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09

02

2010

Philippe de Longevialle s'est-il volontairement débranché du MoDem ?

philippe de longevialle grenoble Article mis à jour le 10/02/10.

Philippe de Longevialle, actuel Adjoint à l'Urbanisme à la Ville de Grenoble et Président de la fédération du MoDem de l'Isère (MoDem38) convoquait le jeudi 4 février 2010 un panel de médias Grenoblois pour une conférence de presse "express", quasi en catimini.

On connaissait déjà les divisions internes au sein du MoDem en l'Isère.

En le réceptionnant, le style inhabituel du communiqué laissait présager une situation alambiquée, plus que confuse au niveau du MoDem à la fois sur le plan national, régional et départemental. Parsemé de doutes et d'inquiétudes, le contenu de ce courriel témoigne du parcours d'un homme, de son engagement en politique et des options choisies par le Mouvement Démocrate en période d'élections régionales.

Philippe de Longevialle terminait son allocution écrite par un bout de phrase laconique...

"Alors J'ai décidé, moi, de réagir."


Le grand déballage politique


Souriant, donnant l'apparence d'un homme détendu et plus que déterminé, Philippe de Longevialle n'y va pas par quatre chemins et vide son sac.

En ligne de mire, Azouz Begag, tête de liste pour le MoDem en Rhône-Alpes pour les élections régionales de 2010.

"Concernant ces élections régionales, je conteste le choix de la tête de liste, son absence de programme, son absence de projet, son absence de campagne et surtout son absence de rassemblement des forces et énergies du MoDem Rhône-Alpes (...) C'est exactement le contraire qui s'est passé (...) C'est la division qui l'a emporté et le candidat en est en grande partie responsable" explique sans détour le Président du MoDem 38.

Philippe de Longevialle fustige la manière dont la préparation des élections régionales s'est tenue en invoquant notamment l'absence de processus démocratique avec les militants et les électeurs du Modem pour la désignation des différents candidats sur la liste des régionales en Rhône-Alpes. Selon lui, "dans le plus grand secret", un accord au préalable aurait été passé dès le mois d'août 2009 entre la tête de liste et un certain nombre de personnalités élues et Conseiller régionaux sortants... dans le but de se maintenir politiquement après le scrutin.

Une "auto-désignation" des Conseillers sortants qui aurait contribué à écarter du même coup en tête de peloton plusieurs responsables départementaux... dont Philippe de Longevialle.

Il critique également la Direction nationale du MoDem et un certain nombre de responsables locaux pour avoir validé en coulisse un scénario politique qui ne correspond pas à ses attentes. Il dénonce publiquement le choix d'Azouz Begag comme tête de liste aux régionales de 2010. Sans rentrer dans les détails, il lui reproche de mener une campagne personnelle qui lui servirait de tremplin politique pour rejoindre éventuellement par la suite d'autres courants politiques, notamment le Club de Dominique de Villepin avec lequel il aurait gardé de bonnes relations.


Démission(s) au sein du MoDem ?


Quelques heures avant la conférence de presse [1], Philippe de Longevialle souhaitait quasi démissionner de la présidence du MoDem38... ...voire plus.

"J'en avais fortement envie mais ce qui m'a empêché de le faire aujourd'hui, c'est les très nombreux adhérents derrière moi (...) Pour eux, j'ai encore envie de continuer quelques temps (...) pour essayer de préparer la suite et l'après régionales (...) Cette étape elle est pour moi définitivement révolue, perdue, mais derrière il y a autre chose à faire" souligne avec aigreur le 3ème Adjoint à la Mairie de Grenoble.

Philippe de Longevialle annonçait vouloir quitter ses fonctions au sein du Conseil national du MoDem.


Un étrange "vrai-faux" courriel


La candidature d'Azouz Begag en région Rhône-Alpes est loin de faire l'unanimité. Certains responsables locaux du MoDem auraient également du mal à cerner la candidature et la personnalité de l'ancien Ministre délégué à l'Egalité des chances.

Dans le but de faire "bouger les lignes", de provoquer un débat et dire "tout haut ce que d'autres pensent tout bas", Philippe de Longevialle explique avoir envoyé la veille un courriel à différentes rédactions de presse régionales dans lequel il dénonçait (je ne rentre pas ici dans les détails) la campagne d'Azouz Begag et annonçait entre autre le retrait de têtes de liste départementales.

