Ce 3ème opus est un nouveau rassemblement, un nouvel appel à la mobilisation citoyenne pour "inventer une société de fraternité".
"Ancrer la démocratie dans les territoires", "Quels financements pour quelle retraite", "Presse : on casse tout et on recommence", "Humilier pour punir : le cas de la fouille intégrale": quelques exemples de thèmes parmi tant d'autres sur lesquels de nombreuses personnalités pourront s'appuyer pour débattre ensemble avec le public.
A ce jour, près de 7000 personnes se sont inscrites pour assister à ces "États Généraux du renouveau" à Grenoble.
Comme d'habitude[1], suivez ci-dessous et en direct, une sélection de petites phrases ou déclarations de personnalités, de points forts soulevés au cours de certains ateliers et débats.
Les membres du nouveau parti récemment fondé le 1er février 2009 sous l'impulsion de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez respectivement Sénateur de l'Essonne et Député du Nord ont souhaité aborder la création de leur formation politique.
Dans une salle tamisée couverte d'affiches et de slogans incitant à rejoindre leur formation, ces derniers ont exprimé leur intention face à la crise et souligné leur implication dans le Front de Gauche[2] notamment dans le cadre des élections européennes de 2009.
Une rupture consommée avec le PS ?
"On est maintenant présent sur toutes les circonscriptions (...) sur une surface géographique relativement large" souligne en introduction Elisa Martin, Adjointe au maire à Saint-Martin-d'Hères chargée de l'Enfance et la Petite Enfance et Présidente du groupe Parti de Gauche et apparentés sur la région Rhône-Alpes (PGA).
Actuellement, le Parti de Gauche compte un peu plus de 250 adhérents en Isère et environ 5000 en France. Depuis son lancement au lendemain du congrès de Reims du PS en novembre 2008, le PG a organisé une trentaine de réunions d'"éducation populaire" de présentation sur ses objectifs et sa démarche en Isère.
Selon la Conseillère régionale Rhône-Alpes, le PG est actuellement composé d'environ "50% d'anciens socialistes et 50% de membres d'organisations politiques à une époque de leur vie et d'autres parfois issus du milieu associatif qui ont pris leur carte dans un parti pour la première fois (...) On a la vocation d'être un parti de gouvernement".
Elisa Martin est persuadée que le mouvement ne peut que s'amplifier dans les mois à venir.
"Il y a des gens comme moi qui ont quitté le PS depuis 15 ans et qui sont revenus depuis dans le Parti de Gauche" souligne un des adhérents. "Pour moi, ça faisait 25 ans que j'étais au PS et petit à petit ce parti s'est éloigné de mes problèmes (...) Le Non Français au Traité constitutionnel a été le déclencheur et a été une rupture pour nous" explique une autre militante du PG.
Des crises "au pluriel"... au bouclier social
"Ce qui caractérise la période, ce sont les crises au pluriel, économiques, sociales, financières, écologiques, démocratiques qui pour nous trouvent toute leur origine dans la crise que connait le capitalisme (...) de fait par sa structure, complètement contradictoire avec la répartition des richesses à tous les niveaux (...) Et cette crise bien sûr, n'est pas la même pour tout le monde (...) Les salariés ont le sentiment réel de payer eux cette crise" souligne avec vigueur Elisa Martin.
A ces constatations, le Parti de Gauche oppose un "bouclier social", une série de mesures telles que l'augmentation des salaires pour les minimas sociaux et les pensions, le renforcement de la protection sociale à travers la taxation des mouvements de capitaux, l'arrêt de la libéralisation et de la marchandisation des services publiques..., un droit suspensif exercé par les salariés au moment des plans de délocalisations et autres...
Le PG préconise également un contrôle administratif renforcé des licenciements, une interdiction des licenciements boursiers et un droit suspensif exercé par les salariés au moment des plans de délocalisations.
Concernant l'économie réelle, Elisa Martin souligne le besoin d'une transition et d'une "planification écologiste" pour aller vers un autre type de développement "qui ne soit pas capitaliste", différent de notre économie productiviste.
Pour une autre construction européenne
Le Parti de Gauche se veut profondément européen.
Sur la question européenne, Alain Dontaine, Professeur d'économie et Docteur en sciences politiques, soumet sa formule. "Alors qu'on attendait que l'Europe soit une solution à la crise, on s'aperçoit qu'elle fait partie de la crise et qu'elle fait partie du problème (...) Au niveau des décision, on a l'impression qu'ils veulent surtout continuer comme avant avec les mêmes recettes (...) La France est un volcan et il est en train de se réveiller" .
Selon lui, la logique de la construction européenne repose essentiellement sur un modèle de concurrence. Elle devrait au contraire se baser sur un système de coopération prenant davantage en compte la répartition des richesses. Le PG préconise la création d'un "pôle financier public et citoyen" chargé de remettre la main sur le système bancaire et d'encadrer les moyens de financement.
"Le seul outil, la seule nouveauté que vous allez voir dans cette campagne européenne, c'est le Front de gauche (...) un rassemblement de la gauche unitaire, PC, PG, minoritaires, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et les associations et regroupements politiques qui nous rejoignent et ça se passe partout" explique Alain Dontaine qui au passage, reconnaît que la tache n'est pas facile. Pour être durable, le Front de Gauche doit créer un grand nombre de comités permettant de réunir et mobiliser l'ensemble des acteurs.
La question du "vote utile"
Lors du récent point presse à Grenoble en compagnie de Vincent Peillon (lire mon article ici), celui-ci faisait part de son inquiétude face au Front de Gauche au niveau des votes du 7 juin prochain et appelait à "voter utile" pour le Parti Socialiste. Un vote contesté par le PG.
"Voter pour le PS, c'est voter pour le traité de Lisbonne (...) C'est voter pour la cogestion du Parlement européen avec les libéraux, c'est voter pour la promotion des anciennes recettes qui nous ont mené dans le mur (...) c'est voter inutile" explique la Présidente du Parti de Gauche de la région. "Il ne s'agit pas de dire que le PS est notre adversaire mais nous pensons que le PS ne tire pas les leçons de 20 ou 30 ans de politique" ajoute le professeur d'économie.
