Lundi 12 mai 2008, suite à un match nul sur le terrain du Stade des Alpes contre la Berrichonne de Châteauroux, l'équipe du Grenoble Foot GF38 réussissait l'exploit de quitter la Ligue 2 pour monter en Ligue 1 pour la saison 2008/2009 (lire mon billet sur l'ambiance au stade, voir ma vidéo avec le club et les supporters).
Depuis cet évènement sportif inattendu que les instances du club et les nombreux supporters du GF38 n'imaginaient même pas à la sortie de l'hiver dernier, de nombreux remous et rumeurs diverses alimentent régulièrement la vie du club Isérois.
Une montée vertigineuse en Ligue 1
Début mars 2008, signalons tout de même que le GF38 accumulait plus de 12 points de retard sur le 3ème de Ligue 2 et qu'il a su combler à la fois son handicap en ajoutant 22 points au classement et en prenant cette place qui le propulse désormais en Ligue 1 : un travail et une motivation sportive réalisés seulement... en l'espace de deux mois (le foot, ce n'est pas mon truc mais il faut bien reconnaître la superbe performance du GF38
).
Face à ce challenge relevé depuis peu, alors que beaucoup n'espérait pas voir le club monter aussi rapidement en Ligue 1 la saison prochaine, le GF38 attire désormais les regards, jalousies, convoitises et attise les rumeurs les plus exacerbées. De part et d'autre, les enjeux évoluent et ne sont plus les mêmes : le financement et la gestion du club, non plus.
Suite à une volonté politique de la ville de Grenoble, le GF38 est crée en 1997 à l'issu d'une fusion entre les clubs locaux de football OGI et NORCAP. En 2004, à la surprise général, afin de résoudre les problèmes de gestion, d'améliorer l'image et les résultats de la structure, une société japonaise reprend le club et devient actionnaire du GF38 à 51%. Créée en 1995, Index Corporation est une multinationale japonaise spécialisée dans la distribution de contenus sur mobile et de solutions de services M-commerce. A présent, Index possède plus de 99% du capital du GF38 sous couvert d'une SASP
(Société anonyme sportive professionnelle). Ce dernier est présidé par le numéro 3 du groupe japonais, Kazutoshi Watanabe
.
La fragilité financière du Grenoble Foot GF38
En 2007, Index Corporation a dégagé un chiffre d'affaires avoisinant les 800 millions d'euros mais a accumulé une perte d'environ 100 millions d'euros. Face à la situation, les premières rumeurs de séparation entre l'actionnaire principal et son club ont fait leur nid en 2008, mêlant à la fois les résultats relatifs de l'équipe, un changement d'entraîneur, l'annonce du passif et surtout, une relative discrétions du staff japonais sur ses intentions en matière de stratégies sportives, économiques et financières à l'égard du GF38.
La récente montée en Ligue 1 du GF38 permet à Index Corporation d'afficher plus concrètement ses intentions.
Alors que le club Grenoblois affiche également un passif de près de 5 millions d'euros, le groupe Japonais renforce sa volonté de ne pas vendre ni se séparer du GF38. Bien au contraire. Satisfait de voir le club accéder en Ligue 1 alors qu'il s'attendait plutôt à ce qu'il grimpe au sommet de l'élite d'ici un ou deux ans, Index n'a pas l'intention de se séparer d'une poule aux œufs d'or. "Je suis fier de la montée en Ligue 1 du Grenoble Foot 38 (...) Nous demeurons actionnaires du GF38 afin de soutenir durablement son développement" affirme Masami Ochiai le numéro 1 du groupe sur le site du GF38 afin de faire taire les pronostics.
Mais voilà : en détenant plus de 99% des parts, face aux pertes accumulées, difficile de pouvoir ouvrir facilement le capital du club Isérois. Et il va bien falloir financer la montée du club en Ligue 1 avant le premier match du GF38 contre Sochaux pour l'ouverture de la saison 2008/2009 le 9 août prochain... dans seulement 2 mois et demi !
La situation financière du GF38 reste pour le moment... très délicate.