Pour tenter d'alerter l'opinion par voie de presse et accentuer l'écho de ses propos, l'auteur du courriel explique avoir créé un compte email sous le pseudonyme d'un élu, Thomas Rudigoz, Conseiller général de Lyon. Une méthode, une tentative de manipulation que ce dernier n'a visiblement pas apprécié, tout comme la tête de liste du MoDem en région Rhône-Alpes. Un courriel dont le contenu destiné à brouiller l'engrenage politique actuel a jeté un froid et un grand malaise durant les jours et les heures qui ont suivi son expédition, tant au niveau des médias locaux et des instances régionales du MoDem.

Azouz Begag et Thomas Rudigoz auraient fait part de leur intention de saisir la justice et de porter l'affaire au tribunal.

En Rhône-Alpes, l'affaire est rapidement remontée au niveau des instances nationales du MoDem. A ce jour, François Bayrou , Marielle de Sarnez et associés se penchent sur le cas de Philippe de Longevialle.

Une décision d'éviction ou une sanction au sein du Modem n'est donc pas à exclure dans les prochains jours.


Une candidature MoDem non retenue


Avant d'agir ainsi, le Président de la fédération du MoDem38 était potentiellement éligible en 3ème position sur la liste du MoDem pour les régionales de 2010.

Derrière sa volonté de provoquer le débat, d'extirper l'organisation actuelle, de "faire réagir" les cadres et les instances du MoDem jusqu'au plus haut niveau, Philippe de Longevialle aurait également usé de ce stratagème pour marquer indirectement son rejet de voir Morad Bachir-Chérif, actuel Conseiller régional et municipal sortant désigné à sa place comme tête de liste en Isère.

Une désignation qui n'aurait pas arrangé les relations "de travail" entre les deux hommes.


Préserver le groupe MoDem au sein de la majorité municipale


Son refus de démissionner - volontairement - de la présidence du MoDem38 s'expliquerait en raison de son attachement en tant que 3ème Adjoint à la majorité municipale de Grenoble. En effet, Philippe de Longevialle se félicite de sa collaboration "extrêmement positive" avec le groupe MoDem auquel il appartient et de son alliance avec Michel Destot, Député-Maire de Grenoble.

"Je veux préserver ce qui a été construit ensemble (...) Ce qui est positif et efficace aujourd'hui, ça doit continuer" ajoute l'Adjoint à l'Urbanisme de la Ville de Grenoble.

Mais au delà des propos, c'est l'ensemble du groupe MoDem qui est désormais fragilisé et qui s'interroge sur sa conduite politique à venir.

"Maintenant, je ne sais pas comment on va pouvoir travailler ensemble avec lui [2] (...) Je ne pensais pas qu'on puisse être capable d'en arriver là" explique avec une certaine amertume Stéphane Gemmani, Conseiller municipal délégué à l'Accessibilité et à la Prévention, joint il y a quelques heures par téléphone.

En coulisse, cette histoire n'arrange pas du tout la majorité municipal PS de Grenoble à quelques semaines des élections régionales d'un point de vue électoral sur le plan des options et reports... et sur le plan de la cohésion politique de groupes. D'autant plus que Philippe de Longevialle vient récemment de signaler [3] qu'il n'appelait pas à voter pour la liste MoDem emmenée par Azouz Begag.


Perspectives


En attendant, les adhérents du Mouvement Démocrate en Rhône-Alpes se sont prononcés (principalement par Internet) pour valider la liste conduite par Azouz Begag entre les 4 et 6 février 2010.

Ils ont approuvé à 59,59 % les têtes de liste départementales. Un score qui révèle quelque part un manque d'enthousiasme des militants.

maj le 10/02/10 : cette semaine, l'équipe se réunie autour de Morad Bachir-Cherif, tête de liste en Isère, conseiller régional sortant, avec Michèle Cedrin, conseillère municipale de Vienne, vice-présidente du MoDem 38 et Paul Bouriat, vice-président du MoDem 38 au siège départemental.

Une aubaine pour renforcer la cohésion des militants et de l'équipe en Isère.

Après les élections présidentielles de 2007, le MoDem38 avait près de 1100 adhérents. Aujourd'hui, le Mouvement Démocrates en Isère ne compte plus que 500 à 600 adhérents à jour de cotisation. Selon une enquête récente du baromètre TNS Sofres Logica parue la veille de la conférence de presse, le MoDem serait crédité de seulement 4% des intentions de vote pour les élections régionales de mars prochain dans l'hexagone.

