l'intérieur.

Dans un second temps, quelques variations et tendances au fil de la journée en continu.

Dans un troisième temps, l'arrivée des premières estimations chiffrées en temps réel concernant la Ville de Grenoble en direct de la Mairie à partir de 19h30 et ce, jusqu'à 23h.


Les résultats du 2ème tour sur Grenoble et sur Rhône-Alpes


Ci-dessous, les résultats du 1er et du 2ème tour comparés, sur Grenoble et sur Rhône-Alpes.

En bas de tableau, 2 feuilles, 2 onglets : résultats sur Grenoble | sur Rhône-Alpes.



La liste conduite par Jean-Jack Queyranne obtient 100 sièges. Celle conduite par Françoise Grossetête, 40. Celle conduite par Bruno Gollnisch, 17.


Les réactions officielles des personnalités


Communiqué de Michel Destot, Député-Maire de Grenoble :

A Grenoble, Jean-Jack Queyranne réalise son meilleur résultat des grandes villes de Rhône-Alpes.

Je tiens à saluer la belle victoire des forces de progrès en France et en Rhône-Alpes.

C'est une chance pour Rhône-Alpes, pour amplifier notre action de développement économique, solidaire et durable, au service de nos concitoyens et de nos territoires, pour renforcer aussi les liens entre nos collectivités.

Dans cette élection, le département de l'Isère a apporté un concours essentiel aux listes de Jean-Jack Queyranne, les plaçant en tête des huit départements rhônalpins, avec 27,3 % des voix au premier tour et 55% au deuxième tour.

La ville de Grenoble elle-même, avec près de 65% ce dimanche 21 mars, arrive en tête des huit grandes villes de Rhône-Alpes et dans les tous premiers rangs en France.

Ce second tour manifeste par ailleurs une augmentation de la participation même si celle-ci n'atteint malheureusement pas les 50%. Il nous reste à cet égard beaucoup à faire pour nos concitoyens les plus touchés par la crise et pour renforcer la cohésion sociale.


Communiqué de l’ADES, Association pour la Démocratie, l’Ecologie et la Solidarité :

Elections régionales, les résultats du 2ème tour à Grenoble sont sans surprise.

Avec une participation plus forte : 47 % au lieu de 42,3 % soit 4000 votants de plus, ce qui est significatif, les résultats indiquent qu’il n’y a pas de changement dans les rapports de force du 1er tour.

Au 1er tour l’ensemble des forces de gauche qui ont fait l’union (PS, Europe Ecologie, Front de Gauche) faisait 62,2 %, au deuxième tour la liste d’union de la gauche et des écologistes fait 64,84 % soit un très bon report de voix et même une progression.

La droite atteint 25,3 % des exprimés soit la somme de l’UMP, des divers droite et du Modem du 1er tour et le FN fait 1 point de plus qu’au 1er tour. La sanction contre la politique gouvernementale est donc confirmée.

Une analyse plus fine, bureaux de vote par bureaux de vote, examinera dans le détail les reports de voix et l’apport des nouveaux électeurs entre les deux tours.

Les leçons du 1er tour restent : le PS n’est pas majoritaire dans la gauche à Grenoble et l’opération d’ouverture à droite des municipales n’est pas validée par les électeurs de gauche.

L’ADES accentuera son travail de propositions politiques alternatives de gauche et écologiste et poursuivra sa dénonciation de la dérive droitière du maire et de sa majorité municipale.


Communiqué de Richard Cazenave, Chargé de mission Le Chêne :

Régionales 2010: Mauvais au national, les résultats sont desastreux en Isère et calamiteux à Grenoble pour l’UMP

En 2004 François Fillon avait parlé d'un 21 avril à l'envers; que dire en 2010 alors que le total gauche, à 56%, progresse de 6% par rapport à 2004! Pour la droite parlementaire c'est le score le plus bas depuis le début de la V ème République!...

En Isère l'U.M.P rassemble moins d'un électeur sur trois. A Grenoble c'est désormais un électeur sur quatre, alors que le candidat Sarkozy a receuilli 47% aux Présidentielles 2007.

Crise, récession, enjeu régional peu lisible, les causes ne manquent pas pour tirer vers le bas la participation en général et le soutien au gouvernement en particulier, les élections intermédiaires étant généralement difficiles pour le pouvoir en place.

Mais là, le message des urnes va bien au delà des clichés traditionnels. Et, comme on aurait tort de croire que les Français par ce vote créditent la gauche d'une capacité à mieux faire que le gouvernement en place, quels enseignements tirer?

Un enseignement national:

L'organisation politique de la droite et du centre est à revoir. Il ne faut pas confondre unité et uniformité; il faut une offre plus diversifiée, incarnant mieux les courants et traditions gaullistes, libéraux et centristes. Je ne doute pas que des voix s'élèveront...

Un enseignement régional:

L'étiquette politique n'est pas un argument suffisant pour revendiquer l'honneur de diriger une Région comme Rhône Alpes.

Un enseignement isérois et grenoblois:

Avec des résultats pire que jamais, l'U.M.P isèroise et grenobloise va t elle enfin comprendre que l'on ne peut gagner sans travailler, sans s'ouvrir aux autres, sans porter un projet capable de fédérer les énergies et de provoquer l'élan Indispensable à toute victoire?


Communiqué de Geneviève Fioraso, Députée de l'Isère :

Une victoire sans précédent des listes de la gauche rassemblée

Tout d'abord, je me réjouis des résultats historiques des forces de gauche et écologistes qui donnent aux nouveaux conseillers régionaux une responsabilité particulière : celle de répondre aux préoccupations de justice, de solidarité, de défense et d'accès à l'emploi qu'ont voulu exprimer les Français par ce vote qui sanctionne la majorité présidentielle et adresse un sérieux avertissement à Nicolas Sarkozy. Je souhaite que ce message des électeurs soit entendu et qu'il en soit tenu compte pour reconsidérer les réformes prévues dans les mois à venir.

