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Mot clé :: [ rocade nord ] - Tag associé à 14 billet(s)

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2009

Grenoble, projet Rocade Nord : le coût total aurait été sous-estimé de près de 250 millions d'euros

rocade nord grenoble En novembre 2007, le Conseil général de l'Isère (CG38) annoncait avoir pris la maîtrise d'ouvrage de la réalisation du contournement de la Rocade Nord.

A cette époque, l'enveloppe communiquée aux différents acteurs du projet, aux élus et au grand public se montait à 580M€ HT (valeur, avril 2006).

Une somme qui, pour certains, est de fait largement sous-estimée, notamment pour les personnes opposées depuis longtemps à la réalisation de l'infrastructure et qui tentent d'analyser et de "décortiquer" l'ensemble des données chiffrées associées au projet de la Rocade Nord de l'agglomération Grenobloise.


580 M€, un "prix d'appel" politique


"On nous a annoncé 580M€ HT pour la Rocade, c'est environ 200M€ de moins que le projet initial de la DDE qui, rapporté en valeur 2006 sur l'indice TP-01 se montait à 763M€" explique Vincent Comparat, Directeur de l'Observatoire des Finances et des Politiques Publiques (OFiPoPu) lors de son point presse du 5 novembre 2009.

"C'est un prix politique (...) anormalement bas, pour ne pas faire peur aux élus" ajoute ce dernier, persuadé qu'une grande part d'ombre subsiste au coeur du projet et que les élus et référents associés au projet sont loin de connaître l'ensemble des éléments chiffrés du dossier.

Initialement, l'enveloppe prévisionnelle de 580M€ HT prévoyait 410M€ pour les travaux d'ouvrage fonctionnel, 100M€ d'aménagements urbains, 35M€ pour la maîtrise d'ouvrage dont 10M€ pour l'assistance, 5M€ de foncier, 20M€ d'études préalables et 10M€ de maîtrise d'oeuvre sur l'avant-projet.

Convaincu que le CG38 n'avait fait aucune étude "sérieuse" au préalable pour déterminer le montant de cette enveloppe, l'OFiPoPu avait choisi en octobre 2008 de réexaminer ces chiffres et d'apporter lui-même une nouvelle estimation "raisonnable" à partir des indices travaux BTP (TP-01) et des données de l'avant projet de la DDE de 2006.

Ainsi, rapporté aux dates de valeurs et donc à l'évolution des "prix du marché", l'estimation du CG38 d'avril 2006 de 580M€ HT valait 662M€ HT en juin 2008.

Du côté de l'observatoire, en prenant en compte leurs indices et critères (DDE, TP...), leurs estimations s'élèvaient à 733M€ HT (valeur 2006) et 836M€ HT (valeur 2008).

Soit tout de même une différence notable qui avoisinait les... 170M€.


Obtention des documents justifiant l'évaluation de 580M€


Après avoir effectué sa propre estimation en 2008, le Directeur de l'observatoire "a demandé au Président du Conseil général de l'Isère de lui communiquer une copie des documents, lettres et études, provenant des bureaux d'études qui ont confirmé l'évaluation à hauteur de 580M€ (valeur avril 2006) du coût de la Rocade Nord de Grenoble" [1] en novembre de la même année.

Ayant refusé de les communiquer au demandeur, ce dernier a effectué un recours auprès du Tribunal Administratif de Grenoble et "la Commission d'accès aux documents administratifs a émis un un avis favorable à la communication de ces documents" [2].

Récemment, le CG38 [3] fut contraint de donner au demandeur les estimations chiffrées des bureaux d'études.


Estimations financières et synthèses des coûts des travaux


En avril 2008, le Centre d'Etudes Techniques de Lyon (CETE) a évalué le montant des travaux à 525M€ HT. Un coût qui ne prend pas en compte diverses contraintes de réseaux, de maintien de la circulation, de remodelage des berges, de réaménagement de surface, diffuseurs et raccordements aux portions d'autoroutes.

Rapporté en valeur à juillet 2009, l'estimation pourrait donc attendre "au minimum" 600M€ HT selon l'Observatoire.

De son côté, en novembre 2008, le groupe EGIS (filiale de la CDC), spécialisé dans l'ingenièrie et le conseil dans la construction d'infrastructure et systèmes pour les transports remettait une étude détaillée au Conseil général de l'Isère. Le coût était estimé à 550M€ HT (620 en valeur 2009).

Ces estimations de coût ne concernerait que les travaux... de l'ouvrage seul.

Ainsi, sur les 580M€ HT initialement annoncé par le CG38, 410M€ représenterait le coût de l'ouvrage fonctionnel (valeur 2006).

Soit en valeur juillet 2009 selon l'Observatoire, un estimation de 462M€ HT pour le CG38, 600M€ HT pour le CETE, 620M€ HT pour EGIS et 623M€ HT pour l'OFiPoPu.


Estimations des autres coûts associés


En plus des coûts des travaux sur lesquels les différents cabinets d'études se sont prononcés, il faut ajouter les coûts des déviations de réseau, maintien de circulations et divers (40M€), les études (71M€ - soit 11,5% du coût des travaux basé sur les taux de la DDE), les amenagements urbains (113M€) et les acquisitions foncières (46,7M€ - enquête publique - et non 5M€ comme annoncé en 2006 [4]).


Estimations du coût total... de la Rocade Nord


En avril 2006, le CG38 annoncait publiquement une estimation de coût de 580M€ HT (soit 653M€ en valeur 2009).

L'Observatoire des Finances et des Politiques Publiques estime de son côté, en novembre 2009, que le coût total serait au minimun... de 890M€ HT (valeur juillet 2009).

Soit un différenciel de... 237M€ !


Concernant le péage et le financement de la concession


L'appel à concession a débuté cet été.

La date de dépôt des dossiers de candidatures auprès du CG38 était fixée au 25 septembre 2009.

Une commission est chargée d'évaluer au préalable les candidatures "recevables" qui seront transmises à l'exécutif du CG38. Celui-ci donnera un avis. Une fois la proposition entérinée par le Conseil général, elle devrait se transformer en "contrat de délégation de service public" (DSP). La procédure est en cours et pour le moment, il est difficile de connaître le nombre et le nom des candidats éligibles pour la concession.

La concession ne porte pas sur les aménagements urbains (113€, valeur 2009). Selon l'observatoire, le concessionnaire prendrait à sa charge près de 260M€ HT (1/3 privé) soit 311M€ TTC et le CG38, 520M€ HT (2/3 public) soit 622M€ TTC de subvention d'investissement (valeur 2009).

Par ailleurs, si le fonctionnement et l'exploitation ne sont pas équilibrés pour financer les 311M€ TTC (hypothèse de tarif de péage urbain susceptible de dépasser les 2€ pour un seul passage véhicule - amortissement probable sur 40 ans - 56000 véhicules payants par jour etc...), il se pourrait que le CG38 soit prêt à donner en plus... une subvention de fonctionnement au concessionnaire.

Si le Président du CG38 obtient la déclaration d'utilité publique (DUP) courant 2010, il se pourrait qu'il soit contraint de lancer un appel au financement public supplémentaire auprès d'autres collectivités pour couvrir la subvention.

Reste à savoir si celles-ci (La Metro, Ville de Grenoble etc...) accepterons de choisir cette option, vu la situation financière actuelle de chacune.

Si l'on prend en compte les sempiternels dépassements de coûts inhérents à la réalisation d'une telle infrastructure et les éléments communiqués par l'Observatoire des Finances et des Politiques Publiques, il est fort à parier que le prix de la Rocade Nord pourrait atteindre le milliard d'euros.


Pour aller plus loin, quelques sites pro et anti Rocade Nord :

Pro Rocade Nord : http://www.isere.fr/424-rocade-nord.htm - http://www.rocade-nord.fr/ - http://www.rocadenord-leplus.com/ ...