Divergences de vue avec le NPA d'Olivier Besancenot
"Nos rapports sont cordiaux avec le NPA (...) Dans les luttes, on peut se retrouver mais sur les questions de stratégie, on ne se retrouve pas avec eux (...) On n'a pas la même logique et on ne poursuit pas les mêmes objectifs" souligne Elisa Martin.
Selon le représentant du PG, le NPA attend tout du mouvement social, des grèves, des manifestations. Contrairement au mouvement d'Olivier Besancenot, le Parti de Gauche a une démarche institutionnelle mettant l'élection au cœur des moyens permettant la construction d'une alternative politique.
"On pense qu'il font une énorme erreur (...) La main est tendue (...) On pense qu'ils finiront par nous rejoindre (...) Si on y allait ensemble, on a la certitude qu'on pourrait changer profondément la politique française et européenne" explique Alain Dontaine.
Le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon tente de se faire une place sur l'échiquier politique. Pour y parvenir, il doit démontrer qu'il est capable de "récolter" bon nombre d'adhérents sur le terrain.
A terme, l'un des objectifs inavoués du PG ne serait-il pas d'être en mesure de pouvoir "négocier" avec le PS... le moment venu ?
Mardi 7 avril 2009, Michèle Rivasi est venue à Grenoble présenter le programme de la liste Europe Ecologie dans le cadre du lancement officiel de la campagne des Verts pour les élections européennes de 2009.
Après Valence, l'ancienne directrice de Greenpeace France et tête de liste aux européennes pour la région Sud-est a choisi Grenoble pour amorcer l'un de ses thèmes de campagne "Pour une transformation écologiste de l'économie".
Rappelons que 13 eurodéputés sont amenés à être élus par un peu plus de 7 millions d'électeurs potentiels dans la région Sud-est (Rhône-Alpes - Provence Alpes Côte d'Azur - Corse).
Actuellement, le Parlement européen compte 43 eurodéputé(e)s "Verts" (groupe Verts / ALE - Alliance Libre Européenne) issus de 14 Etats membres dont 6 pour la France. Il est proportionnellement le cinquième groupe politique du Parlement européen.
Programme chargé et menu Bio
Comme ce fut le cas pour Vincent Peillon [1] (lire mon article), au pas de course et dans la même journée, Michèle Rivasi devait enchaîner une multitude de rendez-vous.
Une rencontre avec les syndicalistes de STMicroelectronics le matin. Une visite de l'entreprise Argos transformée en SCOP (société coopérative de production) suivi d'un débat organisé par les jeunes européens et d'une table ronde avec les têtes de liste à l'IEPG l'après-midi. En soirée, la candidate rencontrait les sympathisants d'Europe Ecologie lors d'une réunion publique sur le thème "Pour une reconversion écologique de l'économie" au Centre social Vieux Temple à Grenoble.
A midi, dans une ambiance décontractée, les journalistes ont également accompagné l'ancienne députée de la Drôme de 1997 à 2002 (à l'époque, membre apparenté PS [2]). Nous étions invités "Au clair de lune". Un charmant restaurant Bio avec terrasse extérieure rue Très-Cloître, au décor simple. Au menu : une soupe chaude en entrée dans un petit bol [3], une assiette copieuse originale [4] de légumes et produits locaux bios de saison, un vin sympa [5] etc.
Disons-le franchement, service sans faute, accueil chaleureux et agréable. Repas excellent. Côté prix, ce petit resto affiche un menu Bio... pour moins de 15 euros le midi.
Un rassemblement pour une "transformation écologiste de l'économie"
Michèle Rivasi évoque le rassemblement des écologistes.
"Nous voulons rassembler les associations environnementalistes, les sympathisants et militants de l'écologie politique et incarner un nouvel espace politique (...) Nous pensons que les solutions à la triple crise environnementale, sociale et économique sont fondamentalement différentes de ce que proposent les partis traditionnels (...) Il y a un productivisme de gauche et un productivisme de droite (...) La solution d'avenir, ce n'est pas d'investir comme le fait le gouvernement (...) Les citoyens sont beaucoup plus courageux que nos décisionnaires conservateurs (...) La plupart des Européens n'ont pas pris conscience de l'urgence de la situation" explique le prof, agrégée en biologie de l'ENS.
Pour la candidate des Verts aux élections européennes de 2009 dans la région Sud-est, la genèse de ce rassemblement a débuté peu après le Grenelle de l'environnement. Cette liste est le fruit d'une complémentarité des compétences, des individus de sensibilités différentes. "L'Europe est un territoire pertinent pour parler des sujets environnementaux et les questions liées à la Santé (...) Europe Ecologie souhaite la rapprocher de nos territoires et nous croyons beaucoup à une Europe fédérale (...) Eva [6] nous a apporté un plus dans notre démarche sur le plan de la justice (...) Dany a cherché à fédérer les idées et José des orientations" souligne Michèle Rivasi.
Europe Ecologie souhaite engager une transformation écologiste de l'économie à travers un programme de conversion écologique et de relocalisation, de promotion des réseaux européens de services publics. Le groupe prône une harmonisation par le haut des politiques sociales, environnementales et fiscales. Il souhaite instaurer un "revenu garanti d'existence" et préconise une "agence européenne de santé-environnement". Sans oublier une volonté d'accroître le développement des transports ferroviaires, fluviaux, maritimes et les modes doux dans un schéma de libre circulation des personnes.
Le nombre, la présence et l'amertume
"Au Parlement européen, l'important pour nous, c'est le nombre de députés mais aussi la présence (...) Il y a beaucoup de choses à faire au niveau de l'Europe à condition qu'il y ait des gens qui y travaillent et qui sachent nous représenter" explique l'écologiste Raymond Avriller.