Je voudrais naturellement féliciter Jean-Jack Queyranne pour sa réélection et les 22 conseillers régionaux Isérois qui ont été élus ce dimanche avec un score incontestable et en progression pour la gauche et les écologistes. Notre région, la deuxième de France, va pouvoir poursuivre et amplifier son projet en faveur d'un développement solidaire, ambitieux et durable, ouvert sur le monde, sur le progrès scientifique et social et respectueux de l'environnement.

Dans la première circonscription de l'Isère, la liste menée par Jean-Jack Queyranne est en tête dans tous les cantons et réalise le score historique de 56,18 %. Dans le canton 1 de Grenoble, la majorité présidentielle a recueilli à peine 25 % tandis que la liste de gauche et écologiste obtenait 65% des suffrages. C'est une évolution très nette de cette circonscription dont les habitants ont montré leur soutien à la liste progressiste que j'ai soutenue. Même si l'abstention importante doit modérer des interprétations trop optimistes, les résultats de ce scrutin régional sont tout à fait encourageants pour la gauche et les écologistes. Cela doit nous pousser à approfondir un projet solidaire, plus juste socialement, dynamique pour la création d'emplois et durable pour préserver l'environnement.

Notes

[1] greblog.net/elections - micro-site web dédié afin d'éviter une surcharge habituelle de consultations côté serveur


15

03

2010

Régionales 2010, soirée électorale : les résultats définitifs du 1er tour sur Grenoble et en région Rhône-Alpes. Premières analyses

regionales 2010 grenoble - Article maj le 15/03 et le 20/03 -

Dimanche 14 mars 2010 à partir de 10h du matin, GreBlog.net choisissait de mettre en place un dispositif décalé "spécial élections" sur greblog.net/elections (un micro-site web [1] dédié) afin de vous permettre de suivre pas à pas les toutes premières estimations.

Dans un premier temps, une diffusion des premiers taux de participation publiée à 12h, 17h et 20h au niveau national par le Ministère de l'intérieur.

Dans un second temps, quelques "objets" astucieusement glissés dans un fil d'informations en continu.

Dans un troisième temps, l'arrivée des premières estimations chiffrées en temps réel concernant la Ville de Grenoble, en direct de la Mairie à partir de 20h et ce, jusqu'à 23h20.


Les résultats du 1er tour sur Grenoble et sur Rhône-Alpes


Ci-dessous, les résultats définitifs du 1er tour, sur Grenoble et sur Rhône-Alpes.

En bas de tableau, 2 feuilles, 2 onglets : résultats sur Grenoble | sur Rhône-Alpes.




Premières analyses des résultats


Juste quelques comparaisons intéressantes :

La liste "Une région d'avance" conduite par Jean-Jack Queyranne actuel Président de la région Rhône-Alpes fait 2 points de mieux sur Grenoble par rapport à son score régional.

La liste "Aujourd'hui et demain, ensemble pour Rhône-Alpes" de la majorité présidentielle conduite par Françoise Grossetête creuse un écart de plus de 7 points par rapport à son résultat obtenu au niveau régional.

A l'inverse, la liste "Europe Ecologie Rhône-Alpes autrement et maintenant" conduite par Philippe Meirieu obtient un score très élevé sur Grenoble avec plus de 8 points de différence par rapport à celui obtenu au niveau de la région.

La liste "Front National pour Rhône-Alpes et nos provinces" conduite par Bruno Gollnisch réalise un score supérieur de 5 points au niveau régional par rapport à son résultat sur Grenoble.

La liste "Rhône-Alpes Démocrates" conduite par Azouz Begag obtient sensiblement le même score sur Grenoble et en région Rhône-Alpes.

Les listes "Ensemble pour les régions à gauche" et "Anticapitalistes Tout changer, rien lâcher" passent la barre des 10% sur Grenoble, soit 2 points de plus par rapport à leurs résultats respectifs obtenus en Rhône-Alpes.


Ce que l'on peut dire


La première surprise vient du Front National qui réalise un score plutôt élevé par rapport aux dernières estimations propulsées par les sondages avant le 1er tour des Régionales 2010. En passant la barre des 10%, une partie de la flotte du paquebot devrait se maintenir dans une douzaine de régions pour le 2ème tour et couper l'herbe de la majorité présidentielle.

La seconde vient des écologistes. Globalement, jamais ils n'ont réalisé un score aussi élevé sur Grenoble. Seulement 1 point d'écart avec les socialistes. Un exemple : dans le canton 2 de Grenoble, le bureau de vote de la "Porte de France" a comptabilisé le score de 40,19% pour Europe Ecologie. En devenant la 3ème force politique du pays, Europe Ecologie a gagné l'un de ses paris : balayer, étrangler le MoDem pour "jouer à armes égales" avec le PS au niveau local. Au niveau électoral, Grenoble pourrait prochainement devenir la grande ville la plus "verte" de France. Un fort score dont le Maire de Grenoble devrait tenir compte lors des prochaines échéances. Reste à savoir au niveau régional comment le rassemblement des socialistes et des écologistes va pouvoir s'opérer. Les premiers doivent nécessairement tenir compte du score des seconds pour "gouverner" la région et tenter de rassembler. Les seconds estiment qu'il n'y a aucun mal à "gouverner" avec les premiers malgré les fortes divergences et différences de points de vue qui les animent. A priori, sans trop de difficultés, les écologistes vont pouvoir faire monter les enchères avant le 2ème tour.

La troisième vient du Modem. Un score en dessous de 5% à la fois sur Grenoble et sur le plan régional. Un mouvement asphyxié par les récentes divergences hyperlocales, marginalisé par un score bas, balayé par une vague verte qui n'attendait qu'une élection de ce calibre pour prendre pied et s'imposer. Le Modem n'a pas su trouver le ton juste pour mobiliser les électeurs.

