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2009

Information locale émergente : GreBlog MonGrenoble dans Le Monde

greblog le monde Dans un article préalablement publié sur le web puis dans son édition papier du 4 novembre 2009, le journal Le Monde évoque le développement et l'émergence de l'information locale en France.

Après avoir interrogé plusieurs acteurs du "web local" choisis pour leurs initiatives respectives dans l'hexagone, le journaliste Xavier Ternisien tente d'analyser leur démarche et de lister les moyens parfois rudimentaires dont ils disposent pour parvenir à relayer ou à produire une information.

En cherchant à publier différents contenus locaux, ces acteurs sont à la recherche d'une audience et/ou d'un modèle économique viable : deux principes... pas totalement antinomiques.


Une échelle hyperlocale segmentée


Dans un article publié dans la rubrique Economie et Medias intitulé "Malgré leurs faibles moyens, de plus en plus de sites Internet tentent de faire émerger l'information locale", le journaliste du Monde relève plusieurs types de sites d'information.

Les sites web dont la principale qualité est de proposer des services et bons plans locaux et dont l'une des principales finalités et d'aboutir à une démarche commerciale.

Les sites d'information "citoyens" [1] qui se proposent de relayer ou de produire des contenus d'information couramment propulsés sur des plateformes de blogs.

Les sites d'information édités et réalisés par des professionnels régulièrement soutenus par des médias régionaux ou nationaux.


Production et rémunération des contenus


Philippe Couve [2], producteur de l'Atelier des Médias souligne la difficulté des médias hyperlocaux à trouver un modèle économique viable et à générer des revenus. "Sur le papier, l'espace est compté et optimisé pour intéresser le plus grand nombre de lecteurs (...) Sur le Web, la place n'est pas limitée (...) Le seul problème est que la production de contenus coûte cher (...) Et les petits annonceurs ne sont pas encore prêts à payer pour un bandeau sur Internet".

Il est vrai que bon nombre de sites d'information locaux vivent principalement de la publicité et qu'ils peinent à attirer des annonceurs "hyperlocaux".

Certains sites n'existent que par la seule volonté d'un groupe de presse d'occuper le marché local avec la volonté intrinsèque d'écarter progressivement d'autres supports médias implantés jouant dans la même catégorie. Sur le web, des rédactions se maintiennent tant que le support papier est capable de les "entretenir". D'autres au contraire, misent sur l'édition web afin d'assurer tant bien que mal le financement du support papier en payant à coup de lance-pierre leurs pigistes ou correspondants locaux.

Mais pour combien de temps encore..?

"J'ai tenté de vendre de la publicité à des annonceurs locaux, mais sans grand succès (...) Ils sont attirés par des médias plus conventionnels (...) Mais je suis persuadé que ça va évoluer" a pu relever le journaliste du Monde après lui avoir accordé une interview dans laquelle je lui signalais avoir été plusieurs fois contacté par des agences de publicité régionales ou des services de communication de collectivités territoriales pour "passer de la pub" sur GreBlog.

Un moyen qui, pour des questions de principe, n'est toujours pas à l'ordre du jour. Mais les choses pourraient évoluer...


Succès d'audience


Pour reprendre la segmentation développée plus haut par Xavier Ternisien, tous les blogueurs "locaux" ne sont pas tous en quête de rémunération mais ils y pensent... un jour ou l'autre. En dehors de l'adoption du schéma publicitaire "classique" inhérent à la profession et aux médias traditionnels, nombreux sont les blogueurs qui ont tenté de déceler différentes opportunités permettant de dégager des revenus... avec plus ou moins de succès.

En attendant, "L'information locale est au moins un succès d'audience" comme le souligne très justement le journaliste du Monde.


Pour aller plus loin, dans le même quotidien national :

Lire le précédent article du Monde du 9 juillet 2008 "Des médias au plus près des villes et des quartiers" faisant référence à GreBlog.

Lire l'article du Monde du 4 novembre 2009 "Malgré leurs faibles moyens, de plus en plus de sites Internet tentent de faire émerger l'information locale".

Retrouver également mon retour d'expérience publié dans l'ouvrage professionnel "Blog territoriaux, réseaux sociaux et nouveaux enjeux du web 2.0 pour les collectivités" (Franck Confino - éditions Territorial, 2009) en direction des cadres territoriaux.

Notes

[1] terme employé par les médias qui reprennent souvent cette expression employée par des blogueurs locaux à la recherche d'une identification, d'une différenciation ou d'une revendication particulière liée à l'expression libre et aux usages démocratiques

[2] interview GreBlog pour Radio France Internationale en 2007


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02

2009

Rencontre journalistes - syndicats au Club de la presse et des médias de Grenoble et de l'Isère

club presse 38 snj Le 18 février 2009, le Club de la Presse et des Médias 38 (association regroupant un panel représentatif de médias locaux, de directions de la communication d’organismes ou d’entreprises et des agences de conseil du département) organisait une rencontre-débat avec des journalistes sous la direction de Jacques-Marie Francillon, Président du Club en présence d'Emmanuel Saint-Bonnet, représentant du syndicat SNJ [1] et de Marc Greiner, représentant FO.

Face à une dizaine de journalistes présents au Tonneau de Diogène à Grenoble, les principaux intervenants ont souhaité tour à tour évoquer la crise de la presse en France au niveau de la PQR [2], de la PQN et levé un premier bilan des Etats Généraux de la presse écrite.

A travers leurs analyses, les représentants ont abordé les rapports qu'entretiennent principalement les journalistes avec leur direction et dressé un portrait constat de leur profession.


Les Etats Généraux de la presse écrite


Les Etats Généraux de la presse avaient pour objectif d'élaborer un nième diagnostic sur l'état de la presse écrite en France, de discuter et de dégager des solutions pour y remédier en réunissant des acteurs de la profession au sein de quatre pôles de réflexion.

Quel avenir pour les métiers du journalisme ? - Imprimer, transporter, distribuer, financer : comment régénérer le processus industriel de la presse écrite ? - Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ? - Presse et société : comment répondre aux attentes des lecteurs et des citoyens ?

A l'issue de ces Etats Généraux de la presse, les différentes recommandations des principaux groupes de travail ont été publiées le 8 janvier 2009 dans un "livre vert" (le télécharger). Le 20 janvier 2009, les Assises du Journalisme ont élaboré 14 propositions "pour le droit de chacun à une information de qualité".


Des "Etats Généraux des patrons de presse" ?


Marc Greiner, photographe au Dauphiné Libéré souligne que son syndicat (FO) a assez mal vécu l'organisation de ses Etats Généraux de la presse. Selon lui, trop peu de journalistes ont été invités à participer à ces assises. Il estime à 12% le taux de syndicalisation des journalistes en France. Bien que ce taux soit faible et plus élevé en comparaison avec d'autres secteurs d'activités, il souligne que la profession a été peu écoutée et entendue.

"On s'est retiré d'entrée (...) On sait pertinemment que c'était mettre en musique uniquement les propositions patronales (...) Les syndicats de journalistes malheureusement ne pèsent pas grand chose dans les journaux en terme de position de blocage vis à vis du patronat (...) Le jour où le livre sera vraiment atteint, il y aura une atteinte en règle de nos acquis sociaux, de nos conventions collectives, de la déontologie (...) Actuellement, il y a une sorte de dynamique patronale, une sorte de pacte de non agression sur les journalistes du DL parce qu'il y a encore des syndicats du livre qui tiennent la route" explique le représentant FO.

Marc Grenier constate aujourd'hui que les jeunes journalistes ont beaucoup de mal à se syndiquer. Ces derniers ne se sont pas vraiment intéressés aux Etats Généraux de la presse. "Ils ne s'intéressent qu'à leur gamelle (...) Les directions successives les ont tellement affamé qu'ils sont prêts à plus se mobiliser pour des questions de salaire maintenant" revendique le photographe.


Le dilemme de la double loyauté


Pour Emmanuel Saint-Bonnet, rédacteur au Dauphiné Libéré, fondateur d'AtlasPol, ces Etats Généraux de la presse sont des "Etats Généraux des patrons de presse". D'après lui, les journalistes sont "un petit peu dans ce que les pédopsychiatres appellent un conflit de loyauté".

Un journaliste qui travaille dans la PQR est désormais confronté à une "double loyauté" déséquilibrée : celle envers son entreprise qui cherche à diversifier ses contenus au coeur d'une logique économique qui s'éloigne des "clients" [3] et celle envers les lecteurs pour lesquels il est de plus en plus difficile d'offrir une information fiable et de qualité.

La distorsion est de plus en plus importante avec les directions d'entreprises. Les journalistes sont attaqués sur leur garantie d'indépendance, souvent financière. "Quand on fait un texte, une mise en page, un reportage, on a une responsabilité morale (...) On est de plus en plus attaqué sur nos droits d'auteur, sur la clause de cession" [4] argumente le journaliste.