Anti Rocade Nord : http://www.rocade-nord.org/ - http://vivreenvillegrenoble.free.fr/spip/ ...

Notes

[1] extrait 1 du jugement du Tribunal Administratif du 24/09/09

[2] extrait 2 du jugement du Tribunal Administratif du 24/09/09

[3] pas réussi à joindre récemment Max Lambert, Chef de projet Rocade Nord au Département par téléphone

[4] voir plus haut


06

10

2009

Nouveau projet de requalification de l'Esplanade de Grenoble : réactions (in)attendues du public

grenoble esplanade Vendredi 2 octobre 2009, La Ville de Grenoble organisait une réunion publique à la Mairie pour présenter son projet de requalification de l'Esplanade.

Un projet urbain imposant qui s'inscrit dans une démarche de concertation liée au réaménagement de l'une des principales portes d'entrée du centre-ville de Grenoble.

Les études préalables ont débuté il y a quelques semaines. Les premières tranches de travaux sont prévues en 2011. La livraison des premiers lots devrait avoir lieu à partir de 2013.


Les enjeux du projet


D'un point de vue global, le réaménagement du secteur de l'Esplanade est étroitement lié au projet de requalification des berges de l'Isère (lire mon article sur le sujet), à celui de la construction de la nouvelle ligne de tram E et à la réalisation éventuelle de la Rocade Nord.

Au coeur de ce nouveau projet, la création d'un grand parc urbain de plus de 7 hectares dédié aux loisirs et à la détente. La future nouvelle ligne de tramway E est la colonne vertébrale du dispositif.

Pour la municipalité de Grenoble, il est primordial de faire sortir le quartier de son environnement autoroutier en prevoyant un "déclassement" de l'arrivée de l'autoroute A48 en ville. "Plus de vie et de vert", "plus de mobilité apaisée" et "plus de centre-ville" soulignent les principaux élus concernés pour introduire leur présentation.

Il s'agit de reconquérir les berges de l'Isère et ainsi de poursuivre l'extension du centre-ville vers le quartier de l'Esplanade en le reliant aux autres secteurs de la ville. Sur zone, la municipalité souhaite favoriser l'habitat, le développement d'espaces verts, d'emplacements commerciaux afin d'améliorer le cadre de vie des habitants.

Sans oublier une profonde réorganisation des déplacements et du stationnement... au profit de l'utilisation des transports en commun (Tram E) et autres modes doux associés.

Principaux objectifs : créer un grand parc, développer le quartier et favoriser les liaisons respectant un nouveau schéma de circulation.


Les elements du projet


Autour de la prochaine ligne de tram E, le schéma de déplacement envisagé comprend de nouvelles dessertes locales interquartier, des "traversées douces" et des "liens végétalistes". Mais également la création de nouvelles liaisons "mode doux" avec la rive gauche et la réorganisation de la circulation en entrée et en sortie du centre-ville.

Au nord du secteur, l'architecte-urbaniste [1] prévoit la création d'un nouveau pont permettant d'améliorer les échanges entre les deux rives.

Selon l'hypothèse B présentée au public (photo), seule une partie de l'existant serait préservée (habitations actuelles côté Chartreuse). Des centaines de nouveaux logements privés et publics [2] devraient sortir de terre [3], associés à des commerces et de nombreuses activités éparpillées sur zone.

En vert sur ma photo, déploiement d'espaces verts, grand parc. Zone bleue, dominante logement. Taches brunes, dominante activités et commerces. Zone grise, existant préservé. Ligne bleue, parcours du tram E.


Un projet concerté


Le calendrier de la démarche de concertation est le suivant :

Octobre 2009 : réunion publique et balades urbaines organisées les 10 et 19 (séances de travail, recueil de photos, de témoignages...).

Novembre 2009 : ateliers urbains en petits groupes permettant de débattre et de faire des proposotions sur les hypothèses de travail des architectes. Constitution de "cahiers d'habitants" adréssés aux architectes. Puis le 9, dernière réunion publique de présentation du projet.

Décembre 2009 : projection et présentation de l'hypothèse d'aménagement retenue.

Début 2010 : constitution du projet de ZAC et lancement des procédures administratives.

Début 2011 : lancement des premiers travaux... première tranche livrée en 2013.


Quelques réactions soutenues dans le public


Le public est venu nombreux découvrir les différentes facettes du projet. Certains habitants sont restés debout au fond de la salle [4].

Parmi les personnalités présentes autour de Michel Destot (Député-Maire de Grenoble), signalons la présence de Philippe de Longevialle (Adjoint à l'Urbanisme), Jacques Chiron (Adjoint aux Déplacements), Christian de Portzamparc (Architecte-Urbaniste désigné) et l'absence de Laure Masson (Adjointe à la Démocratie locale).

Lors de la soirée, le Maire de Grenoble s'est montré particulièrement énergique, déterminé et offensif face aux questions et interrogations du public.

Tout l'inverse de l'architecte-urbaniste, plutôt évasif, peu démonstratif et motivé pour promouvoir ses hypothèses de travail. Pour Michel Destot, il est l'un des meilleurs architectes-urbanistes de l'hexagone... ou du monde.

"Il est important de donner les rythmes de l'Isère à la Ville (...) Installer un parc qui donne envie de venir le matin, à midi, l'après-midi et le soir (...) Un endroit romantique, où l'on voit la rivière, la Chartreuse (...) Faire passer le tram côté parc, c'est une jolie chose avec de belles passerelles, c'est un véritable film" argumente l'architecte rêveur avant de souligner que le Michel Destot est "un Maire qui nous prépare l'avenir..." [5].

Rien de tel pour irriter une bonne partie des habitants plongés progressivement dans un cheminement d'interrogations.

Le public interpelle successivement les porteurs du projet sur le devenir de l'exploitation des ciments Vicats, le type de passerelle prévue au niveau du quartier Jean Macé, les nouveaux moyens de circulation. Mais également sur la prise en compte ou non des avis des associations de quartier dans le déroulement du projet, les différents types de logements et de commerces à construire, le devenir de la foire des Rameaux... tout en faisant remarquer l'absence de schematisation de la Rocade Nord sur les diapositives durant leur projection. Sans compter une critique sur le manque d'information préalable de la Mairie concernant la tenue de la réunion publique, la courte durée de la concertation engagée par la Ville de Grenoble... ou la suppression du grand parking de stationnement actuel de l'Esplanade,

Sur ce dernier point, un habitant s'interroge ouvertement. "On nous a expliqué qu'il y allait avoir un pont, un parc, des restaurants, des logements (...) C'est bien gentil tout ça mais les voitures... où on les met ?".

Jacques Chiron répond fermement "Il y aura le tram, parce que c'est ça aussi (...) Je rappelle qu'on avait avant sur les grands boulevards 60 000 véhicules jours, aujourd'hui, il y en a 27 000 (...) Il y a aussi une modification des habitudes des habitants, on ne fait pas un tram uniquement pour eux (...) On mettra donc des parcs-relais le long de la ligne (...) Rien n'est gratuit, soit c'est le contribuable, soit c'est l'utilisateur qui paye et pour ma part, je suis pour que l'utilisateur paye quand même un peu son automobile".

La salle s'agite. Le public reste dubitatif, visiblement peu convaincu par les propos de l'Adjoint aux Déplacements.

Un Grenoblois interpelle le Maire de Grenoble sur le type de logements à construire. "Ca va encore être un projet pour les promoteurs immobiliers (...) Un espace public qui va être donné, privatisé...".

Débité par ces propos, Michel Destot se lève et hausse nettement le ton. "On est pas ici pour se raconter des histoires (...) Mais le parc, c'est public, c'est pas un parc privatisé (...) C'est des fonctions sociales, publiques, populaires qu'il faut mettre (...) Quelques soient les conséquences, je me battrai, faut aussi savoir ce qu'on veut".

Applaudissements dans la salle.