La quatrième vient de la majorité présidentielle. Sur Grenoble, la droite traditionnelle a souvent pour habitude de faire 10 points de moins par rapport à son score relatif au niveau national. Cette fois-ci, elle se tasse, dégringole et ne passe pas la barre des 20% en ville alors qu'elle devance d'un tout petit point les socialistes et arrive en tête du 1er tour au niveau régional. Ne disposant pas de "réserves" de voix à part entière, face aux invectives du Front National, la majorité présidentielle ne peut compter que sur les abstentionnistes du 1er tour pour tenter de remobiliser ses troupes. Pour y parvenir, elle va jouer la carte de l'impossible entente initiale entre ses concurrents et souligner la division récurrente entre les socialistes et les écologistes.

La cinquième vient des forces arrières de la gauche. Le NPA, le Front de gauche et associés n'entendent pas baisser les bras et laisser les socialistes discuter seuls avec les écologistes pour rassembler au second tour. Ensemble, elles passent tout de même la barre des 10% sur Grenoble. Une progression estimée, plus ou moins attendue pour un Front de gauche qui, âgé d'un peu plus d'un an, se paye le luxe d'obtenir un score similaire et comparable à celui du MoDem quelques mois après sa création.

La sixième n'est peut-être pas une surprise. Le score des socialistes était attendu. En s'appuyant sur le bilan de sa région, Jean-Jack Queyranne a réussi à fédérer et (re)mobiliser bon nombre d'électeurs de gauche qui avaient perdu leur marque... et leur foi. La constitution de listes communes pour le second tour notamment avec les écologistes risque de prendre une toute autre tournure. Au niveau local, le PS a l'habitude de négocier avec ses "partenaires-adversaires" en présentant une position hégémonique de circonstance avant toute négociation.

Affaire à suivre pour l'ensemble des qualifiés au second tour...


Revue de web : GreBlog sur France Info !


Ce matin, en prenant mon petit café, j'ai eu la surprise d'entendre le chroniqueur et journaliste David Abiker [2] relayer la manière dont j'ai utilisé le réseautage social "Twitter" pour annoncer de Grenoble les premières estimations des résultats sur le Net en employant un langage "très particulier" mélangeant des objets, des noms communs...

Ecouter la Chronique "Le bruit du Net" de David.

Je vous laisse deviner !

maj le 20/03 : on me signale également que l'émission "L'édition spéciale" sur Canal+ a relayé cette information dans sa chronique du lundi 15 mars [3].

On se retrouve dimanche prochain pour la suite des résultats du second tour des Régionales 2010 sur Rhône-Alpes, sur Grenoble... et en direct.

Notes

[1] Afin d'éviter une surcharge habituelle de consultations côté serveur web

[2] qui m'avait interviewé il y a quelques années sur le "blog de Grenoble"

[3] merci G-b :-)


04

02

2010

Budget 2010, impôts locaux, conso, densification, logement, effectifs de la ville... vus par le groupe PS-PRG-MRG et société civile de la Ville de Grenoble

ps grenoble Vendredi 29 janvier 2010, les élus du groupe PS-PRG-MRC et société civile de la Ville de Grenoble conviaient la presse [1] à la Mairie pour faire un point sur les dossiers en cours et l'actualité municipale.

Un "exercice de style" que le Président du groupe Abderrahmane Djellal souhaite reconduire plusieurs fois dans l'année pour communiquer sur les choix politiques, rebondir sur les dossiers en cours, souligner les divergences de vue avec l'opposition municipale tout en s'appuyant sur le fond sur l'actualité locale et nationale. Sur la forme, l'objectif est d'associer différentes personnalités élues lors de chaque rencontre avec les médias.

Au menu de cette réunion de rentrée 2010 du groupe PS et associés [2] : un point sur la construction du budget 2010 de la Ville de Grenoble, une vision sur le rôle de l'Etat, un regard porté vers l'opposition municipale, l'emploi public, les effectifs de la ville, la Police municipale, le logement, les transports, le développement durable et... les impôts locaux.


L'Etat, au coeur de la construction du budget 2010 ?


"On a construit un budget 2010 qui nous permet de continuer à mener les politiques que nous menons en matière de logement, de développement durable, autour du dynamisme et de la cohésion sociale (...) pour être un amortisseur de crise (...) Ce budget 2010, tel qu'on l'évalue au quotidien, prouve que nous avons eu raison de le bâtir de cette manière" souligne Abderrahmane Djellal, avec une certaine fierté.

En arrière plan du dispositif, l'Adjoint à l'Insertion et la Formation Professionnelle revient de façon récurrente sur le désengagement direct et indirect du gouvernement et le déficit de la fonction régalienne de l'Etat pour expliquer en partie les difficultés "qui retombent sur les épaules du Maire et des collectivités locales" notamment en matière de santé, d'éducation, de prévention et de sécurité.

"On peut comprendre qu'on réforme (...) Nous aussi, on veut moderniser le service public (...) On réaffirme nos politiques de solidarité, pas d'assistanat (...) L'idée, c'est d'apporter de la respiration aux gens, c'est d'essayer de les rendre autonomes" souligne l'Adjoint, visiblement très critique à l'égard du gouvernement.


La majorité municipale, une équipe "plurielle"


Au niveau local, le groupe réaffirme ce qui fait sa force et sa richesse au niveau politique.

"Avec nos amis de GO Citoyenneté, du Parti Communiste, du MoDem et de la société civile, on est une équipe plurielle en ordre de marche (...) On ne veut surtout pas uniformiser notre schéma de penser" rappelle Abderrahmane Djellal, soucieux de faire passer le message à la presse sur le fond et la forme, dans un contexte électoral où les divergences des écuries politiques et de personnes s'affirment de part et d'autre(s) sur la place publique.