Au sein du MoDem en Isère, quelque part... tout reste à rebâtir.

Notes

[1] voir ma photo

[2] Philippe de Longevialle

[3] Lyon Capitale, 08/02/2010


20

10

2009

Le MoDem 38 se resserre autour d'Azouz Begag pour les Régionales 2010 en Rhône-Alpes

azouz begag grenoble Depuis quelques semaines, les différentes composantes du MoDem RA (Rhône-Alpes) se mettent d'ore et déjà en ordre de marche pour les prochaines élections régionales de mars 2010.

A ce jour, une candidature [1] a récemment reçu le soutien des 8 présidences départementales du Mouvement Démocrate Rhône-Alpes et de celui de François Bayrou.

Il s'agit de celle d'Azouz Begag [2], écrivain, chercheur en Economie, Sociologie et ancien Ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances du gouvernement Dominique de Villepin de 2005 à 2007.

Mercredi 14 octobre 2009, Azouz Begag était en déplacement en Isère à l'IEP de Grenoble pour une conférence-débat sur le thème "Le pouvoir de dire 'non' - Education et construction de soi" avant de rejoindre en début de soirée les sympathisants et militants du MoDem 38.


Un "laboratoire politique" stimulant


Les principaux cadres du MoDem 38 ont mis un instant de côté leur antagonisme politique au niveau local et ont choisi de se resserer autour de la candidature d'Azouz Begag. Parmi eux, une soixantaine de militants Isérois venus remplir sans encombre l'étroite permanence du Mouvement Démocrate à Grenoble.

A quelques mois des élections régionales de 2010, certains militants sont venus écouter et découvrir par curiosité les valeurs prônées par le candidat. D'autres attendaient patiemment de connaître les principaux axes d'engagement politique et attributions actuelles de l'ancien Ministre. En marge, quelques adhérent(e)s souhaitaient vivement obtenir une dédicace du romancier.

Au niveau local, ce qui surprend toujours au Modem, c'est la manière avec laquelle les militants issus d'horizons très divers font part de leurs idées et la facilité avec laquelle chacun témoigne sans encombre envers l'autre de ses opinions ou divergences... communes.

Au détour des allées de la permanence, les échecs, gains ou rivalités politiques sont évoqués. En toute modestie et en toute liberté, certains revendiquent ouvertement leurs divergences de vue avec François Bayrou. D'autres, quelques soient les options choisies, sont prêt à suivre chacunes des initiatives politiques proposées par le leader du Mouvement Démocrate.

En interne, le militant de tout bord à le sentiment d'appartenir avant tout à une famille politique ou l'expression personnelle et politique prime sur les structures hierarchiques du parti.

L'emulsion politique est palpable au sein de la permanence. Le besoin d'écouter l'autre est une nécessité. Le sentiment d'appartenir à un "laboratoire politique" [3] qui cherche de manière récurrente sa place sur l'échiquier politique est pour beaucoup une stimulation. Au sein de cet univers politique, les idées et suggestions échangées prévalent. Ce soir là, contre toute attente, les dissentiments internes pouvaient attendre...


Un discours de pré-campagne "politico-littéraire" et romancé


Devant les militants de la fédération et les sympathisants, dans un contexte de pré-campagne pour les régionales 2010, Philippe de Longevialle affiche sa satisfaction. "Au MoDem, on a souvent été les champions du monde des campagnes de dernières minutes (...) Pour une fois, on peut commencer une campagne éléctorale en amont pour que chacun puisse s'engager et se laisser du temps sur le terrain" souligne le Président du MoDem 38.

A son tour, Azouz Begag savoure son plaisir de rencontrer les militants. Il n'hésite pas à critiquer la politique de Nicolas Sarkozy tout en expliquant que son passage au gouvernement fut une épreuve qui a permis de renforcer ses prérogatives et sa volonté de poursuivre ses engagements.

Le contenu du discours de l'ex-Ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances est un mélange d'allusions politiques et de faits d'actualité, de regards portés sur l'histoire de notre pays, la société et les comportements des individus. Le tout, trempé et édulcoré dans un engrenage de rhétoriques et de références littéraires dont l'écrivain se délecte.

