A l'occasion de la nouvelle année, Michel Destot, député-maire de Grenoble conviait les médias locaux à une rencontre autour d'un déjeuner dans le cadre des traditionnels voeux à la presse.
Jeudi 15 janvier 2009 à 12h30, une trentaine de journalistes étaient invités [1] à l'Hôtel Mercure Alpotel Grenoble Centre pour échanger autour des priorités politiques actuelles de l'équipe municipale et des enjeux nationaux.
Pour la troisième année consécutive, j'étais invité [2].
Contrairement à l'an passé, l'ambiance cette année était beaucoup plus détendue. Il faut dire qu'en 2008, nous étions en pleine période électorale. Lors des vœux 2008, le maire paraissait fatigué par le rythme imposé par la bataille des municipales et n'avait pas toujours souhaité répondre à toutes les sollicitations des journalistes... arcane de campagne oblige.
Satisfaction du maire, bilan de l'année 2008
Devant les médias locaux, Michel Destot entame un long discours. En introduction, il choisit de revenir sur les principaux évènements qui ont marqué selon lui l'année 2008.
A commencer naturellement par sa réélection sur laquelle il ne s'attarde pas. Rapidement, il fait une allusion sur le "plan campus" et les pôles universitaires Grenoblois, l'enseignement supérieur et le projet de Presqu'île scientifique. Il souligne avec enthousiasme l'accession du GF38. "Il a fallu attendre 45 ans pour la ligue 1 (...) On a fait encore la démonstration que l'offre sportive était justifiée (...) Un stade moderne et emblématique en plein cœur de la ville, source de rassemblement, source de nuisances moindres avec un bilan carbone qui est un des meilleurs en France".
Le maire de Grenoble continue sa revue. "Je passe rapidement sur les prix (...) 1er prix Santé, Petite Enfance, plan étudiant, label 5 arobases Internet, prix de la presse municipale, victoire du hockey et le retour de nos athlètes des JO de Pékin (...) Mais maintenant il va falloir affronter la crise (...) et cette incapacité du Monde à se gouverner lui-même" signale Michel Destot.
Retour sur l'état du monde en 2009
Le maire revient sur le conflit Israélo-Arabe. "La création de l'Etat d'Israël a été l'une des plus belles décisions de la communauté internationale (...) Aujourd'hui, il faut qu'elle décide qu'il y ait sur la carte du monde deux Etats viables, Israélien et Palestinien et qu'elle l'impose au monde entier, c'est la condition même de la survie de l'humanité (...) J'a vu à Grenoble les représentants des communautés et pour l'instant, les choses sont fragiles" explique le premier magistrat de la ville.
Sur la crise économique et sociale actuelle, le maire de Grenoble condamne fermement les spéculateurs financiers, "Ces gens qui se disent banquiers et qui risquent le fric des autres et jamais le leur (...) Il faut que le métier de banquier devienne un métier modeste (...) Il faut qu'on réhabilite dans le monde entier les métiers de chercheurs, d'ingénieurs et d'entrepreneurs". Pour Michel Destot, le 20è siècle fut le siècle des Etats-Nations. Le 21è siècle devra être celui du monde et des villes en raison des phénomènes d'urbanisation et de concentration des développements, sources d'impulsions au niveau national. Il est donc important de renforcer les moyens de leur émancipation.
Au niveau local, le député-maire estime "qu'il serait complètement fou de se retirer des projets et de baisser l'investissement en période de crise (...) Tout le monde peut comprendre quand 73% des investissements publics dans notre pays relèvent des collectivités locales (...) Une augmentation d'impôts, ça ne fait pas plaisir, mais la solidarité c'est aussi un effort pour ceux qui gagnent plus que les autres".
Les JO de 2018 à Grenoble, "se déplacer sans carbone"
Le maire souligne que Grenoble est la ville la plus jeune de France. Son offre sportive est la plus diversifiée en tenant compte du grand nombre de pratiquants. Pour lui, aucune autre ville sur la planète n'est plus représentative de l'idéal olympique, du sport, de la culture et de la jeunesse pour accueillir les JO... au coeur du plus grand massif le plus aménagé du monde.
