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Mot clé :: [ vandalisme ] - Tag associé à 3 billet(s)

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01

07

2010

Caméras de vidéosurveillance à Grenoble : réunion publique houleuse entre élus et habitants de quartier

camera grenoble Lundi 28 juin 2010, une réunion d'information sur "l'amélioration de la tranquillité publique" dans le cadre du plan de développement des actions envisagées par la Ville de Grenoble pour lutter contre l'insécurité dans des secteurs clés de la ville s'est tenue à la MJC Lucie Aubrac.

Une réunion annoncée plutôt dans la discrétion [1] et la précipitation par la Mairie, soucieuse d'expliquer au minimum et avec soin aux habitants son plan de développement du projet de vidéosurveillance à Grenoble (lire mon précédent article) ainsi que les pistes d'intervention identifiées et le déploiement des dispositifs dans le cadre du volet "tranquillité publique".

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la réunion fut relativement mouvementée, parfois même orageuse dans un climat "plus que tendu" sur les sujets touchant à l'insécurité à Grenoble sur la voie publique entre les élus, responsables ou chargés de mission et les habitants concernés.


Objectif : expérimentation, prévention et dissuasion


"Nous ne nous interdisions pas de mettre à l'étude l'implantation de dispositifs de vidéosurveillance sur ce secteur, comme sur d'autres secteurs de la ville mais à l'époque [2], nous n'avions pas souhaité vous en dire plus" souligne avec tact en introduction Jérome Safar sur le principe de la continuité.

Le 1er Adjoint, aux Finances, à la Prévention et Sécurité de la Ville de Grenoble entend clarifier la situation et souligner la politique globale de sécurité de la Ville de Grenoble en appuyant principalement sa réflexion sur les remarques et doléances soulevées par les habitants.

La municipalité souhaite engager un panel d'actions visant à renforcer la prévention de la délinquance par un Plan Local de Prévention annuel (visant à soutenir principalement les acteurs et autres équipements socioculturels - une enveloppe financière de 30% supplémentaire). Elle souhaite accentuer la présence de la Police municipale (2 véhicules seulement tournent actuellement sur Grenoble - 10 policiers municipaux supplémentaires - redéploiement dans les secteurs 1 et 2 jusqu'à 2h du matin - instauration du Service civique avec une cinquantaine de jeunes déployés sur la ville en 2011 pour un coût de 50 000€).

Elle tient enfin à développer la prévention situationnelle et expérimentale de la vidéosurveillance à Grenoble.

"Nous avons travaillé avec un Cabinet spécialisé (...) Etant donné les coûts d'investissement et de maintenance, nous avons souhaité privilégier la qualité d'implantation plutôt que la quantité" explique Jérôme Safar, soucieux de faire passer le message avec clarté.

L'élu rappelle que des dispositifs publics de vidéosurveillance sont déjà déployés à Grenoble : aux abords de l'Hôtel de Ville, dans les transports en commun notamment sur des stations et dans les trams, dans et autour du Stade des Alpes et sur le territoire de la Ville de Grenoble (protection des biens et des commerces par des opérateurs privés sur l'espace public).

"Quand une caméra balaye sur un immeuble d'habitation, un commerce ou un immeuble de bureau, les images sont cachées ou floutées (...) Vous ne pouvez pas voir autre chose que ce pour quoi la caméra est faite sur l'espace public" précise l'Adjoint.


Coûts et schéma d'implantation des caméras de vidéosurveillance


Dans le cadre de l'expérimentation (1ère tranche), rappelons qu'il y a aujourd'hui 12 caméras [3] de vidéosurveillance déjà implantées. Une 2ème tranche prévoit l'installation (en cours) de 18 nouvelles caméras principalement en hyper-centre ville. La phase de validation du projet est prévue en septembre 2010 et celle des travaux, entre octobre 2010 et mai 2011.

Les trois principaux sites identifiés sont : le quartier de la Capuche et le square Lafleur (3 caméras), le centre-ville et le Jardin de Ville (6) et le Village Olympique (9).

"En terme de personnel, elles ne nous obligeraient pas à recruter de personnel supplémentaire (...) Le report des images se ferait à l'Hôtel de Police (...) au PC de la Police municipale (...) à la Police nationale (...) Nous ne sommes absolument pas dingue au point de penser que c'est la solution (...) En revanche, nous voulons tester cette disposition, voir ce qu'elle peut apporter" déclare sans détour Jérôme Safar, accompagné de Gildas Laeron, Conseiller municipal du secteur 4.