"J'aime bien changer le monde avec des gens qui sont minoritaires et qui se posent les bonnes questions (...) Le principe de réfutabilité, j'adore ça (...) La politique, c'est aussi le pouvoir de dire non (...) On ne fait pas de la politique pour gagner des privilèges (...) La politique, c'est pas un métier, c'est un service (...) Gauche - droite, on s'en fou, c'est les gens qui comptent" explique Azouz Begag, soucieux de démontrer par ailleurs à l'assistance qu'il est aussi capable de faire autre chose que de la politique... pour vivre.

Le candidat du MoDem aux élections régionales de 2010 en Rhône-Alpes revient sur son engagement au MoDem et ses points communs avec François Bayrou. "Dans cette espace décousu de l'élection presidentielle, le discours de Bayrou me plaisait à juste titre (...) Bayrou a une sensibilité de prof et les profs, ça travaille sur la longueur (...) Et puis la bipolarisation simplifie à outrance le débat politique... en gros, vous devez soit être pour ou contre (...) Et à trois avec le MoDem, ca favorise la complexité du débat politique et son intelligence et çaa oblige les partis à composer avec une autre composante" explique l'auteur du roman autobiographique "Le gone du Chaâba".

Azouz Begag souligne la peur et l'angoisse des gens dans la société et leur incapacité la plupart du temps à se projeter dans l'avenir.

Durant les "30 glorieuses", les gens se projetaient aisement dans l'avenir. Desormais, le centre de leurs préoccupations a clairement changé. "Aujourd'hui on est en 2009 (...) Vous avez déjà entendu quelqu'un qui vous parle de 2030, de 2040 ou 2050 ? (...) Tout le monde aujourd'hui parle de 2012 et ces 30 ans de projection sont aujourd'hui reduits à 2 ans, il est donc normal que les gens aient peur (...) Le bouc-émissaire, c'est l'argent, un étau comme valeur refuge de l'immediateté" argumente l'ancien Ministre.

Au sein de la permanence du MoDem, les conversations des militants continuent de plus belle autour d'un petit raffraichissement, toujours en présence d'Azouz Begag.

Auprès des militants, le discours "politico-littéraire" et romancé a fait mouche.

En attendant d'en savoir plus sur les propositions et le programme électoral du Modem Rhône-Alpes pour les élections régionales de 2010, la fédération du Mouvement Démocrate en Isère vient de mettre en place un Comité de soutien officiel dans tout le département.

Notes

[1] non encore officiellement déclarée

[2] ma photo, un peu loupée...

[3] expression d'un adhérent du MoDem durant la soirée


01

05

2009

François Bayrou à Grenoble dans le cadre de la Convention européenne du MODEM sur le développement durable. Vidéo.

bayrou grenoble Maj le 01/05/09 : vidéo en ligne.

Mercredi 29 avril 2009, dans le cadre du lancement de sa campagne pour les élections européennes du 7 juin 2009, le Mouvement Démocrate tenait sa 4ème Convention thématique européenne au Stade des Alpes à Grenoble.

Durant tout une après-midi, près de 300 militants et sympathisants [1] ont pu ensemble aborder les questions qui concernent l'avenir de l'Europe et débattre sur le thème "Développement durable : pour une Europe pionnière".

Les principaux acteurs du Mouvement Démocrate sur le plan national étaient présents à Grenoble au côté de Philippe de Longevialle, Président du MODEM 38.

Les deux principales tables rondes "Quel projet de développement durable pour l'Europe" et "Relever les défis énergétiques et climatiques en Europe" étaient conjointement animées par Marielle de Sarnez et Jean-Luc Bennahmias, respectivement Vices-président(e)s du Mouvement et tête de liste aux européennes en région Ile-de-France et Sud-est.

Notons également la présence de Yann Wehrling [2], Anne Laperrouze [3], Jacques Maire, Thierry Lhuillier et de... François Bayrou, Président du MODEM, chargé de clôturer cette convention.


Ambiance studieuse et organisation huilée


Sur la feuille de route des organisateurs, plus d'une vingtaine de médias locaux et nationaux [4] avaient fait le déplacement pour assister à cette convention dans le grand salon ouest du Stade des Alpes.

Telle une mascotte mobile, une jeune fille portait un t-shirt orange-flashy "Osez Bayrou, votez Bayrou !" et déambulait tranquillement dans la grand salle. Un journaliste l'a également prise en photo.