En sortie de réunion, les Grenoblois étaient encore nombreux à converser ensemble autour d'un rafraîchissement. Chacun racontant ses petites histoires de quartier, une description aiguisée du comportement de ses voisins durant la semaine ou ses petits soucis de voirie, de stationnement, de circulation du moment... en petits comités bien distincts,

Ce genre de réunion publique attire toujours les mêmes personnes d'une même classe d'âge.

L'absence répétée des jeunes générations qui profiteront dans l'avenir de ces nouvelles infrastructures est pour le moins regrettable.

Notes

[1] Christian de Portzamparc

[2] mot d'ordre : mixité sociale

[3] Michel Destot parle d'un millier de logements sur zone

[4] manque de chaises

[5] agitation mesurée dans la salle


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05

2009

Réaménagement des quais de l'Isère : présentation des trois projets en compétition... en image

projet berges isere grenoble Lundi 15 septembre 2008, une réunion publique s'était tenue à l'auditorium du Musée de Grenoble dans le cadre de la concertation engagée sur le réaménagement des quais de l'Isère.

Le réaménagement des quais de l'Isère est inséré dans le projet de requalification du centre ville, "Coeur de ville, coeur d'agglo" initié il y a près de 3 ans par la Ville de Grenoble (lire mon premier article).

Rappelons qu'à l'époque, son budget prévisionnel avoisinait... les 55 millions d'euros... sur 10 ans.

La première phase de concertation publique (lire mon second article) avait pour ambition de présenter les enjeux de ce réaménagement.

Eté 2008, les Grenoblois étaient invités à fournir des photos illustrant leur perception actuelle des quais. Un "premier" diagnostic qui avaient permis d'alimenter la réflexion portée sur les différents travaux des trois équipes d'architectes paysagistes actuellement en compétition (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge) désignées dans le cadre de l'attribution du marché de définition des quais de l'Isère.


Nouvelle étape, nouvelles perspectives


Depuis près d'un an, les trois équipes d'architectes urbanistes paysagistes ont travaillé simultanément pour proposer leur idées de réaménagement des quais.

Le 25 mai 2009, lors de la visite de l'exposition [1] dédiée au réaménagement des quais de l'Isère, les différents élus en charge du dossier ont exprimé tour à tour leurs intentions.

"On doit prendre avant tout une équipe et non un projet arrêté par l'équipe qui sera choisie (...) On va regarder les meilleures tranches de projets et rien ne nous interdit de prendre le meilleur de chaque équipe pour aboutir au projet final" explique Philippe de Longevialle, Adjoint à l'urbanisme de la Ville de Grenoble [2].

"Il faut reconquérir l'Isère car au cours de son histoire, on lui a tourné le dos (...) Les quais, c'est un véritable écosystème (...) Ce réaménagement est un projet phare de mon troisième mandat (...) Avec tous les problèmes que j'ai du affronter sur d'autres projets, maintenant, je suis prêt à tout" rappelle Michel Destot, député-maire de Grenoble, justifiant l'importance de la tache à réaliser.

Emballé par l'ensemble des propositions émises par les professionnels, Jacques Chiron évoque le problème de circulation sur zone. "C'est incroyable mais il est vrai que ces trois projets au fond... nous font rêver (...) Pour tout vous dire, actuellement, nous avons 36 000 véhicules qui circulent par jour sur les quais (...) A terme, on aimerait que ça baisse à 10 000" explique l'Adjoint aux Déplacements et à l'embellissement de la Ville de Grenoble.

En septembre 2009, le Conseil municipal de Grenoble choisira l'équipe le projet retenue. Le "jury" sera composé d'élus, de professionnels et d'experts (commission de contrôle...). Le cabinet d'architectes urbanistes paysagistes sélectionné affinera ses propositions en prenant en compte l'avis des Grenoblois intéressés.

Début "volontaire" des premières réalisations : 2013.

Objectifs affichés : finir la première tranche de réalisation... après la mise en place du pont provisoire "Massena"... et avant la Rocade Nord.


Un enjeu majeur


L'enjeu est de taille. La concertation n'a pas empêché l'animation contrastée des débats et des propositions ces derniers mois.

En raison des futurs travaux, les quais seront-ils fermés à la circulation ? Il y aura t-il des nouveaux points de passage, passerelles ou nouveaux ponts sur l'Isère ? Dans quel sens éventuel les véhicules pourront-ils circuler sur les différents quais (Nord et Sud) et dans quelles conditions ? Il y aura t-il une suppression ou une addition de places de stationnement ? Quelle place sera accordée au tram E ? Quelle vie sociale, économique et commerciale voulons-nous sur les quais, dans le quartier Saint-Laurent ?

Les questions d'accessibilités, des modes doux et/ou motorisés, de transport, circulation et de stationnement sont au coeur des préoccupations d'aujourd'hui... et de demain.


Présentation des propositions des architectes urbanistes paysagistes


Du 27 mai au 31 juillet 2009, les Grenoblois auront l'occasion de visiter l'exposition à la Plateforme [3] sur le réaménagement des quais de l'Isère. Un "questionnaire habitants" notamment disponible sur place leur permettra d'exprimer leur avis et de mentionner des suggestions sur l'avenir des quais.

En avant-première, GreBlog vous présente un "slideshow" montrant les différentes propositions de projets de réaménagement sur lesquels les trois cabinets (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge) ont planché depuis des mois.

Mon slideshow : images d'exposition, projet 1 (5 photos), projet 2 (7 photos) et projet 3 (8 photos) [4].



Projet 1, en bref :

Quai Nord : une voie circulée, piste cyclable double sens, trottoir élargi. Promenade, terrasses. Stationnement supprimé...

Quai Sud : deux voies circulées, un belvédère, trottoir élargi et nouvel accès piéton...

Niveau Isère : nouvelle passerelle, circulation maintenue avant Rocade, transformée en promenade après Rocade, élargissement du trottoir sur ponts...


Projet 2, en bref :

Quai Nord : une voie circulée réduite avant Rocade, suppression voie circulée après Rocade. Piste cyclable double sens, trottoir élargi. Quai animé. Promenade, terrasses. Stationnement supprimé...

Quai Sud : réduction une voie circulée après Rocade, piste cyclable double sens, promenade au dessus de la voie sur berge...

Niveau Isère : nouvelle passerelle, circulation maintenue voie sur berge avec sortie quai Créqui, balcons sur ponts...


Projet 3, en bref :

Quai Nord : une voie circulée avant et après Rocade. Piste cyclable double sens, trottoir élargi. Quai festif et aquatique (piscine) avec possibilité de fermeture temporaire...

Quai Sud : réduction une voie circulée après Rocade, piste cyclable à contre sens. Belvédère au dessus de la voie sur berge, trottoir élargi...

Niveau Isère : nouvelle passerelle, circulation maintenue voie sur berge avec sortie quai Créqui, élargissement trottoir sur ponts...


Pour finir, petite nouveauté qui risque d'engendrer quelques mécontentement d'ici quelques semaines. A terme, toutes les places de stationnements [5] (côté quai Nord, Saint-Laurent) seront payantes.

Notes

[1] réservée à la presse

[2] également Président départemental du Modem 38

[3] ancien Musée de Grenoble

[4] le nom des 3 cabinets ne doit pas être associé aux projets

[5] encore gratuites


15

12

2008

Réunion de concertation du Conseil Général de l'Isère à Grenoble sur le projet de Rocade Nord : principaux arguments

rocade nord grenoble Article maj le 16/12/08 [1].

Jeudi 11 décembre 2008, le Conseil Général de l’Isère (CG38) organisait à Grenoble une réunion publique dans le cadre de la concertation préalable engagée depuis de 15 novembre. Une étape transitoire du projet non définitif au cours de laquelle habitants et porteurs du dossier concernés peuvent s'exprimer et ce, jusqu'au 15 janvier 2009 [2].