Les principaux intervenants soulignent que les journalistes du Dauphiné Libéré (le DL appartient au groupe EBRA - Est, Bourgogne, Rhône-Alpes : détenu par l'Est Républicain 51%, Crédit Mutuel 49% - actuellement en difficulté selon L'AFP, affaire GHM/EBRA) sont régulièrement soumis à des pressions au quotidien. Pressions au niveau des accords internes, sur la cession des droits d'auteur ou sur la sauvegarde de leur indépendance vis à vis de leurs sources d'information.


Une presse "sous perfusion"


En France, les grands titres sont encore bien protégés.

La presse écrite survit sous perfusion en partie grâce aux aides à la diffusion, de l'Etat et de l'Europe. "Si on était dans un système libéral à l'américaine, on aurait plus que deux quotidiens en France, La Croix et Le Parisien" souligne Emmanuel Saint-Bonnet.

"Il faut savoir aussi qu'il y a un énorme problème économique dans la presse (...) Si les patrons sont aussi agressifs, c'est qu'ils ont aussi les actionnaires qui sont derrière eux (...) Il faut pas se leurrer, la profession va être sinistrée parce que c'est une profession individualiste (...) A la limite, on fait un combat d'arrière garde" explique Marc Greiner.

Face à l'urgence de la crise économique de la presse, l'Etat prévoit un plan d'aide de près de 600 M€ sur trois ans.


Une logique d'entreprise


L'un des intervenants évoque le positionnement interne des entreprises de média. La grande majorité des groupes qui rachètent à tour de bras ces entreprises pour la plupart ne connaissent pas le métier, découvrent la représentation, le dialogue social et les méthodes de travail.

"On est plus face à des gens qui connaissent la presse (...) Ils sont dans la 8ème dimension, ils découvrent le dialogue social, la façon de travailler et le métier (...) Le paysage est sur la chute des ventes, de la publicité (...) Ils deviennent agressifs parce que économiquement, ils ont du mal à tenir (...) Ce qui se passe par exemple au Républicain Lorrain le matin en conférence de rédaction, ce sont les chefs des ventes qui arrivent et c'est eux qui donnent les sujets (...) C'est plus les journalistes qui décident parce qu'il y a une logique d'entreprise" explique l'intervenant.

Dans une logique de mutualisation des moyens et des effectifs, la concentration des médias au sein des grands groupes a pour effet de limiter l'indépendance des titres et celle des journalistes. Loin de jouer la carte de la pluralité, ce regroupement contraint les entreprises de presse à proposer au lecteur plusieurs fois le même sujet traité sur des supports différents, conduisant à une dispersion des audiences entre titres et supports.

L'une des principales revendications évoquées lors des Etats Généraux de la presse porte sur la fameuse "charte de déontologie" et l'opportunité de l'inscrire dans une convention collective. Il s'agit d'une avancé qui permettrait de reconnaître et donner un statut juridique aux rédactions et à la profession. Laurent Joffrin , Directeur de publication de Libération rencontré lors du dernier Forum Libération à Grenoble évoquait pleinement les mêmes attentes.


Un constat accablant


Les principaux intervenants du pôle "Le choc Internet : quels modèles pour la presse écrite ?" ont dressé un diagnostic de la situation de la presse en France et dans le monde.

Le constat détaillé dans le "Livre vert" des EGP disponible ici. est accablant.

Ce que l'on peut lire et retenir :

L’offre globale de médias augmente plus vite que leur consommation et les annonceurs poursuivent leur retrait et s'installe dans une croissance négative. La hausse de la consommation de médias va de pair en France avec une dispersion des audiences entre titres et supports. La presse imprimée est une dépense mineure dans le budget d’un ménage français. Le gros consommateur de médias écrits ne se cantonne pas, en France, à un support unique. Le média Internet continue de croître en France, en pénétration et en utilisation. La recette publicitaire tirée d’un visiteur unique est vingt fois moindre que celle d’un lecteur. Google est au cœur des sessions sur Internet et sa vente de publicité en tire parti...


Une autre vision, un autre modèle


Lors de cette rencontre-débat fort intéressante, la place du lecteur, de l'auditeur ou du téléspectateur a très peu été évoquée, voir oubliée. Pourtant, c'est lui qui consomme du média, c'est lui qui est au coeur des stratégies d'audience, c'est pour lui que les médias ont une raison d'exister.

Les journalistes sont en droit de s'interroger sur l'indépendance et la crédibilité de la profession au coeur d'un système économique vacillant, d'un métier qui finalement, à du mal à appréhender les changements et bouleversement du secteur, qui ne parvient que partiellement à se remettre en cause.

Après la révolution numérique, le papier devra faire la sienne.

Ce n'est pas le papier qui risque de disparaître, c'est son usage qui est remis en cause face aux nouveaux comportements et la pluralité des nouveaux moyens de consommation de l'information.

Petit à petit, l'information n'est plus le récipient de la pub.

Le prochain défi du papier porte sur son adaptation [5].

Il doit devenir un complément attrayant et séduisant, un "+" vis à vis des nouveaux supports. Il doit servir à présenter une personnalisation des contenus de presse écrite, loin de la diffusion de masse qui engendre des coûts de production hallucinants. Progressivement, le support papier doit basculer pour devenir un complément, un supplément du web qui lui reste accessible à tout moment, en temps réel.

Les Etats Généraux de la presse ont permis de rassembler un certain nombre d'acteurs autour de la table, de dresser un constat alarmant de l'état de la presse écrite en général, de saupoudrer d'aides un secteur d'activité qui n'a plus vraiment les moyens de financer une production d'information basée sur un vieux modèle économique déjà enrayé.

Ils n'ont pas permis de résoudre les problèmes de fond : ceux de la profession, ceux du secteur.

A lire également : le compte-rendu de séance réalisé par le Club de la presse 38.

Notes

[1] Syndicat national des journalistes

[2] Presse Quotidienne Régionale, Presse Quotidienne Nationale

[3] lecteur potentiel

[4] condition de départ avec système de rétribution financière

[5] A lire : "La fin des journaux et l'avenir de l'information" - Bernard Poulet, Rédacteur en chef à l'expansion, vient de paraître


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01

2009

Pigé Magazine - PigeMag - navigue dans la blogosphère Grenobloise

pige magazine grenoble Pigé Magazine (PigeMag) est le journal d'information des étudiants du Master Journalisme de l’IEP (IEPG - Sciences Po Grenoble).

Ce semestriel de 32 pages tout en couleur tiré à plus de 3000 exemplaires est principalement distribué à l'Institut d'études politiques de Grenoble, sur le campus et dans le centre-ville de Grenoble.

Ce magazine propulsé par des étudiants aborde de nombreux dossiers d'actualités, propose des reportages sur le terrain, traite de sujets politiques, publie des interviews au fil des rencontres. Son format donne tout simplement envie de le parcourir, de le lire. Sans compter la qualité au toucher de son papier et l'aération de sa grille de lecture.

Sur le fond, Pigé Magazine propose des sujets qui ont souvent été traités par d'autres médias en prenant soin d'analyser un contexte, de relever une situation et de raconter une histoire. On peut toutefois regretter l'absence relative de sujets liés au cursus et à la formation des étudiants, à l'avenir de leur métier, aux pratiques journalistiques et à l'évolution des médias en général.


PigéWeb : un panorama du web Grenoblois


Dans son numéro 7 paru mi-décembre 2008, le magazine propose désormais à ses lecteurs une nouvelle rubrique qui dresse un panorama du web Grenoblois. Le journal propulsé en ligne sur Pigemag.com a choisi pour la rentrée 2009 de se plonger dans la blogosphère locale et de faire remonter des blogs "qui valent en tout cas le détour !" selon PigéMag.


Une sélection de blogs issus de la blogosphère Grenobloise


Cinq blogs ont été sélectionnés par la rédaction du journal.

L'occasion est donnée pour exprimer un mon avis et vous faire découvrir d'autres blogs sur le même thème (recommandations).


Grenoble Daily Photo


Gaëlle Brunet est photographe professionnelle. Depuis 2007, elle publie chaque jour une photo qui reflète sa vision de Grenoble sous un angle personnel et insolite. Grenobledailyphoto fait partie du réseau international City Daily Photo initialement lancé par Eric Tenin [1] (Parisdailyphoto). Le blog de Gaëlle est parsemé de courtes réactions spontanées. En choisissant d'écrire principalement en anglais, "Bleeding Orange" a su attirer un public hétéroclite et consolider une communauté d'internautes passionnés par ses clichés.


Point fort : regard artistique, appuyé et esthétique sur ce que nous voyons et ne voyons pas à Grenoble.

Point faible : peu d'explications sur le regard de l'artiste. Participations subjectives, tournées vers le compliment.

Autre blog à découvrir sur le même thème : Shandara.net (photos d'une Canadienne à Grenoble, de retour au canada : archives).


Bmol


Bmol est le blog des bibliothécaires musicaux de la Ville de Grenoble . Depuis un peu plus d'un an maintenant, une vingtaine de rédacteurs vous proposent régulièrement de consulter des collections et des animations liées à la musique dans les Bibliothèques municipales de Grenoble. Côté support, Bmol se veut interactif et "réactif à la scène locale". Le blog propose de nombreux services. Il met en avant des archives sonores, sélectionne des nouveautés musicales, publie des extraits de concerts et tente d'interagir avec le public et ses adhérents.