L'opposition municipale et la bétonisation de la ville


Pour souligner le travail accompli et appuyer les priorités de sa majorité, le groupe PS revient sur l'un des thèmes de prédilection de la droite locale : la densification de la Ville de Grenoble.

"On a une droite locale, aujourd'hui, son discours est de deux niveaux (...) Ils prennent prétexte de la bétonisation de notre ville pour masquer leur rejet du logement social (...) Les mêmes qui nous expliquent qu'on betonerait la ville, ce sont les premiers défenseurs de la Tour Perret en nous disant que c'est la priorité des priorités" explique le Président du groupe.

En parallèle, une réflexion sur la hauteur des bâtiments est actuellement menée, associant élus et architectes concernés. De son côté, Jérôme Safar, 1er Adjoint aux Finances, au contrôle de gestion externe, à la Prévention et Sécurité explique qu'il est parfois nécessaire de bâtir des immeubles un peu plus hauts en ville afin de pouvoir alléger l'impression de densité et dégager de l'espace au sol. Le projet de presqu'île scientifique est l'occasion d'amener cette réflexion sur le terrain, de développer l'opportunité de maintenir les innovations sociales, urbaines, économiques et environnementales de la ville.

"C'est un moyen de garder l'avance (...) Ceux qui luttent contre ça... seulement pour lutter contre ça prennent un risque énorme" ajoute le 1er Adjoint.

Au delà des perspectives, l'un des enjeux politiques majeurs au niveau local porte sur la nature de l'investissement, plus que sur leur montant.


L'emploi public municipal... et les effectifs de la municipalité


Le parti pris du Maire concernant l'emploi et les services publics va à contre courant de ce qui est proposé au niveau de l'Etat. Le gouvernement actuel considère que l'emploi public pèse trop sur le budget de l'Etat, jugeant parfois nécessaire de supprimer des postes par différents moyens.

De son côté, la municipalité considère que les services publics et l'emploi public sont des leviers qui oeuvrent à la cohésion sociale, à la solidarité et au développement économique... en situation de crise.

"Nous maintenons l'emploi public et le service public municipal (...) Non seulement nous le maintenons mais nous souhaitons le développer pour porter les politiques et les priorités que nous avons défini (...) Le service public municipal doit être efficace et de proximité, au service des citoyens (...) Nous avons plus de 200 métiers à la Ville de Grenoble, des métiers qui ne touchent parfois qu'un ou deux salariés (...) On a par exemple au Muséum un taxidermiste, c'est important" explique avec fierté et précision Marie-Josée Salat, Adjointe chargée du Personnel, d'un ton déterminé.

Fin 2009, les effectifs de la Ville de Grenoble comptaient 3050 agents, titulaires, équivalent temps plein !

La ville imprime 4000 fiches de paie (intermittents, vacataires, contractuels, intérimaires, étudiants, accompagnateurs... en complément) !

En 1995, il y a eu un réajustement important des effectifs de la ville dès le premier mandat de Michel Destot. A l'époque, la municipalité avait estimé qu'il manquait près de 500 emplois dans les services publics municipaux. Depuis cette date, il y a eu globalement un maintien de ces effectifs (à quelques dizaines près) selon la 2ème Adjointe. Par ailleurs, sentant le sujet sensible, elle tient à ajuster ses propos en précisant qu'il n'y a pas eu "d'explosion" en terme d'emplois publics.

"L'opposition nous reproche de dépenser beaucoup trop en matière de personnel et d'avoir trop de Catégorie A (...) Il est vrai qu'on est à 17% (...) Mais à la Ville de Grenoble, on est dans des logiques de conception, d'expériences particulières avec un taux d'encadrement qu'on souhaite le plus efficace possible" explique sans détour Marie-Josée Salat.

Il y a actuellement 84 policiers municipaux à la Ville de Grenoble. "En fonction des réformes à venir, on envisagerait éventuellement de passer aux alentours de 90 (...) La Police municipale a une Police dédiée sur Villeneuve et sur le Village Olympique que nous conserverons (...) A effectif réel, c'est l'une des polices municipales les plus importantes de France rapportée au nombre de policiers et d'habitants" explique Jérôme Safar, qui tient tout particulièrement à rappeler les missions de prévention, de tranquillité et de sécurisation des bâtiments de la Police municipale.

Pour Stéphane Siebert, Adjoint au Développement durable, l'efficacité de la Police municipale dépend de l'effectif. Pour Marie-Josée Salat, qualité et effectif dans les services municipaux sont étroitement liés.


Vers une nouvelle augmentation des impôts à Grenoble ?


"Le Maire a été clair (...) Sauf changement majeur... et de périmètre et désengagement violent de la part de l'Etat, on a pris un engagement (...) Ceci dit, je vous renvois aux années précédentes, on n'a pas augmenté les impôts pendant 10 ans dans cette ville (...) On a un travail d'explication à faire (...) Sur les 10 dernières années, on a été l'une des grandes villes qui a le moins augmenté les impôts en France (...) C'est vrai qu'on les a augmenté et que ce n'était pas prévu et on s'en serait passé" explique avec pragmatisme l'Adjoint aux Finance, un brin agacé de devoir réexpliquer le positionnement de la Mairie sur le sujet.

Dans son élan de justification, Jérôme Safar estime que nous vivons dans un pays où la fiscalité fonctionne "à l'envers". D'une part, la suppression de la TP (taxe professionnelle) donnera plus de fiscalité pour les ménages. D'autre part, d'ici peu, toutes les politiques publiques seront suspendues à la loi portant sur la réforme des collectivités territoriales.

