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2009

Grenoble, illuminations de Noël 2009 : un budget de 230 000 euros

grenoble illumination de noel Chaque année, à l'approche de Noël, le centre-ville de Grenoble vit au rythme du marché de Noël et des illuminations de fêtes de fin d'année.

Un moment privilégié pour les Grenoblois, les commerçants et pour la mairie, Grenoble Tourisme et Congrès, GEG et ses partenaires, soucieux de mettre en valeur le cœur de ville en tenant compte des normes et moyens techniques, de la consommation d'énergie... et des investissements.

Chaque soir, à partir du 2 décembre 2009, une dizaine de sites "privilégiés" en centre-ville bénéficieront de dispositifs de jeux de lumière et d'illuminations de Noël dès la tombée de la nuit et ce, jusqu'à environ 0h30 en début de semaine - et 2h00 du matin en fin de semaine. Ils seront activés toute la nuit les 24, 25, 31 et 1er janvier 2010.

Chaque année, le déploiement technique du dispositif s'effectue progressivement sur le terrain durant deux mois.


Un investissement… pour le moral des troupes


"Bien. Je sais ce que vous allez me poser la question alors je vous réponds tout de suite (...) Oui, en période de crise, on continue d'investir habituellement pour les fêtes de Noël, pour le moral et pour donner du plaisir à tous les Grenoblois" déclare Michel Destot, Député-Maire de Grenoble lors du point presse qui s'est tenu ce vendredi 27 novembre à 20h au Palais de la Bière [1].

Derrière cette volonté morale et "politique" se cache toute une logistique humaine et technique assez complexe dans les choix et la mise en service des illuminations. La ville portent régulièrement ses efforts sur une baisse conséquente de la consommation d'énergie et sur la recherche d’économie de moyens dans le déploiement de nouvelles installations lumineuses.

Sans oublier la volonté de présenter annuellement au public un certain équilibre "artistique" dans le choix des supports, des couleurs et des symboliques en matière d’illuminations... par secteurs urbains.


Un budget "raisonnable" ?


En 2009, le budget de fonctionnement comprenant une partie de la consommation, la mise aux normes, la pose, les déposes, l'entretien et la rénovation du matériel d'illumination existant avoisine les 130 000 euros. La part d'investissement qui repose essentiellement sur l'achat de matériels neufs et nouveaux motifs est de 100 000 euros.

Soit un budget total d'environ 230 000 euros pour 2009.

"La dessus, on est très raisonnable (...) Il y a beaucoup de ville qui font le choix de dépenser beaucoup plus d'argent" souligne Xavier d'Enquin, Chef de service au département Communication de la Ville de Grenoble.

Au même titre que les particuliers, en remplaçant progressivement les anciennes installations dotées d’ampoules classiques à filament par d’autres ampoules « basse consommation » ou de type LED d'ici 2012, la Ville de Grenoble entend respecter les nouvelles normes et le rythme de changement du matériel qu’elle s’est progressivement fixée depuis 2003.


Diminuer la consommation d’énergie


Les ampoules incandescentes "classiques" ont une durée de vie moyenne de 2000 heures (utilisées environ 500 h/an au moment des fêtes sur 4 ans) alors que les ampoules à LED de très faible consommation peuvent théoriquement éclairer pendant 50 000 heures.

"On est quand même arrivé à baisser la consommation d’énergie de 93% sur Alsace-Lorraine (…) En plus, quand on a du LED, ca nous permet de varier les motifs (…) En remplaçant les vieilles ampoules, on est gagnant sur les installations (…) Si on prend en compte les conditions de vie du matériel, on pense que les LED tiendront facilement une dizaine d’années en ville" explique Jean Gauthier, responsables technique chargé des illuminations sur le terrain pour la Ville de Grenoble.

En 2005, 78000 ampoules à filament étaient employées dans le cadre des illuminations. En 2009, elles ne sont plus que 49500, soit une réduction de 37% de ces ampoules ancienne génération à forte consommation.

De plus en plus d’équipements lumineux sont alimentés directement par le réseau d’éclairage public. En tant que prestataire de service, GEG effectue environ 1500 heures d’intervention. 60% de son temps de travail concerne la pause des équipements sur le terrain.


Moins de pollution visuelle, plus d’effets lumineux


"La grande bascule pour nous, ça a été sur les grands boulevards avec le tram et des nouvelles couleurs à l’époque, le bleu et le blanc (…) Maintenant, on introduit de l’ambre, du rouge et du vert (…) Même si c’est plus délicat à mettre en œuvre, nous ce que l’on recherche, c’est l’effet lumineux, du discret, du scintillant" souligne Alain Pilaud, Adjoint délégué à l’Animation.