Point fort : l'équipe de rédaction, le catalogue, le services d'écoute, les contenus objectifs.

Point faible : l'agencement et l'organisation des contenus, la grille de lecture.

Autre blog à découvrir sur le même thème : La bibliothèque apprivoisée (débat sur la bibliothèque 2.0 et ses expériences).


Michel Destot


Le blog du député-maire de Grenoble est plutôt atypique dans la blogosphère Grenobloise. Les publications de son carnet de bord sont partagées entre son désir de mettre en avant ses passions, ses convictions personnelles, son engagement politique et son implication dans les dossiers locaux et sur le plan national. Un mélange vivant de contenu non subordonné. Michel Destot a compris l'intérêt de publier du contenu en s'adressant directement à ses concitoyens. Un exercice qui lui permet quelque peu de s'affranchir des médias traditionnels [2].


Point fort : une mise en avant de la personnalité : regard, humeur, sentiments, liberté de ton...

Point faible : une absence de participation, de commentaires. Une présentation graphique "vieillotte", "has been".

Autre blog à découvrir sur le même thème : Stéphane Gemmani (un Conseiller municipal de Grenoble, coups de gueule et liberté de ton).


Skipass


Le blog de Skipass, 1er site francophone consacré aux sports d'hiver, est tenu par les "chefs" et responsables du magazine en ligne. En ce début de saison froide et tout au long de l'année, on y trouve de l'actualité toute fraîche sur les sports de neige, un panel d'informations pratiques et réactives, une myriade de bons plans pour tous les passionnés ou amateurs de glisse. Le support est accompagné de photos et vidéos qui ne passent pas inaperçus. Le ton du blog est volontairement accrocheur, libre et dissocié de celui du site principal.


Points fort : l'équipe de rédaction, les bons plans, une liberté de ton et de décontraction.

Points faible : égocentré, un excès de chiffres et de démonstrations.

Autre blog à découvrir sur le même thème : Manuturlututu (un Grenoblois passionné de montagne, des sommets, de randos...).


GreBlog MonGrenoble


Selon le magazine PigéMag, "Impossible de ne pas connaître GreBlog MonGrenoble lorsqu'on vit dans la capitale des Alpes (...) Moins de trois ans après sa création, son auteur a réussi à faire de GreBlog le principal blog d'information de la région (...) présent au même titre que les journalistes". [3].


Point fort : "est considéré (...) comme un média à part entière" selon PigéMag.

Point faible : fait tout... tout seul [4].

Notes

[1] que je rencontre parfois lors d'évènements "Blogs" dans l'hexagone

[2] annonce de sa candidature de 2008 sur son blog

[3] je rajouterai simplement... blog d'information locale ou blog hyperlocal :-)

[4] ce qui est à la fois un handicap et une formidable opportunité


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01

2009

Déjeuner annuel avec les médias locaux, voeux à la presse avec Michel Destot : bilan 2008, état du PS, perspective 2009 et JO 2018

voeux presse grenoble 2009 A l'occasion de la nouvelle année, Michel Destot, député-maire de Grenoble conviait les médias locaux à une rencontre autour d'un déjeuner dans le cadre des traditionnels voeux à la presse.

Jeudi 15 janvier 2009 à 12h30, une trentaine de journalistes étaient invités [1] à l'Hôtel Mercure Alpotel Grenoble Centre pour échanger autour des priorités politiques actuelles de l'équipe municipale et des enjeux nationaux.

Pour la troisième année consécutive, j'étais invité [2].

Contrairement à l'an passé, l'ambiance cette année était beaucoup plus détendue. Il faut dire qu'en 2008, nous étions en pleine période électorale. Lors des vœux 2008, le maire paraissait fatigué par le rythme imposé par la bataille des municipales et n'avait pas toujours souhaité répondre à toutes les sollicitations des journalistes... arcane de campagne oblige.


Satisfaction du maire, bilan de l'année 2008


Devant les médias locaux, Michel Destot entame un long discours. En introduction, il choisit de revenir sur les principaux évènements qui ont marqué selon lui l'année 2008.

A commencer naturellement par sa réélection sur laquelle il ne s'attarde pas. Rapidement, il fait une allusion sur le "plan campus" et les pôles universitaires Grenoblois, l'enseignement supérieur et le projet de Presqu'île scientifique. Il souligne avec enthousiasme l'accession du GF38. "Il a fallu attendre 45 ans pour la ligue 1 (...) On a fait encore la démonstration que l'offre sportive était justifiée (...) Un stade moderne et emblématique en plein cœur de la ville, source de rassemblement, source de nuisances moindres avec un bilan carbone qui est un des meilleurs en France".

Le maire de Grenoble continue sa revue. "Je passe rapidement sur les prix (...) 1er prix Santé, Petite Enfance, plan étudiant, label 5 arobases Internet, prix de la presse municipale, victoire du hockey et le retour de nos athlètes des JO de Pékin (...) Mais maintenant il va falloir affronter la crise (...) et cette incapacité du Monde à se gouverner lui-même" signale Michel Destot.


Retour sur l'état du monde en 2009


Le maire revient sur le conflit Israélo-Arabe. "La création de l'Etat d'Israël a été l'une des plus belles décisions de la communauté internationale (...) Aujourd'hui, il faut qu'elle décide qu'il y ait sur la carte du monde deux Etats viables, Israélien et Palestinien et qu'elle l'impose au monde entier, c'est la condition même de la survie de l'humanité (...) J'a vu à Grenoble les représentants des communautés et pour l'instant, les choses sont fragiles" explique le premier magistrat de la ville.

Sur la crise économique et sociale actuelle, le maire de Grenoble condamne fermement les spéculateurs financiers, "Ces gens qui se disent banquiers et qui risquent le fric des autres et jamais le leur (...) Il faut que le métier de banquier devienne un métier modeste (...) Il faut qu'on réhabilite dans le monde entier les métiers de chercheurs, d'ingénieurs et d'entrepreneurs". Pour Michel Destot, le 20è siècle fut le siècle des Etats-Nations. Le 21è siècle devra être celui du monde et des villes en raison des phénomènes d'urbanisation et de concentration des développements, sources d'impulsions au niveau national. Il est donc important de renforcer les moyens de leur émancipation.

Au niveau local, le député-maire estime "qu'il serait complètement fou de se retirer des projets et de baisser l'investissement en période de crise (...) Tout le monde peut comprendre quand 73% des investissements publics dans notre pays relèvent des collectivités locales (...) Une augmentation d'impôts, ça ne fait pas plaisir, mais la solidarité c'est aussi un effort pour ceux qui gagnent plus que les autres".


Les JO de 2018 à Grenoble, "se déplacer sans carbone"


Le maire souligne que Grenoble est la ville la plus jeune de France. Son offre sportive est la plus diversifiée en tenant compte du grand nombre de pratiquants. Pour lui, aucune autre ville sur la planète n'est plus représentative de l'idéal olympique, du sport, de la culture et de la jeunesse pour accueillir les JO... au coeur du plus grand massif le plus aménagé du monde.

"Je ne sais pas si je serai encore maire dans beaucoup de temps, je ne sais pas si je me présenterai à d'autres élections mais en tout cas, de la même façon que pour le stade, après toutes ces emmerdes, quand on a fini de le faire et quand on voit aujourd'hui le bonheur que c'est (...) me dire qu'à une échelle cent fois plus importante, on sera capable d'organiser en 2018 ce rassemblement mondial (...) et bien j'espère que je ne serai pas le seul à être heureux" explique Michel Destot.

Quelques précisions sont apportées concernant l'emplacement et la gestion de certains sites olympiques inscrits dans la candidature de "Grenoble - Isère 2018" [3] .

Une restructuration adaptée de l'anneau de vitesse est prévue. Une grande toile le recouvrera durant les épreuves olympiques de sports de glace. Un projet de 3500 chambres du côté du village olympique (converties plus tard en logements). Le centre de presse et de communication côté Alpexpo.

Le cahier des charges olympique demande à ce qu'il y ait le moins de déplacements possibles entre les sites. Au niveau du développement durable sur les JO, Michel Destot évoque une partie sensible du dossier. "Nous avons un concept pour l'organisation des Jeux, c'est de pouvoir se rendre sur tous les sites... sans carbone".

Sans doute une forte allusion à des déplacements... par câbles.

Le maire revient sur la candidature de Grenoble aux JO de 2018. "Je pense qu'on a des chances non nulles de sortir le 18 mars avec une candidature française, c'est pas gagné, loin s'en faut (...) Si on l'a pas, on sera extrêmement déçu (...) On continuera quand même à porter une candidature en 2015 pour 2022".