Pour le groupe PS de la Ville de Grenoble, l'engagement de ne pas augmenter les impôts locaux dans les prochaines années n'est pas scellé dans le marbre. Il dépendrait donc principalement, de facteurs inhérents à l'environnement fiscal et politique.


Le logement, les économies d'énergie et la biodiversité


Le groupe PS, par l'intermédiaire de Stéphane Siebert, rappelle qu'il est impossible de s'opposer aux prix du marché en matière de logement.

Pour tenter de contenir les prix, de rééquilibrer l'offre et la demande sur le marché de l'immobilier Grenoblois, la ville souhaite porter ses efforts sur les économies d'énergie pour les ménages "moyens" dans les logements neufs (aide fiscale, opération d'investissement supplémentaire récupéré par les ménages au bout de 2 ans...).

Concernant le logement dans l'ancien, une campagne d'isolation auprès des co-propriétés a été lancée auprès des "classes moyennes" (notamment sur les Grands Boulevards) dans le cadre du plan Climat. Objectifs recherchés : 30 à 50% d'économie d'énergie sur la facture de ces ménages !

Autre projection à court et moyen terme : en partenariat avec GEG, la Ville de Grenoble souhaite s'attaquer à l'éclairage public. Elle annonce vouloir faire entre 30 et 50% d'économie sur l'éclairage public tout en tenant compte de la pollution lumineuse actuellement produite par les matériels actuels.

Un objectif pour le moins... très ambitieux qui naturellement, engendrera de nouvelles dépenses et de nouveaux investissements pour la Ville de Grenoble.

Autres intentions à venir dans le cadre de la biodiversité en milieu urbain : les projets de création de toitures végétalisées, de jardins surélevés et l'implantation de ruches pour lutter contre les moustiques... sur le toit de la Mairie de Grenoble !

La Ville de Grenoble va-t-elle imprimer une nouvelle fiche de paie pour un "apiculteur urbain" ? :-)

Notes

[1] Le DL + GreBlog présents...

[2] voir ma photo


20

10

2008

Exposition et réunion publique mouvementée sur le projet de la Presqu'île scientifique (GIANT)

giant presqu'ile scientifique grenoble Jeudi 16 octobre 2008, la ville de Grenoble inaugurait à l'Hôtel de Ville une exposition retraçant l'histoire des aménagements des différents pôles universitaires et scientifiques au cœur de l'agglomération Grenobloise, principalement de 1956 à nos jours.

Tour à tour, les principaux élus et porteurs des futurs aménagements de la Presqu'ile scientifique (GIANT) se sont exprimés pour afficher leur unité et soutenir un projet d'envergure internationale qui vraisemblablement, verra le jour d'ici 2020.

En parallèle, dans le cadre de la concertation réglementaire, une réunion publique s'est tenue dans la grande salle de la Mairie de Grenoble afin de "tenter de poursuivre les débats" autour des orientations d'aménagements.


Une exposition consacrée à la Presqu'ile scientifique


Soulignant principalement les évènements ayant marqué les dernières décennies, cette exposition propose de nous faire découvrir les enjeux techniques et technologiques à venir au sein de l'agglomération ainsi que les interactions entre écoles, universités et pôles de compétitivité.

Une exposition ludique, agréable à parcourir.

Seul bémol : l'éclairage des panneaux n'est pas à la hauteur de la présentation et est à revoir.

Après l'inauguration, les Grenoblois étaient invités à se rassembler et se rafraîchir autour d'un buffet juste avant de débattre dans la grande salle.


Principaux objectifs, budgets et aménagements


Premier objectif : requalifier la plateforme scientifique existante, créer des passerelles, ouvrir le quartier à la ville notamment par un prolongement du centre-ville de Grenoble dans le cadre de "Coeur de Ville, Coeur d'agglo", de la création d'une Zone d'Aménagement Concertée (ZAC) et de la modification du Plan Local d'Urbanisme (PLU).

Second objectif : structurer davantage la recherche et l'innovation entre les pôles et les secteurs d'activités, en y associant de nouveaux logements, des commerces et de nombreux services pour améliorer les capacités d'échanges et de vie.

Troisième objectif : créer l'un des plus performants et des plus vastes pôles de recherche au monde à Grenoble . Développer de nouvelles applications dans le domaine médical, sportif, environnemental, de l'énergie ou de la communication. Déployer les pôles de compétitivité actuels et leur ouvrir de nouvelles opportunités.

Pour rappel, les budgets alloués aux principaux domaine de recherche et de développement restent conséquents :

Micro et nanotechnologies : 350M€. Biologie et biotechnologies : 60M€. Grands instruments : 155M€. Recherche fondamentale : 65M€. Nouvelles technologies pour l'énergie : 150M€. Management de la technologie : 45M€.

Différents projets structurants et associés : Nanoscience à l'Institut Néel [1], écoles de l'énergie (INP, UJF), PHELMA et des biotechnologies, Nanobio et centre de recherche biomédical, Clinatec, Industries Intégratives, extension de l'ERSF, démonstrateur transports innovants et autres équipements d'accueil fonctionnels sur le site...


Un débat houleux entre porteurs du projet...


A l'aide d'un vidéoprojecteur, élus et porteurs du projet d'aménagement de la Presqu'ile scientifique (GIANT) ont exposé aux Grenoblois les détails des prochaines infrastructures avant de laisser la parole au public.

Lors de l'exposition et au nom de la Métro, Michel Issindou, député de l'Isère souligne "L'excellence de Grenoble n'est pas forcement reconnue chez nous mais est largement reconnue bien en dehors de l'agglomération (...) Il y a tout de même une quinzaine de communes de la communauté qui sont concernées par le projet".