Pêle-mêle : décor de campagne "orangé" au couleur de l'Europe, cravate orange de rigueur pour certains, hôtesses d'accueil charmantes et accueillantes, spots de lumière semblables à ceux que l'on trouve en studio TV, coin boutique pour la promotion des derniers livres des personnalités du Mouvement Démocrate, interprète pour les personnes sourdes et malentendantes filmé, reproduction et correction des discours des orateurs en direct, portables équipés de clé 3G+, salle presse avec connexion wi-fi gratuite à disposition...

Visiblement, le MODEM ne fait pas dans la demi-mesure...


Défendre les générations à venir


Après un passage sur RTL le matin pour la promotion de son dernier ouvrage "Abus de pouvoir", François Bayrou est venu clôturer la 4ème Convention thématique européenne à Grenoble.

Durant près d'une heure, le Président du MODEM a fait part de son point de vue et sa réflexion sur les questions européennes aux nombreux militants et sympathisants.

En introduction, François Bayrou [5] défend l'idée de création d'un "défenseur des générations à venir".

"Le modèle de société vers lequel on nous entraîne (...) est un modèle individualiste, inégalitaire, c'est le modèle de la loi du plus fort (...) Nous, en face, nous défendons un modèle de société solidaire (...) Le modèle de solidarité entre contemporains est insuffisant, il faut défendre l'idée de solidarité entre générations (...) Il y a des absents, des bâillonnés qu'on entend pas, c'est ceux qui ne sont pas encore nés" déclare en ouverture l'ancien Ministre de l'Education nationale.

Ma vidéo : extraits du discours de François Bayrou à Grenoble.


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Le "durable", "tarte à la crème des déclarations politiques"


François Bayrou revient sur la notion de "durabilité" et son appropriation trompeuse et constante dans le discours politique actuelle.

"Il n'y a plus aucun chapitre de l'action politique qui ne soit désormais affecté de l'adjectif durable (...) Le durable est devenu la tarte à la crème des déclarations politiques (...) C'est la tentative de traduire en Français le 'sustainable' anglo-saxon, le tenable... soutenable". Pour lui, ce n'est pas la même chose.

Le député des Pyrénées-Atlantiques évoque son désarroi concernant le décalage entre les prises de décision et la difficulté d'appréhender l'avenir en politique. Aujourd'hui, la plupart des décisions politiques sont prises à court terme, "prises pour le journal de 20h du soir (...) dès qu'il y a un incident, on annonce une loi (...) Autant il est difficile de penser au long terme, autant le long terme permet au citoyen d'envisager autre chose que des intérêts immédiats" souligne ce dernier qui, faisant référence à Jacques Delors, regrette l'absence d'un vrai plan européen.


Subir... ou choisir l'Europe


François Bayrou considère qu'il n'y a aucune possibilité pour la France d'exister et de peser sur le destin du monde si l'Europe n'existe pas. La responsabilité de l'Europe a progressé.

Il fait référence à une enquête récente effectuée auprès des Français sur le thème de la crise. A la question "Qu'est-ce-qui peut vous aider dans la crise ?", 65% d'entre eux ont répondu "nous même". 62% ont estimé que l'Europe peut les aider et seulement 30% font confiance aux différents gouvernants et gouvernements. "Je ne connais aucune autre clé d'accès au défis universels pour un pays comme la France que l'Europe (...) Elle doit devenir compréhensible par tout le monde et pour l'instant, c'est loin d'être le cas (...) Il n'y a pas 1 Français sur 1000 qui sait comment se prennent les décisions en Europe" explique le leader du MODEM.

Le Mouvement Démocrate propose qu'aucune décision ne soit prise dans les institutions européennes sans avoir été annoncée 3 mois à l'avance par voie de presse aux citoyens européens afin qu'ils puissent s'engager et débattre sur le sujet. Il propose également qu'aucun vote ne puisse engager un gouvernement en Europe sans que celui-ci ne soit public et diffusé sur Internet.

"Si on ne le fait pas, c'est que ça les arrange (...) Ça arrange les gouvernants que l'Europe demeure la chose des gouvernants" ajoute François Bayrou à la fin de son discours.

On peut toutefois regretter qu'il n'y ait pas eu d'échange direct entre le leader du MODEM et les personnes présentes dans la salle.