Face au public, quatre principaux orateurs venus porter le projet de Rocade Nord : Marc Baïetto, Vice-président chargé de l'aménagement et de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements. Alain Mistral, Vice-président chargé de l'administration générale et des finances. Max Lambert, Chef de projet Rocade Nord au département et Pascal Raoult, Ingénieur.

Dans la salle, de nombreuses associations particulièrement opposées au projet font entendre leur voix au cours du débat. D'autres personnalités sont là. Notons la présence des Conseillers généraux Jacques Chiron, Christine Crifo, Olivier Bertrand et Roger Pellat-Finet ainsi que Jean Cognet, porteur du tracé "Cognet" (voir l'interview).


Le public n'est pas au rendez-vous


Contrairement à l'an passé, le public ne s'est pas déplacé en masse au CRDP. A peine une centaine de personnes dans la salle et de nombreux sièges vides. Un nombre sensiblement identique à celui constaté lors de la réunion du collectif CAIRN [3] à Grenoble il y a quelques jours (lire mon article).

Le dossier reste sensible. Le cadre est fixé en introduction. "Ce projet suscite beaucoup d'intérêts et de points de vue passionnés (...) Je vous demande de respecter la parole d’autrui et de respecter les règles [4] (...) J'espère que vous donnerez une certaine dignité à ce débat" souligne le modérateur de la soirée. Ce dernier fait également part de son étonnement en constatant le peu de personnes présentes.

Durant une trentaine de minutes, les principaux porteurs du projet exposent au public les différentes étapes du projet et leur positionnement en s'appuyant à la fois sur des études et des constatations. Juste avant de débattre, les habitants sont invités à suivre la projection du film [5] (visible ici) commandité par le CG38 présentant une modélisation (images de synthèse) du projet de Rocade Nord.


Les arguments des porteurs du projet de Rocade Nord


"On n'est pas au ordre de la Chambre de commerce (...) Ce projet va libérer du foncier (...) Cette rocade s’inscrit bien dans un cadre, celui du développement des transports publics financés à 80% par l’activité économique de la région" explique dans un premier temps Marc Baïetto.

Max Lambert est chargé de présenter rapidement les différentes familles de tracés "éloignés" (ex : le tracé Cognet) et "rapprochés" (ex : le projet initial de la DDE et... celui du CG38). Son exposé s'appuie notamment sur les conditions techniques de réalisation, la requalification des secteurs urbains, la qualité de l’air. Bien entendu, l'objectif est de focaliser l'attention du public sur le tracé "rapproché" proposé par le CG38 [6], maître d’œuvre du projet de Rocade Nord.

Pour les porteurs du projet, il s’agit je cite... de "mieux desservir l’Agglomération Grenobloise, d’apporter une réponse adaptée aux besoins des Isérois, de réduire le trafic sur les grandes voies urbaines, de limiter l’impact en surface des ouvrages" avec une volonté "d'interdire la circulation des poids lourds".

Pour le Chef de projet Rocade Nord, "Rien n'est arrêté pour le moment (...) Nous réfléchissons à la requalification des échangeurs et diffuseurs (...) La rocade doit contribuer au développement durable du territoire (...) Il sera possible de faire du paysager, du mode doux, de reconquérir des espaces naturelles, de réduire la pollution en diminuant les déplacements dans l’Agglomération (...) Une route intelligente sur laquelle des informations pertinentes de circulation seront proposées aux automobilistes".


Les arguments des collectifs et associations


Le public est invité à débattre. La règle conduit les associations à s'exprimer durant 15 mn.

"Le Conseil Général vient de vous présenter un très joli film de science-fiction (...) Nous aurions bien aimé vous présenter un dossier alternatif mais hélas, il en a décidé autrement" souligne Philippe Zannola de l'ADTC. Applaudissement dans la salle.

L'ADES pose une question : "Dans le dossier de concertation, il manque pas mal de données économiques et financières (...) On voudrait avoir une confirmation sur les chiffres du coût d'exploitation annuelle de 4M€ et du coût des recettes de péage de 15 M€" [7].

Le collectif RESPIRON s'interroge : "Je ne vois pas comment on va pouvoir résoudre les problèmes des bouchons endémiques sur Crolles et Voreppe (...) Je me demande aussi qui, en 2014, va bien pouvoir prendre cette rocade nord ?". Son représentant évoque une phrase qu'aurait mentionnée André Vallini dans un journal. "Le 11 janvier 2008 dans Les Affiches de Grenoble, le Président Vallini m'a donné une réponse, je cite le Président Vallini... nous faisons la Rocade Nord pour les VRP, les commerçants et les artisans, pas pour les salariés qui peuvent prendre le bus" [8].

Marc Baïetto choisi de ne pas rentrer dans le "jeu" des petites phrases et préfère effectuer une mise au point.

"Je n’ai jamais dit que directement la rocade réduirait les bouchons, par contre nous ne les réduirons pas si nous ne faisons pas la rocade (...) Aujourd’hui, on a à traiter une ville qui ne peut fonctionner qu'en s’appuyant sur des moyens de mobilité individuel, qu’on a laisser se vautrer dans l'espace qui est autour de la ville-centre (...) La première chose que nous avons à faire, c'est de densifier la ville, construire des logements (...) Et je le redis, le SMTC, le Département, la Métro peuvent financer de l’investissement mais le problème majeur que nous avons, c'est du fonctionnement (...) Quand vous prenez les transports en commun, nous finançons 17% du coût, ça veut dire qu'il faut trouver 83% ailleurs (...) Le principal usage premier attendu de la Rocade, c'est l'usage économique".


Les arguments du public


Une habitante estime que la voiture doit faire partie du passé. "J’ai 4 enfants, j’ai réussi à abandonner la voiture, nous nous déplaçons en vélo, en bus et je pense que nous avons encore des progrès à faire dans ce sens, inventons un monde nouveau".

Une autre personne souligne l'énorme travail réalisé par les acteurs du projet mais pense que ce dernier arrive un peu trop tard. "Pour moi ce qui ne va pas, c'est qu'on mette des voitures dans cette rocade (...) Il faudrait que ce projet soit recyclable pour y mettre plus tard des trains (...) Faites les tailles des tunnels pour qu'ils soient utilisables plus tard, voyez plus loin que le bout de votre pare-choc".

Autre intervention d'un participant "Ce projet est mal ficelé (...) Un tunnel, c’est fait pour absorber tous les trafics (...) Grenoble a fait tomber son autopont, on va pas refaire un méga viaduc à La Casamaure".

Une habitante s'appuie sur le Grenelle de l'environnement pour justifier ses propos: "Avec le Grenelle, on nous rabâche qu'il faut réduire la voiture et la pollution et là, on développe plus de route (...) En terme de message et de sensibilisation de la population, c'est un petit peu compliqué à comprendre".

Bruno Ferrand, membre du CCS3 [9] de Grenoble, exprime son opposition à l'élargissement et au passage deux fois trois voies de l'A480 et à tout aménagement qui conduirait à une augmentation de la circulation, de la pollution et du bruit. Il évoque le concept "d'autoroute apaisée" à expérimenter : limitation de vitesse à 70km/h de jours comme de nuit.

A l'opposé, une participante estime que la Rocade Nord aurait du voir le jour depuis longtemps et que cette infrastructure est un bon projet pour l'avenir.


L'argumentation des porteurs du projet de Rocade Nord a peu évolué. L'orientation est la même. L'objectif est d'agir. Les réponses sont toutes prêtes. Le ton reste déterminé.

Par ailleurs, les remarques des habitants évoluent également. Au delà des interprétations et justifications de chacun, on a le sentiment que beaucoup ont compris que ce projet de Rocade Nord poursuit sa route et devrait aller à son terme.

Désormais, beaucoup s'interrogent sur la qualification et l'usage du futur contournement routier. Et parmi les principales préoccupations soulevées... la durée de vie de la Rocade Nord.