Cette année, une dizaine de sites bénéficient de nouveaux motifs. Et c'est le secteur de l’avenue Alsace-lorraine qui est privilégié par la ville. L’an prochain, ce sera vraisemblablement le cours Berriat qui bénéficiera de nouvelles installations.

Entre la gare de Grenoble et la place Victor Hugo, près de 27000 euros ont été investis dans l’achat de 110 nouveaux motifs de décoration lumineux (composition florale de faisceaux de LED) pour embellir la section.

Pour la première fois, dans le cadre de l’introduction d’un concept innovant, la place de l’Etoile accueillera des ballons gonflables réalisés par la société AIRSTAR et alimentés par une micro-pompe. Des ballons lumineux d'1m60 de diamètre qui seront également positionnés sur l'Esplanade Le Ray vers le boulevard Gambetta.

"On est les seuls à avoir du AIRSTAR cette année (…) Rue Thiers, on a aussi changé les lumières parce qu’elles n’étaient pas assez scintillantes (…) Place de Verdun et Saint-André, on met rien (...) Ça fait un peu ringard de mettre de la déco dans des lieux aussi patrimoniaux, on préfère travailler avec des plasticiens pour ça" explique sans détour Alain Pilaud.

Du côté des quais de l’Isère et de la Bastille, un travail est en cours pour diminuer le "plein feu de lumière" trop gourmand en consommation d’énergie sur les contreforts. Lord du point presse, le Maire de Grenoble fait remarquer au principal intéressé qu’il aimerait bien que le "dossier" aille... un peu plus vite.

En centre-ville, la place Grenette accueillent de nouvelles rangées de sphères de couleur blanche et rouge [2]. Dans les rues adjacentes, entre la place Vaucanson et Félix Poulat, de nouveaux motifs à LED prennent la forme de longues toiles ou rideaux couvrant le ciel le long des allées piétonnes. De nouvelles guirlandes de lumières tamisées font leur apparition sur des arbres.

A l'intersection du cours Jean Jaurès et de l'avenue Alsace-Lorraine, les quatre grands piliers blancs surplombant la voie du tram sont dotés de projecteurs chromo-variable qui habilleront la structure d’une nouvelle variation de couleurs… toute l’année.


Verdict


Vendredi 27 novembre 2009, les illuminations ont été spécialement activées quelques heures dans les rue du centre-ville à l'occasion de la visite des installations. En déambulant ce soir là sur le terrain en présence du maire, des élus, responsables et techniciens, les Grenoblois s'attardaient un instant, observaient les alentours et n'étaient pas insensibles aux illuminations.

Habituellement critique à l'égard des dispositifs lumineux mis en oeuvre par la Ville de Grenoble, il semblerait que la municipalité profite des nouveaux matériels et dispositifs techniques actuellement disponibles sur le marché pour opérer une "reconversion" intéressante et un repositionnement de ses choix en matière d'illumination.

Le résultat est plutôt encourageant : recherche d'ambiances tamisées et de variations lumineuses, baisse de la "pollution visuelle" à l'égard des habitants dans l'hyper-centre, apport de nouveaux concepts dans l'éclairage, meilleure répartition des pôles d'illumination. Le tout, associé à une volonté intrinsèque de baisser la consommation d'énergie... bien que l'achat des nouveaux motifs soient onéreux.

Seul bémol de taille : la Ville de Grenoble a volontairement choisi de remettre et réinstaller d'anciennes ampoules incandescentes produisant une forte lumière jaune et pâle associées aux nouveaux dispositifs d'illumination dans certaines rues du centre-ville. Cette "mixité" des lumières dénature et fausse complètement l'ambiance recherchée.

Dommage.

Notes

[1] bonne bière, très peu de journalistes présents...

[2] mes enfants adorent…


01

10

2008

Réaménagement des quais de l'Isère : première réunion publique et réactions des Grenoblois

isere grenoble Lundi 15 septembre 2008, une première réunion publique s'est tenue à l'auditorium du Musée de Grenoble dans le cadre de la concertation engagée sur le réaménagement des quais de l'Isère.

Ce réaménagement des quais de l'Isère est inséré dans le projet de requalification du centre ville, "Coeur de ville, coeur d'agglo" initié il y a 2 ans par la Ville de Grenoble (lire un billet sur le sujet) dont le budget prévisionnel pour rappel, avoisine les 55 millions d'euros sur 10 ans.