Evocation de l'état du PS sur le plan national


"C'est vraiment pas facile (...) pas simplement parce qu'on a à la tête de l'Etat quelqu'un qui a un tempérament et une personnalité, une stratégie hyper présidentielle mais parce qu'il y a au fond en période de crise un écho dans la population à se resserrer sur le Président de la République au niveau national et sur le Maire au niveau local" explique Michel Destot.

Il évoque la difficulté pour son parti à concilier la tradition du PS avec l'évolution présidentielle et la perception des militants lors de l'élection du Premier Secrétaire du Parti Socialiste, déterminés à connaître leur poulain présidentiel au lieu de s'attarder sur le fond des motions et des engagements. "Au Parti Socialiste, on doit résoudre la double équation présidentielle et de l'orientation qui ne peut être que réformiste, clairement social-démocrate (...) Martine, c'est une bosseuse (...) Avec elle, ce n'est pas l'assurance tout risque mais on a la possibilité de faire avancer le parti pour trancher sur les orientations" explique le député-maire.


Rapport et relation avec les médias locaux


Le maire de Grenoble conclut son discours en s'adressant aux médias locaux présents autour de la table. L'attention est palpable.

"L'espoir vient de comprendre ce qui nous arrive (...) Décrypter les situations compliquées au niveau local et national, c'est votre job (...) Vous le faites bien, dès fois pas très bien un peu comme nous (...) Il y a un truc que je ne supporte pas, c'est l'hypocrisie (...) On peut être mal compris sur des sujets mais je suis révolté quand il y a des menaces portées sur la capacité des médias à faire leur boulot (...) Je serai donc toujours à vos côtés y compris quand je suis sévèrement critiqué" explique Michel Destot.


Il va de soi que ce genre de rendez-vous traditionnel avec les médias est l'opportunité pour le maire de dresser un bilan de sa politique et de remettre un peu d'ordre à travers les sujets traités.

Curieusement, par principe ou réticence, les journalistes hésitent globalement à poser de nombreuses questions au premier magistrat de la ville. Pourtant, l'occasion est propice. N'oublions pas que les journalistes eux-mêmes, ont parfois du mal à s'exposer lorsqu'ils sont ensemble...

Notes

[1] sur invitation

[2] un blogueur local considéré comme journaliste ? :-)

[3] nouveau site web Grenoble JO 2018


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09

2008

2ème Forum Libération à Grenoble : ambiance et impressions de fin

forum liberation grenoble Cette année une fois encore, je me suis organisé pour me rendre au 2ème Forum Libération à la MC2.

Comme l’an passé, lors de la première édition, j’ai pu obtenir un « pass » me permettant d’accéder à tout moment à tous les débats afin de choisir ceux qui, à priori, suscitaient mon intérêt et retenaient toute mon attention [1].

Contrairement à l'an passé, la seconde édition du Forum Libération fut marquée par une impressionnante fluidité en matière de déplacement au sein de la MC2. A première vue, en entrant dans le complexe culturel de la ville de Grenoble, on pouvait s'attendre à ce qu'il y ait moins de monde cette année. Erreur.

Dès les premiers regards, pratiquement aucune file d'attente à l'entrée des salles, même au moment où, en raison de l'arrivée de personnalités très attendues, on pouvait s'attendre à quelques débordements. Cette année, le public a choisi d'arriver tôt, occupant et remplissant rapidement les différentes salles alors même que l'arrivée tardive de certains orateurs décalait d'autant le bon déroulement de certains débats.


Assouplissement de l'accès au Forum MC2 Libération


Contrairement à l'an passé, l'accès au Forum Libération fut... assoupli.

Le déploiement des forces de l'ordre fut cette année... plutôt discret. L'objectif étant de ne pas réitérer les erreurs du passé, notamment en matière de filtrage des personnes à l'entrée de la MC2.

Bien présent, le service de sécurité contrôlait avec tact et minutie les entrants, public et personnels accrédités.

De mon côté, je portais un sac avec à l'intérieur, une pochette, un carnet de note, quelques feuilles volatiles, des clés, un PC portable, un appareil photo numérique, quelques cartes mémoires, un médiaphone et son trépied nomade.

Le premier jour, l’un des agents de la sécurité découvre une pomme dans mon sac. Je suis naturellement autorisé à entrer dans le complexe culturel... mais sans la pomme (objet identifié comme dangereux, selon la sécurité... direction…poubelle : à méditer). Même indication pour les possesseurs éventuels de bouteille d’eau plastique ou verre, trousse d'étudiant contenant des ciseaux…


Le Forum Libération : une opportunité pour s'informer


A mon sens, le Forum Libération est une formidable opportunité pour venir se divertir, s’informer, rencontrer des élus et responsables locaux, des journalistes, des personnalités et acteurs de premier plan reconnus pour leur expertise et leur regard aiguisé sur le plan national et international.

Pour certains, le Forum Libération n’est qu’une parodie de démocratie participative. Un lieu de « bla bla » sans fin, dont l'une des finalités est d’instrumentaliser les masses ou de colorier une page médiatique.

Pour d’autres, Le Forum Libération entrouvre les consciences, développe et encourage la réflexion, balaye les idées reçues, soulève les contradictions, révèle les oppositions ou conforte les certitudes de chacun à l’écoute des nombreux intervenants et débatteurs.

Je fais partie de cette dernière catégorie.


Le Forum Libération : une agora populaire locale


Durant trois jours, le public à la liberté de choisir les thèmes et débats qui lui tiennent à cœur. Dans les couloirs, dans les artères du complexe culturel, les gens dialoguent entre eux, entretiennent et continuent des conversations, confrontent à chaud leurs idées, récusent ou partagent ouvertement le discours ou les petites phrases des débatteurs.

Le Forum répond aux attentes des Grenoblois. Il devient une agora populaire locale.

Selon le journal Libération cette année, ils étaient près de 20 000 à se déplacer, soit 5 000 participants de plus par rapport à la première édition en 2007.

Cette année, le programme des débats fut sujet à des modifications de dernières minutes : absence de certains intervenants au dernier moment, changement d'horaires ou de salles. Ces légères perturbations n'ont pas empêché le public de prendre possession des lieux et du plaisir à "venir concocter" son parcours initiatique.

Parallèlement, j'ai été surpris par le nombre de personnes adossées au rayon librairie : visiblement, beaucoup se sont penchées sur les ouvrages des intervenants pour parfaire leur connaissance sur des thèmes abordés en séance.

En majorité, les nouvelles consignes furent respectées : le public a pu davantage s'exprimer et interpeller les débatteurs. Les temps de parole ont été beaucoup plus nombreux, ce qui permettait à la fois d'équilibrer ou d'accentuer la participation lors de débats houleux. Et il y en a eu...


Quelques reproches et réactions


Face au succès rencontré l'an passé et cette année, le Forum Libération devrait perdurer et continuer d'exister à Grenoble du moins, en 2009 (lire mon précédent billet sur la présentation et les objectifs de ce forum).

Malgré tout, il est souhaitable à certains égard de revoir et repenser un peu l'organisation.

Nombreuses sont les personnes qui sont restées longuement devant les panneaux d'affichages en train de se demander quels débats étaient susceptibles de les intéresser sur une même tranche horaire.

L'hésitation et la frustration du public était perseptible. Difficile de choisir ou de sélectionner un débat parmi les six proposés quand on découvre au même moment les interventions de François Hollande, Nathalie Kosciusko-Morizet, Martin Hirsch, Didier Migaud, Eric Woerth ou Alain Lipietz sur une même grille horaire et dans des salles différentes.

Sur trois jours, le nombre de débats est trop élevé. La répartition et la synchronisation des débats est à mon sens, à revoir. De plus, les deux heures de pause entre le matin et l'après midi (13h >15h) n'incitent pas toujours le public à rester sur place l'après-midi. Aucun débat en soirée pour ceux qui ne peuvent y assister en journée pour raison professionnel.

Il manque à cet évènement la mise en place d'ateliers à thème ou de lieux permettant d'accueillir un public à la recherche d'explications ou de démonstrations en rapport avec les sujets débattus. Des endroits plus confinés, où l'on aurait le temps de découvrir l'autre, de discuter avec des spécialistes. Des stands d'initiation à la géopolitique par exemple, d'animation... sans oublier peut être, un petit coin garderie d'enfants, le temps pour un couple, d'apprécier un débat...

En attendant, la MC2 est un lieu adéquate pour accueillir... la 3ème édition du Forum Libération en 2009. Et je dis tout simplement... vivement l'année prochaine.

Notes

[1] je remercie Libération, MC2 et la Ville de Grenoble


05

09

2008

2ème Forum Libération à Grenoble "Un nouveau Monde". Le programme, les détails...

forum liberation grenoble - 20/09 : maj : annulation, débats, personnalités, horaires -


Jeudi 4 septembre, je me suis rendu à la conférence de presse de présentation du 2ème Forum Libération qui se tiendra pour la seconde fois à Grenoble (MC2) du 19 au 21 septembre 2008, et qui aura pour thème principal : "Un nouveau Monde : Mondialisation, Environnement, Europe".