Il y a un mois, un "Collège d'éthique de la vidéosurveillance" a été mis en place.

"Ce comité ne devrait pas trop contrarier la Mairie puisque la majorité municipale y sera représentée par 5 Conseillers municipaux sur 6 (...) Sur les 3 associations présentes, une sera représentée par sa présidente, Conseillère générale PS de Grenoble et une autre par son président, ancien élu PS de Grenoble" précise le tract de l'ADES, des Verts et des Alternatifs, totalement opposés au projet.

Ces derniers précisent que "la connexion du réseau existant (40 caméras) et la seule installation de 18 malheureuses nouvelles caméras coûtera aux contribuables grenoblois 720 000€ d'investissement + au moins 50 000€ par an de maintenance".

Une subvention de l'Etat devrait être versée, ce qui ramènerait le coût global à un peu plus de 330 000€ selon l'élu à la Prévention et Sécurité.


"Grenoble Monsieur Safar, c'est devenu Chicago"


Lassés d'entendre toujours les mêmes paroles, découragés de voir que la Police n'agit pas comme elle devrait le faire, fatigués d'appeler tous les jours ou presque les autorités pour qu'elles interviennent, agacés de constater que certains responsables de secteur ne viennent pas souvent les voir pour discuter de problèmes locaux avec eux, certains habitants du quartier s'en sont pris directement aux élus pour manifester leur "extrême" colère.

Une discussion pour le moins houleuse, agitée et mouvementée s'est engagée entre les responsables et les habitants. Seul un minimum de respect verbal a permis de freiner parfois les ardeurs des uns envers les autres.

"La vidéosurveillance, mais qu'est-ce qu'elle va nous apporter à l'intérieur des immeubles Monsieur Safar ? (...) Nous, on a envie de vous croire (...) Franchement, rien ne remplacera la présence humaine (...) ACTIS [4] nous dit de porter plainte mais quand on est locataire comme moi depuis 27 ans, on peut pas (...) Les jeunes, ils portent tous des capuches, ils vont rigoler avec vos vidéos de surveillance" souligne une habitante complètement désespérée par la situation devant et en bas de chez elle.

Dans la foulée, le 1er Adjoint tente de rassurer cette habitante apeurée, rappelle que les "halls d'immeuble, ce n'est pas l'espace public" et estime urgent la nécessite de régler le problème de fond évoqué avec le bailleur social.

"Les gens ici savent pas tout ce qui se passe (...) Les médias disent rien (...) Grenoble, Monsieur Safar, c'est devenu Chicago (...) Aller se promener dans Grenoble à une certaine heure, moi je vous le dis, vaut mieux pas y aller (...) J'ai discuté avec les policiers, ils sont dégoûtés et en plus ils en ont marre (...) On a eu la pègre maghrébine très supérieure à la pègre italienne mais vous n'avez encore rien vu, bientôt on va avoir la pègre des pays de l'Est un cran supérieur (...) Je vous conseille vivement de considérer les problèmes de sécurité comme des priorités et pas les Jeux Olympiques qu'on a pas eu ou le Stade des Alpes qui est un fiasco" signale avec une extrême véhémence et détermination un habitant du quartier.

Applaudissements dans la salle.

Jérôme Safar maîtrise son argumentation, fait preuve de retenue et tient avant tout à rester calme. "Je suis prêt à répondre au téléphone plus souvent, et le mail, c'est pareil (...) Le dispositif que nous mettons en ville, c'est d'abord le renforcement de nos moyens humains (...) On est dans une situation compliquée et qui nous inquiète (...) On est dans une logique de territorialisation (...) Je ne rentrerai pas dans un débat public qui oppose l'Etat, la Ville, la Police et la Justice sinon c'est vous qui allez payer les pots cassés".

"Mettre des caméras, ça va déplacer le problème (...) Les jeunes, j'ai discuté avec eux, je vous le dis tout de suite, ils vont les casser Monsieur" explique avec une certaine virulence un animateur connaissant bien le quartier.

L'Adjoint aux Finances revient sur l'inutilité d'une réponse répressive, préférant le positionnement d'une présence humaine de médiation et d'explication sur le terrain. En cours de réunion, celui-ci ira même jusqu'à inciter fortement les habitants à porter plainte pour la moindre dégradation ou problèmes récurrents de tranquillité publique dans le but de faire remonter tous les problèmes d'insécurité. Mais pour de nombreux habitants, soucieux d'évoquer la faiblesse du suivi de l'action, porter plainte "ne sert à rien".

