Le blog local de Grenoble | Plateforme de publication participative et d'expression locale

> Accueil | A propos | Charte | Agenda | Médias | Contact | La Salade Grenobloise | Proposer [ témoignage, communiqué ]    

Mot clé :: [ spectacle ] - Tag associé à 2 billet(s)

Fil des billets sur ce tag - Fil des commentaires sur ce tag

16

12

2009

Marché de Noël de Grenoble : un petit tour et puis s'en vont...

marche de noel grenoble Du 2 au 24 décembre 2009, le centre-ville de Grenoble accueille la 15ème édition du traditionnel Marché de Noël organisé par Grenoble Tourisme et Congrès (Office du Tourisme). Tous les jours de la semaine, de 10h à 20h et jusqu'à 22h les samedis 12 et 19 décembre, les curieux peuvent déambuler librement et gratuitement sur différentes zones d'exposition.

Place Victor Hugo, de nombreux exposants sous toile ou maison en bois présentent des produits aux visiteurs en accord avec la tradition et l'esprit des fêtes de fin d'année selon les organisateurs. Place Grenette, une vingtaine d'artisans et commerçants disposent de chalets en bois. Square Docteur Martin, le 4ème Marché de Noël du commerce équitable "Un baobab au village" organisé par le Collectif Grenoble Equitable propose un espace de sensibilisation et de vente de produits dédiés.

Artisanat, prêt-à-porter, gastronomie, restauration, déco intérieure et extérieure pour la maison, collectifs, associations caritatives et humanitaires diverses et variées ou entreprise/club privé [1] ...

tous, sont venus achalander ou attirer une certaine clientèle avec plus ou moins de réussite et de succès au coeur de ce village féérique et "commercial" de Noël.


Un programme d'animations assez alléchant


Durant trois semaines, Grenoble Tourisme et Congrès et ses nombreux partenaires proposent une multitude d'animations pour le plus grand plaisir des passants.

Atelier maquillage, expressions, livres "mécaniques", spectacles de clown, approches des lutins et rencontre avec le Père Noël pour les enfants [2]. Concerts de musique, chorales, spectacles, parades et déambulations, feux d'artifices, atelier du goût pour les plus grands.

Un assemblage éclectique ambitieux et plaisant qui va de pair avec le village et les fêtes de Noël.


Un Marché de Noël à Grenoble beaucoup trop dense


En comptant les commerçants "annexes" qui profitent du dispositif pour s'y coller, notamment ceux qui n'ont pu louer ou obtenir un chalet et ceux qui déambulent avec quelques produits d'appel à vendre, c'est près de 120-130 exposants qui sont installés et répartis sur les différents espaces.

En 2008, les organisateurs choisissaient d'accueillir environ 66 exposants sur la place Victor Hugo. Pour l'année 2009, si on se réfère à la brochure officielle du Marché de Noël, 72 emplacements ont été installés sur la même surface.

L'ajout de chalets supplémentaires densifie la zone, réduit l'espace de circulation et engendre d'autres effets pernicieux. Du coup, d'années en années, les organisateurs cherchent manifestement à fluidifier la circulation sur le Marché de Noël principalement sur la place Victor Hugo.

Bien qu'ils aient choisi progressivement d'ouvrir de nouvelles entrées aux quatre coins du square, force et de constater que le schéma de circulation des personnes est toujours aussi hasardeux, peu agréable et aisé.

En période de forte affluence (principalement le jeudi, vendredi, samedi et dimanche), les visiteurs ont vraiment du mal à circuler entre des allées de plus en plus étroites. En marchant, des personnes sont bousculées ou empiètent le pas à d'autres. Des poussettes ont des difficultés pour passer entre les câbles tendus, bordures des bassins, bornes, poubelles et autres mobiliers positionnés entre les artères. Des acheteurs ou clients potentiels ont manifestement du mal à parlementer ou tenir une conversation aisée avec les artisans commerçants devant certains chalets. Ajoutons le fait que beaucoup de visiteurs préfèrent emprunter les mêmes allées sur tapis rouge au lieu de marcher sur un sol humide, parfois boueux, avec des flaques d'eau. Ce qui naturellement, restreint d'autant plus les possibilités de circulation sur le site.