Claude Vasconi, architecte du projet, explique : "C'est un très grand projet (...) Il faut recentrer les énergies en coeur de ville, c'est ça l'avenir (...) Nous avons une chance inouïe de disposer au cœur de la cité à Grenoble d'un territoire de 300 hectares que beaucoup de villes nous envient (...) Il offre un avenir à 15000 chercheurs qui ne demandent qu'à se déployer et l'opportunité de travailler sur la mixité et d'améliorer l'accessibilité des pôles (...) Ce projet sera doté de 4000 logements, plus 4000 logements étudiants à terme."

Geneviève Fioraso, député de l'Isère revient globalement sur le financement : "C'est un financement public par le biais du contrat de projet Etat-Région dans lequel les collectivités sont engagées de 2007 à 2013 et le biais du Plan Campus [2] (...) Il y a aussi des projets de transports financés par le SMTC, du logements social, étudiant".


...et opposants venus principalement perturber la réunion


Une quinzaine d'opposants, habilement dispersés par groupe dans la salle de réunion étaient venus manifester avec vigueur leur opposition aux projet de Presqu'île scientifique.

Objectifs clairement affichés : perturber la bonne marche de la réunion publique, troubler le dialogue entre la salle et les intervenants. Le jeu consiste à faire preuve d'ironie sur les sujets évoqués dès que l'occasion se présentait, à couper si possible l'expression des porteurs du projet, à parler le plus fort possible, à tenter de prendre le micro à n'importe quel moment du "débat"...

A plusieurs reprises, Geneviève Fioraso tendait le micro aux opposants pour qu'ils puissent venir s'exprimer : ces derniers ne se bousculent pas immédiatement pour le prendre, préférant scander de leur place les mots "pléthorique", "décroissance", "moins vite ou moins fort, moins haut".

Parmi eux, une opposante prenait sereinement le micro et déclarait notamment :

"La réunion de ce soir est exemplaire (...) Ce projet présenté par le technogratin, appelons-le comme ça, est un projet de fuite en avant technologique (...) Il n'y en a que pour les hautes technologies et pas pour les humains (...) Nous devons poser des questions, ce n'est pas toujours nous qui vous écoutons mais de temps en temps, vous pourriez nous écouter mais je ne me fais pas d'illusion (...) Je propose qu'on réfléchisse à ces mêmes politiques qui durent depuis 50 ans, qu'on arrête de ne pas réfléchir, qu'on arrête la croissance infini qui n'est pas tenable (...) Quand on aura fait GIANT et qu'on sera à la première place de la compétition internationale qui ne s'arrête jamais, et bien il faudra faire super GIANT".

De part et d'autre de la salle, on s'agite.

Une minorité du public applaudissait. Une bonne moitié restait figée. L'autre moitié était littéralement outrée, excédée par un tel comportement et de tels agissements en public. Les élus restaient stoïques, supportant avec cran l'adversité, réagissant avec sang froid tout en réussissant à garder le cap sans se décourager.


Les opposants ont obtenu ce qu'ils souhaitaient : se faire entendre, faire en sorte que l'on parle d'eux.

Il n'y a donc pas eu de "débat" à proprement parlé.

Pour autant, le public ne les a pas plébiscité. Non pas pour leur opinion, synthèses et appréciations (nous sommes en démocratie, chacun à le droit de s'exprimer) mais principalement pour leur attitude (non respect de la parole donnée à autrui), leur méthode (la provocation, l'insinuation) et leur comportement en public (indiscipline, intimidation par le déplacement, gestuelles inconsidérées).


- "Quand on change de vêtement, on change de comportement" -

Frederic Monneyron, universitaire et écrivain français - Extrait du journal Libération.

A méditer.

Notes

[1] mon grand-père, 84 ans, est rentré au CENG en 1956 sur une recommandation de Louis Néel

[2] 5Md€ pour 10 projets ou 2,7 Md€


08

07

2008

Un élu de la municipalité de Grenoble publie son bulletin d'indemnité sur Internet

elu_grenoble Lorsque nous rencontrons une "vieille" connaissance dans la rue que nous n'avons pas vu depuis un certain temps, les premiers échangent s'orientent respectivement sur... la pluie et le beau temps... la situation de la famille et des enfants et surtout... le boulot :

"Et ton boulot alors... comment ça va..? Ça se passe bien ? Tu fais quoi et t'es où maintenant ? (...) Ah oui, je vois, tu as bien fait de changer (...) Tu sais les patrons, moi je connais (...) Alors, si ça gagne mieux, profites-en bien..."

(Sous-entendu, sourire crispé, il a une meilleure situation que moi, ben mince alors, je pensais pas qu'il pouvait...)

Questions récurrentes qui en agacent plus d'un, que le confort professionnel ou la rémunération soient ou non au rendez-vous.


En France, la question de la rémunération est taboue


Contrairement à la culture anglo-saxonne, il est toujours difficile de parler de ses revenus à autrui dans notre pays. Le sujet est relativement banni. Quand je suis allé aux États-Unis et en Angleterre , je me suis rendu compte que les gens avaient plutôt tendance à apprécier la rémunération d'une personne en fonction de ses capacités et sa réussite professionnelle. Sur place, le sujet est accessible : mérite et réussite, chose effective, chose due.

En France, quand une personne signale à une autre qu'elle a un job (une seule activité, un employeur), tout va bien. Mais lorsque qu'elle argumente le fait d'avoir plusieurs activités professionnelles, il arrive que la situation soit parfois mal comprise, voire... suspecte.


Le courage et la transparence d'un élu


Certains choisissent de s'affranchir du contexte et de surpasser les usages.

Chose plutôt très rare de nos jours, un élu local a décidé de publier en toute transparence sur son blog des informations relatives à ses indemnités et ce qu'il perçoit dans le cadre de sa mission à la Mairie de Grenoble.