Michel Orier, directeur de la MC2 et Max Armanet, directeur du développement du journal Libération ont tour à tour défini le positionnement de la seconde édition qui traitera des différentes crises qui se révèlent être un véritable défi mondial en abordant la crise environnementale, financière, alimentaire, énergétique, politique et autres...

Au cours des échanges [1], Max Armanet a préalablement annoncé une troisième session à Grenoble en 2009. "Nous restons en contact avec des gens que nous n'avons pas pu invité cette année et nous espérons qu'ils viendront l'an prochain" explique le directeur du développement de Libé.


Démarche, positionnement et objectifs du Forum Libération


La démarche, le positionnement et les objectifs restent sensiblement similaires à la première édition de 2007 [2].

"Notre volonté est de ne surtout pas faire le Forum Libération à Paris, on veut éviter le parisianisme (...) Nous voulons créer une dynamique pour tenter de casser les incertitudes ou conforter les certitudes des gens (...) Nous voulons que le Forum soit un atelier de création, de débats, à la fois sur le papier et sur le web (...) Libération n'est pas propriétaire des propos tenus durant les débats (...) On a aucune ambition encyclopédique et je rappelle que la formule reste unique en Europe (...) Libé pose des questions et invitent les gens qui n'ont pas les mêmes opinions et il faut se réjouir que des gens ne pensent pas comme nous (...) Mais il y a des personnes qu'on inviterait pas parce qu'elles sont sorties du jeu démocratique" signale Max Armanet.

Quand au thème plutôt "extensible" choisi cette année par l'équipe du journal, ce dernier revient sur la nécessité "d'emboîter" la question de la mondialisation, de l'environnement et de l'Europe pour décrypter les enjeux actuels et à venir. Sur la question, Max Armanet déclare "Traiter l'environnement, ce n'est pas un problème de jardinier, c'est un problème citoyen".


Libération et la crise de la presse


Pour entamer une première approche des "Etats généraux de la presse" proposés par Nicolas Sarkozy, destinés à trouver des solutions aux problèmes économiques du secteur (prévus avant décembre), Libération annonce la venue surprise d'Emmanuelle Mignon, ancienne directrice de cabinet du Président de la République et actuelle conseillère à l'Elysée, chargée de les organiser.

Le sujet de la presse reste animé. "A Libé, il reste 130 journalistes (...) Comme vous le savez, on a un positionnement de gauche (...) On vient de vivre une période mouvementée, notamment il y a 2 ans, maintenant, on est dans le mouvement (...) On essaye d'inventer ce que peut être un média, on continue constamment de se remettre en cause, en réinventant des formats (...) On est dans un potentiel génétique de rénovation (...) Des la fin septembre, on va monter en puissance sur le web" explique Max Armanet.


Organisation du Forum Libération


Le directeur de développement de Libération avoue qu'il aimerait à terme, organiser le Forum Libération et les débats avec ses lecteurs. Ce qui demande un travail conséquent en amont.

Une cinquantaine de débats se succéderont du vendredi 19 au dimanche 21 septembre 2008 à la MC2, en moyenne de 9h30 à 18h30. Les débats dureront 90 mn. Cette année, Libération et MC2 souhaitent dégager plus de temps (environ 30 mn) pour permettre au public de poser ses questions aux personnalités invitées à débattre dans les différentes salles du complexe culturel. A ce sujet, Max Armanet explique "L'an passé, on sait aperçu que le public avait beaucoup de choses à dire (...) Cette année, on a fait un plus gros travail de briefing auprès des modérateurs pour mener à bien les débats".

Cette année, de nouveaux partenaires font leur entrée, notamment de nouveaux acteurs locaux (Université, Science-po Grenoble...). Jéremie Joubert, Chargé de Promotion à TéléGrenoble, m'indique que la chaîne locale (qui par ailleurs, vient d'annoncer une nouvelle progression constante de son audience), sera le relais des chaînes thématiques LCP AN et ARTE pour une diffusion des débats en direct et en différé.

L'accès est libre au public. Il est nécessaire de réserver ses places auprès de la MC2 à partir du 9 septembre 2008, sur son site web ou directement sur place aux guichets, du mardi au vendredi de 12h30 à 19h, et le samedi de 14h à 19h. Attention, par expérience, l'an dernier, tout le monde n'a pas pu rentrer à sa guise (vigilance et vérification à l'entrée, sécurité, RG...).


Programme du Forum Libération et dernières minutes


Ci-dessous, la liste des personnalités, des horaires et des débats. Mise à jour régulière, au fur et à mesure.



Forum Libération - Vendredi 19 septembre 2008



10h00 - 11h00 :

Ouverture du Forum Libération 2

Laurent Joffrin, PDG de Libération.
Michel Orier, Directeur de la MC2 : Grenoble.
Max Armanet, Directeur du développement de Libération.
Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Ecologie, du Developpement (à confirmer).
Daniel Cohn Bendit, Député du Parlement Européen.
Jack Lang, Député PS, ancien ministre de l’Education et de la Culture.



11h30 - 13h00



Trop de rigueur ou pas assez ?

Jean-Paul Fitoussi, Professeur d'économie à l'IEP de Paris, Président de l'OFCE.
Jean Peyrelevade, Vice-président du MoDem, ancien PDG du Crédit Lyonnais.

Démocratie sociale ou démocratie politique ?

Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée Nationale, Député UMP.
François Chérèque, Secrétaire général de la CFDT.

La brevetabilité du vivant menace-t-elle l’agriculture ?

José Bové, Syndicaliste.
François Burgaud, Directeur. des relations extérieures du GNIS.

Une justice pour punir ou réinsérer ?

Rachida Dati, Garde des Sceaux.
Marylise Lebranchu, Ancien Garde des Sceaux.

Des états généraux de la presse pour quoi faire ?

Laurent Joffrin, PDG de Libération.
Emmanuelle Mignon, Conseillère de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.



15h00 - 16h30



Envolée des prix mondiaux : choc ou menace ?

Jean-Louis Bianco, Député PS des Alpes de Haute-Provence.
Aurélie Trouvé, Co-présidente d’ATTAC.

A qui appartient la planète ?

Philippe Hugon, Dir. de recherche à l'IRIS.
Jean Michel Severino, Directeur de l'Agence Française de Développement.

Pour vivre mieux faut-il travailler plus ?

Xavier Bertrand, Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille...
Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT.

Le transport individuel est-il l'ennemi du transport collectif ?

Gérard Collomb, Sénateur-Maire PS de Lyon.
Guy Maugis, Président de Bosch France.

L'université peut-elle rattraper son retard ?

Michel Destot, Député-Maire PS de Grenoble.
Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

La défense européenne passe-t-elle par l'OTAN ?

Hervé Morin, Ministre de la Défense.
Paul Quilès, Ancien ministre de la Défense.



17h00 - 18h30



Education nationale : faut-il regretter le temps des blouses grises ?

François Dubet, Prof, Dir. d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.
Jack Lang, Député PS du Pas-de-Calais, ancien ministre de l’éducation.

Des médicaments pour le sud: brevet ou la vie?

Robert Sebbag, Vice-président "Accès au Médicament" de Sanofi-Aventis.
German Velasquez, Directeur du programme d'accès aux médicaments (OMS).

La fin de la sociale démocratie ?

Piero Fassino, Homme politique italien, Secrétaire Général des Démocrates de Gauche.
Pierre Rosanvallon, Historien et intellectuel français. Membre du Collège de France.

Quelle place pour les services publics dans l'Union ?

Enrique Baron Crespo, Député européen du Parti Socialiste Espagnol.
Jean-Luc Bennhamias, Député européen au sein du groupe des verts.

De la Françafrique à la Chinafrique ?

Michel de Bonnecorse, Diplomate, ancien conseiller de Jacques Chirac.
Alain Hazoumé, Avocat congolo-béninois.



Forum Libération - Samedi 20 septembre 2008



9h30 - 11h00



Théâtre : pensée unique, festival unique ?

Renato Quaglia, Président du festival de théâtre de Naples.
Jean-Louis Martinelli, Directeur du Théâtre Nanterre-Amandiers.

L'écologie politique est-elle morte?

Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie.
Alain Lipietz, Economiste, député européen groupe des Verts.

Le RSA est-il bon pour l'emploi ?

Martin Hirsch, Haut Commissaire aux Solidarités Actives.
Françoise Gri, Présidente Manpower France.

Le pluralisme est-il une force ?

Fausto Bertinotti, ancien président du Parlement Italien.
François Hollande, premier secrétaire du PS.

L’euro : un frein à la croissance ?

Eric Woerth, Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction Publique.
Didier Migaud, Président de la Commission des Finances de l'A.N, Député PS de l'Isère.

Les agrocarburants vont-ils affamer la planète?

Jean-Denis Crola, Oxfam France.
Philippe Tillous Borde, Dir. général de Sofiprotéol et Président de Diester Industrie.



11h30 - 13h00



La police peut-elle être proche des citoyens ?