"Je ne sais pas si je serai encore maire dans beaucoup de temps, je ne sais pas si je me présenterai à d'autres élections mais en tout cas, de la même façon que pour le stade, après toutes ces emmerdes, quand on a fini de le faire et quand on voit aujourd'hui le bonheur que c'est (...) me dire qu'à une échelle cent fois plus importante, on sera capable d'organiser en 2018 ce rassemblement mondial (...) et bien j'espère que je ne serai pas le seul à être heureux" explique Michel Destot.
Quelques précisions sont apportées concernant l'emplacement et la gestion de certains sites olympiques inscrits dans la candidature de "Grenoble - Isère 2018" [3] .
Une restructuration adaptée de l'anneau de vitesse est prévue. Une grande toile le recouvrera durant les épreuves olympiques de sports de glace. Un projet de 3500 chambres du côté du village olympique (converties plus tard en logements). Le centre de presse et de communication côté Alpexpo.
Le cahier des charges olympique demande à ce qu'il y ait le moins de déplacements possibles entre les sites. Au niveau du développement durable sur les JO, Michel Destot évoque une partie sensible du dossier. "Nous avons un concept pour l'organisation des Jeux, c'est de pouvoir se rendre sur tous les sites... sans carbone".
Sans doute une forte allusion à des déplacements... par câbles.
Le maire revient sur la candidature de Grenoble aux JO de 2018. "Je pense qu'on a des chances non nulles de sortir le 18 mars avec une candidature française, c'est pas gagné, loin s'en faut (...) Si on l'a pas, on sera extrêmement déçu (...) On continuera quand même à porter une candidature en 2015 pour 2022".
Evocation de l'état du PS sur le plan national
"C'est vraiment pas facile (...) pas simplement parce qu'on a à la tête de l'Etat quelqu'un qui a un tempérament et une personnalité, une stratégie hyper présidentielle mais parce qu'il y a au fond en période de crise un écho dans la population à se resserrer sur le Président de la République au niveau national et sur le Maire au niveau local" explique Michel Destot.
Il évoque la difficulté pour son parti à concilier la tradition du PS avec l'évolution présidentielle et la perception des militants lors de l'élection du Premier Secrétaire du Parti Socialiste, déterminés à connaître leur poulain présidentiel au lieu de s'attarder sur le fond des motions et des engagements. "Au Parti Socialiste, on doit résoudre la double équation présidentielle et de l'orientation qui ne peut être que réformiste, clairement social-démocrate (...) Martine, c'est une bosseuse (...) Avec elle, ce n'est pas l'assurance tout risque mais on a la possibilité de faire avancer le parti pour trancher sur les orientations" explique le député-maire.
Rapport et relation avec les médias locaux
Le maire de Grenoble conclut son discours en s'adressant aux médias locaux présents autour de la table. L'attention est palpable.
"L'espoir vient de comprendre ce qui nous arrive (...) Décrypter les situations compliquées au niveau local et national, c'est votre job (...) Vous le faites bien, dès fois pas très bien un peu comme nous (...) Il y a un truc que je ne supporte pas, c'est l'hypocrisie (...) On peut être mal compris sur des sujets mais je suis révolté quand il y a des menaces portées sur la capacité des médias à faire leur boulot (...) Je serai donc toujours à vos côtés y compris quand je suis sévèrement critiqué" explique Michel Destot.
Il va de soi que ce genre de rendez-vous traditionnel avec les médias est l'opportunité pour le maire de dresser un bilan de sa politique et de remettre un peu d'ordre à travers les sujets traités.
Curieusement, par principe ou réticence, les journalistes hésitent globalement à poser de nombreuses questions au premier magistrat de la ville. Pourtant, l'occasion est propice. N'oublions pas que les journalistes eux-mêmes, ont parfois du mal à s'exposer lorsqu'ils sont ensemble...
Notes
[1] sur invitation
[2] un blogueur local considéré comme journaliste ? :-)
[3] nouveau site web Grenoble JO 2018



Tous les ans, dans le cadre de la cérémonie des voeux, la Ville de Grenoble invite les Grenoblois a fêter la nouvelle année en leur proposant traditionnellement un concert gratuit.