Face au public venu nombreux [1], Jacques Chiron (Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la Ville), Laure Masson (Adjointe à la Démocratie locale et à la Coordination des secteurs) et Philippe de Longevialle ( Adjoint à l'Urbanisme) ont présenté le calendrier et les modalités de lancement de la concertation.


Démarche de concertation


Cette première réunion publique avait pour ambition de présenter les enjeux du réaménagement. Mais également, établir un premier diagnostic et alimenter les travaux des trois équipes d'architectes paysagistes en compétition désignées dans le cadre de l'attribution du marché de définition des quais (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge).

En amont cet été, les Grenoblois ont été invités à fournir des photos illustrant leur perception actuelle des quais de l'Isère.

Au final, seulement 17 contributeurs (associations réunies, habitants isolés...) ont participé à la démarche et 178 photos ont été préalablement sélectionnées par les rapporteurs de la Ville de Grenoble. Une sélection de ces clichés et un film retraçant une partie de l'histoire des quais fut projeté au public pour étayer les premières constatations sur le terrain.

Au point de vue chronologique, la démarche de concertation va s'étendre sur une année : comité de suivi en octobre, exposition au 1er trimestre 2009, seconde réunion publique et bilan au 3ème.

Concernant le marché de définition : programme et fin des proposition d'aménagement d'automne à fin 2008, désignation du cabinet d'architecte au printemps 2009. Études de maîtrise d'ouvrages, appel d'offres entre 2009 et 2010. 1ère phase d'aménagement prévue vers 2012 - 2013 (incluant le remplacement du pont provisoire "Massena" (lire mon billet sur le sujet), puis 2ème tranche vers 2014 (vision Rocade Nord...).

Pile poil... horizon... prochaines élections municipales.


Une requalification nécessaire et attendue


Au passage, rappelons que 81% des Grenoblois estiment que l'Isère n'est pas suffisamment mis en valeur et que 66% aimeraient faire visiter les quais à leurs amis s'ils étaient mieux aménagés [2].

Mais qu'entend-on vraiment par "aménagement" requalification restructuration ?

Premier élément de réponse : durant la réunion, l'un des rapporteurs analyse un série de photos projetées à l'écran face à un public... complètement hilare. Il faut dire que ses explications sont peu pertinentes.

Extrait audio :



Réaménagement des quais : le point de vue du public Grenoblois


Pour le public Grenoblois, les préoccupations sont nombreuses, claires et limpides.

Extraits : perceptions et réactions de la salle au fil des échanges au cours de la soirée.

"Les quais, il faut leur attribuer un rôle et il ne faudrait pas que les aménagements futurs oublient les raisons pour lesquelles ils ont été réalisés à l'origine (...) Ce projet doit être à la hauteur de la représentation de la ville (...) On fait souvent référence à ce que fait la ville de Lyon mais notre contexte est différent (...) Il faut aussi être ambitieux et réfléchir au plan de circulation de la ville, ça va être à mon avis extrêmement difficile (...) Il risque d'y avoir conflit entre les piétons, la circulation" souligne pêle-mêle les premiers intervenants.

"Réglons d'abord les problèmes de stationnement (...) Les deux rives sont à double voies, il faut qu'elles perdent leur statut d'artère qui invitent les automobilistes à rouler vite" explique un habitant.

Un autre met en garde la municipalité. "Les conséquences de la réduction de la circulation automobile peuvent devenir extrêmement grave et déporter les engorgements ailleurs (...) Les études à venir ne remplaceront jamais la réalité des choses, il est fondamental de faire un essai et des tests de circulation un temps, en grandeur nature".

C'est au tour d'une Grenobloise d'exprimer sa vision : "J'ai relativement peu entendu des questionnements sur les modifications concernant les modes de vie des Grenoblois et les conséquences sur les familles, les personnes âgées qui ont besoin de ce rapport charnelle avec la rivière (...) Ceci va au delà des problèmes de circulation".

"Il y a un quand même un problème crucial, c'est que si nous ne connaissons pas le schéma de circulation automobile prévu par la Mairie, on ne pourra jamais percevoir le travail des paysagistes (...) En plus, on a une arrivée d'autoroute à la Porte de France, c'est invraisemblable, c'est aussi toute la partie vers l'Espanade qui doit faire partie de vos plans de requalification (...) Planter des arbres ou des fleurs, tout le monde sera d'accord (...) Si vous commencez à planter des arbres et des ponts un peu partout, je crois que le résultat sera médiocre" argumente un habitant du quartier Saint-Laurent.