Notes

[1] ajout d'une remarque sur l'A480

[2] à propos de la consultation

[3] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[4] cadrées, plutôt strictes et formelles...

[5] deux habitants baillent au moment où on rallume la salle après projection

[6] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[7] mentionnés dans le rapport d'expertise Hersant, lire ici

[8] propos à confirmer

[9] CCS gelés, en hibernation pour le moment...


04

12

2008

Certains élus commencent à soulever des inquiétudes sur le projet de Rocade Nord

rocade nord grenobleLe projet de Rocade Nord n'en fini pas de faire parler de lui.

Depuis la consultation publique organisée mi-2007 par le Conseil Général de l'Isère (CG38), maître d'ouvrage du projet d'infrastructure routière, de nouvelles données, études et analyses sont venues "étoffer" le dossier sensible de la Rocade Nord.

Depuis une année, de nouvelles informations complémentaires viennent préciser officiellement et officieusement le cadre et les perspectives du projet : nouvelles expertises à l'appui, nouvelles prospectives et estimations financières.

Sur ce dernier point, il semblerait que certains élus commencent à retourner leur veste.


La Rocade Nord, depuis un an


A commencer en octobre 2007 par la publication et la diffusion du vrai rapport de l'Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise (AURG) quelques semaines seulement après la consultation publique. Le document initial contenait des informations sensibles sur la modélisation du trafic. En l'occurrence, des données sur les conséquences d'une prépondérance et d'une attractivité de la voiture dans les déplacements aux dépens des transports collectifs.

En février 2008, pour le compte de la Société Mixte des Transports en Commun de l'Agglomération Grenobloise (SMTC) en charge de la définition du PDU 2007-2012 (dont la délibération a été annulée le mois dernier), l'AURG a réalisé une étude prospective permettant d'évaluer l'impact du projet de Rocade Nord d'ici 2025. Un rapport très intéressant modélisant différents scénarios sur le trafic, la population et l'usage des transports... avec et sans Rocade Nord.

En juin 2008, suite à un appel d'offre, le CG38 demande à un bureau d'étude indépendant (SECAD, Amiens) d'apprécier les impacts d'un scénario alternatif de déplacements dans la région Grenobloise... en tenant compte de l'existence de la Rocade. Dans sa conclusion, le rapport souligne que "le projet global de déplacement fondé sur la réalisation de la Rocade Nord" (...) nous apparaît favorable au développement d'une mobilité durable dans ses 3 facettes - économique, sociale et environnementale - de l'agglomération Grenobloise".

En octobre 2008, estimant que le chiffrage du coût actuel annoncé n'a pas été pleinement étudié, l'Observatoire des Finances et Politiques Publiques (OFIPOPU) décide d'analyser les coûts successifs estimés pour la réalisation du projet de Rocade Nord. Le PDU 2000-2010 annonçait un premier coût de 300 M€. En 2004, le devis de la DDE sur le projet PDU portait le coût à 763M€ (valeur 2006). En 2006, le CG38 diffusait le chiffre de 580 M€. Fin 2008, l'Observatoire estime que le projet de Rocade Nord couterait au minimum... 733 M€ (valeur 2006) et 836 M€ (valeur juin 2008).


La Rocade Nord, et maintenant


Le CG38 a lancé le 15 novembre 2008 une concertation préalable obligatoire avant projet auprès du public. Jusqu'au 15 janvier 2009, un dossier de présentation et un registre destiné aux observations sont mis à la disposition des habitants à l'Hôtel du département et dans les communes concernées de Fontaine, Grenoble, La Tronche, Meylan, Saint-Martin-d'Hères, Saint-Martin-le-Vinoux et Sassenage.

Début 2009, le CG38 devrait se prononcer sur le coût réel de la Rocade Nord et ses différentes modalités de financement. Au second semestre de la même année, une Enquête d'Utilité Publique (EUP) devrait suivre en attendant le lancement des études de l'avant projet.


Des "propositions alternatives innovantes" à la Rocade Nord


De nombreuses personnes hostiles au projet se mobilisent pour proposer "des alternatives innovantes" à la Rocade Nord.

Une fédération, des unions de quartier, des groupes et de nombreuses associations se réunissent sous l'égide du Collectif pour des Alternatives Innovantes à la Rocade Nord de Grenoble (CAIRN) "convaincu que le projet de Rocade Nord de Grenoble aurait un impact négatif pour notre agglomération, et qui milite pour un Plan de Déplacements Urbains (PDU) alternatif".

Mardi 2 décembre 2008, le CG38 organisait l'une de ses réunions de concertation à Saint-Martin-le-Vinoux[1], . Au même moment, le CAIRN organisait une réunion publique à la Maison des Associations de Grenoble.

Une petite centaine de Grenoblois est venue écouter les arguments du CAIRN. Globalement, le discours est rapide, construit, bien huilé, parfois décousu. Il se veut déclaratif, percutant et particulièrement offensif. Le collectif passe en revue ses "10 idées fausses sur la Rocade Nord" en se basant sur des comparaisons et de nombreux chiffres [2].

La moindre observation émise par les acteurs du projet devient le support d'une contre-proposition "crédible" pour les opposants. Toutes les alternatives sont passées en revue : réseau TER structurant, lignes tram-train, tram urbain, prolongation de lignes actuelles, retour du trolleybus, priorité aux feux, double-sens cyclables et déplacements à vélo, stationnement, intermodalité, paysage immobilier, tarifications à venir, ... jusqu'à l'opportunité de trouver de nouveaux modes de financement.


Inquiétudes de certains élus sur le projet de Rocade Nord


"On sait que deux communes ne veulent pas de la Rocade, La Tronche et Saint-Martin-le-Vinoux (...) Depuis peu, on sait que Saint-Egrève se positionne et que d'autres communes qui au départ avaient accepté la Rocade Nord pour le principe commencent à s'interroger sérieusement depuis un an, voir à reculer en arrière (...) La plupart ne veulent pas le dire tout haut" explique Antoine Jammes, Vice-Président de l'ADTC.

Selon Olivier Bertrand, Conseiller général du canton 1de Grenoble, la vision de la Rocade Nord est bouleversée : "Depuis la consultation de 2007, le projet a complètement changé dans sa manière d'être porté médiatiquement (...) Si vous remarquez bien, il y a une évolution vers le manque d'intérêt du projet (...) La situation financière du Conseil Général est plutôt bonne mais avec la crise, même s'il prend un prêt de 400 M€ pour faire la Rocade, il ne pourra certainement plus financer ailleurs d'autres structure".

Pour le Conseiller général, le financement du projet est la clé : "Attaquer la Rocade Nord sur le fond, je me demande si ça sert à quelque chose (...) Il va bien falloir que le Conseil général s'exprime sur le chiffrage exact et quand on l'aura, on va vite s'apercevoir qu'il ne pourra peut être pas suivre son projet vu le contexte économique (...) En réalité, la question financière est au coeur de la problématique, c'est la seule qui à mon sens peut faire plier le projet".


Réactions du public sur le projet de Rocade Nord


Pêle-mêle, quelques réactions du public lors de cette réunion.

"Il serait temps de repenser la notion du travail en France et d'en parler car on s'attache à se déplacer alors qu'on pourrait faire du télétravail et mieux s'organiser" - "La Rocade Nord si elle se fait, c'est qu'il y a des gens qui ont de l'argent à gagner dans l'histoire" - "De toute façon, on sait bien qu'elle va se faire et qu'elle est déjà décidée en haut lieu et nous on compte pour rien" - "La Métro et la Ville de Grenoble sont de plus en plus endettées, ca va peser sur nos impôts" - "On nous dit que pour réaliser ou financer la future ligne E du tram à Grenoble, les quais ou l'Espanade, la Rocade Nord doit se faire et que tout est lié en attendant les JO de 2018" - "Plus on fait des infrastructures, plus le trafic automobile augmente et pas l'inverse" - "On sait pertinemment que ça coutera plus cher à la fin et ça coutera un milliard d'euros à la collectivité".