Notes

[1] salle complètement pleine

[2] ancien Secrétaire national des Verts

[3] députée européenne

[4] notamment audiovisuels, Itélé... etc

[5] voir ma précédente vidéo de Bayrou en 2007


21

01

2008

Grenoble Municipales 2008 : le dilemme du MODEM

philippe de longevial modem grenoble Il y a quelques semaines, je rédigeais l'un de mes premiers billets concernant les élections municipales de 2008.

En fin de note, je mentionnais notamment le fait que, contrairement à ce que beaucoup pouvaient penser, la campagne des municipales 2008 à Grenoble serait beaucoup plus ouverte et imprévisible que prévu.

Au fil de mes rencontres avec les candidats et certains de leurs colistiers désignés ou susceptibles de l'être très prochainement, il s'avère que les prochains jours seront cruciaux pour l'ensemble des formations politiques sur le plan décisionnel.

En sous-mains, de nombreuses tractations ont lieu. Elles relèvent les points de convergence et de divergence entre les principaux candidats. Elles soulèvent les ralliements, les mains tendues, les séparations, les transfuges et les nombreuses hésitations concernant les décisions et directions politiques à prendre... à tenir. La place des personnalités sur les listes est un véritable "casse-tête" pour de nombreuses formations politiques.


Le MODEM s'interroge sur la direction à prendre... à tenir


Au MODEM 38, les principales personnalités, sympathisants et adhérents du nouveau "parti" officiellement créé le 1er décembre 2007 s'interrogent sur la direction à prendre, à un mois et demi des prochaines échéances locales et à quelques jours de la troisième phase [1] de campagne des municipales de 2008 à Grenoble. Les jeux sont ouverts mais ne sont pas faits. De nombreuses discussions ont lieu et les différents votes lors des réunions internes permettent d'éclairer et de soulever les points de vue de chacun.

Au sein du mouvement, la question est de savoir si la liste "Grenoble Démocrates" conduite par Philippe de Longevialle, président du MODEM 38, doit se présenter seule et autonome à l'élection municipale... ou rejoindre dès le premier tour, celle de Michel Destot, candidat PS et chef de file de la liste "Grenoble 2008".

Il y a quelques jours, le candidat UMP Fabien de Sans Nicolas annonçait l'arrivée sur sa liste de Nicolas Pinel, candidat MODEM sur la 3ème circonscription de l'Isère lors des dernières législatives et candidat du Mouvement Démocrates aux prochaines cantonales sur le canton 4. Sur son blog, Nicolas Pinel exprime son désaccord avec Philippe de Longevialle qui selon lui, souhaite "rejoindre Michel Destot dès le premier tour".

Dans les jours à venir, le MODEM en Isère devra prendre l'une de ses décisions les plus importante de son histoire : voler de ses propres ailes en maintenant la présentation autonome de sa liste au premier tour, établir éventuellement certainement un accord au second avec Michel Destot... ou choisir de s'allier avec ce dernier dès le premier tour.

Interrogé sur le sujet, Stéphane Gemmani, candidat MODEM sur le canton 5, qui vient tout juste de publier ses engagements de campagne sur son blog, me confiait récemment "Pour le moment, on réfléchit et on discute tous ensemble au MODEM (...) Quelque soit la décision que nous prendrons, si nous devons faire alliance avec quiconque, il faudra que l'accord politique soit solide et respecté".


Le comportement des électeurs "du centre"


Pour certains, le Mouvement Démocrate incarne cette "troisième force politique" tant attendue sur le plan national notamment depuis le bon score de François Bayrou lors des dernières présidentielles de 2007 et le score tout à fait honorable du MODEM 38 lors des dernières législatives. En terme de crédibilité, beaucoup souhaitent que le mouvement se construise sur ses bases nouvelles et novatrices en se présentant seul pour marquer ses positions, assumer ses prérogatives et jouer carte sur table le face à face avec les autres formations dès le premier tour des municipales de 2008.

Pour d'autres, le Mouvement Démocrate se doit de trouver sa place en s'appuyant naturellement sur d'autres formations politiques et en passant notamment des accords de principe en amont ou respectant le rythme des engagements de chacun. En terme de crédibilité, beaucoup souhaitent le conduire en le mettant à l'épreuve des responsabilités en faisant alliance avec ces instances politiques dès que l'occasion peut se présenter.