Excédés, certains habitants vont même jusqu'à parler de l'option de création de milices locales évoquée dans d'autres régions.

"Je ne dis pas que l'action qu'on mène résoudra à elle seule tous les problèmes (...) Ce que je fais ce soir, je le fais avec un doute, mais je préfère douter que de ne rien faire" souligne Jérôme Safar à propos de l'implantation de caméras de vidéosurveillance sur Grenoble, en guise de conclusion.


Le message a du mal à passer


D'un côté, la municipalité de Grenoble sait pertinemment que le sujet reste éminemment sensible et qu'elle met les pieds dans la braise. De l'autre, elle est comme acculée, obligée de "faire quelque chose" sous peine de lui reprocher de ne rien faire pour lutter contre les formes d'insécurité.

Visiblement, il y a un vrai problème de communication au niveau des intentions municipales concernant le renforcement et l'expérimentation des nouveaux dispositifs notamment autour de l'implantation de la vidéosurveillance à Grenoble.

D'une part, même associés à d'autres dispositifs déployés sur le terrain, les habitants sont loin de penser que la vidéosurveillance va résoudre les problèmes d'insécurité.

Pire ! certains d'entre eux avec lesquels j'ai pu discuter dehors en fin de réunion sont vraiment persuadés que l'implantation des caméras de vidéosurveillance est tout simplement étudiée pour remplacer des moyens humains sur le terrain !

La communication est la clé des sujets sensibles.

Notes

[1] par "bouche à oreille" selon les habitantes du quartier interrogées

[2] il y a 18 mois

[3] l'une d'elle, sur ma photo

[4] bailleur social


23

03

2009

Nuisances et insécurité : Faut-il fermer le parc du Jardin de Ville de Grenoble... la nuit ?

jardin de ville grenoble Le "vivre ensemble" est-il devenu l'un des thèmes de prédilection et l'une des préoccupations majeures des Grenoblois ?

A en croire les nombreuses interventions et inquiétudes régulièrement soulevées de manière chronique par les habitants lors de réunions publiques, de concertation ou de quartier, on est en mesure de le penser.

Régulièrement, les habitants évoquent une dégradation des conditions de vie dans le centre ville de Grenoble. Nuisances sonores, graffitis, boîtes aux lettres malmenées, urines, incivilités gratuites envers les personnes. Nombreux sont les habitants qui s'interrogent sur les mesures prises ou à prendre par les acteurs publics concernés pour palier aux divers problèmes qu'ils rencontrent au quotidien.

Entre les actes isolés et autres constatations croissantes mentionnées par les habitants, le thème de l'insécurité rejaillit de manière récurrente.

En parallèle, certains se demandent d'ailleurs si le centre ville de Grenoble est un lieu de vie... ou de loisirs.


Evocation de moyens pour lutter contre l'insécurité


Récemment, lors d'une réunion de présentation générale des orientations du budget 2009 déclinée sur le secteur 2 [1], Jérôme Safar, Adjoint aux Finances, chargé des questions portant sur les nuisances et l'insécurité en ville répondait ouvertement aux préoccupations des habitants.

En matière de sécurité le soir, la réponse de la ville est compliquée puisque qu'elle n'intervient généralement pas au delà de 22h... 22h30.

"La réponse de la Ville ne suffira pas (...) Aujourd'hui, vous avez autant de policiers nationaux qu'en 1997 sur la circonscription de Police de Grenoble, Gières, Saint-Martin le Vinoux, Saint-Martin d'Hères, Echirolles (...) Je sais que quand vous appelez le 17 le soir, soit vous n'avez pas de réponse, soit les équipages de Police national ne viennent pas ou viennent trop tard (...) Aujourd'hui, en moyenne, il y a deux équipages qui tournent chaque soir sur tout ce territoire" explique Jérôme Safar.

L'Adjoint aux Finances va plus loin. Il évoque une incivilité croissante envers les employés municipaux chargés de "remettre en ordre" la ville au petit matin. Celui-ci s'interroge sur l'éventualité de disposer d'une "Police permanente" en ville.

"Il y a quelques mois, l'éventualité d'avoir une Police présente tout le temps n'était pas pour la Ville de Grenoble quelque chose que je favorisais et j'en suis aujourd'hui à me poser la question si nous n'aurons pas à palier à terme à un désengagement" souligne l'élu.