L'annulation de la délibération du PDU 2007-2012 inscrivant le principe de Rocade Nord relance une partie du débat sur sa réalisation.

Face à la crise économique et financière, le CG38 maintient son cap et ses ambitions sans toujours dévoiler avec précision le détail de ses intentions. Au regard des situations, des élus s'interrogent sur l'opportunité de réaliser un projet structurant devenu un "pretexte" pour en réaliser d'autres au sein de l'agglomération Grenobloise.

En parallèle, le CAIRN admet qu'il n'a pas toujours les moyens de ses ambitions lorsqu'il s'agit d'expliquer son positionnement et ses prérogatives auprès de l'ensemble de la population concernant le projet de Rocade Nord.

Notes

[1] Le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[2] Le CAIRN et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.org/


01

10

2008

Réaménagement des quais de l'Isère : première réunion publique et réactions des Grenoblois

isere grenoble Lundi 15 septembre 2008, une première réunion publique s'est tenue à l'auditorium du Musée de Grenoble dans le cadre de la concertation engagée sur le réaménagement des quais de l'Isère.

Ce réaménagement des quais de l'Isère est inséré dans le projet de requalification du centre ville, "Coeur de ville, coeur d'agglo" initié il y a 2 ans par la Ville de Grenoble (lire un billet sur le sujet) dont le budget prévisionnel pour rappel, avoisine les 55 millions d'euros sur 10 ans.

Face au public venu nombreux [1], Jacques Chiron (Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la Ville), Laure Masson (Adjointe à la Démocratie locale et à la Coordination des secteurs) et Philippe de Longevialle ( Adjoint à l'Urbanisme) ont présenté le calendrier et les modalités de lancement de la concertation.


Démarche de concertation


Cette première réunion publique avait pour ambition de présenter les enjeux du réaménagement. Mais également, établir un premier diagnostic et alimenter les travaux des trois équipes d'architectes paysagistes en compétition désignées dans le cadre de l'attribution du marché de définition des quais (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge).

En amont cet été, les Grenoblois ont été invités à fournir des photos illustrant leur perception actuelle des quais de l'Isère.

Au final, seulement 17 contributeurs (associations réunies, habitants isolés...) ont participé à la démarche et 178 photos ont été préalablement sélectionnées par les rapporteurs de la Ville de Grenoble. Une sélection de ces clichés et un film retraçant une partie de l'histoire des quais fut projeté au public pour étayer les premières constatations sur le terrain.

Au point de vue chronologique, la démarche de concertation va s'étendre sur une année : comité de suivi en octobre, exposition au 1er trimestre 2009, seconde réunion publique et bilan au 3ème.

Concernant le marché de définition : programme et fin des proposition d'aménagement d'automne à fin 2008, désignation du cabinet d'architecte au printemps 2009. Études de maîtrise d'ouvrages, appel d'offres entre 2009 et 2010. 1ère phase d'aménagement prévue vers 2012 - 2013 (incluant le remplacement du pont provisoire "Massena" (lire mon billet sur le sujet), puis 2ème tranche vers 2014 (vision Rocade Nord...).

Pile poil... horizon... prochaines élections municipales.


Une requalification nécessaire et attendue


Au passage, rappelons que 81% des Grenoblois estiment que l'Isère n'est pas suffisamment mis en valeur et que 66% aimeraient faire visiter les quais à leurs amis s'ils étaient mieux aménagés [2].

Mais qu'entend-on vraiment par "aménagement" requalification restructuration ?

Premier élément de réponse : durant la réunion, l'un des rapporteurs analyse un série de photos projetées à l'écran face à un public... complètement hilare. Il faut dire que ses explications sont peu pertinentes.

Extrait audio :



Réaménagement des quais : le point de vue du public Grenoblois


Pour le public Grenoblois, les préoccupations sont nombreuses, claires et limpides.

Extraits : perceptions et réactions de la salle au fil des échanges au cours de la soirée.

"Les quais, il faut leur attribuer un rôle et il ne faudrait pas que les aménagements futurs oublient les raisons pour lesquelles ils ont été réalisés à l'origine (...) Ce projet doit être à la hauteur de la représentation de la ville (...) On fait souvent référence à ce que fait la ville de Lyon mais notre contexte est différent (...) Il faut aussi être ambitieux et réfléchir au plan de circulation de la ville, ça va être à mon avis extrêmement difficile (...) Il risque d'y avoir conflit entre les piétons, la circulation" souligne pêle-mêle les premiers intervenants.

"Réglons d'abord les problèmes de stationnement (...) Les deux rives sont à double voies, il faut qu'elles perdent leur statut d'artère qui invitent les automobilistes à rouler vite" explique un habitant.

Un autre met en garde la municipalité. "Les conséquences de la réduction de la circulation automobile peuvent devenir extrêmement grave et déporter les engorgements ailleurs (...) Les études à venir ne remplaceront jamais la réalité des choses, il est fondamental de faire un essai et des tests de circulation un temps, en grandeur nature".

C'est au tour d'une Grenobloise d'exprimer sa vision : "J'ai relativement peu entendu des questionnements sur les modifications concernant les modes de vie des Grenoblois et les conséquences sur les familles, les personnes âgées qui ont besoin de ce rapport charnelle avec la rivière (...) Ceci va au delà des problèmes de circulation".

"Il y a un quand même un problème crucial, c'est que si nous ne connaissons pas le schéma de circulation automobile prévu par la Mairie, on ne pourra jamais percevoir le travail des paysagistes (...) En plus, on a une arrivée d'autoroute à la Porte de France, c'est invraisemblable, c'est aussi toute la partie vers l'Espanade qui doit faire partie de vos plans de requalification (...) Planter des arbres ou des fleurs, tout le monde sera d'accord (...) Si vous commencez à planter des arbres et des ponts un peu partout, je crois que le résultat sera médiocre" argumente un habitant du quartier Saint-Laurent.

"Le long de l'Isère, il faut mettre des activités (...) Si on veut supprimer les voitures, à part les sportifs, tout le monde ne va pas monter à Chamrousse en petit vélo (...) Il y a un autre endroit aménageable sur l'Isère, regardez sur la carte [3], il y a une grosse tache blanche, c'est le Cimetière et là, le foncier, ça coûte pas cher (...) Le Cimetière, on en fait un lac avec des activités, et là, tout le monde est content" rétorque un Grenoblois. Le public est conquis par la stupidité des propos.

Pour répondre aux inquiétudes partagées dans l'ensemble par les Grenoblois, Jacques Chiron, Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la Ville déclare en guise de conclusion "N'ayons non plus pas peur (...) Si on avait écouté les craintes, on n'aurait jamais fait la 3ème ligne du tram (...) Sachons aussi regarder les choses de manière plus globale et voir les évolutions actuelles".


Comme on l'aura compris, les habitants sont à la fois soucieux et déterminés par principe. En matière de requalification, la grande majorité considère que l'axe principal de réflexion doit se porter sur les questions de circulation. Cycles, piétons et automobilistes compris.

Cette première réunion publique a également fait ressortir les inquiétudes des habitants concernant le devenir du Palais du Parlement et l'intégration de la Rocade Nord (sortie du tunnel) au sein du projet de requalification des quais de l'Isère.

Etrangement, très peu d'échanges se sont portés sur... les transports en commun.

A méditer.

Notes

[1] souvent, toujours le même

[2] extrait de l'enquête CSA, sept. 2008

[3] voir photo


11

12

2007

Bonjour, un menu GIANT XL pour Grenoble, l'Isère et le Conseil Général de l'Isère s'il vous plaît !

giant grenoble Le 19 octobre 2007 dernier, le Conseil général de L'Isère (CG38) dévoilait un nouveau projet d'envergure national et international pour la ville de Grenoble , l'Isère et la région Rhône Alpes. Une perspective également présentée le 19 novembre 2007 devant le Conseil Municipal de Grenoble.

