Article mis à jour le 10/02/10.
Philippe de Longevialle, actuel Adjoint à l'Urbanisme à la Ville de Grenoble et Président de la fédération du MoDem de l'Isère (MoDem38) convoquait le jeudi 4 février 2010 un panel de médias Grenoblois pour une conférence de presse "express", quasi en catimini.
On connaissait déjà les divisions internes au sein du MoDem en l'Isère.
En le réceptionnant, le style inhabituel du communiqué laissait présager une situation alambiquée, plus que confuse au niveau du MoDem à la fois sur le plan national, régional et départemental. Parsemé de doutes et d'inquiétudes, le contenu de ce courriel témoigne du parcours d'un homme, de son engagement en politique et des options choisies par le Mouvement Démocrate en période d'élections régionales.
Philippe de Longevialle terminait son allocution écrite par un bout de phrase laconique...
"Alors J'ai décidé, moi, de réagir."
Le grand déballage politique
Souriant, donnant l'apparence d'un homme détendu et plus que déterminé, Philippe de Longevialle n'y va pas par quatre chemins et vide son sac.
En ligne de mire, Azouz Begag, tête de liste pour le MoDem en Rhône-Alpes pour les élections régionales de 2010.
"Concernant ces élections régionales, je conteste le choix de la tête de liste, son absence de programme, son absence de projet, son absence de campagne et surtout son absence de rassemblement des forces et énergies du MoDem Rhône-Alpes (...) C'est exactement le contraire qui s'est passé (...) C'est la division qui l'a emporté et le candidat en est en grande partie responsable" explique sans détour le Président du MoDem 38.
Philippe de Longevialle fustige la manière dont la préparation des élections régionales s'est tenue en invoquant notamment l'absence de processus démocratique avec les militants et les électeurs du Modem pour la désignation des différents candidats sur la liste des régionales en Rhône-Alpes. Selon lui, "dans le plus grand secret", un accord au préalable aurait été passé dès le mois d'août 2009 entre la tête de liste et un certain nombre de personnalités élues et Conseiller régionaux sortants... dans le but de se maintenir politiquement après le scrutin.
Une "auto-désignation" des Conseillers sortants qui aurait contribué à écarter du même coup en tête de peloton plusieurs responsables départementaux... dont Philippe de Longevialle.
Il critique également la Direction nationale du MoDem et un certain nombre de responsables locaux pour avoir validé en coulisse un scénario politique qui ne correspond pas à ses attentes. Il dénonce publiquement le choix d'Azouz Begag comme tête de liste aux régionales de 2010. Sans rentrer dans les détails, il lui reproche de mener une campagne personnelle qui lui servirait de tremplin politique pour rejoindre éventuellement par la suite d'autres courants politiques, notamment le Club de Dominique de Villepin avec lequel il aurait gardé de bonnes relations.
Démission(s) au sein du MoDem ?
Quelques heures avant la conférence de presse [1], Philippe de Longevialle souhaitait quasi démissionner de la présidence du MoDem38... ...voire plus.
"J'en avais fortement envie mais ce qui m'a empêché de le faire aujourd'hui, c'est les très nombreux adhérents derrière moi (...) Pour eux, j'ai encore envie de continuer quelques temps (...) pour essayer de préparer la suite et l'après régionales (...) Cette étape elle est pour moi définitivement révolue, perdue, mais derrière il y a autre chose à faire" souligne avec aigreur le 3ème Adjoint à la Mairie de Grenoble.
Philippe de Longevialle annonçait vouloir quitter ses fonctions au sein du Conseil national du MoDem.
Un étrange "vrai-faux" courriel
La candidature d'Azouz Begag en région Rhône-Alpes est loin de faire l'unanimité. Certains responsables locaux du MoDem auraient également du mal à cerner la candidature et la personnalité de l'ancien Ministre délégué à l'Egalité des chances.
Dans le but de faire "bouger les lignes", de provoquer un débat et dire "tout haut ce que d'autres pensent tout bas", Philippe de Longevialle explique avoir envoyé la veille un courriel à différentes rédactions de presse régionales dans lequel il dénonçait (je ne rentre pas ici dans les détails) la campagne d'Azouz Begag et annonçait entre autre le retrait de têtes de liste départementales.
Pour tenter d'alerter l'opinion par voie de presse et accentuer l'écho de ses propos, l'auteur du courriel explique avoir créé un compte email sous le pseudonyme d'un élu, Thomas Rudigoz, Conseiller général de Lyon. Une méthode, une tentative de manipulation que ce dernier n'a visiblement pas apprécié, tout comme la tête de liste du MoDem en région Rhône-Alpes. Un courriel dont le contenu destiné à brouiller l'engrenage politique actuel a jeté un froid et un grand malaise durant les jours et les heures qui ont suivi son expédition, tant au niveau des médias locaux et des instances régionales du MoDem.
Azouz Begag et Thomas Rudigoz auraient fait part de leur intention de saisir la justice et de porter l'affaire au tribunal.
En Rhône-Alpes, l'affaire est rapidement remontée au niveau des instances nationales du MoDem. A ce jour, François Bayrou , Marielle de Sarnez et associés se penchent sur le cas de Philippe de Longevialle.