Quand il s'agit d'évoquer le positionnement d'autres personnalités dans la campagne des européennes, l'Adjointe au maire de Valence et Conseillère générale de la Drôme ne cache pas son amertume et son étonnement.
Selon elle, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot doit "savoir passer de la résistance à la construction".
Concernant la tête de liste du PSE dans notre région, elle estime que Vincent Peillon "n'est actuellement pas assez présent au Parlement européen".
Michèle Rivasi s'étonne de la récente candidature surprise du chanteur Francis Lalanne, tête de liste de l'Alliance Ecologiste Indépendante (AEI) dans le Sud-est. Bien qu'il reconnaisse les qualités et les compétences de la candidate d'Europe Ecologie, le poète troubadour lui aurait signalé par téléphone son refus catégorique de rejoindre sa liste.
Evocation des antennes relais des opérateurs
Michèle Rivasi, Présidente fondatrice du CRIIREM (Centre de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Rayonnements Electromagnétiques, co-fondatrice de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité) fut l'une des premières personnalités à dénoncer l'attitude du gouvernement à l'époque du passage du nuage de Tchernobyl sur le sol Français.
L'experte reconnue sur le plan international sur les questions de rayonnements électromagnétiques et de téléphonie mobile n'est pas opposée au déploiement des antennes relais. La candidate d'Europe Ecologie revient sur le positionnement actuel des opérateurs et propose des solutions.
Ma vidéo : discussion avec la candidate concernant les antennes relais, crise, économie et environnement.
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Parmi les candidats Isérois inscrits sur la liste de Michèle Rivasi, notons la présence de Marina Girod de l'Ain, sociologue et Conseillère municipal à Grenoble, ancienne Adjointe chargée de la Santé.
Vendredi 27 février 2009, l'UMP Isère (UMP 38 ) [1] organisait un Comité départemental et une réunion publique à Crémieu, ville médiévale dans le nord du département.
Xavier Bertrand, actuel Secrétaire général de l'UMP, ancien ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité avait fait le déplacement au côté d'Axel Poniatowski, Secrétaire général adjoint du mouvement populaire.
En fin de journée, un point presse [2] a permis de recueillir quelques informations juste avant la réunion du Comité départemental de l'UMP qui s'est tenue à huis clos durant plus d'une heure à la mairie de Crémieu. Parmi les personnalités réunies autour de Xavier Bertrand et d'Axel Poniatowski (voir la vidéo), notons la présence d'Alain Carignon, Michel Savin, Alain Moyne-Bressand, Georges Colombier, Bernard Saugey, Fabien de Sans Nicolas...
Une logique de reconquête
Lors du point presse, Xavier Bertrand, visiblement très décontracté, annonce la couleur et ses objectifs pour le département de l'Isère.
"Nous sommes ici dans une logique de reconquête très clairement (...) Il nous faut de la sérénité et du rassemblement, deux conditions indispensables pour être dans cette logique (...) Si je suis ici, ce n'est pas le fait du hasard, c'est une fédération importante" souligne le patron de l'UMP.
Xavier Bertrand est à la tête du parti depuis deux mois et a pour ambition de consolider, dynamiser le mouvement et de doubler le nombre d'adhérents au sein de l'UMP. "Les militants aujourd'hui veulent être acteur de la politique, plus spectateur, ce qui nous amène à revoir l'organisation du mouvement et à être davantage sur le terrain (...) c'est à dire deux à trois déplacements par semaine, surtout ne pas s'enfermer dans un bureau" explique le Secrétaire général.
Pour Michel Savin, l'objectif est de préparer, de gagner les prochaines élections, de soutenir les réformes engagées par le gouvernement, d'écouter les militants. "Il faut faire remonter au niveau national ce qu'on entend sur le terrain (...) Il faut qu'on fasse des choix pour gagner, plus des choix sur de l'affectif" souligne le Président de l'UMP Isère.
A propos d'Alain Carignon et de Jacques Remiller
Lors du point presse, la participation d'Alain Carignon est évoquée au sein de l'UMP.
"Si vous me posez la question, moi je ne rentrerai pas dans les questions d'hier (...) Il n'y a pas de sujet, il n'y a pas de question de personne (...) On a un Président [3] qui a une légitimité, il faut qu'on rassemble (...) Moi, les querelles du passé, c'est du passé et c'est dépassé" répond explicitement l'ancien Ministre du Travail.
Alain Carignon est arrivé peu avant la réunion du Comité départemental et s'est joint au point presse. Face aux médias, un brin tendu, l'ancien Président de l'UMP 38 évoque son "rôle" et sa volonté de rester au sein de l'UMP (voir la vidéo).
"J'entends rester à l'UMP, c'est ma famille politique depuis toujours (...) Je joue un rôle, j'ai toujours joué un rôle (...) Il y a des fois où on est militant élu, il y a des fois où on est militant pas élu, mais on est toujours militant (...) Vous savez quand on a des convictions comme moi depuis l'âge de 18 ans, on les conserve jusqu'au bout... un évidence" explique Alain Carignon.
Xavier Bertrand revient sur la récente décision prise par Jacques Remiller, député-maire de Vienne. Début février, ce dernier a choisi de se mettre en congés de l'UMP pour une durée indéterminée (explication sur son blog). Un "départ" lié au dossier du TGI de Vienne au cœur de la nouvelle carte judiciaire.
Ma première vidéo, extraits du point presse : Xavier Bertrand, Michel Savin, Alain Carignon...
Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus
Xavier Bertrand devant près de 700 militants UMP
Après la réunion départementale, une rencontre-débat était organisée avec les militants de l'UMP 38.
Plus de 700 personnes sont venues écouter les Secrétaires généraux et départementaux du mouvement populaire dans la grande salle des fêtes de Crémieu, non loin de la mairie. Des militants Lyonnais, Grenoblois et du département arrivés en cars, des sympathisants ont pu débattre ensemble et interpeller les intervenants (synthèse de questions communes de militants principalement posées à Xavier Bertrand et à Alex Poniatowski).