L'idée de renforcer les patrouilles en faisant appel à des entreprises privées de sécurité n'est pas à l'ordre du jour. "Sincèrement, je ne pense pas connaître un seul élu au Conseil municipal qui accepterait de s'engager sur cette voie là, toutes tendances confondues" signale le 1er Adjoint.


Quelques constatations de la Ville de Grenoble


La plupart des habitants du centre-ville de Grenoble se plaignent des nuisances sonores qui surviennent principalement au moment de la sortie des établissements de nuit (bar, restaurant, discothèque...) vers 1h du matin. Pour tenter de diluer le flot des nuisances, certains évoquent la nécessité de réguler fluidifier les sorties au delà de cet horaire (avant 3h du matin).

Selon Jérôme Safar, la Ville de Grenoble a récemment constaté une baisse des agressions graves. Par ailleurs, elle témoigne d'une augmentation des incivilités et petites agressions courantes sur les personnes.

Quand aux agressions qui surviennent dans le tramway, elles auraient fortement diminué ces derniers temps. "On a mis des caméras dans les bus et les trams (...) Je suis affirmatif, on a pu retrouver systématiquement 99% des agresseurs, souvent les mêmes d'ailleurs, grâce à nos dispositifs" explique Jacques Chiron, Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la ville.


La question de la fermeture du Jardin de Ville


Au niveau du secteur 2, l'un des sujets qui préoccupent riverains et habitants porte sur la fermeture prochaine et programmée éventuelle du Jardin de Ville... la nuit.

En mai 2009, le dossier sera ouvert et mis sur la table.

Pour tenter de faire face aux nuisances qui surviennent principalement la nuit dans le parc du Jardin de Ville, la ville de Grenoble évoquent quatre "scénarios" possibles.

Une fermeture totale du Jardin de Ville la nuit. Problème : cet espace est un lieu de passage régulier et de transit pour de nombreux Grenoblois. Une fermeture complète déporterait le problème des dégradations nuisances sonores rencontrées sur cette partie du secteur... ailleurs.

Une fermeture partielle des accès au niveau de la roseraie (jardin fleuri). Elle ne doit pas empêcher le passage des personnes d'une rue commerçante à une autre, notamment entre la place de Gordes et la rue Montorge.

Une fermeture plus importante "autour" de la roseraie (limitation d'accès) pourrait toutefois être envisagée.

La dernière option évoquée consiste à ne pas fermer l'accès au jardin de Ville et de conserver les accès en l'état. Un scénario toutefois peu envisagé à terme par la Ville. Il induirait necessairement un déploiement et un renforcement "de moyens humains et une réaction de la Police nationale que nous ne sommes pas en mesure, nous, Ville de Grenoble, de vous promettre" souligne Jérôme Safar.


Engager une réflexion commune


Depuis deux ans, une réflexion s'est engagée avec les professionnels de la nuit, les Conseils consultatifs de secteur et les associations de riverains pour la rédaction d'une "Charte de la tranquillité publique". A court terme, la ville souhaite que la Préfecture de Police soit signataire de ce document.

La question de l'organisation de l'espace publique est au cœur des préoccupations des habitants du centre-ville.

D'un côté, il faut trouver des parades pour tenter de gêner le moins possible les riverains des alentours. De l'autre, il est nécessaire d'assurer une circulation optimale des habitants pour qu'ils puissent venir consommer, se divertir... et y vivre.

Au delà de cette charte, au delà de la "réactivation en douceur" des Conseils consultatifs de secteur, souhaitons que la Ville de Grenoble puisse prochainement répondre de manière constructive aux préoccupations des habitants et riverains concernés par ces nuisances chroniques en centre-ville.

Quasiment à chaque réunion publique, un habitant signale un sentiment croissant d'insécurité et interpelle les responsables publiques. Parmi les évocations, celles des moyens sur le terrain et la coordination des dispositifs de la Police Nationale et le la Police Municipale.

L'incivilité, l'insécurité ou les nuisances dans leur ensemble, pourraient bien être au cœur des préoccupations des Grenoblois lors des prochaines échéances électorales... au niveau local.

Notes

[1] centre-ville de Grenoble, Notre-Dame, Championnet, Foch, Aigle, Libération, Mutualité, Préfecture, Saint-Laurent, Ile Verte


04

04

2008

Vandalisme gratuit d'une rampe de skate board dans le parc des trois tours de Grenoble

3 tours grenoble Jeudi 3 avril 2008, 19h41, Grenoble.