Assurer financièrement la montée du GF38 en Ligue 1
Les dirigeants du club doivent présenter le 29 mai 2008 à la Direction Nationale de Contrôle de Gestion (DNCG, une direction de la Ligue de Football Professionnel, LFP) un dossier de financement... qui tient la route. La ville de Grenoble subventionne déjà l'association du GF38 (activités hors pros) pour un montant d'environ 500 000 euros par an et ne peut directement subvenir au club.
La recherche de nouveaux partenariats et partenaires financiers apparaît plus que souhaitable et nécessaire, à condition toutefois que le groupe Japonais Index accepte de "lâcher du lest" tout en restant l'actionnaire principal. Un changement de cap pas facile à opérer, à accepter et à négocier pour les Japonais qui ont depuis le début, investi pour la victoire.
Le budget du GF38 est d'environ 12,5 millions d'euros. Son capital est d'environ 4 millions d'euros. Une somme plutôt ridicule face aux enjeux qui attendent le club alpin en Ligue 1. Entre les reversements des droits audiovisuels de la fédération qui se comptent en millions d'euros aux clubs de l'élite et le budget actuel du GF38, il faudrait au moins 24 millions d'euros au club de football Grenoblois pour assurer au minimum sa montée en Ligue 1. A titre de comparaison, le budget de l'OL, récent champion de Ligue 1 avoisine les 200 millions d'euros.
Une source me signale que les instances locales auraient dernièrement fait appel à un avocat réputé proche de l'organisme chargé de surveiller les comptes des clubs de football professionnels en France, afin de "consolider" le dossier que le GF38 doit déposer dans les jours prochains à la DNCG. Les coups de téléphone ne cessent de sonner entre responsables, conseillers et dirigeants. En parallèle de la recherche obligatoire de nouveaux partenaires, la holding principale Japonaise chercherait le moyen d'amener du capital et du financement au club en respectant comme il se doit les règles économiques des instances internationales. Information restant à confirmer.
Pressions et convoitises autour du GF38
Cette situation délicate rend d'autres clubs de Ligue 1 attentifs agressifs à la situation Grenobloise. Du côté du Racing Club de Lens, redescendu en Ligue 2 et dont le budget n'a rien à voir avec celui du GF38, certaines pressions prennent place dans le milieu du football et dans les médias spécialisés. Certains aimeraient bien que le GF38 ne puisse trouver financièrement sa place en Ligue 1.
Ajoutons également que le GF38 manque d'infrastructures dignes d'un club de Ligue 1, notamment un véritable centre d'entraînement et de formation. Sans compter les indiscrétions ces derniers jours concernant la politique de recrutement essentiel de nouveaux joueurs au sein du GF38 dont l'objectif principal l'an prochain est... de se maintenir en Ligue 1.
Ce week-end sur France Info, Grégory Coupet , actuel gardien de l'OL, estimait que le GF38 était un club qui pourrait compter dans la suite de sa carrière, même chose pour Youri Djorkaeff , ancien joueur du FC Grenoble, qui regarde avec attention l'évolution du club.
En attendant l'examen de passage en fin de mois, plus que jamais on parle de Grenoble sur les ondes des grandes chaînes. Certains vont même jusqu'à corréler le dynamisme de Grenoble et la montée du GF38 en Ligue 1 avec le dossier de candidature des JO de Grenoble 2018.
Personnellement, je reconnais que l'engouement est important et que la ville de Grenoble est sur le point de vivre de prochains moments forts à l'avenir. A croire qu'il est devenu difficile d'imaginer pourquoi Grenoble n'était pas encore en Ligue 1 depuis toutes ces années !
Grenoble mérite la place qu'elle occupe. La réussite du GF38 croise le chemin de celle de Grenoble sur la scène économique locale et nationale. N'étant pas un fan de foot par nature, je continuerai l'an prochain à aimer ma ville avec le GF38.



Samedi 17 mai 2008 à midi, les Grenoblois et supporters du
Vendredi 15 février 2008, dans le cadre de la 24ème journée du championnat de football de Ligue 2 Orange, le Stade des Alpes recevait pour la première fois sur son nouveau terrain l'équipe du
Grenoble, samedi 6 octobre 2007, 9h10, rue de Valmy. Je me rends dans les bureaux de chantier du nouveau stade d'agglo, le Stade des Alpes [
Ca y est ! Le "verdict" est tombé.