A 19h25, Xavier Bertrand arrive dans la grande salle sous une salve d'applaudissement. L'ancien ministre, tout sourire, en toute décontraction, se prête au jeu des photographes avant de monter sur scène. The show must go on.
Face au public, un micro à la main, debout, sans lecture de note, le Secrétaire général de l'UMP répond à chacune des interventions dans la salle associées à des projections de clips vidéos présentant le "projet de société" du mouvement.
Discours critiques envers l'opposition
Dans son discours, Xavier Bertrand ne ménage pas l'opposition lorsqu'il s'agit de présenter selon lui un projet, un texte. "Nos adversaires tirent à vue dès qu'on commence à parler du texte (...) Nous on se donne toujours le temps de faire de la pédagogie mais eux pour la démagogie, ils n'attendent pas (...) Ils décident de jouer à autres choses, la confusion et l'agitation".
A maintes reprises, il s'en prend au leader d'extrême gauche, chef de file du NPA, Nouveau Parti Capitaliste. "Monsieur Besancenot ne s'est pas trompé de siècle médiatique et il ringardise les idées du PS (...) C'est un Monsieur qui s'est trompé de siècle idéologique et se sont ses idées qui sont ringardent les amis" déclare t-il en s'adressant au public.
Enjeux et projets de société
Parmi les nombreux sujets évoqués, pêle-mêle (voir la vidéo) : la crise économique, le congé parental, l'autonomie des universités, les aides publiques, la participation dans les entreprises, le militantisme et l'Internet, le positionnement de l'opposition sur l'échiquier politique ou la nomination de François Pérol à la tête du groupe Caisse d'Epargne - Banque Populaire.
Le Secrétaire général de l'UMP revient sur le congé parental. S'appuyant sur les récentes propositions de réflexion de Nicolas Sarkozy sur le sujet, il propose un congé parental plus court et mieux rémunéré ou un congé parental plus long si le mari prenait une partie de celui-ci. "Si le congé parental est trop long, pendant ce temps là dans l'entreprise, les promotions et les déroulements de carrières n'ont pas attendu la femme qui a pris un congé parental" argumente le patron de l'UMP.
Au niveau économique et social, si une entreprise à besoin de licencier, Xavier Bertrand estime qu'il ne faut pas lui interdire de le faire pour éviter que "tout le monde se retrouve au tapis". Une entreprise qui reçoit de l'argent public doit en informer le Comité d'entreprise. Si elle décide de délocaliser, elle doit rembourser cette aide publique.
"Ma propre banque, qui est capable de fermer les yeux sur le fait qu'on détourne dans ses murs 4,9 milliards d'euros et qui refuse de prêter 49 000 euros à une entreprise, je ne peux pas l'accepter et le supporter (...) Monsieur Besancenot est devenu le chef d'orchestre de toute l'opposition au Président de la République (...) Il se trompe complètement, il ne s'agit pas de jeter le capitalisme, il s'agit simplement de remettre sur ses jambes un capitalisme qui a marché sur la tête (...) Si vous voulez répartir des richesses il faut avoir créer des richesses et c'est le capitalisme d'entrepreneurs qui permet de créer des richesses" explique Xavier Bertrand.
Ce dernier revient sur la polémique entourant la nomination de François Pérol à la tête du groupe Caisse d'Epargne - Banque Populaire. S'il était client d'une des deux banques, il préférerait avoir le meilleur à sa tête "plutôt qu'un guignol" selon ses termes.
Avant même la parution de l'interview du principal intéressé dans le JDD dimanche 1er mars 2009, le patron de l'UMP soulignait dès ce vendredi aux adhérents que François Pérol avait lui-même demandé l'avis du Président de la commission de déontologie sur la possibilité d'exercer sa mission.
Ma seconde vidéo, extraits de la rencontre-débat avec le public...
Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus
Avant de quitter les adhérents, les sympathisants et les curieux qu'il qualifie de "majorité silencieuse", Xavier Bertrand s'est mis à chanter la Marseillaise avec les différents responsables de l'UMP et son public en fin de réunion.
Celui que beaucoup présentent en coulisse comme le prochain futur? Premier Ministre de Nicolas Sarkozy rappelle à son entourage les valeurs fondamentales de l'UMP : le travail, le mérite, l'effort, la justice et la famille... avant de conclure en soulignant que la consommation tient en France et qu'il ne s'agit pas de faire une relance par la consommation mais une relance sur l'emploi.
Ce début d'année 2009 est marqué par de récents changements au sein des instances départementales de l'UMP.
La guerre de succession pour la présidence de l'UMP 38 qui a débuté dès l'été 2008 a laissé quelques traces indélébiles au niveau local.
Face au Secrétaire Départemental Adjoint Julien Polat, proche de l'ancien président Alain Carignon, c'est finalement le Conseiller général et Maire de Domène Michel Savin qui est désormais à la tête de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP) depuis le 10 décembre 2008 dans notre département.
Outre le renouvellement du bureau politique, cette période charnière est marquée par des passages de témoin.
Flavie Sorolla Sorribes est la nouvelle Responsable départementale des jeunes de l'UMP 38. Fabien de Sans Nicolas, Conseiller municipal de Grenoble, Secrétaire National de l’UMP en charge de l’animation a laissé sa place de Président des Jeunes Populaires du mouvement [1] le 24 août 2008 à Benjamin Lancar.
Benjamin Lancar, Président des "Jeunes Pop" de passage à Grenoble
Benjamin Lancar, Président des Jeunes Populaires entame depuis quelques semaines une tournée des fédérations au sein de l'UMP.
L'ancien responsable de la section UMP Grandes Ecoles, fils de "parents idéologiquement de gauche ayant tous deux participé au mouvement de mai 68" [2] était de passage à Grenoble ce jeudi 22 janvier 2009. Il est venu rencontrer la nouvelle direction et les jeunes adhérents [3] à la permanence de l'UMP Isère pour échanger sur des sujets politiques et de société.