J'étais tranquillement en train de jouer à la Wii [1] dans mon salon avec mes enfants quand tout à coup, un nuage de fumée noire très épaisse assombrit partiellement le ciel du quartier de l'Ile Verte. En quelques secondes à peine, l'épais nuage dense survole l'une des "trois tours de Grenoble".

Une forte odeur de plastique brûlé se dégage à partir de la tour "Mont Blanc" en direction de l'Hôtel de Police de Grenoble. Surpris par la l'épaisse fumée noire, les premiers habitants prennent place sur les balcons d'appartements pour observer le lieu de l'embrasement.

Habitant à proximité dans le quartier, j'ouvre l'un de mes balcons et observe de loin la scène.

Des individus ont tout simplement décidé de mettre le feu à la rampe de skate board située dans le parc des trois tours bien connu des Grenoblois pour son étendue goudronnée permettant à chacun de faire du vélo, de jouer au cerf-volant, au ballon, de monter sur des ateliers, de faire du roller ou du skate board ou de se reposer sous les arbres à l'abri des chaleurs d'été.


Des flammes de près de trois mètres de hauteur


Un grand brasier prend forme et des flammes de près de trois mètres de hauteur s'élèvent dans le ciel.

Au même moment, j'aperçois de loin, de mon balcon, la silhouette d'un individu positionné face à la rampe incandescente, sortant un appareil pour immortaliser l'incendie [2]. Tout près, une demi-douzaine de policiers en provenance de l'Hôtel de Police accourent rapidement sur les lieux, se dispersent et contournent dans un premier temps la grande tour puis arrivent discrètement dans le parc pour tenter d'interpeller le ou les individus.

Je décide de quitter mon domicile et me rendre sur place. Le temps d'y parvenir, à peine quatre minutes s'écoulent.

Arrivé sur les lieux, je suis immédiatement surpris par la présence des premiers pompiers arrivés en camion en train de maîtriser rapidement et avec succès l'incendie. Pendant ce temps, les policiers terminaient d'interroger d'éventuels témoins sur place, des promeneurs et autres éventuels observateurs de la scène.

D'autres habitants et passants arrivent pour contempler le travail des professionnels et les premières discussions s'enchaînent.

"Ça fait un moment qu'on dit qu'il faut faire quelques choses (...) Ça devait bien arriver un jour de toute façon (...) On avait prévenu le Syndic, et voilà, maintenant, on fait quoi (...) On sait bien que c'est des jeunes comme d'habitude (...) Ils savent pas quoi faire le soir, quand ils sortent de l'école, alors ils s'amusent et ils brûlent, c'est tentant n'est ce pas ? (...) Mettre le feu à une rampe pour eux, pour qu'ils s'amusent, on vit dans quelle société là ? (...) Et bien moi, je vous parie que demain, on va retrouver sur Internet leur exploit, vous allez voir (...) Le pire, c'est qu'apparemment, il y avait des gens dans le parc et quand ils ont vu le feu, ils se sont en allés tout simplement, alors qu'ils ont été sûrement des témoins".

L'intervention des policiers et des pompiers fut rapide et de qualité. Personne n'a cherché à critiquer le travail de ces professionnels. En quittant le parc, certains habitants semblaient supposer que le ou les individus ayant mis le feu à la rampe auraient appelé les pompiers pour les prévenir juste au moment de s'éclipser.


Un acte de vandalisme "gratuit"


Lorsqu'ils n'y avaient pas de rollers ni de skateborders, les enfants de mes voisins, les enfants des parents d'élèves, des écoles et crèches du quartier... et mes propres enfants avaient l'habitude de monter sur cette rampe pour jouer, se cacher ou glisser sans encombre sur cette surface. Certains soirs, celle-ci pouvait accueillir une dizaine d'enfants notamment le soir, entre 17h et 19h, dès la sortie de classe.

Je ne peux que condamner ce genre d'attitude visant à incendier "gratuitement" un mobilier urbain permettant tous les jours à de nombreux jeunes de s'amuser et de faire des activités.

Un acte "gratuit", sans gêne, sans scrupule apparent du ou des auteurs des faits, qui ne peut qu'alimenter les rumeurs, les ragots, les inexactitudes dans une société rongée par la stigmatisation et la classification des individus.

Notes

[1] console de jeux vidéos

[2] une photo... ou une vidéo probablement prise avec un téléphone portable