Christian Estrosi, Député-maire UMP de Nice et Président du Conseil général des Alpes-Maritimes.
André Vallini, Député PS et Président du Conseil général de l'Isère.

Comment intéresser les peuples à l'Europe ?

Laurent Fabius, Ancien Premier ministre, député PS de Seine-Maritime.
Nicolas Schmit, Ministre délégué aux affaires étrangères du Luxembourg.

Quelle responsabilité environnementale pour l'entreprise ?

William Bourdon, Avocat.
Emmanuelle Henri Lanier.

Le sport est-il un langage international ?

Jean-Marie Fardeau, Secrétaire Général du Comité Catholique de lutte contre la Faim...
Arnaud Mourot, Président de Sport sans frontières et directeur d'Ashoka France.

Le sport est-il un langage international ?

Jean-Marie Fardeau, Secrétaire Général du Comité Catholique de lutte contre la Faim...
Arnaud Mourot, Président de Sport sans frontières et directeur d'Ashoka France.

Le tourisme : une malédiction pour le Sud ?

Emeric Fisset, Ecrivain-voyageur.
Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du Monde.

Quelles solutions aux crises alimentaires ?

Sylvie Brunel, Prof. de géographie, ancienne présidente d'Action contre la Faim.
Jacques Diouf, Dir. général de la Food and Agriculture Organization of United Nations.



15h00 – 16h30



Quelles frontières pour l’Europe ?

Sylvie Goulard, Présidente du mouvement européen, chercheuse.
Ahmet Insel, Economiste, professeur à l'Université de Galatasarat (Turquie)

Réfugiés climatiques, vers un tsunami ?

Hélène Flautre, Députée européenne (Verts).
Philippe Boncour, Organisation Internationale des Migrations (OIM)

Le dév. durable passe-t-il par le local ou le national ? : - annulé -

Laurent Wauquiez, Secrétaire-d'Etat à l'Emploi, ancien porte-parole du gouvernement.
Jean-Jack Queyranne, Président du Conseil régional de Rhône-Alpes.

Le modèle chinois ?

Marie Holzman, Professeur, sinologue, Prés. de l'association Solidarité Chine.
André Chieng, Vice-président du comité France-Chine, Economiste.

Projection du film du BIUTIFUL CAUNTRI

Débat avec la réalisatrice.
Naples poubelle de la péninsule : c’est pas du cinoche !

Internet : une nouvelle solidarité ?

Jean Pouly, Secrétaire Général de l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique.
Olivier Sagna, Maître de conférences à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Crises des subprimes: quelles régulations ?

Arnaud Montebourg, Député PS et Président du Conseil Général de Saône-et-Loire.
Jérôme Chartier, Député UMP du Val-d'Oise.



17h00 – 18h30



Immigration et intégration sont-elles conciliables ?

Fadela Amara Secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville.
Aminata Traoré, Ancienne ministre de la Culture et du Tourisme du Mali.

Vers une dictature verte ?

Corinne Lepage, co-fondatrice et vice-présidente du Mouvement démocrate.
Fabrice Flipo, Ingénieur et philosophe.

Les mégapoles sont-elles inéluctables en Europe ?

Philippe Estèbe, Professeur d'urbanisme à l'IEP de Paris, Directeur d'étude à Acadie.
Olivier Mongin, Ecrivain et essayiste, directeur de la revue Esprit.

Principe de précaution : garde-fou ou frein à la recherche
André Cicolella, Chercheur en évaluation des risques à l’Institut national de l'env....
Jean Marie Petat, Directeur environnement de BASF.

Réfugiés climatiques, vers un tsunami ?
Hélène Flautre, Députée européenne (Verts).
Philippe Boncour, Organisation Internationale des Migrations, responsable la div....



Forum Libération - Dimanche 21 septembre 2008



9h30 - 11h00

Un autre monde ? - nouveau débat -

Michel Destot, Maire de Grenoble, Député de l'Isère.
Edgar Morin, philosophe, sociologue.

Faut-il avoir peur de la Russie ?

Bernard Guetta, Journaliste.
Salomé Zourabichvili, Diplomate.

La religion du progrès

Michel Taubman, Journaliste.
Alain Gras, Sociologue.

À quoi sert le Grenelle de l’Environnement ?

Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable...
Yves Cochet, Député (Verts) de Paris.



11h30 – 13h00



Entreprise verte : bluff ou réalité ?

Geneviève Ferrone, Directrice du développement durable chez Eiffage.
Julia Haake, Directrice des Partenariats et Entreprises chez WWF.

La crise financière commence-t-elle ou finit-elle ?

Olivier Pastré, Prof. d'économie à Paris VIII, Président de IM Bank (Tunis).
Liêm Hoang Ngoc, Economiste, membre du Conseil National du Parti Socialiste.

Nanotechnologies: faut-il avoir peur du petit ?

Jean-Pierre Dupuy, Professeur de philosophie et d'éthique à Stanford (Californie).
Louis Laurent, Spécialiste des nanotechnologies de l'ANR.

La diversité culturelle et la world culture.

Adeline Hazan, Maire de Reims.
Jean-Paul Goude, Artisan de l’image.

Entreprise verte : bluff ou réalité ?

Geneviève Ferone, Directrice du développement durable chez Véolia.
Julia Haake, Directrice des Partenariats et Entreprises chez WWF.

La voiture bon marché va-t-elle asphyxier la planète ?

Denis Baupin,, Adjoint (Verts) au maire de Paris, chargé du développement durable...
Bernard Jullien, Directeur du Gerpisa (think tank européen sur l’industrie auto).

L’eau : un bien commun ?

Alexandre Brailowsky, ingéniérie sociétale chez Suez Environnement.
Riccardo Petrella, Politologue et économiste, Prof. à l'Université Catholique de Louvain.



15h00 – 16h30



Pourquoi l'Europe a du mal avec le social ?

Sandro Gozi, Député italien, vice-président du parti démocratique italien.
Pierre Larrouturou, Economiste, délégué national Europe du PS

Est-ce possible de relocaliser l'économie ?

Emmanuel Faber, Directeur général délégué du groupe DANONE.
Geneviève Azam, Economiste, membre du conseil scientifique d'ATTAC.

Les catastrophes en guise de pédagogie ?

Jean-Pierre Dupuy, Professeur de philosophie à Stanford (Californie).
Albert Jacquart, Scientifique et essayiste.

Mondialisation : vers un repli identitaire

Enki Bilal, Dessinateur et scénariste de bande dessinée.
Patrick Viveret, Philosophe, essayiste, conseiller à la C.Comptes.

Environnement : des taxes pour éviter le pire ?

Jean-Marc Fédida, Avocat.
Pierre Radanne, Président de l’ADEME.



16h45 – 16h30



Séance de clôture

Laurent Joffrin, PDG de Libération.
Michel Orier, Directeur de la MC2.
Max Armanet, Directeur du développement de Libération.
Edgar Morin, Sociologue et philosophe.



Comme l'an dernier, à sa manière, GreBlog MonGrenoble vous fera vivre les débats, les réactions...

Notes

[1] moins d'agitations par rapport à l'an dernier

[2] lire mes comptes-rendus en direct


11

07

2008

GreBlog MonGrenoble dans Le Monde : "Des médias au plus près des villes et des quartiers"

greblog le monde grenoble lemonde Mercredi 9 juillet 2008, le journal Le Monde publiait un article au sujet des "médias hyper locaux" [1].

Sous le titre "Des médias au plus près des villes et des quartiers", l'article tente d'expliquer les principaux objectifs et profils de ces nouveaux médias de proximité. Il relève quatre exemples de plateformes de publication d'informations locales en France.

Parmi elles, il souligne notamment le fonctionnement de GreBlog MonGrenoble.


Des médias d'un genre nouveau


Charlotte Richard, du journal Le Monde explique : "les médias hyper locaux s'attachent à l'information qui n'intéresse pas les médias traditionnels. Ils couvrent l'actualité d'une ville, voire d'un quartier. Leur credo : la proximité et la gratuité des infos. Leur milieu, l'Internet. Du blog participatif à la Web télévision adossée à un titre de presse, ces médias d'un genre nouveau revêtent des formes et des desseins variés."

Plateforme de publication participative et d'expression locale, quotidien en ligne cherchant à créer du lien social, web tv participative associée à un journal papier... les sensibilités et facettes peuvent être différentes mais l'envie de communiquer au niveau de la ville et de ses quartiers est objectivement la même.

- GreBlog, un blog consacré à la ville de Grenoble, fonctionne lui aussi sur le modèle des plates-formes participatives. Lancé en 2006, GreBlog est "un blog local, citoyen et collaboratif". Chaque internaute grenoblois est un contributeur potentiel. L'objectif étant de "relayer l'information locale sur Internet" - souligne la journaliste [2].


Lisibilité et connaissance du territoire numérique


Mais globalement, depuis quelques années, l'expression locale en ligne est plutôt modeste, voire inexistante dans certains secteurs, dans certaines villes. L'essor de l'information locale se fait à petit pas ou parfois trop subitement, dans la mesure où il est impératif de combler un retard ou un vide. A priori, sans forcement connaître le "territoire numérique local" et s'appuyer sur lui pour réussir à s'implanter.