Une soixantaine de "Jeunes Pop" avaient fait le déplacement pour rencontrer Benjamin Lancar, Michel Savin et Fabien de Sans Nicolas[4] dans les locaux étroits de l'UMP à Grenoble, place Paul Vallier, non loin de la mairie de Grenoble.
Ils étaient nombreux à arborer avec fierté le nouveau slogan de campagne des Jeunes Populaires... "A nous la Révolution !" sur leurs vêtements [5].
"Pour nous à l'UMP, les objectifs pour 2009 sont clairs, il nous faut rassembler la famille politique de l'UMP (...) Il faut aussi qu'on adopte une nouvelle ligne de conduite parce qu'on en a vraiment besoin après ce qu'on a vécu en interne depuis les dernières élections (...) Maintenant, il est nécessaire de se repositionner face à la gauche qui détient tout au niveau local (...) On a pas mal de soutien du côté de Paris et sans ces conditions, on ne pourra pas préparer correctement les prochaines échéances électorales et faire passer nos messages" souligne un jeune militant plein d'espoir et d'entrain interrogé lors de la soirée.
Au sein des Jeunes Populaires, différents courants se dessinent au niveau local.
Confrontation d'idées sur le positionnement de la jeunesse
Lors de cette rencontre avec les "trois présidents" de l'UMP, certains échanges s'orientent sur la place des jeunes dans notre société.
Au cours d'une discussion engagée par un jeune membre sur le thème de la jeunesse, Michel Savin explique qu'il est primordial d'engager une politique plus souple et moins segmentée envers les jeunes. "On doit réfléchir et donner une autre image de société aux jeunes des quartiers (...) A l'UMP, nous ne devons pas donner l'image d'un parti qui proposerait une politique unique vis à vis de ces jeunes" précise le président du l'UMP 38.
Un jeune militant souhaite revenir sur une période emblématique du passé. "Mai 68, c'est loin, ça nous fait rire (...) Les jeunes de maintenant ont bien évolué (...) La notion de révolution primaire de l'ancienne génération ne fait plus vraiment rêver quand on voit ce qu'elle est devenue depuis cette époque où la plupart sont bien rentrés dans le rang".
"A nous la Révolution !"
Un Jeune Pop évoque un problème qu'il rencontre fréquemment en milieu urbain. "J'ai envie de réagir et de soulever un autre problème (...) En tant que jeune de l'UMP, quand on dit aujourd'hui qu'on est fier d'être Français ou qu'on aime les valeurs de la France, on est tout de suite vilipendé ou presque considéré comme fasciste dans certaines situations".
Benjamin Lancar répond aux diverses remarques soulevées durant la soirée. "Je comprends parfaitement vos inquiétudes et vous n'êtes pas les seuls ici à Grenoble à vous poser ces questions (...) Pour nous, être révolutionnaire, c'est simplement vouloir changer la France (...) Nous sommes des bâtisseurs et nous l'aimons tous (...) L'image des jeunes de l'UMP est en train de changer surtout depuis que Nicolas Sarkozy dirige le pays (...) On n'est plus considéré comme des jeunes du 16ème avec la mèche sur le côté quand on va à la boulangerie ou qu'on se promène dans la rue (...) Aimer la France, ce n'est pas quelque chose de ringard mais quand on siffle la Marseillaise lors d'un match de foot, c'est profondément inacceptable".
A son tour, Fabien de Sans Nicolas répond à une fraction de jeunes militants dubitatifs et inquiets face à la crise que nous vivons. "Ce que vous avez aimé pendant la campagne avec Sarko, c'est ce sentiment patriotique, d'appartenance, le retour de l'expression politique (...) Il y a des hauts et des bas et je conçois que vous vous posiez autant de questions de fond en ce moment".
La question de la représentation au sein de l'UMP
Un jeune adhérent interpelle le Président des Jeunes Populaires et lui demande pourquoi les jeunes de l'UMP ne peuvent pas élire directement leurs représentants au niveau national.
Benjamin Lancar souligne qu'il est important de préserver une organisation hiérarchique et une mécanique dans la prise de décision qui a fait ses preuves. "A droite et au centre, on a la culture du chef (...) Je ne pense pas qu'il soit opportun de mettre trop de démocratie à tous les échelons pour élire directement nos principaux représentants (...) Quand on voit ce qui s'est passé au congrès du PS, on a pas envie de suivre ce modèle".
La place de la France au sein de l'UMP
Un militant s'interroge sur la vision et le positionnement de la France au sein de l'UMP.
Benjamin Lancar exprime sa position en se tournant vers l'avenir tout en fustigeant l'immobilisme et le repli sur soi. "La France qui donne envie d'être Français, c'est l'égalité des chances, le mérite et le plus important, la liberté (...) Au niveau mondial, la France se doit de se positionner au niveau des grands, elle est loin d'être une super puissance mais elle est la plus forte des puissances moyennes".
Au delà des esquisses politiques, nombreux sont les jeunes militants de l'UMP qui s'interrogent sur leur propre avenir.
En allant à leur rencontre, je m'attendais à vivre un moment d'échanges confinés dans une logique politique réductrice, respectant à la lettre la parole présidentielle, celle du schéma porté par Nicolas Sarkozy. Je pensais recueillir une forme d'instrumentalisation des discours et des points de vue des jeunes militants.
J'ai été surpris de constater l'inverse.
Un rythme d'échanges soutenus tout au long du débat de la soirée. Des courants d'idées variés entre les jeunes du mouvement. Une volonté d'agir, de se démarquer et de s'exprimer sans relâche avec passion pour la politique et de nombreux sujets de société. Une capacité des jeunes adhérents à réagir et à se confronter parfois aux idées politiques soulignées par les trois personnalités présentes notamment sur la crise, la politique des quartiers, de la jeunesse ou sur le système l'attribution des bourses scolaires.
A l'occasion de la nouvelle année, Michel Destot, député-maire de Grenoble conviait les médias locaux à une rencontre autour d'un déjeuner dans le cadre des traditionnels voeux à la presse.