Le projet "GIANT", Grenoble Isère Alpes Nano Technologies (nom de code peu apprécié de certains élus, notamment par Geneviève Fioraso [1]) est un projet très ambitieux portant essentiellement sur la requalification du Polygone scientifique, le développement technologique et économique de l'Isère et sur une volonté d'agrandir, d'émanciper le centre ville de Grenoble.


GIANT, un projet d'envergure internationale, un MIT à la française


Un projet d'urbanisme gigantesque sur lequel le CG38 travaille "en secret" [2] depuis janvier 2007, étayé par un rapport de Marcel Morabito mettant l'accent sur le principe de la compétitivité internationale, le maillage territorial ou la gouvernance universitaire. S'appuyant sur l'opportunité et le professionnalisme du transfert technologique, le rapporteur souligne la nécessité d'amener une vision à long terme du dynamisme économique et préconise l'ouverture des Universités sur la société. L'ancien recteur de l'Académie de Grenoble signale lors de sa présentation [3] "Partout, on finance de plus en plus massivement sur projet et non pas sur structure (...) Partout, on observe des liens étroits entre recherche, enseignement supérieur et industrie (...) des concentrations massives de compétences et de moyens (...) d'où l'émergence d'un modèle unique (...) la nécessité d'attirer les élites" en prenant modèle sur le MIT à Cambridge.

Le "projet GIANT, vers un MIT à la française" prévoit de requalifier et de réaménager près de 250 hectares entre le Drac et L'Isère et un rhabillage du Polygone scientifique en "presqu'île de l'avenir" d'ici... 2020... 2025 !

Jean Therme, initiateur du projet MINATEC, déploie avec un élan et un enthousiasme déterminé la portée du projet par la nécessité de mailler, de concentrer des pôles de compétitivité tels que le CEA, le CNRS, l'EMBL, l'ESRF , Grenoble Management, l'ILL, l'INPG, l'Université Joseph Fourier.

S'appuyant sur une présentation vidéo alléchante, le directeur du CEA Grenoble explique "Tout le monde nous envie finalement ce territoire Grenoble Isère (...) Nous sommes dans un écosystème d'innovation à croissance endogène [4] (...) Nous visons à terme une intégration totale (...) des deux poumons qui doivent vivrent en synergie, le Polygone scientifique et le campus universitaire (...), l'ensemble, qui nous emmène vers une grande Université de Grenoble, qui transcende toutes les difficultés géographiques locales, les limitations des institutions (...) GIANT met l'innovation technologique au coeur des grands enjeux sociétaux de demain, l'énergie, la santé, l'information (...) Aujourd'hui, nous sommes considérés comme le territoire innovant de référence sur le plan national".


Un budget annuel d'environ 700M€


Au total, le projet "GIANT Grenoble" englobe six composantes et des budgets conséquents : les micro nanotechnologies (320M€), la biologie et biotechnologies (60M€), les grands instruments (155M€), la recherche fondamentale (35M€), les nouvelles technologies pour l'Energie (90M€) et le management de la technologie (40M€).

Au total, un système concentré, intégré, un budget annuel qui pèse environ 700M€, englobant 5900 personnes, près de 5000 étudiants, 5000 publications et un dépôt de 255 brevets (500 à terme dans le cadre de GIANT, devenant numéro 1 français devant Renault , PSA , L'oréal ). A titre comparatif : MIT (1660 M€), CALTECH (2000 M€), KIT (557M€), Cambridge (1050M€), RIKEN (512M€), NANYANG (334M€)...


Un nouveau centre ville pour Grenoble


Claude Vasconi, architecte urbaniste sélectionné pour travailler sur GIANT présente un schéma directeur général ambitieux du projet et souligne "On ne part pas de rien, ce futur pôle du Polygone va faire partie, fait partie intégrante de la ville, ça va devenir presque l'épicentre de tout ce nouveau quartier (...) Il doit sortir de son isolement, prolonger la gare, drainer un tapis urbain (...) l'idée de prolongement de la cité accompagnée d'immenses espaces végétaux (...) Un quartier ouvert à l'habitat, aux commerces, aux transports et à la densification (...) c'est la ville qui se prolonge par l'avenue des Martyrs...".

Michel Destot, député-maire de Grenoble déclare à propos de GIANT lors d'un débat participatif de campagne "Le centre ville de Grenoble, ce n'est pas le centre ville de la ville mais celui de toute l'agglomération (...) Il permettra de diluer ses contraintes actuels (...) C'est pour cela qu'il faut étendre notre centre ville dans les années à venir".


La technologie modélise la ville de Grenoble


Le projet GIANT est le nouveau projet "coeur de ville, coeur d'agglo" de l'Isère. Un projet portant Grenoble et son agglomération au plus haut plan au coeur de la concurrence internationale dans le domaine des hautes technologies. Dans sa logique d'évolution et de requalification, GIANT permet astucieusement de relever l'utilité et l'intérêt de la construction de la Rocade Nord, d'étendre un centre ville actuellement réduit à sa peau de chagrin, faisant du quartier de la gare un nouvel "epicentre ville" et de la rue des Martyrs... un "backbone" technologique.

Pour certains, GIANT est synonyme de croissance fonctionnelle. Pour d'autres, de décroissance récurrente.

Pour le moment, les contours ont été cadrés et prédéfinis sur le papier. Toujours est-il que le coût du projet reste encore à définir avec précision. Comme à l'accoutumé et à titre d'exemple, on peut s'attendre à une montée habituelle des prix de l'immobilier ou une faible participation de l'Etat sur le projet en matière d'investissement. Bien entendu, je vous laisse en déduire les conséquences à la fois positives et négatives pour la vallée et compléter le raisonnement...

Grands projets de Rocade Nord, Giant, Jeux Olympiques de 2018... finalement, tout est lié : une ville sans projet, c'est une ville sans débat, sans force de proposition ou d'opposition, c'est une ville sans avenir...

Une fois n'est pas coutume, quelque chose me dit que les habitants n'auront pas leurs mots à dire le moment venu, ni la possibilité de se prononcer "concrètement et réellement" sur cet ambitieux projet d'avenir qui transformera à coup sur, la ville de Grenoble. En la matière, je ne souhaite qu'une chose, c'est me tromper.

Notes

[1] rencontrée à l'inauguration de sa permanence parlementaire

[2] plus maintenant

[3] en vidéo sur le site du CG38

[4] tout le monde a bien compris j'espère :-)


28

11

2007

Adoption en séance du Projet de Rocade Nord par le Conseil Général de l’Isère

rocade nord cg38 Ils étaient quelques dizaines à braver le froid devant le Conseil Général de l’Isère en attendant le démarrage de la séance publique crutiale et tant attendue du 9 novembre 2007.

Dans leurs mains, des tracts vilipendant le projet de Rocade Nord. Devant eux, des banderoles prenant à parti les Conseillers généraux.

"Conseillers, vous avez le choix entre la honte et le conflit (...) Si vous votez pour, vous aurez la honte et le conflit".

Lorsque les portes de l’hémicycle s'ouvrent, ils se serrent sur les bancs des spectateurs. Et la séance démarre par une présentation de Marc Baïetto du "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie". Celui-ci comprend, outre la Rocade Nord, un volet transports en communs et le projet de réaménagement du polygone scientifique, dit projet "Giant" (Grenoble Isère Alpes Nano-Technologies).


L'opposition intervient, la séance est mouvementée


L’opposition intervient alors. Les discours sont préparés et lus avec application. Il est fait remarquer que le projet de Rocade Nord a évolué depuis la consultation de l’été : l’extension prévue de la ligne de tram vers Meylan et le projet Giant entraînant des modifications dans le tracé.

De plus, le financement du projet reste flou et laisse craindre une augmentation à court terme de la fiscalité des ménages. L’opposition affirme que l’on ne peut discuter du projet en occultant le volet financier.

