Il y a tout juste 3 ans, le 10 mai 2007, le Mouvement Démocrate naissait pour tenter de rassembler les démocrates sur un axe central et un positionnement politique indépendant durant la présidentielle de 2007.
Récemment victime de mauvais scores électoraux, le MoDem n'échappent pas à ses dissensions au niveau local.
Groupes MoDem ou Mouvement Démocrate (sans S) présidé par Morad Bachir Cherif, Grenoble Démocrate (sans S) dirigé par Philippe de Longevialle. Et dans un autre registre, le groupe Démocrates Européens (avec un S) emmené par Bernard Betto...
Ces groupes politiques locaux ont pourtant trois points communs.
Le premier : tous sont des composantes actuelles de la majorité municipale, associées au groupe PS, PRG, MRC, Société Civile et apparentés. Le second : ils ont la particularité d'être issus d'un éclatement, d'une scission, de dissidences internes ou de divisions de groupe. Le troisième : ils s'affirment tous comme "démocrates".
Leur objectif : communiquer sur les valeurs qui les animent, peser, compter politiquement au sein d'une majorité municipale constituée de composantes hétéroclites.
Leur préoccupation : incarner une continuité politique, continuer à être visible sur l'échiquier grenoblois.
Leur problème : se construire et/ou se reconstruire une nouvelle identité, tourner la page et (ré)émerger sur un plan politique purement local.
En apparence, difficile d'y voir clair pour le citoyen lambda. Quelques regards et explications s'imposent.
Il y a Démocrates... et Démocrates
Rappelons que le leader naturel de la principale formation centriste du département s'est "volontairement débranché du MoDem" le 4 février 2010 (lire en référence mon précédent article sur le sujet).
Depuis cette fameuse "affaire de Longevialle" survenue quelques jours avant le premier tour des élections Régionales de 2010, rappelons que le MoDem a éclaté à Grenoble.
D'un côté, nous avons le groupe "MoDem" - Mouvement Démocrate - composé de 3 élus : Stéphane Gemmani, Conseiller municipal délégué à l'Accessibilité, la Prévention et préconisation sociale. Béatrice Doutriaux, Adjointe en charge de l'Administration générale. Son attachée de groupe, Anne Saoudi. Et son Président, Morad Bachir Chérif, Conseiller municipal délégué à la Culture scientifique et technique, également Vice-Président à la Métro.
De l'autre, nous avons dorénavant le groupe "Grenoble Démocrate" également composé de 3 élus : Camille Plet, Conseillère municipale déléguée à l'Evaluation des politiques municipales. L'une des plus jeunes élues de France, Vice-Présidente de l'AJEF. Marie-Claire Népi, Adjointe du Secteur 3. Et son président, Philippe de Longevialle, Adjoint à l'Urbanisme, démissionnaire et ex-leader du MoDem 38.
La situation est pour le moins cocasse : 2 membres du MoDem dans un groupe dirigé par un ex-leader départemental du Mouvement Démocrate. Un site web grenobledemocrate.fr portant le nom de l'autre groupe, contrôlé et géré par le groupe MoDem. Un autre web en stand-by "Grenoble démocrates" (avec un S cette fois).
C'est bon, vous suivez ?
Le groupe MoDem dans la majorité municipale
Loin d'être hostile aux propositions portées par la majorité municipale, le groupe MoDem reconnaît bien volontiers "avoir perdu au change" en n'ayant pu appuyer davantage sa vision politique sur certains projets. L'empreinte du MoDem n'étant également pas assez forte et son contenu politique peu visible au sein de la majorité municipale.
"Pour des questions liées à une loyauté de majorité, on a du remettre un peu nos convictions sous le drap (...) On a parfois mis plus de sentiments que de pragmatisme politique" souligne Stéphane Gemmani.