Jeudi 15 janvier 2009 à 12h30, une trentaine de journalistes étaient invités [1] à l'Hôtel Mercure Alpotel Grenoble Centre pour échanger autour des priorités politiques actuelles de l'équipe municipale et des enjeux nationaux.
Pour la troisième année consécutive, j'étais invité [2].
Contrairement à l'an passé, l'ambiance cette année était beaucoup plus détendue. Il faut dire qu'en 2008, nous étions en pleine période électorale. Lors des vœux 2008, le maire paraissait fatigué par le rythme imposé par la bataille des municipales et n'avait pas toujours souhaité répondre à toutes les sollicitations des journalistes... arcane de campagne oblige.
Satisfaction du maire, bilan de l'année 2008
Devant les médias locaux, Michel Destot entame un long discours. En introduction, il choisit de revenir sur les principaux évènements qui ont marqué selon lui l'année 2008.
A commencer naturellement par sa réélection sur laquelle il ne s'attarde pas. Rapidement, il fait une allusion sur le "plan campus" et les pôles universitaires Grenoblois, l'enseignement supérieur et le projet de Presqu'île scientifique. Il souligne avec enthousiasme l'accession du GF38. "Il a fallu attendre 45 ans pour la ligue 1 (...) On a fait encore la démonstration que l'offre sportive était justifiée (...) Un stade moderne et emblématique en plein cœur de la ville, source de rassemblement, source de nuisances moindres avec un bilan carbone qui est un des meilleurs en France".
Le maire de Grenoble continue sa revue. "Je passe rapidement sur les prix (...) 1er prix Santé, Petite Enfance, plan étudiant, label 5 arobases Internet, prix de la presse municipale, victoire du hockey et le retour de nos athlètes des JO de Pékin (...) Mais maintenant il va falloir affronter la crise (...) et cette incapacité du Monde à se gouverner lui-même" signale Michel Destot.
Retour sur l'état du monde en 2009
Le maire revient sur le conflit Israélo-Arabe. "La création de l'Etat d'Israël a été l'une des plus belles décisions de la communauté internationale (...) Aujourd'hui, il faut qu'elle décide qu'il y ait sur la carte du monde deux Etats viables, Israélien et Palestinien et qu'elle l'impose au monde entier, c'est la condition même de la survie de l'humanité (...) J'a vu à Grenoble les représentants des communautés et pour l'instant, les choses sont fragiles" explique le premier magistrat de la ville.
Sur la crise économique et sociale actuelle, le maire de Grenoble condamne fermement les spéculateurs financiers, "Ces gens qui se disent banquiers et qui risquent le fric des autres et jamais le leur (...) Il faut que le métier de banquier devienne un métier modeste (...) Il faut qu'on réhabilite dans le monde entier les métiers de chercheurs, d'ingénieurs et d'entrepreneurs". Pour Michel Destot, le 20è siècle fut le siècle des Etats-Nations. Le 21è siècle devra être celui du monde et des villes en raison des phénomènes d'urbanisation et de concentration des développements, sources d'impulsions au niveau national. Il est donc important de renforcer les moyens de leur émancipation.
Au niveau local, le député-maire estime "qu'il serait complètement fou de se retirer des projets et de baisser l'investissement en période de crise (...) Tout le monde peut comprendre quand 73% des investissements publics dans notre pays relèvent des collectivités locales (...) Une augmentation d'impôts, ça ne fait pas plaisir, mais la solidarité c'est aussi un effort pour ceux qui gagnent plus que les autres".
Les JO de 2018 à Grenoble, "se déplacer sans carbone"
Le maire souligne que Grenoble est la ville la plus jeune de France. Son offre sportive est la plus diversifiée en tenant compte du grand nombre de pratiquants. Pour lui, aucune autre ville sur la planète n'est plus représentative de l'idéal olympique, du sport, de la culture et de la jeunesse pour accueillir les JO... au coeur du plus grand massif le plus aménagé du monde.
"Je ne sais pas si je serai encore maire dans beaucoup de temps, je ne sais pas si je me présenterai à d'autres élections mais en tout cas, de la même façon que pour le stade, après toutes ces emmerdes, quand on a fini de le faire et quand on voit aujourd'hui le bonheur que c'est (...) me dire qu'à une échelle cent fois plus importante, on sera capable d'organiser en 2018 ce rassemblement mondial (...) et bien j'espère que je ne serai pas le seul à être heureux" explique Michel Destot.
Une restructuration adaptée de l'anneau de vitesse est prévue. Une grande toile le recouvrera durant les épreuves olympiques de sports de glace. Un projet de 3500 chambres du côté du village olympique (converties plus tard en logements). Le centre de presse et de communication côté Alpexpo.
Le cahier des charges olympique demande à ce qu'il y ait le moins de déplacements possibles entre les sites. Au niveau du développement durable sur les JO, Michel Destot évoque une partie sensible du dossier. "Nous avons un concept pour l'organisation des Jeux, c'est de pouvoir se rendre sur tous les sites... sans carbone".
Sans doute une forte allusion à des déplacements... par câbles.
Le maire revient sur la candidature de Grenoble aux JO de 2018. "Je pense qu'on a des chances non nulles de sortir le 18 mars avec une candidature française, c'est pas gagné, loin s'en faut (...) Si on l'a pas, on sera extrêmement déçu (...) On continuera quand même à porter une candidature en 2015 pour 2022".
Evocation de l'état du PS sur le plan national
"C'est vraiment pas facile (...) pas simplement parce qu'on a à la tête de l'Etat quelqu'un qui a un tempérament et une personnalité, une stratégie hyper présidentielle mais parce qu'il y a au fond en période de crise un écho dans la population à se resserrer sur le Président de la République au niveau national et sur le Maire au niveau local" explique Michel Destot.