Une fois entrés, la majorité des visiteurs s'empressent de finir leur petit tour au Marché de Noël et ressortent assez rapidement sans poursuivre leur visite, sans volonté de s'attarder plus longuement.

Place Victor Hugo, ils sont nombreux à ressortir les mains vides, en particulier sans achat concluant. Ce n'est pas le cas de ceux qui viennent expressément chercher un semblant de réconfort auprès des ateliers ou comptoirs gastronomiques.


Gastronomie et restauration prennent l'avantage sur l'artisanat


Comme je le soulignais plus haut à demi-mot, des familles entières viennent passablement faire un tour au Marché de Noël (parce que c'est bien de dire aussi à son entourage qu'on y est allé au moins une fois...), observent les prix des produits, n'achètent absolument rien et au moment de sortir, se doivent quand même d'offrir à leurs enfants un ballon gonflable "Père Noël", une gaufre ou un tour de manège pour se donner bonne conscience... d'être venu consommer un peu sur place.

Les visiteurs sont de plus en plus nombreux à venir déguster uniquement des spécialités régionales, goûter des escargots préparés, du miel, des fromages ou tout simplement boire un excellent vin chaud entre ami(e)s [3]. L'essentiel des rencontres chaleureuses s'effectuent autour des plaisirs de la table, des produits gastronomiques à découvrir sur place... bien loin des produits manufacturés ou artisanaux fait main.

En définitive, ce sont les petites intentions gastronomiques des comptoirs et des restaurateurs qui font venir les visiteurs. Les associations, club, entreprises, décorateurs et artisans qui ont visiblement du mal à présenter ou vendre leurs produits se doivent de les remercier.


Achats faciles et prix hallucinants


Des exposants ont manifestement du mal à prendre en compte la dimension psychologique d'un prix visant à maximiser les ventes et les bénéfices de leurs produits. Certains affichent des prix hallucinants sur des produits qui ne correspondent pas à celui jugé acceptable par une tranche de la clientèle. surtout en période de crise.

Un petit chat sculpté en bois, de toute petite taille (genre d'objet artisanal à mettre sur sa cheminée) : 36€.
Un simple stylo bille plastique estampillé GF38 (via le catalogue produits du club au chalet) : 5€.
Un assortiment de 4 tasses (plutôt rudimentaire, couleur unie) : 48€...

A contrario, ce sont les petites intentions et les produits affichant un prix raisonnable qui l'emportent.

Une belle écharpe de saison, "made in France", à la mode (les acheteurs se pressent devant le chalet de la commerçante place Grenette) : seulement 5€.
Un tour de manège, une barba papa, un excellent verre de vin chaud ou une bonne crêpe "régionale" (les gens font souvent la queue pour en obtenir un ou une) : 2€ à 3,5€.
Un petit assortiment de variété de thés exotiques (genre petit ballotin à offrir) : 9€.

Les visiteurs ne sont pas dupes. Un petit tour et puis s'en vont...


Même s'il n'a pas la grandeur et la notoriété d'autres grandes villes en France dans lesquelles l'esprit de Noël est parfois plus audacieux et moins mercantile, le Marché de Noël de Grenoble reste très attractif et séduisant auprès de la population avec une programmation d'animations particulièrement éclectique.

Plus vendeurs, les comptoirs et restaurateurs ont le vent en poupe. Malgré tout, le marché de Noël ne doit pas non plus devenir un "marché gastronomique".

A Grenoble, ce sont les emplacements, l'organisation et la circulation des flux qu'il faut repenser.

La place Victor Hugo n'est pas extensible. En ajoutant davantage d'exposants et/ou de chalets en bois, les organisateurs cherchent visiblement à "récupérer du locatif" ou à "dépasser leur marge de location" auprès des exposants sur un espace de plus en plus confiné d'années en années. Paradoxalement, tant bien que mal, ils tentent de fluidifier la circulation les jours de forte affluence.