Reste à savoir comment l'électeur "du centre" venant d'horizons divers, dont le profil est plutôt hétéroclite, va réagir et se comporter devant les urnes face à ces hypothèses de rapprochement envisagées sur Grenoble.

Notes

[1] disons... après la publication des noms inscrits sur les différentes listes


15

11

2007

Municipales 2008 : lancement de la liste Grenoble Démocrates pour le MODEM

grenoble democrates modem Vendredi 9 novembre 2007, les militants et sympathisants du MODEM de la région grenobloise avaient rendez-vous à l'ambiance Café, rue des Alliés, pour le lancement de la liste "Grenoble Démocrates".

A cet occasion, j'étais invité à la conférence de presse de la formation afin de recueillir quelques informations pertinentes sur les rouages de la campagne du MODEM.

Dans une ambiance musicale, cool et détendue, entouré de ses acolytes, Philippe de Longevialle, tête de liste "Grenoble Démocrates" pour les municipales 2008 à Grenoble, présentait le fil conducteur et les axes de sa campagne.


La carte de l'ouverture et du renouveau politique à Grenoble


Celui-ci souhaite un renouveau politique et un changement de cap à Grenoble en déclarant notamment "Nous souhaitons que les Grenoblois fassent un vrai choix (...) Nous avons l'opportunité de présenter aux municipales une liste Démocrates qui à sa place sur Grenoble, une opportunité qui, à ma connaissance, ne s'était pas présenté depuis 1971"déclare la tête de liste de l'UDF -MODEM sur Grenoble.

Le président du MODEM 38 dresse avec inquiétude un portrait politique de la région. "Nous voulons changer les pratiques politiques sur Grenoble, celles qui symbolisent le passé (...) On a finalement une majorité qui contrôle tout, l'agglomération, le département, la région (...) On sait depuis un moment qu'il n'y a pas plus de vraies discussions, tout est déjà ficelé, les débats sont confisqués, les dossiers sont déjà arrêtés (...) Il y a un déficit certain".

Philippe de Longevialle distingue la manière dont certains grands dossiers sont traités au coeur de l'agglomération grenoblois et fait un parallèle avec le manque de dynamisme économique en centre-ville. "La ville ne répond pas aux besoins quotidiens des Grenoblois (...) L'urbanisme Grenoblois est en train d'échapper à ses initiateurs (...) Le petit commerce Grenoblois est en train de péricliter, le centre-ville se déshumanise petit à petit (...) Concernant le projet de Rocade Nord et le stade des Alpes, on assiste à une faillite totale au niveau de la méthode, sans compter les problèmes de stationnement en ville où le choix du tracé du tram C".


La campagne du MODEM pour les municipales 2008 à Grenoble


Avec respectivement 19,31% et 10,35% des voix au 1er tour de la dernière présidentielle et aux législatives sur la 1ère circonscription, le MODEM affiche sa satisfaction. "Nous sommes bien présents, notre électorat existe toujours et la liste Grenoble Démocrates à sa place sur Grenoble" affirme Philippe de Longevialle.

En parallèle, la tête de liste du centre confirme avoir rencontré et discuté avec tous les groupes politiques de la ville au sujet des municipales de 2008. "Pour le moment, il n'y a pas d'alliance acquise, il n'y a pas d'alliance négociée, le jeu est ouvert (...) Au second tour des municipales, il peut tout se passer, nous restons ouverts (...) il n'est pas exclu que l'on se maintienne au second tour si nous faisons plus de 10% des voix" explique le responsable du MODEM.

La formation compte 200 adhérents sur Grenoble , environ 1000 en Isère et 70 000 au niveau national. 6 groupes de travail sont mis en place pour préparer le projet municipal avant la fin 2007. "Grenoble Démocrates" souhaite aller à la rencontre des Grenoblois dans les 22 quartiers de la ville. 18 réunions de quartiers sont dès à présents planifiées jusqu'à la fin 2007. Selon son responsable, la liste officielle du MODEM pour les municipales à Grenoble sera présentée fin janvier début février 2008 aux habitants.

Courtisé à droite comme à gauche depuis dès mois par les acteurs de la politique grenoblois, le MODEM est entré dans la course aux sollicitations et compte bien être présent dans le jeu politique local et faire pencher la balance lors des prochaines municipales, notamment à Grenoble.

Sans prétention, le sondage GreBlog en cours sur les municipales à Grenoble [1] ... le démontre.