Il évoque la difficulté pour son parti à concilier la tradition du PS avec l'évolution présidentielle et la perception des militants lors de l'élection du Premier Secrétaire du Parti Socialiste, déterminés à connaître leur poulain présidentiel au lieu de s'attarder sur le fond des motions et des engagements. "Au Parti Socialiste, on doit résoudre la double équation présidentielle et de l'orientation qui ne peut être que réformiste, clairement social-démocrate (...) Martine, c'est une bosseuse (...) Avec elle, ce n'est pas l'assurance tout risque mais on a la possibilité de faire avancer le parti pour trancher sur les orientations" explique le député-maire.
Rapport et relation avec les médias locaux
Le maire de Grenoble conclut son discours en s'adressant aux médias locaux présents autour de la table. L'attention est palpable.
"L'espoir vient de comprendre ce qui nous arrive (...) Décrypter les situations compliquées au niveau local et national, c'est votre job (...) Vous le faites bien, dès fois pas très bien un peu comme nous (...) Il y a un truc que je ne supporte pas, c'est l'hypocrisie (...) On peut être mal compris sur des sujets mais je suis révolté quand il y a des menaces portées sur la capacité des médias à faire leur boulot (...) Je serai donc toujours à vos côtés y compris quand je suis sévèrement critiqué" explique Michel Destot.
Il va de soi que ce genre de rendez-vous traditionnel avec les médias est l'opportunité pour le maire de dresser un bilan de sa politique et de remettre un peu d'ordre à travers les sujets traités.
Curieusement, par principe ou réticence, les journalistes hésitent globalement à poser de nombreuses questions au premier magistrat de la ville. Pourtant, l'occasion est propice. N'oublions pas que les journalistes eux-mêmes, ont parfois du mal à s'exposer lorsqu'ils sont ensemble...
Lundi 3 novembre 2008, dans le cadre du prochain congrès du PS qui se tiendra du 14 au 16 novembre prochain à Reims, Bertrand Delanoë était de passage à Grenoble.
Dès son arrivé devant la Maison des Associations de Grenoble, Bertrand Delanoë a l'air un peu perdu, comme s'il ne s'attendait pas à venir sur le lieu. A l'extérieur, ses premiers mots soulignent cette première impression. "Bon... ça va bien… Qu'est ce qu'on fait ?". Puis, d'un air amusé, il regarde l'heure à sa montre et s'adresse directement à Michel Destot "Ah Michel... c'est pas des heures ça pour inviter les militants à 4h de l'après-midi (...) Allez, on y va".
Dès son entrée dans le bâtiment, le maire de Paris est ovationné par les militants venus nombreux, en masse. La grande salle est pleine à craquer, pas une chaise de libre, la chaleur est pesante. Beaucoup sont obligés de rester debout dans le couloir et l'entrée.
Le positionnement d’un leader
En commençant par rappeler son attachement à ceux qui ont précédemment contribuer à bâtir le PS, Bertrand Delanoë s'adresse directement aux Grenoblois et se positionne en leader de courant. "Quand je vous vois, je comprends mieux pourquoi je suis venu (...) Je vois devant moi le Parti Socialiste (...) C'est ce Parti Socialiste là que je veux servir et je voudrais lui apporter un mouvement qui le remette à sa place" explique t'il.
Selon lui, le congrès de Reims est l’occasion de porter une alternative à la droite et d’énoncer de nouvelles perspectives à gauche à travers la motion A.
Sur l’image actuelle du PS, le maire de Paris avoue "C’est vrai que parfois on nous a dit… oui, vous n’êtes pas assez sexy (…) il faut faire un peu plus de bruit et séduire un peu plus" tout en rassurant le public sur le sérieux de ces analyses.
Sur ses convictions, Bertrand Delanoë
souhaite fermement associer les militants à la modernisation du PS en associant leur réflexion et leur créativité au mouvement, considérant qu'il est temps de retrouver un peu de franchise au sein du PS. "Oui, il faut changer, on ne mérite pas d’assurer le présent et l’avenir si on n’est pas respectueux du passé" argumente ce dernier.
Critique à l’égard des dirigeants du PS, il revient sur leur comportement en manifestant une certaine autorité en la matière "On ne peut pas critiquer en permanence la direction du parti et ne pas aller aux réunions de travail (…) C’est inadmissible que des dirigeants du parti ne fassent rien entre deux congrès (…) Ils doivent rendre des comptes (…) S’ils font pas le boulot, on les remplace".
A propos de la crise financière sur le plan national
Partant de la crise financière actuelle, tout en rappelant la nécessiter de la réguler, Bertrand Delanoë explique qu’il est prêt à baisser les impôts sur les bénéfices réinvestis au service de l’emploi et à les augmenter sur les bénéfices redistribués aux actionnaires. "La crise doit nous conforter dans la volonté d’être dans le socialisme réformiste (...) dans une économie de marché qui est la seule à créer des richesses (...)" souligne l’initiateur de la motion, tout en soulignant au passage que l’Euro a protégé l’Europe dans cette histoire.
En matière fiscale, Bertrand Delanoë est pour une imposition progressive. "Si vous dites que les caisses sont vides et que personne n’a aucun effort à faire, nous sommes des démagogues (...) Il faut donc demander des efforts à ceux qui ont été très gâtés depuis 6 ans et demi".
Le congrès et la présidentielle de 2012
Pour le maire de Paris, se préoccuper des prochaines échéances présidentielles de 2012 en 2008 n’a aucun sens au moment où se profile le congrès du PS. "En revanche, si nous ratons le congrès, nous perdons trois ans (…) Si nous perdons trois ans, nous perdrons 2012 (…) Le ou la candidate ne pourra pas gagner si le PS n’a pas été bon pendant trois ans et si les Français ne s’en sont pas aperçus" affirme avec ferveur l’animateur de la motion.
Face aux militants, Bertrand Delanoë conclu son discours en soulignant les avantages et intérêts de sa contribution en souhaitant que les autres motions en lice n’obtiennent pas un score homogène, sous peine d’imbroglio politique majeur au sein du PS. "Le congrès de Reims, c’est pas un congrès pour le nombril des socialistes".