La place Felix Poulat par exemple, pourrait accueillir un grand et magnifique sapin de Noël en décembre autour duquel quelques chalets pourraient prendre place. Le jardin de Ville également...

Notes

[1] exemple : GF38, GEG...

[2] mes enfants se souviennent chaque année du Marché de Noël grâce aux peluches à taille humaine

[3] je recommande le vin chaud du chalet n°51, tartiflette de la "Montagnette"


05

06

2008

Théâtre municipal de Grenoble : une foire d'empoigne pour prendre des billets pour la saison 2008 / 2009

theatre grenoble Chaque année, le Théâtre municipal de Grenoble tente de proposer au public une programmation culturelle et artistique alléchante.

Largement impliqué dans les enjeux politiques de la campagne des municipales 2008 durant laquelle, de nombreuses formations politiques se sont appuyées pour évoquer son devenir, ses difficultés, ses inquiétudes ou son particularisme "éloigné" vis à vis de la MC2 , le Théâtre municipal de Grenoble propose cette année de nombreux spectacles de qualité.

D'années en années, le programme culturel, théâtral et artistique s'étoffe. La présence de personnalités reconnues attirent bon nombre de Grenoblois au théâtre. Une bonne chose.


Un programme particulièrement alléchant au Théâtre de Grenoble


Le programme est fourni. La saison 2008 / 2009 s'avère particulièrement juteuse.

Concerts de Véronique Sanson, Jean-Philippe Bruttmann, Michel Fugain, Pep's, Yoanna, one man/woman show d'Anne Roumanoff, François-Xavier Demaison, représentations théâtrales en compagnie de Philippe Torreton, Eddy Mitchell, Evelyne Bouix, Vanessa Demouy, Thierry Lhermitte, Sylvie Testud, Bruno Solo, en passant par la comédie musicale "Fame" ou des chorégraphies de danse artistique.

Face aux perspectives annoncées, chacun peut être tenté de prendre des billets pour assister aux spectacles.

Mi mai 2008, je reçois par courrier le livret de présentation des spectacles proposés par le Théâtre municipal de Grenoble inaugurant la saison 2008 / 2009. En accompagnement, ce dernier stipule que l'ouverture de la billetterie au grand public est fixée le mardi 3 juin 2008. Elle est ouverte jusqu'au 28 juin 2008.

Désireux d'obtenir des places, je me rends au théâtre municipal. Notons au passage que les tarifs des représentations ne sont pas toujours à la portée du plus grand nombre. Le prix des places "plein tarif" varie de 10 à 50 euros avec un prix moyen se situant autour de 35 euros la place.


Restriction mis en place dès l'ouverture pour le grand public


Mardi 3 juin 2008. Dès les premières heures de la matinée, plus d'une centaine de personnes sont venues expressément faire la queue devant le Théâtre municipal de Grenoble pour obtenir des places. Profil des acheteurs potentiels : des retraités ou personnes âgées entre 50 et 70 ans ! Peu de jeunes ou actifs.

Mais voilà, la billetterie du théâtre avait prévu une stratégie pour le moins...très particulière : restreindre la possibilité d'obtenir des billets au guichet délivrés aux 70 premières personnes arrivées sur place le premier jour.

Dans un premier temps, chacune d'elles obtient un "numéro". Dans un second temps, munies du fameux sésame, celles-ci sont habilitées à consulter en aparté de la file d'attente sur un tableau d'affichage l'heure à laquelle elles pourront seulement dans un troisième temps revenir au théâtre pour pouvoir enfin... acheter leurs places officiellement qu'à partir de13h jusqu'à 18h le même jour (exemple : le numéro 34 doit se représenter au théâtre à 15h45).

Une procédure qui va engendrer une certaine cacophonie, quelques problèmes et générer une véritable foire d'empoigne entre les individus.