"Le long de l'Isère, il faut mettre des activités (...) Si on veut supprimer les voitures, à part les sportifs, tout le monde ne va pas monter à Chamrousse en petit vélo (...) Il y a un autre endroit aménageable sur l'Isère, regardez sur la carte [3], il y a une grosse tache blanche, c'est le Cimetière et là, le foncier, ça coûte pas cher (...) Le Cimetière, on en fait un lac avec des activités, et là, tout le monde est content" rétorque un Grenoblois. Le public est conquis par la stupidité des propos.

Pour répondre aux inquiétudes partagées dans l'ensemble par les Grenoblois, Jacques Chiron, Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la Ville déclare en guise de conclusion "N'ayons non plus pas peur (...) Si on avait écouté les craintes, on n'aurait jamais fait la 3ème ligne du tram (...) Sachons aussi regarder les choses de manière plus globale et voir les évolutions actuelles".


Comme on l'aura compris, les habitants sont à la fois soucieux et déterminés par principe. En matière de requalification, la grande majorité considère que l'axe principal de réflexion doit se porter sur les questions de circulation. Cycles, piétons et automobilistes compris.

Cette première réunion publique a également fait ressortir les inquiétudes des habitants concernant le devenir du Palais du Parlement et l'intégration de la Rocade Nord (sortie du tunnel) au sein du projet de requalification des quais de l'Isère.

Etrangement, très peu d'échanges se sont portés sur... les transports en commun.

A méditer.

Notes

[1] souvent, toujours le même

[2] extrait de l'enquête CSA, sept. 2008

[3] voir photo


28

03

2008

Extension du Parc Paul Mistral : des îles jardins sans vie, sans couleur, sans harmonie...

iles jardin mistral S'il y a bien un billet que je souhaitais planifier et rédiger depuis un bon moment, c'est bien celui que vous êtes en train de lire.

Cela fait des mois et des mois que j'observe attentivement, au gré de mes déplacements à pied, en tramway ou en voiture, le devenir de la zone du Parc Paul Mistral située le long du boulevard Jean Pain, entre la Mairie de Grenoble et la statue des "Diables bleus".

La réalisation du nouveau Stade des Alpes a longuement fait parler d'elle durant le second mandat de Michel Destot.


Des parkings aux espaces "verts"


La ville de Grenoble a choisi de supprimer plusieurs parkings. Un premier espace de stationnement de 120 places juste devant la statut des "Diables Bleus", un de 160 places correspondant à l'ancien parking de la Mairie et celui de 413 places entre les deux premiers. Au total, c'est environ 700 places de parking qui ont été remplacées par plus de 10 000 m2 de nature et d'espace minéralisé.

Certains regrettent avec ardeur la suppression des zones de stationnement. D'autres au contraire, se réjouissent de ce nouvel espace de végétation et de promenade nouvellement appelé "les Iles Jardins" [1] par leurs concepteurs. En ces lieux, seuls les grands arbres du Parc Paul Mistral ont été préservés.

En y regardant de plus près, lorsqu'on décide de s'y rendre pour se promener ou pour traverser une partie du parc, on se rend compte de l'extraordinaire fadeur et tristesse des lieux.


Végétations et végétalisation relatives


Il semblerait que depuis près de 2 ans, la végétation tente de pousser à un faible rythme et soit relativement identique quelques soient les saisons. On a l'impression que l'on attend sagement qu'elle pousse.

La verdure est relative, voire inexistante par certains endroits. La végétation repose sur une sorte de "lit de paille" sur lequel une variété de plantes grasses tentent de pousser au ras du sol depuis des mois et des mois autour des arbres.

Ces îlots de verdure ne donnent pas l'image d'un embellissement vivant et soutenu. En hiver, la végétation est recouverte par un feuillage aux couleurs d'automne associé à des plantes ternes dont la disposition est hasardeuse sur le sol.

Aucun charme ne se dégage des "Iles Jardins", aucune couleur verdoyante, aucun ton pastel vivant. L'étendue de la zone entre les différents îlots est triste à souhait.

Aucun plaisir. Le printemps et l'été ne changeront certainement pas la vision actuelle du terrain. Sans compter une impression d'abandon de végétalisation.

En définitive, rien ne nous invite à errer dans cette zone ni de s'y promener : tout nous pousse à en partir et à la traverser pour se rendre fonctionnellement d'un point à un autre.

La notion d'Iles Jardins apaisantes au coeur de la ville... est à revoir.

Notes

[1] terme un peu élancé et pompeux