Jeune élu siégeant à la municipalité de Grenoble depuis environ 4 mois, Stéphane Gemmani est Conseiller municipal délégué à l'Accessibilité, à la Prévention et à la préconisation sociale. Il fait partie d'un groupe de 6 élu(e)s (MODEM) dans la majorité municipale conduite par Michel Destot (PS), député-maire de Grenoble .

Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'élu a choisi la clarté, de jouer la carte de l'objectivité et de repousser certaines limites.

Sur son blog, il s'en explique de la façon suivante : "Face à un certain discrédit fortuitement entretenus vis à vis des responsables politiques (de toutes tendances) je considère qu'il est indispensable d'être totalement transparent sur tout ce qui concerne le financement des campagnes électorales et les indemnités que perçoivent les élus dans l'exercice de leur mandat (...) En ce qui me concerne, les choses sont claires (...) Chaque mois, j'éditerais mon bulletin d'indemnité, et vous tiendrez au courant de mes finances par soucis de transparence".

Notons que c'est l'élu qui décide de publier ses bulletins d'indemnité dans l'exercice de son mandat en direction du grand public. A l'inverse, obtenir le bulletin d'un élu auprès de la collectivité n'est pas une mince affaire : initialement, la requête est souvent mal perçue et l'obtention n'est pas considérée. En Conseil municipal, le maire communique aux minima les "fourchettes" d'indemnités prévues pour les attributions en début de mandat.

Ainsi, l'élu a perçu [1] en avril 2008 la somme net de 1089 euros sur une base de 151 heures en tant qu'"Elu Municipal EM - Conseiller municipal délégué". En mai, 1181 euros. En juin, 850 euros.


L'image et le statut de l'élu(e)


Difficile de faire mieux... en matière de transparence.

Ce qui paraît logique, normal est naturel pour l'élu, c'est de communiquer chaque mois une indemnité... en provenance de l'argent public.

Le geste de l'élu n'est pas anodin.

Entre les commissions, les délégations et détachements, les attributions et autres prérogatives, il faut savoir que de nombreux élus ne sont pas toujours indemnisés à juste titre pour l'ensemble des missions et travaux effectués. Certains ne comptent plus les heures passées pour préparer une courte réunion entérinant une simple décision. D'autres siègent dans des lieux ou commissions dans lesquelles ils ne perçoivent aucune indemnité. Avec parfois toutes les difficultés qui s'imposent, d'autres décident en marge de continuer d'exercer leur principale activité professionnelle.

A mon sens, il y a deux types d'élus : ceux qui ont la possibilité de choisir les missions qui "rapportent" (jusqu'à un certain "plafond" d'indemnité cumulée) et ceux qui choisissent celles qui les intéressent en priorité et par vocation en dehors de tout schéma "pécunier" exigeant.

Une chose est quasi certaine : en matière de rétribution et d'attribution, le statut de l'élu n'est pas très claire.

A commencer par le manque flagrant de communication sur l'ensemble de ses prérogatives, ses indemnités et avantages perçus vis à vis de la population. Elle a tendance à considérer qu'il vit dans dans une bulle financière, une forme de caste où un système de cooptation est de rigueur, où les uns aident et soutiennent les autres, où les passe-droits sont communs. Dans ces conditions, on comprend qu'il est difficile de publier ses indemnités alors même que dans quelques pays d'Europe du nord, la publication fait partie des usages. Et bizarrement, il y a moins de problèmes qu'en France sur le sujet.

En parallèle et pour aller plus loin, il serait souhaitable que l'élu siégeant à la municipalité de Grenoble liste brièvement les missions pour lesquelles il est rétribué (et aussi celles où il ne l'est pas) afin de mieux informer les électeurs et citoyens sur ce qu'il fait : gage complémentaire de reconnaissance, gage supplémentaire de représentation et d'engagement citoyen.

"Vous m'avez élu... désormais, je vous représente... voici donc mes attributions... et les indemnités perçues correspondantes... avec votre argent".

Difficile de faire plus simple ? Et pourtant...

Elu(e)s à la mairie de Grenoble, à la Métro, au Conseil général de l'Isère et consorts...

.... à qui le tour ?

Notes

[1] cliquez sur le montant pour voir le bulletin


17

06

2008

Un car scolaire peut en cacher un autre

bus grenoble Il n'est pas rare que notre quotidien nous réserve une surprise. Celle-ci est plutôt amusante et peut en surprendre plus d'un. A commencer par une directrice d'école, des enseignants et des parents d'élèves.

Lundi 16 juin 2008. Après un week-end chargé et une bonne nuit de sommeil bien méritée , mon fils se lève tranquillement vers 7h, déjeune en famille, se lave et s'habille dans sa chambre.

C'est un grand jour pour lui et tous ses petits camarades de classe. Ils ont la chance et l'opportunité de partir en "classe verte" pendant une semaine à Pont-Saint-Esprit (Gard ), au cœur d'un grand domaine, une bastide provençale aménagée pour accueillir des enfants dans des chambres de 2 ou 3 lits, équipées chacune de salle d'eau et sanitaires individuels. Un confort qui en ferait rêver plus d'un.


Préparer une "classe verte" : le parcours du combattant


Ce voyage de fin d'année est organisé par les enseignants de deux classes de grande section (GS) de maternelle à l'Ecole Bizanet (non loin du Musée de Grenoble).

A les écouter, organiser une "classe verte" est un véritable parcours du combattant. Il faut s'y prendre très très tôt (dès le mois d'octobre ou novembre... pour un séjour en juin).

En plus de s'occuper toute la journée de nos enfants en classe et de la logistique d'organisation du séjour semaine après semaine, le corps enseignant est quasi dans l'obligation de se transformer en gestionnaire avisé, adossé à un profil commercial, pour espérer pouvoir partir un jour ou l'autre avec les enfants. Un voyage qui n'aurait pu se faire et se concrétiser sans la ténacité, la volonté et l'audace des jeunes maîtresses, l'énergie de certains parents d'élèves et le formidable soutien tonique de la directrice de l'Ecole maternelle et primaire.