Procédure alambiquée, cacophonie et foire d'empoigne


Pour obtenir un "ticket", les premiers prétendants sont arrivés sur place tôt le matin. A 10h30, la queue continue progressivement de s'allonger. Plus d'une centaine de personnes attendent sur place. Certaines se relayent, apportent des chaises pour patienter et s'installent, vont prendre un café sur la place du Tribunal ou chercher une revue, puis reviennent dans la queue. [1] Vers 11h15, un membre du personnel du théâtre s'adresse à la foule et annonce qu'il va délivrer aux premières personnes présentes dans la file les 70 premiers numéros.

Il profite de cette occasion pour rappeler à la foule qu'il est également possible de commander ses billets par téléphone (saturé, très compliqué et difficile de joindre la billetterie, probablement le manque de moyen ou de personnel au niveau du standard), par courrier (plus de 300 demandes sont en cours de traitement par ordre d'arrivée), par Internet (la vente en ligne n'étant possible ce jour, qu'à partir de 13h). Dans ces conditions, il devient évident qu'il est malheureusement nécessaire... de se rendre su place.

Dans la matinée, un "cordon de séparation" est mis en place, afin de créer un groupe séparant les premières personnes habilitées à obtenir un numéro. Au sein de la longue file d'attente, certaines ont souhaité s'échauffer, tricher et contourner l'obstacle en voulant rejoindre le premier groupe. Des gens n'ont pas hésité à enlever le cordon pour passer avant de le remettre. Petit à petit, les personnes commencent à parler, à rouspéter, à s'énerver en s'offusquant du comportement des individus. Les premières insultes se font entendre de part et d'autres et au sein de la file d'attente (mieux vaut ne pas les citer, vous savez, toutes celles qui commencent généralement par un C avec variantes féminines...).


Une organisation déconcertante, peu banale


Durant une bonne partie de la matinée, de nombreuses personnes ont souhaité pourtant rester dans la queue afin d'obtenir éventuellement un numéro supplémentaire au cas où le personnel du théâtre municipal de Grenoble viendrait à changer de procédure sur le vif en fonction de l'ambiance et du comportement de la foule. Rien à faire.

J'étais la 75ème personne...

Dans la queue, une des personnes me fait part de son sentiment et m'explique "C'est au moins la troisième année que ça se passe de cette façon dès le premier jour (...) C'est le parcours du combattant, il faut en vouloir pour mériter d'avoir ses billets".

Totalement désabusé par la situation, l'ambiance houleuse, le style d'organisation déplorable globalement mis en place par le Théâtre municipal de Grenoble, je décide sans espoir de quitter les lieux sur les coups de 11h30.

De retour sur mon lieu de travail, je constate... que le site web du théâtre municipal de Grenoble [2] permet déjà de prendre et d'acheter des billets alors qu'un membre du personnel signalait précédemment qu'il n'était pas possible de le faire avant 13h. Immédiatement, je sors ma CB et passe commande par Internet : je ne reçois qu'un accusé de réception bancaire par email [3].

De quoi rester de marbre sur l'instant, tout en se demandant qui se fout de qui dans cette histoire [4].

Au moment où de nombreux spécialistes de la culture nous expliquent qu'il est souvent difficile d'amener les gens au théâtre, notamment en raison du prix, de son image ou caractère parfois "élitiste" réservé à un public averti, il est regrettable de constater un tel imbroglio. La méthode mise en place pour obtenir des billets sur place est à revoir. Gros problèmes de communication et d'organisation de la part du Théâtre municipal de Grenoble auprès du public Grenoblois.

Ce qui ne va pas arranger sa situation dans les méandres des discours politiques confondus des uns et des autres...

Notes

[1] photo : situation de camping en plein air

[2] aucune info pratique en ligne : cliquez ici pour en obtenir

[3] aucun accusé de réception ou facturette détaillant ma prise de commande

[4] trop fort : à l'heure où j'écris ce billet, l'achat en ligne n'est plus possible pour le moment