En vidéo, quelques extraits choisis de Bertrand Delanoë devant les militants et sympathisants PS :
Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus
En l’espace d’une demi-heure, face aux Grenoblois, le candidat au poste de Secrétaire général du Parti Socialiste s’est finalement exprimé de manière assez décousue, rebondissant sur plusieurs sujets consécutifs, passant facilement d’une idée à une autre. Toutefois, sa force réside dans sa capacité à argumenter sur ses choix, prérogatives et priorités, avec force et conviction.
Côté logistique, vu le nombre de militants et sympathisants présents, on peut toutefois regretter le choix de cette salle pour accueillir cette personnalité de premier plan. Même s'ils avaient été partiellement prévenus à l'avance, on peut regretter le fait que le public présent n'ai pas eu l'occasion de débattre quelques instants en direct avec Bertrand Delanoë.
Drôle de fonctionnement tout de même... à quelques heures du vote des militants socialistes.
Billet rédigé par [ Chrys ] le mercredi 5 novembre 2008 à 00:01 dans la catégorie > [ Politique ]
Dans le cadre des municipales 2008 à Grenoble, je continue mon petit tour habituel sur le terrain quand le temps me le permet et prends plaisir à rencontrer, à discuter avec de nombreuses personnalités politiques de la région et leurs proches.
Vendredi 16 novembre 2007, j'étais invité à la soirée de lancement de campagne de Michel Destot. Le député-maire de Grenoble présentait Grenoble2008, sa démarche de campagne municipale et dévoilait un clip vidéo devant des centaines de sympathisants et militants (plus de 500 il me semble) invités aux Casemates de la Bastille.
Muni d'une invitation presse et d'un billet aller-retour pour l'occasion, je monte par les bulles de la Bastille. Vu d'en haut, le regard plongeant sur Grenoble et son agglomération est toujours aussi superbe, prenant et impressionnant.
Arrivé sur les lieux vers 20h, des centaines de convives sont invités dans un premier temps à visionner le clip de campagne du maire de Grenoble pour les municipales 2008, présentant chronologiquement un bilan global des réalisations vu par des personnalités, responsables et habitants.
Le clip de campagne
Projeté sur plusieurs écrans de différentes tailles, le clip suscite quelques réactions amusantes dans une foule compacte et dense. "Il y a plein de gens que je ne connais pas la dessus, tu les connais peut-être toi ? (...) Bon, il y a un buffet là bas, on y va ? (...) Ca montre en tout cas la diversité, c'est plutôt bien (...) la vidéo est pas mal mais on ne voit pas Michel dessus, vous l'avez vu vous ?".
Un clip vidéo de campagne bien monté, assez bien ficelé, qui se veut apaisant et rassurant, axé sur les valeurs de stabilité, de pérennité et de lien social, mais qui pêche un peu par son manque de dynamique et de dynamisme sur la représentativité extérieure de la ville. Un clip long à charger et qui, par sa longueur et sa cible, n'est pas optimisé pour être entièrement vu et consultable sur le web. Il aurait fallu raccourcir et couper le clip de campagne en deux parties : une première, de type "réalisations de la municipalité, projets pour la ville" avec marqueurs et sous-titrages des lieux, et une deuxième, "interview, ce que pensent les grenoblois" pour supporter et valoriser la première.
Le discours de campagne
En fin de diffusion, Michel Destot monte sur le podium et prononce son discours d'ouverture de campagne pour les municipales 2008 à Grenoble.
Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus
Le discours s'appuie sur de nombreux exemples de réalisation tout en listant de nombreux projets à venir. Il s'apparente à un bout de programme du candidat. Il se veut ouvert, volontaire, marqué globalement par une volonté de renouvellement.
Quelques extraits :
"Vous avez senti l'odeur de la poudre, dans quatre mois, le renouvellement du conseil municipal de Grenoble (...) C'est le temps du bilan, du projet, d'une belle campagne (...) Je suis enthousiasme, déterminé (...) Cette principale fierté, c'est que nous ayons reussi à mettre en mouvement l'ensemble de la population (...) C'est cette ville de Grenoble que l'on cite en référence, cela, nous le devons à nous tous (...) Ca me fait chaud au coeur et j'en suis fier (...) Mais c'est insuffisant, il faut faire plus, pour gagner, il faut aussi un bon projet, une bonne équipe, une bonne campagne, du souffle et du désir (...) Les deux questions les plus difficiles pour notre agglomération, c'est le défi de l'habitat, nous ne pouvons accepter qu'il y ait encore plus de 10 000 demandes de logements non satisfaites (...) c'est aussi celui du désenclavement, il n'y a pas d'avenir pour Grenoble si le désenclavement notamment ferroviaire n'est pas mis en oeuvre (...) il faut une volonté politique farouche, nous l'avons ! (...) Nous pouvons accélérer la résolution de ces deux problèmes si nous obtenons la candidature de Grenoble pour les J.O de 2018 (...) Je ne serais pas le maire d'une ville où les membres de sa majorité s'adonnent aux procès d'intention, aux attaques de personnes, aux conflits médiatico-financiers (...) J'ai donné, et pour moi c'est fini, il faut qu'ils l'entendent tous".
Une question se pose
En définitive, au moment d'aller voter en mars 2008, les Grenoblois qui soutiennent l'actuel maire de Grenoble devront répondre à une question politique qui prend toute son importance en ce début de campagne.
Attendent-ils de Michel Destot, de nouveau candidat et actuel maire de Grenoble depuis 13 ans, ... le changement... ou la continuité ?
Difficile de trancher.
D'autant plus que la notion de renouvellement voulu par le maire de Grenoble doit nécessairement s'intercaller entre ses deux attentes afin que sa campagne prenne un sens auprès des Grenoblois !
Billet rédigé par [ Chrys ] le mercredi 21 novembre 2007 à 08:03 dans la catégorie > [ Municipales 2008 ]