La tâche est compliquée. Sans eux, rien ne peut se faire.

Partir en "classe verte" en 2008 est plutôt inespéré et ce, pour différentes raisons : demander l'autorisation des parents d'élèves, respecter les normes de sécurité en vigueur en milieu scolaire, gérer l'angoisse naturelle de nombreux parents d'élèves (entre ceux qui n'ont jamais eu l'opportunité d'emmener leur enfant en vacances, ceux qui les surprotègent ou ceux qui évoquent la présence éventuelle d'un maniac sexuel sur place en s'appuyant sur l'information des journaux télévisés...), gérer les tracasseries administratives, courir derrière les subventions et obtenir le financement nécessaire...


Payer des impôts, s'entraider pour pouvoir partir


Ce genre d'opportunité de séjour d'une semaine en "pension complète" pour nos enfants permet de rappeler à tous à quoi peuvent également servir nos contributions et impôts locaux.

Pour deux classes de maternelle (environ 53 enfants), le prix total du séjour avoisine... les 11 000 euros : une somme non négligeable. Une moyenne de 205 euros par enfant (certains parents ont deux enfants dans les classes).

Notons que la Mairie de Grenoble prend tout de même à sa charge près de 34% du montant du séjour. Le Conseil général de l'Isère, 12%. L'Ecole, 2%. Les 52% restant sont entièrement à la charge des parents qui doivent se débrouiller pour régler le solde en fonction du quotient familiale de chacun (entre 55 et 160 euros pour un enfant après subventions).

Certains parents d'élèves ont soulevé des difficultés financières. Pour le corps enseignant, tous les enfants doivent partir, sans condition. Des ventes de gâteaux et de plats préparés à la sortie de l'école ont permis ces dernières semaines de répartir et d'abaisser au final les sommes dues et demandées aux parents d'élèves : des idées, de la volonté et une solidarité active, partagée, indispensable, ont permis à tous les enfants de partir ensemble en séjour.


Embarquement... à destination ?


Le grand moment du départ en "classe verte" arrive. Il est 8h45. Le personnel enseignant invite tous les parents d'élèves, enfants et leurs bagages à se rendre devant l'entrée de l'école pour attendre l'arrivée du car scolaire.

Vers 9h10, un car de couleur vert arrive sur les lieux et se gare. Le chauffeur descend, ouvre les soutes à bagages. Une à une, les enseignantes de chaque classe invite respectivement les parents d'élèves à déposer les bagages dans les soutes et à faire monter les enfants dans le car après une premier pointage. La directrice de l'Ecole est là, s'active avec ferveur et charge à elle seule la moitié des sacs et valises des enfants.

Sur le quai d'embarquement, la joie et l'angoisse se lient sur les visages des parents. A travers les vitres, les enfants s'excitent à l'idée de partir, font gentiment les pitres tandis que d'autres appréhendent la séparation et pleurent dans le car.

Pour clôturer la scène, je profite de l'occasion pour plaisanter avec quelques parents légèrement inquiets de voir partir leurs enfants une semaine durant laquelle toute communication directe est volontairement interdite. Je lance quelques boutades "Eh mais, vous avez vu, les pneus du car à l'avant sont lisses [1] (...) La, c'est bon, regardez, ce car est homologué, on leur met la ceinture à l'intérieur (...) Vous savez que le chauffeur s'est arrêté à l'Ile Verte pour boire un petit blanc avant de venir ?". Rien de tel pour décoincer quelques connaissances.

Juste au moment où le chauffeur ferme les soutes et s'apprête à monter dans le car pour partir à destination, il reçoit un appel sur son mobile.

Visiblement, il y a un problème. Le conducteur s'est trompé d'école.


Un car peut en cacher un autre...


La directrice de l'Ecole, les accompagnateurs et les enseignants n'en reviennent pas. Le chauffeur était prêt à emmener les enfants... je ne sais où. Lui même n'a pas eu le moindre doute au moment d'embarquer des centaines de kilos de bagages dans ses soutes. Sans ce coup de fil, les enfants et leur maîtresse seraient partis... peut être dans le nord...

Pire : les gens se sont rendus compte que le "bon car" n'était finalement toujours pas arrivé sur place. A peine 2 minutes plus tard, le car jaune "TransIsère" du Conseil Général de l'Isère arrivait enfin devant l'Ecole.

Conscient du retard pris sur l'horaire, pour dissimuler au mieux à la fois l'état d'angoisse immédiate des parents et l'incompréhension des enfants qui se voyaient obligé de redescendre du premier car, les parents d'élèves ont formé instinctivement sur le parvis une file indienne entre les deux cars. Chacun faisant rapidement passer la totalité des bagages d'une soute à une autre [2].

En moins de 3 minutes, corps enseignant, bagages et enfants étaient prêt à partir... pour la bonne destination... dans le "bon car".

Sur le moment, hors de toute plaisanterie cette fois, je fais remarquer aux parents que le car jaune "TransIsère" à l'air plus récent que le précédent car vert. Ses pneus sont neufs et crantés.

Aux dernières nouvelles, tout le monde est arrivé à bon port. Il paraît que le domaine est magnifique. Dans le sud, il fait beau : les enfants sont déjà partis se promener dans la campagne.

Volontairement éloignés de leurs parents pendant une semaine, sans contact ni communication directe, ces enfants âgés de 5 et 6 ans vont apprendre à vivre ensemble une expérience unique à la campagne. Vu le prix du séjour, jamais ils n'auraient pu partir sans l'aide de l'Ecole, de son personnel motivé... et le soutien des collectivités.

Notes

[1] effectivement...

[2] en photo, la file indienne des parents... dissimulant leur inquiétude dans l'action


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