Une décision d'éviction ou une sanction au sein du Modem n'est donc pas à exclure dans les prochains jours.
Une candidature MoDem non retenue
Avant d'agir ainsi, le Président de la fédération du MoDem38 était potentiellement éligible en 3ème position sur la liste du MoDem pour les régionales de 2010.
Derrière sa volonté de provoquer le débat, d'extirper l'organisation actuelle, de "faire réagir" les cadres et les instances du MoDem jusqu'au plus haut niveau, Philippe de Longevialle aurait également usé de ce stratagème pour marquer indirectement son rejet de voir Morad Bachir-Chérif, actuel Conseiller régional et municipal sortant désigné à sa place comme tête de liste en Isère.
Une désignation qui n'aurait pas arrangé les relations "de travail" entre les deux hommes.
Préserver le groupe MoDem au sein de la majorité municipale
Son refus de démissionner - volontairement - de la présidence du MoDem38 s'expliquerait en raison de son attachement en tant que 3ème Adjoint à la majorité municipale de Grenoble. En effet, Philippe de Longevialle se félicite de sa collaboration "extrêmement positive" avec le groupe MoDem auquel il appartient et de son alliance avec Michel Destot, Député-Maire de Grenoble.
"Je veux préserver ce qui a été construit ensemble (...) Ce qui est positif et efficace aujourd'hui, ça doit continuer" ajoute l'Adjoint à l'Urbanisme de la Ville de Grenoble.
Mais au delà des propos, c'est l'ensemble du groupe MoDem qui est désormais fragilisé et qui s'interroge sur sa conduite politique à venir.
"Maintenant, je ne sais pas comment on va pouvoir travailler ensemble avec lui [2] (...) Je ne pensais pas qu'on puisse être capable d'en arriver là" explique avec une certaine amertume Stéphane Gemmani, Conseiller municipal délégué à l'Accessibilité et à la Prévention, joint il y a quelques heures par téléphone.
En coulisse, cette histoire n'arrange pas du tout la majorité municipal PS de Grenoble à quelques semaines des élections régionales d'un point de vue électoral sur le plan des options et reports... et sur le plan de la cohésion politique de groupes. D'autant plus que Philippe de Longevialle vient récemment de signaler [3] qu'il n'appelait pas à voter pour la liste MoDem emmenée par Azouz Begag.
Perspectives
En attendant, les adhérents du Mouvement Démocrate en Rhône-Alpes se sont prononcés (principalement par Internet) pour valider la liste conduite par Azouz Begag entre les 4 et 6 février 2010.
Ils ont approuvé à 59,59 % les têtes de liste départementales. Un score qui révèle quelque part un manque d'enthousiasme des militants.
maj le 10/02/10 : cette semaine, l'équipe se réunie autour de Morad Bachir-Cherif, tête de liste en Isère, conseiller régional sortant, avec Michèle Cedrin, conseillère municipale de Vienne, vice-présidente du MoDem 38 et Paul Bouriat, vice-président du MoDem 38 au siège départemental.
Une aubaine pour renforcer la cohésion des militants et de l'équipe en Isère.
Après les élections présidentielles de 2007, le MoDem38 avait près de 1100 adhérents. Aujourd'hui, le Mouvement Démocrates en Isère ne compte plus que 500 à 600 adhérents à jour de cotisation. Selon une enquête récente du baromètre TNS Sofres Logica parue la veille de la conférence de presse, le MoDem serait crédité de seulement 4% des intentions de vote pour les élections régionales de mars prochain dans l'hexagone.
Au sein du MoDem en Isère, quelque part... tout reste à rebâtir.



Depuis quelques semaines, les différentes composantes du MoDem RA (Rhône-Alpes) se mettent d'ore et déjà en ordre de marche pour les prochaines élections régionales de mars 2010.
Maj le 01/05/09 : vidéo en ligne.
Il y a quelques semaines, je rédigeais l'un de mes premiers billets concernant les élections municipales de 2008.
Vendredi 9 novembre 2007, les militants et sympathisants du MODEM de la région grenobloise avaient rendez-vous à l'ambiance Café, rue des Alliés, pour le lancement de la liste "Grenoble Démocrates".



Lire les 20 derniers commentaires
Visiblement Soulage n'est pas le seul à se faire...
Soyons clairs : ce quartier est fortement...
smicard? voiture? fetard le soir? il y a un truc...
c'est vrai qu'elles ont été chiées, ça n'est...
c qu'il faut sur du...
Peillon le retour avec Queyranne le 11. Faut être...
Soulage a fait son temps. Place aux jeunes.
je vois pas le rapport entre avoir une médaille...
__Le meeting grenoblois d'Europe-écologie a...
Je cite " Si nous ne sommes pas en tête dès le...
D. SMETANINE n'a rien à faire sur cette liste....
Et ben c'est du propre. Si maintenant on fait...
et la foire de l'esplanade les cirques, on ne...
@contribuable...et à tous les autres ,hélas ! si...
@contribuable...et à tous les autres ,hélas ! si...
les questions de développement durable sont au...
Question: la carte "BIP BIP BIP" OURà c'est quoi?...
Quand je vois la nullité du candidat des verts -...
GROS LOL Est-il vraiment très judicieux de...
L'usage de l'avion, officiel ou prive,__ devrait...