En d'autres termes, la lisibilité de l'information hyper locale et l'analyse du territoire numérique est primordiale.

Pour reprendre les propos énoncés dans l'article du Monde, cette lisibilité permet d'attirer et de séduire des annonceurs potentiels : leur arrivée permet éventuellement d'affiner la perspective de nouveaux modèles économiques.

Dans le cadre de GreBlog, à de nombreuses reprises, j'ai été sollicité dans ce sens... et dans tous les sens. A l'avenir, il se pourrait bien que GreBlog MonGrenoble tienne compte de cette réflexion.

Lire l'article complet sur lemonde.fr | dans le journal "Le Monde" du 09/07/08, en page 27.

Notes

[1] Merci à B.F pour son bulletin

[2] Merci à la journaliste Charlotte Richard


21

05

2008

GreBlog invité à debattre avec des journalistes à l'Université Lyon 2 sur le thème "La presse écrite et son évolution"

table ronde lyon2 Jeudi 15 mai 2008, j'étais invité en tant qu'intervenant à participer à une table ronde organisée par des étudiants en 2ème année de licence Science Politique à l'Université Lumière Lyon 2.

Préparée depuis des semaines par les étudiants, le thème de cette table ronde ouverte au public portait sur "La presse écrite et son évolution". Un débat dont la finalité était d'informer ces derniers sur l'évolution du métier de journaliste à travers la notion de presse écrite et les nouvelles opportunités de production et de publication de contenu.

Parmi les intervenants venus relater leur expérience et apporter leur contribution sur le sujet, Jacques Eloi (Rédacteur en Chef du Service des Sports du Progrès) , Olivier Bertrand (Correspondant de Libération à Lyon), Alexandre Buisine (Délégué Régional du Syndicat National des Journalistes), Raphaël Ruffier (Rédacteur en Chef de Lyon Capitale) et GreBlog MonGrenoble.


Evocation du métier de journaliste dans la presse écrite


En début de séance, les étudiants découvrent le parcours professionnel des journalistes présents. Premier point, la plupart n'ont pas intégré une école de journalisme pour devenir journaliste. "J'anime une équipe de 17 journalistes à Lyon, de 34 journalistes pour le titre Progrès sur le sport (...) je me suis formé sur le tas pour en arriver là (...) le journalisme a ceci de merveilleux pour être une activité intellectuelle permettant de s'épanouir sans avoir forcement suivi un cursus universitaire extraordinaire" souligne Jacques Eloi.

Olivier Bertrand évoque au départ son attirance du métier pour l'écriture et exprime un changement de cap. "Je suis resté dans ce métier parce que j'ai très vite compris que la principale qualité n'était pas l'écriture mais d'être compris, d'avoir la capacité d'aller chercher les informations, à les vérifier et à ne pas trop se tromper (...) Çà oblige en permanence, comme toi avec ton blog, et comme nous tous, à comprendre des situations, à découvrir énormément de chose, à côtoyer beaucoup de gens, à passer du temps à découvrir le fonctionnement de cette société et c'est la curiosité pour l'essentiel". "Ce qui me plaît, c'est cette adrénaline, le fait de devoir rendre la copie en cinq minutes" ajoute le Rédacteur en Chef du Service des Sports du Progrès. Pour le correspondant de Libération, il est indispensable qu'un journaliste lise les journaux quotidiennement pour s'informer.


Evolution du métier de journaliste dans la presse écrite


Raphaël Ruffier rappelle une des constantes de la profession. "En 15 ans, le nombre de métiers entre le journaliste et le lecteur s'est considérablement réduit (...) Tous ces métiers se sont simplifiés, se sont informatisés, les coûts de fabrication ont été également réduits (...) ça arrive maintenant avec le blogueur, où il n'y a plus personne entre lui et son lecteur, même maintenant dans certains journaux". Face à cette réduction, Jacques Eloi rappelle qu'au Progrès il n'y a pas de correcteur "Chez nous, je ne peux pas admettre malgré tout qu'un journaliste écrive son papier et qu'il puisse partir sans qu'il y ait eu derrière un autre regard ou une autre lecture". Olivier Bertrand ajoute "Plus on raccourcie la chaîne entre le lecteur et le journaliste, plus on perd des emplois, plus on réduit les niveaux de lecture, on perd énormément en niveau de vérification de l'information".

Alexandre Buisine, Délégué Régional du SNJ, revient sur la notion de presse écrite. A demi-mot, il estime pour sa part que l'exercice du métier de journaliste diverge en fonction du support de diffusion choisi et évoque les différences de formats et de modes d'expression. "La notion d'écriture n'est pas du tout la même entre la radio, la télévision et l'Internet (...) On peut pas dire que c'est superficiel mais c'est pas le support papier et sur le papier, on a une autre façon de concevoir la presse et l'exercice du métier". Pas convaincu par cette opinion, Raphaël Ruffier estime que "le tuyau" n'est pas plus important que le contenu et qu'il existe une réelle qualité de contenu sur de nombreux supports. "Sur le papier, les choses sont figés, on ne peut plus revenir sur le contenu (…) avec Internet, on est dans une logique de flux, en permanence, il faut alimenter, ça nous amène sur un métier complètement différent où on demande à des journalistes de tous faire" argumente le correspondant de Libération.


Les difficultés et enjeux de la presse écrite


En France, la courbe des quotidiens nationaux ou régionaux baisse depuis de nombreuses années. Les journalistes présents évoquent ce constat lié à des raisons à la fois historique, structurelle, culturelle et de distribution dans notre pays.

Le prix d'un journal est important aux yeux du lecteur. Quand un journal se met à gagner un peu d'argent, l'un des intervenant estime qu'il faudrait apprendre à baisser le prix du journal pour tenter de reconquérir des lecteurs. Un prix acceptable sur lequel les lecteurs ne se posent plus la question sur la qualité du contenu du journal sachant que peu d'entres eux lisent entièrement un quotidien. Pour le Rédacteur en Chef de Lyon Capitale, la pluralité des titres en vente sur le territoire (près de 2000 en distribution) tue progressivement les grands nationaux. "En Irlande, tout se concentre sur les mêmes titres, ce qui fait qu'on achète un pavé avec à l'intérieur, un Libé, un Télérama, un féminin, un hippique, un news, ce qui leur permet d'avoir des rédactions plus importantes et des rentabilités plus fortes" estime Raphaël Ruffier.

Historiquement, le fondateur d'un journal imprime sa marque, souhaite passer des messages, créer de la valeur ajoutée en terme de contenu. Le rachat d'un journal par un industriel n'est pas systématiquement synonyme de rentabilité puisqu'il s'agit surtout d'image et d'influence. Dans ces circonstance, un journal tente simplement de ne pas perdre l'essentiel de ces ingrédients une fois porté sur le web.

L'un des objectifs actuels de la presse traditionnelle est d'occuper le terrain de la concurrence, du marché publicitaire sur le web, d'affirmer ou de conforter son image auprès de nouveaux lecteurs sur la toile. Un objectif affiché pour de nombreux "gratuits". L'attrait commerciale devient intéressant à partir du moment ou ses sites portés sont très lus et très visités, ce qui est loin d'être le cas pour de nombreux quotidiens ou hebdomadaires en ligne. La stratégie amène parfois la presse écrite à perdre substantiellement une part de qualité de son contenu.


La volonté de défendre ses prérogatives, sa marque et son territoire


Faire valoir la plus-value d'une équipe rédactionnelle forte sur des supports différents est l'un des buts recherchés de la profession et des rédactions. A quelques exceptions près, l'économie traditionnelle de la presse écrite n'est plus viable. "Le Net est certainement l'endroit où l'on va pouvoir réinventer une économie (...) En attendant, le Net est en train de nous cannibaliser (...) Le gros enjeu pour le journaliste est de savoir quelle qualité de contenu on va pouvoir maintenir sur le web (...) Le piège, moins de journalistes, moins de temps, moins bien payés (...) Si nous on vient sur la toile, c'est pour faire le même métier" déclare le journaliste de Libération.

Ce climat relativement tendu et ses interrogations sur l'avenir incitent les journalistes à rappeler de manière récurrente avec un brin de nostalgie les fondamentaux de leur métier sur lesquels ils s'appuient pour justifier de la crédibilité, de la véracité et de la pertinence de leur production de contenu d'information.

De mon côté, lorsque je suis sur le terrain pour GreBlog, je tends mon médiaphone à l'interlocuteur pour l'enregistrer ou noter ses propos, lui pose des questions au même titre que le journaliste qui prend également des notes sur son calepin, le journaliste de radio qui "fait un son" ou le reporter TV qui pose son trépied pour supporter sa caméra en action. De retour à sa rédaction, le journaliste synthétise, recoupe et vérifient d'autres informations qui viennent au besoin compléter son sujet, le traite jusqu'à la publication autorisée par sa rédaction. De retour chez moi, il me semble que je fais la même chose, hormis le fait que je cumule seul toutes ces tâches et que je n'ai pas de personnel de rédaction au dessus de moi.