Le groupe espérait notamment pouvoir porter plus de débats sur les variantes du projet de Rocade Nord, intervenir et peser davantage pour une meilleure harmonisation de la ville en matière d'urbanisme. Et sur ce dernier point, il s'interroge sur un risque de densification liée aux nouvelles constructions dans le cadre du projet de l'Esplanade.
Le groupe entretient même de bons rapports avec le PC et GO Citoyenneté mais n'envisage pas de former un groupe commun avec ce "mouvement trop associatif (…) pas assez politique sur le plan national" selon Morad Bachir Chérif.
Une volonté de tourner la page...
Le groupe indique que les premières divergences de points de vue avec Philippe de Longevialle remontent aux élections Européennes et se sont nettement accélérées durant la préparation des échéances régionales.
"Nous ne sommes plus sur les mêmes définitions que Philippe de Longevialle (...) Il pensait qu'il incarnait à lui seul à la fois le Mouvement, le parti, les idées etc. (…) Nous, nous sommes restés au MoDem, nous incarnons toujours ses valeurs et on s'inscrit toujours dans sa ligne politique nationale (...) C'est une façon de tourner la page avec lui (...) de rester loyal et fidèle à la majorité municipale et sur l'engagement politique que nous avons pris en 2008" tient à préciser Morad Bachir Cherif lors de la première conférence de presse du groupe MoDem qui s'est tenue ce lundi 10 mai à la Mairie de Grenoble.
"L'UDF était un parti de notable, le MoDem est un parti de militants (...) On a toujours voulu un fonctionnement démocratique (...) que les militants participent beaucoup plus à la vie municipale (...) qu'on ne tourne pas autour d'un seul homme mais qu'on élargisse ensemble nos actions" expliquent avec soin Stéphane Gemmani.
Une chose est sûre : le groupe MoDem ne supporte plus que les médias continuent de s'appuyer sur "l'affaire de Longevialle" pour suivre ses engagements et son évolution politique. C'est bon là (…) Maintenant, il faut que vous passiez à autre chose souligne avec un réel agacement Béatrice Doutriaux.
...et de se donner les moyens pour fonctionner autrement
Désormais, le groupe MoDem entend faire parler de lui, être présent à tous les débats politiques qui engagent son projet.
Il souhaite se (re)positionner et se reconstruire.
Pour y parvenir, ses membres s'appuient sur différentes commissions et groupes de travail organisés en interne avec le concours des militants. Ces derniers seront également amenés à s'impliquer davantage dans le travail de délibération municipale "pour apporter un plus dans la réflexion".
Une lettre d'information publiée régulièrement verra bientôt le jour ainsi que le nouveau site web du groupe dont le nom je le rappelle, est celui de l'autre.
Aujourd'hui, le MoDem 38 est présidé par Michèle Cedrin, Conseillère municipale à Vienne et compte environ 500 militants dans le département.
Dans un autre registre, il y a quelques semaines, j'étais étonné de constater que la Mairie n'avait toujours pas mis à jour la liste des nouveaux groupes politiques présents au Conseil municipal sur le site de la Ville de Grenoble. Après avoir mentionné le problème à plusieurs reprises à différents élus et autres personnes concernées, je constate depuis peu que la liste des groupes est... enfin actualisée.
A ce jour, nous avons donc 59 élus, 9 groupes, sans compter les composantes associées.
Belle segmentation pour gouverner au niveau local !



Il y a quelques semaines, je rédigeais l'un de mes premiers billets concernant les élections municipales de 2008.
Chaque fin de mois quand j'y pense, je fais ressortir certains billets ayant suscité de nombreux commentaires ou ayant fait l'objet de discussions animées.
A peine les législatives 2007 en Isère terminées, de nouvelles ambitions politiques locales émergent. Après une analyse précise des résultats de scrutins, de comportements d'électeurs et déclarations diverses de candidats à la députation, certaines personnalités décident de s'engager politiquement en vue des municipales 2008 à Grenoble.