C’est au tour des Verts de prendre la parole et d'enchaîner sur le coût du pétrole qui ira en augmentant, nécessitant la recherche de solutions alternatives et le développement massif des transports en commun. Et d’enchérir sur le coût du projet encore méconnu à ce jour, les études n'étant pas assez avancées. A cet instant, le public applaudit.


Les partisants du projet rappellent la necessité de la Rocade Nord


Puis interviennent les partisans du projet [1], qui saluent l'ambition du projet Giant et rappellent la necessité de la Rocade Nord, plébiscitée à l'occasion de la consultation lancée par le CG38. La Rocade est présentée comme un élément indispensable pour l'aménagement en "marguerite" des transports automobiles et il est rappelé l'explosion de la péri urbanisation qui encourage l'usage de l'automobile pour les trajets domicile-travail.

Des Conseillers généraux en profitent pour "prêcher pour leur paroisse" et rappeler notamment que la Rocade Nord ne doit pas faire oublier la Rocade Sud ou le reste du département de l'Isère. Le public s'agite, siffle ou prend à parti certains intervenants.

André Vallini, en chef d'orchestre, distribue la parole aux uns et aux autres, sans répondre à leurs altercations. Si débat il y a, ce n'est pas devant nos yeux qu'il se déroule car on assiste plus à un enchaînement de déclamations qu'à un véritable échange. Les décisions ont déjà été prises comme l'atteste le résultat du vote.

Le "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie" est adopté à une quasi unanimité, bien qu'il n'y ait pour toute réponse aux questions sur les évolutions et le financement du projet "nous ne sommes pas encore assez avancés dans les études, l'avant projet sommaire nous le dira".

Finallement, on peut s'intérroger et se demander si les Conseillers généraux n'auraient pas signé... un chèque en blanc.

Notes

[1] ...et toujours, le sondage GreBlog en cours sur le sujet ici


05

11

2007

Rocade Nord : rencontre avec Jean Cognet, militant contre le tracé proposé par le Conseil Général de l'Isère et initiateur de la variante "Cognet"

cognet rocade nord Après une consultation controversée dont les résultats ont largement plébiscité la construction de la Rocade Nord "pour réduire les 'bouchons' et pour diminuer le trafic urbain", le Conseil Général de l'Isère avance à grands pas dans la concrétisation de son projet.

Un projet "Rocade Nord" mené dans un contexte de polémique sur la synthèse de l'étude de modélisation du trafic [1] et qui s'appuie sur un tracé loin de faire l’unanimité.

Jean Cognet, architecte à l’initiative d’une étude alternative aussi appelée "Variante Cognet" a accepté de me recevoir afin d’exposer ses positions.


La défense du patrimoine


En guise d’introduction, il me rappelle l’histoire de Grenoble, ville frontière entre la France et le Duché de Savoie, fortifiée par vagues successives dont il reste aujourd’hui peu de vestiges : la poudrière Vauban , la Bastille et une partie des fortifications de 1884 situées à Saint Martin le Vinoux . Ce sont ces dernières, de même que la Casamaures, la Porte de France ou la Porte Saint Laurent, que mettrait en péril la future Rocade Nord.

Et c’est avant tout sur la défense du patrimoine que se positionne Jean Cognet, soutenu par plusieurs associations locales et nationales.

Sans rentrer dans la polémique "pour ou contre la Rocade Nord", Jean Cognet constate que le projet actuel, calqué sur une étude datant de 1964 alors que la ville était principalement étendue vers le Sud, n’est plus adapté du fait de son développement sur les deux autres branches de l’Y Grenoblois. Situé trop près du centre ville, le tracé actuel du CG38 passe dans des secteurs sensibles (hôpital de la Tronche d’un côté, Centre d'Etude Nucléaire et Minatec de l’autre) et menace les patrimoines bâtis, environnementaux et humains.


Interview de Jean Cognet, initiateur de la "variante Cognet"

Voir l'interview vidéo de Jean Cognet, vice-président de l’association Patrimoine et Développement, accordée à GreBlog :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus

Ecouter ou télécharger l'interview en podcast audio.


Les inconvénients du projet Rocade Nord proposé par le CG38


Jean Cognet pousuit en énumérant d’autres inconvénients de la solution retenue par le Conseil Général de l'Isère :

Inaccessibilité de la Rocade Nord aux véhicules de plus de 2 mètres, ce qui pose notamment la question de l’accès des véhicules de secours en cas d’accident.

Un tracé courant le long de l’Isère au niveau de la Tronche, passant à 3 mètres en dessous du sol alors que le niveau de l’eau se situe à 1 mètre, avec risque d’inondation du tunnel et des travaux difficiles et couteux.

Des expropriations rendues nécessaires par ce tracé très urbain, dont le coût n’a semble-t-il [2] pas été pris en compte par le CG38 dans les 580 millions d’euros annoncés pour le projet.

A ce tracé, l'équipe de Jean Cognet opposent un projet plus excentré [3], composé de trois tunnels sous la Chartreuse . Ce tracé partirait de l’A48 au niveau de Saint Egrève pour arriver au niveau du raccordement entre la Rocade Sud et l’A41 .


Présentation générale de la "variante Cognet"

Insérer photo de la carte Un projet présenté à tord par le Conseil Général de l'Isère comme "deux fois plus long et deux fois plus cher" dans le document d’accompagnement de la consultation sur la Rocade Nord .

Car si la "variante Cognet" [4] est en effet beaucoup plus longue, son coût de mise en œuvre devrait en revanche avoisiner les 700 millions d’euros, grace à une réduction des travaux routiers et à la réutilisation des matériaux extraits du tunnel pour la fabrication de ciment. La solution proposée aurait en outre l’avantage de créer un véritable périphérique qui éviterait les zones sensibles et serait accessible aux poids lourds.

Autant d’arguments en faveur d’une étude plus détaillée de cette variante pour en affiner les paramètres et proposer un véritable choix. Ce que se refuse à faire le CG38 depuis 2004. Et lorsque je l’interroge pour connaître les raisons de ce choix du CG38, Jean Cognet, se refusant à rentrer dans des considérations politiques, me laisse tenter seule, de répondre à cette question.

Un début d’explication se trouve peut-être dans la présentation ce vendredi 19 octobre au Conseil Général du plan métropolitain de déplacement intégrant le réaménagement complet de la presqu’île Grenobloise [5]. Un projet tenu secret jusque là mais qui justifierait bien l’intérêt de faire partir la Rocade au niveau du polygone scientifique : un passage obligé pour les automobilistes et une formidable vitrine pour Grenoble ! Le texte doit être présenté le 9 novembre 2007 au vote des conseillers généraux.

Faut-il en déduire que les jeux sont faits ?

Pas sûr, car dans le même temps, André Vallini , Président du Conseil Général de l'Isère annonce le lancement d’une concertation de 6 mois sur le sujet de la Rocade Nord. De leur côté, les opposants au projet actuel ne sont pas inactifs. Le maire de Saint Martin le Vinoux, Yannick Ollivier, sollicite l’aide des politiques tels que Jean-Louis Borloo , ou Corinne Lepage . Au moment de nous quitter, Jean Cognet m’assure que des actions seront menées à tous niveaux par les associations de défense du patrimoine.

Les Grenoblois n'ont pas fini d'entendre parler de la Rocade Nord !

Notes

[1] voir articles du DL des 18 et 20 octobre 2007

[2] le détail de la composition des 580 millions d’euros n’a pas été communiqué par le CG38, malgré les demandes de M. Cognet et son équipe

[3] La brochure de l’association Patrimoine et Développement sur le projet de Rocade Nord est consultatble en ligne (à la fin du bulletin de mars 2006)

[4] télécharger ou lire la carte du projet Cognet ici

[5] voir article des affiches Grenobloises du 26 octobre


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