Dans ces circonstances, en dehors du support de diffusion, seul le type, la manière de traiter l'information ou le rythme choisi pour la produire est différent.

Pourtant, le journaliste a souvent le besoin d'exprimer déontologiquement sa différence avec le blogueur local. Défendre sa profession et son métier et une bonne chose : marquer régulièrement une distance avec les blogueurs locaux n'est pas une solution en soi.

Les uns exercent un métier, les autres une passion. Les uns ont parfois peur de perdre leur job à l'avenir, les autres montent des projets qui les motivent, animent des communautés, rêvent parfois d'être rémunéré pour ce qu'ils entreprennent et se projettent aisément dans l'avenir.

Avec l'évolution des nouvelles technologies, les nouvelles méthodes de publication de contenu et l'affirmation des difficultés chroniques évoquées qui malheureusement, rongent les entrailles de ce très beau métier qu'est le journalisme... viendra bien un jour où les uns comprendront que les médias traditionnels et les créateurs de contenus, de journaux en ligne participatifs ou de carnets de bord locaux ne sont pas antagonistes.

La presse écrite est indispensable. Elle ne doit pas disparaitre, bien au contraire. Seulement de nos jours, le journalisme traditionnelle à toute sa place, mais seulement... sa place !

Nous sommes tout simplement complémentaires. Reste à le faire comprendre.


21

04

2008

Cinéma Le Méliès à la Caserne de Bonne à Grenoble : le CNC refuse d'accorder son aide au financement du projet

melies bonne grenoble Jeudi 10 avril 2008, j'étais invité à une conférence de presse sur le projet de développement du cinéma associatif "Le Méliès".

Arrivé sur place, alors que je m'attendais à assister à une conférence de presse classique en présence des intervenants et des médias, je suis surpris par un dispositif invitant le public venu nombreux à entrer sur réservation dans la grande salle du petit théâtre de la MC2.

Le cinéma le Méliés est situé rue de Strasbourg à Grenoble. Sa capacité d'accueil est actuellement de 96 fauteuils répartis dans une seule salle de projection peu confortable.


Etat des lieux du cinéma à Grenoble


A Grenoble, les principaux "acteurs" cinématographiques de la ville sont [1] :

Europalace (Pathé, Gaumont, le Club - 66% des salles - 76% des fauteuils - 83% des entrées)
Adira (Nef, 6 Rex - 31% des salles - 22% des fauteuils - 14% des entrées)
le Méliès (associatif - 2% des salles - 1% des fauteuils - 2% des entrées).


Le modèle économique du cinéma Le Méliès en péril ?


Depuis 2004, pour des raisons essentiellement liées à son modèle économique actuel et à l'étroitesse des lieux, le Méliès souhaite s'agrandir et déménager sur la Caserne de Bonne au centre de Grenoble afin d'accueillir ses fidèles spectateurs dans de meilleures conditions d'ici à deux ans.

Le cinéma le Méliès voit grand : 524 fauteuils répartis dans 3 nouvelles salles munies de grands écrans (soit un nombre de places multiplié par 5.5 !).

Son directeur évoque la nécessité de s'agrandir et de déménager pour assurer l'avenir du cinéma.


Quelques grincements de dents à Grenoble


Depuis son lancement et la présentation du dossier, ce projet d'extension a été approuvé par la Commission Départementale d’Equipement Cinématographique. Autour de moi, de nombreuses personnes m'ont fait part de leur regret de ne pas voir tangiblement avancer ce dossier jusqu'à se demander si la Ville de Grenoble elle-même était encore en mesure de le porter et le soutenir avec ferveur et efficacité. A présent, il apparaît clairement que le projet d'extension est pleinement suivi par de nombreux élus de la Ville de Grenoble.

Pour que le projet puisse voir le jour, le dossier déposé par le Méliès prévoit une aide au financement de l'incontournable Centre National de la Cinématographie (CNC) en passant par sa Commission d'aide sélective à la création et à la modernisation des salles.


Le CNC refuse d'accorder son aide financière


Il y a quelques semaines, le CNC a transmis une notification qui fait état d'un "avis défavorable" sur le projet décidant de "ne pas accorder le bénéfice de cette aide". Une aide indispensable permettant le développement du Méliès qui avoisine tout de même... la somme de 400 000 euros.

Bruno Thivillier, directeur du cinéma le Méliès est amer : "Ça fait bientôt 5 ans qu'on travaille sur ce projet (...) On ne vit vraiment pas une époque formidable (...) Il y a comme un désintérêt, comme un espèce de mépris pour la singularité et l'audace qui peuvent exister dans les grandes villes (...) Aujourd'hui, les multiplexes y règnent en maître, ils ont un pouvoir d'empêcher tout autre initiative (...) On ne cherche pas à construire un multiplexe mais un lieu nouveau avec une identité, un espace bar, convivial et de formation pour les publics jeunes (...) On résonne en terme de complémentarité de proposition cinématographique sur la ville tout en gardant notre ligne éditoriale actuelle".

Par leur notification, les membres de la Commission du CNC estiment d'une part que le projet serait trop onéreux. D'autre part, elle tend à considérer qu'il existe suffisamment d'équipement Art et Essai à Grenoble [2].


Solutions des partenaires


Pour le département, Chritine Crifo, Conseillère générale du Canton 5 souligne "Pour aider le Méliès (...) André Vallini s'est engagé à aller au delà de ce que nous donnons actuellement au titre des aides aux équipements culturels". Pour le moment, l'engagement n'est pas précisé.

Jérôme Safar, 1er Adjoint de la Ville de Grenoble et ancien Adjoint à la culture explique qu'actuellement, l'aide régionale est adossée à l'avis favorable du CNC et que d'ici peu, la région sera prête à accompagner des projets culturels tels que celui du Méliès par des subventions après examens des dossiers. En d'autre terme, le CNC est contourné sur son flan.

Irrité par l'attitude du CNC, le 1er Adjoint explique "le vrai problème de ce dossier est qu'aujourd'hui, on essaye de faire en sorte que les élus locaux se sentent coupables de donner des subventions à des projets culturels et éducatifs aujourd'hui pour le cinéma, demain, pour d'autres actions culturelles (...) Je ne cache pas ma vraie colère devant une décision du CNC incompréhensible".

Jérome Safar ajoute "L'Etat choisi unilatéralement de se désengager, de ne pas venir (...) Nous avons été bien patient dans cette affaire (...) Nous n'avons développé aucun discours anti multiplexe (...) Aujourd'hui, il n'y a plus de parole du CNC mais celle du groupe des 13 [3] (...) Notre projet autour du Méliès est certes ambitieux mais il reste mesuré".

Pierre Kermen, ancien Adjoint écologiste à la Ville de Grenoble retorque que le projet a pris beaucoup de retard et qu'il peut encore être remis en cause expliquant que tous les élus n'ont pas tous défendu et porté le projet durant le dernier mandat. L'intervenant ajoute "Quand la ville et le CG38 ont décidé de faire MINATEC, en quelques semaines la décision a été prise (...) Pourquoi les choses ne vont pas si vite (...) Trop souvent, les sirènes des grands groupes sonnent aussi dans quelques oreilles de nos Adjoints de la ville de Grenoble."


Imbroglio politique ou pressions des grands groupes ?


Il va de soit que l'étendue du dossier et son suivi fut l'un des principaux sujets d'ordre culturel évoqués au cœur même des discussions durant les dernières élections municipales de 2008 à Grenoble.

D'un coté, les porteurs du projet ont du mal à comprendre la décision défavorable de la Commission du CNC au moment même où le directeur du Méliès évoque des pressions éventuelles des grands groupes de cinéma jusqu'à remette en cause l'existence même de la Commission nationale.

De l'autre, les porteurs tentent politiquement de se positionner en victime face au désengagement de l'Etat sur le dossier en expliquant modestement que le projet reste toutefois raisonnable et audacieux et que les critères et ratios pris en compte par le CNC sont dépassés ou obsolètes.

Ce projet n'est-il tout simplement pas trop ambitieux ?

N'ayant pas l'habitude de fréquenter le Club et le Méliès pour des raisons liées à la programmation des films et leur qualité très aléatoire, je préfère comme beaucoup de Grenoblois, me rendre au Pathé Chavant pour des raisons pratiques et de commodités.

Après réflexion, si l'agrandissement du Méliès s'accompagne d'un choix de films plus conséquent avec une régularité dans les horaires de projection, nul doute que l'étendue de sa future programmation attirera davantage mon regard sur l'offre "Art et Essai" et m'invitera à prendre place dans ce futur établissement.

Notes

[1] chiffres donnés par le directeur du Méliès

[2] Cinéma le Club, 5 salles - le Méliès, 1 salle, soit 6 salles Art et Essai à Grenoble

[3] rapport de la profession ayant pour objectif de "mieux comprendre les difficultés d’un certain cinéma en France..."


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